V. DOMLNO
DOUBLE-QUOTIDIENNE {ko, di-ên) adj. Pathol. Se dit d'une lièvre intermittente, qui donne deux accès chaque jour. 11 PI. Des doubles-quotidiennes.
DOUBLER (liu lat. duplare, même sens) v. a. Rendre double, deux fois aussi grand ou aussi nombreux : Doubler U7i nombre, une so?nme, un poste de soldats, la ration d'un équipage, il Par ext. Mettre double, employer double : Doubler des fils de soie, it Mettre en double, plier en deux : Doubler une feuille de papier, ii Garnir d'une doublure : Doubler un habit, une robe.
— Fi^. Augmenter : La liberté double la valeur et les forces de l'homme. (Dumouriez.)
— Dépasser ; Doubler un cap, une (le, une borne, une bouée, un poteau. \\ Fig. V . cap.
— Doubler le pas, Marcher plus vite, il Fig. Se porter avec plus d'entrain.
— Archit. Doubler uti corps de logis. Y ajouter un double.
— Art milit. Doubler les rangs, les files. Doubler le nombre des hommes placés l'un derrière l'autre dans une troupe.
Il Doubler l'étape. Faire deux étapes dans la même journée.
— Jeux. Doubler une bille, Lui faire sauter la bande pour la ramener du côté opposé, n A la paume, on dit que la balle double, quand elle touclie deux fois la terre.
— Mar. Munir un bâtiment d'un doublage. Il Doubler les avirons. Mettre deux hommes sur chaque aviron, u Doubler un bâtiment en marche, Lo gagner de vitesse, il Joubler un danger. Passer au large et le dépasser, il Doubler un courant, Avoir plus de vitesse que lui. n Doubler une voile, La renforcer. Il Doubler le sillage. Augmenter la vitesse.
— Mus. Doubler les parties. Faire exécuter chacune des parties par deux voix ou deux instruments.
— Pédag. Doubler une classe, La faire une seconde fois.
— Tiïclin. Faire d'un ouvrage d'orfèvrorio un doublé ou un plaipié, lo couvrir d'un plaqué d'or ou d'argent, n Réunir ensnmbie, pour lo tissage, deux ou plusieurs fils simples.
\\ Doubler du marbre. Le consolider on scellant derrière des bandes de pierre.
— Théâtr. Doubler un rôle. Le jouer à la place du chef d'emploi, il Doubler un flc^ewr, Jouer un rôle à sa place.
— Typogr. Répéter par erreur: Doubler une lettre, un mot, une ligne, un alinéa, n Terminer une ligne, un vers, à la (in do la ligne précédente ou suivante, quand la justilicaiion est insufhsanto.
— Véner. Doubler ses voies. Se dît d'une bête qui, pour ruser et embarrasser les chiens, revient sur ses pas par la voie d(^jâ partrourue.
— V. n. Devenir double : Arbuste qui \ doublé en hauteur. Il Doubler de. S'élever au double do : Terrain qui A DOUBLÉ DE Valeur. — Accroître, augmenter considérablement : Doubler de vitesse.
— Manèg. Doubler large. Traverser le manège on ligne droite et revenir droit sur ses pas, sans changer de main, n Doubler étroit. Faire tourner lo cheval aux coins, en lui faisant décrire des angles droits, il Doubler des )-eins. En parlant d'un cheval, Faire plusieurs sauts do suite.
— Mar. Double! Commandement aux canotiers pour leur faire faire force de rames.
— Véloc. Dans une course sur piste, Distancer un autre coureur d'un tour do pislo.
Doublé, ée part. pass. Rendu double, il Muni d'un appareil intérieur ou extérieur qui ost ou contact avec l'objet lui-même et en forme une sorte do répétition : Une chaudière DouiiLÉi-: d'une enveloppe de bois, il Par anal. Accompagné d'un olijot superposé : Des mains doiui.Aks d'une paire dr gants. Des geux doublés de lunettes. (Peu us.)
— Fig. Homme de plume doi.'mi.é d'un homme d'épée, Ilommn ipii est à la fois écrivain et soldat. H Ftre doublé, Ktre remplacé nionu-ntauément dans son rèle. — Klro aidé, remplacé par quelqu'un : L'homme doublé d'une femme dévouée doit triompher partout. (Balzac.)
D'argent h un
doublet coiiBu du
même.
— Jeux. Ftre doublé. Au trictrac, Ne pouvoir rendre deux damos parce qu'on n'a qu'un seul passage.
— Pathol. Fièvre doublée, Fièvre intermittente dont les accès sont devenus doubles en nombre, dans lo même espace do temps.
— Techn. Verre doublé, Verre formé d'une couche très mince de verro coloré appliquée sur une autre couche do verre incolore. (On l'appelle aussi verre plaqué ou vkrrb k DEUX COUCHES.) Il Tube doublé, Tube de fer formé do deux tubes ordinaires introduits l'un dans l'autre, puis étirés ensemble, de manière à se souder complètement.
Se doubler, Etre, devenir double ou doublé.
DOUBLERIE {rî) n. f. Action d'un homme perfide, double. (,Vieux.)
DOUBLE-ROME n. m. Joux. Au romestecq. Réunion de deux rois ou do deux as venus d'emblée dans la môme main : Le double-rome se paye deux points; mais, s'il îi'est point levé par la partie adverse, il en vaut quatre, n PI.
Des DOOBLES-ROMES.
DOUBLE-SCIE (si) n. m. Nom vulgaire d'une légumineuse appLdée aussi biserrule pèlerin, il PI. Des doublks-scie.s.
DOUBLE-SIX(s(>i)n. m. Domino dont les deux parties portent L'hacuno six points. || PI. Des doubles-six. V. domino.
DOUBLET (i/è) n. m. Jeux. A l'ancien jeu de billard. Bille qui, après avoir été frappée par celle du joueur, touchait une bande et allait dans une blouse opposée, u Partie dans laquelle on ne tient compte que des doublets. H Au trictrac. Jet de dés qui amène deux points semblables, comme deux as, deux trois, deux quatre, etc. il Au pharaon, Deux mêmes cartes qui viennent ensemble, il Au jeu du saut à la corde. Saut double, appelé aussi double et doublé.
— Blas. lûsecto montrant ses ailes doubles et posées de profil, ce qui est contraire à la position ordinaire des insectes, qui sont, dans le plus grand nombre des cas, représentés vus de dos.
— Coût. Nom du bissac, dans certaines parties de la France.
— Linguist. Nom donné à des mots identiques quant à leur origine, ne différant que par quelques particularités d'orthographe ou de prononciation, et auxquels l'usage a attribué soit la même acception, soit des acceptions différentes. (Les mots sacrement et serment sont des doublets. Recouvrer et récupérer, qui ont la même acception, sont également des doublets.)
— Physiq. Loupe composée de deux lentilles, et permettant d'achromatiser et d'obtenir une plus grande image, tout en empêchant sa déformation.
— Techn. Instrument de blondier, servant à doubler deux ou plusieurs fils de soie. (On dit mieux doubloir.) il Outil de cardeur, employé pour mesurer et courber les fils de fer formant les dents des cardes. (On dit aussi doubleur.) il Fausse pierre précieuse, obtenue par un morceau de verre coloré que l'on fixe au-dessous d'un morceau de cristal.
— Enctcl. Linguist. Un même mot latin peut donner naissance à des mots français de formes très différentes et de sons souvent éloignés; car la filiation peut se faire de diverses façons : conformément aux lois de ta dérivalion populaire, suivant les règles de l'étymologie savante, ou grâce à l'intermédiaire d'un mot étranger appartenant à une langue vivante. Il arrive que les mots d'origine populaire sont tellement éloignés, pour la forme comme pour la signification, du mot latin qui leur a donné naissance, qu'on éprouve le besoin de former un nouveau mot français, qui se rapproche davantage de l'étymologie latine. On peut alors procéder soit directement par dérivation «arnn/e, soit indirectement par l'intermédiairo d'un mot étranger. Ainsi, lo latin auscultare donne écouter par formation populaire , ausculter par dérivation savante ; lo latin cadentia donne, populairement, chance, et cadei\ce par l'intermédiairo do l'italien cadenza.
— Archéol. Lo mot doublet a les significations de vêtement et do pièce do literie. Le vêtement est une robe courte, faite do deux étotfes appliquées l'uno sur l'autre, et qui se portait par-dessus la chemise, ou à même sur lo corps. Les doublets on toile du moyen âge étaient des espèces de blouses ou de sarroaux portés par les gens du peuple, mais aussi jiar les grands eu certaines circonstances, comme, par exemple, les reines on mettaient lo jour du sacre, par-dessus leur costume, pour recevoir l'onction religieuse. Le doublet à amier était uu gamhoison piqué. Lo doublet de Ut était une couette ou couverture ouatée et piquée qui so mettait sous les draps.
Doublet (Jean), poète français, né à Dieppe en 1528, mort vers 1580. Il était très versé dans la littérature ancienne. On a de lui uu Jiecueil d'élégies avec quelques épigrammes traduites du grec et du latin (Paris, 1559).
Doublet (Jacques), bénédictin et historien français, né en 1500, mort en IG-iS, â l'abbaye do Saint-Denis. Il a publié des ouvrages auxquels on a reproché do manquer do critique, mais qui sont pleins do ronseiguomonts intéressants : Histoire de Vabuaye de Saint-Dents en France (1025) ; Histoire chronologique pour la vérité de saint Denis l'Aréopagite (1640).
Doublet (Joan-François\ marin ot corsaire français, né à Honlleur vers 1655, mort dans hi mémo villo en n2s. Kmbarqui' dès l'Ago do sept ans pour lo Canada, il fut tour à tour volontaire, matelot, second capitamo au commerce, pilote sur les vaisseaux <lu roi, lieutenant, puis commandant do baripios longues, ontln, lieutenant do frégate. Il a raconté sa vie dans son curieux Journal, qu'a publié Charles Bréard (Paris, 1881) ot qui est ù la fois très amusant et très instructif.
Doublet (Mario-Anno Lkokndrk, damo), fommo bol esprit, née ot morte A Paris (1077-1771). Manéo ou liîOS A Doublet do lirouillepoiit, secrétaire dos commandements du Régent, qui la laissa veuvo en 1723, ollo eut un salon o\\ so réunissaient quelques beaux esprits du temps : entro autres, Piron, l'abluS Legi-ndre, rnbhé Chauvolin, Hachnumont, Voisenon, etc.. et qui était surtout un foyer de médisance. M"* Doublet fuinait publier périudiquomout
Doublet à armer.