‹ Nouveau manuel complet d'aérostation; ou, Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballons (volume 2)Chapitre 37 sur 68 · CHAPITRE XVII · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVII

I>ESGRn>TION OÉNÉRALE d'uN VQTÀGE AÉBUII^; IHS' TRUMENT8 UTILES A l'aÉRONAUTB DANS Ut COCRf

d'une ascension.

Depuis l'instant oi!l l'on quitte la terre jusqu'à. celai où l'on parvient à la hauteur à laquelle il est permis à l'homme de pénétrer dans l'atmosphère, on passe par une succession de sensations nouvelles; le moment le plus agréable est sans contredit celui où Ton se sépare de la terre. Pendant les premiers moments de l'ascension, et jnsqu'à mille mètres environ, une jouissance délicate accompagne le voyageur aérien. Rien ne saurait mieux donner l'idée de ce qu'on éprouve -^lors, que ces rêves si agréables pendant lesquels on se sent foltiger çà et là comme des zéphirs : ici la réalité remplace 'illusion. — L'admiration qu'inspire bientôt le specude

$41 IXRSCIIIPTION GÉNÉRAL!

4« la nature <e joiot à ce premier sentiment. Â mesure l'horizon se développe, les rivières présentent à la fois t Itur» sioBosités, \$$ villes et les l^abitations de toute es f'offrent en foule ; on compte les roates et les sentiers qi jieat entre elles, et cette moindre partie du spectacle ]MS fans un grand intérêt. Leç différentes productions c <erre se font remarquer d'une manière distincte par la va de leurs teintes et de la diversité de. leurs nuancés. Un ch de blé se distingue parfaitement d'un champ de luzerne, Ibrét d'un vignoble. — Au-dessus de cinq cents mètres, proportioi:^ de chaque objet diminuent dune manière t sensilfle. tes hommes ressemblent déjà à des insectes ; lats phère est considérablement refroidie ; alors, si l'on est fi fieurs dans la nacelle, le silence, causé jusque-là par Vai^ i^ûop. des premiers moments , commence à cesser. On si terroge; oii se fait part de ses remarques, et des nouvel] ^ensation^ qu*on éprouf e. !— Bientôt la force d'ascension i Wlou fait parvenir à mille o^ douze cents mètres ; ^yec { froid plus vif, on éprouve des bourdonnements daus les or«j les. r-T A ^evx mille mètres , ou est obligé à de plus gr?:^ efforts pour faire entendre sa, voix ; le véhicule du son, la de» «ité de l'air» ayant déjà beaucoup diminué. La dilatation il gaz hydrogène contenu dans le ballon, dilatation qui cocK menée dès l'instant où Ton quitte la terre, est portée d point qu'il faut, dans certains cas, faire jouer la soepipi pour lui donner une plus Urge issue. — A quatre mille oè< très, le froid devient ordinairement rigoureux; la sur&ceJi la terre parait confuse ; les grandes routes ressemblent ai petit? cordofis ; les rivières paraissent comme de9 fuisseaox:

le ciel est serein et d'un azur souvent très-foncé. là

mille mètres, on ne voit plus que les grandes masses : si alots un luruit éloigné , celui du canon par exemple , vient i si ^ire entendre , les voûtes du ciel s'ébranlent, le b«lIoa vibiti «i, à cette distance, on lâche des oiseaux, ils tombent, m Yplent péniblement, l'air étant trpp raréfié pour que leon fiiles trouvent un appui suffisant. — A dix mille mètres, dislance qui semble être, pour la plupart des hommes, le der^ nier terme qù il leur soit donné de parvenir, l'isolement et Darfait; mais la place n'est plus tenable à cau^e de l'âpretéda froid et 4n malaise général qu'on éprouve daus tontes les pa^ |ies di| corps. La voii^ ne s'entend plus que difÊcilemeot; < 1$^ petiu uniqiavfic meurent, ^es observations doimt »i

m*vÉ votidft AÛMitL 141

) là atee rapidiU, car le ballon, seul objet qui frappe la [ dans l'immensité de l'espace , semble prêt à s'anéantir, J le gaz hydrogène tend à s'échapper impétueusement. Les pteurs de l'atmosphère se perdent enfin dans des ténèbres

bfondes : c'est ici que finit la nature physique. — La dé' rdltion du gaz, et souvent sa condensation par le froid^ ]^^t ^entôt redescendre le ballon. L'air devient moins froid, ^Qfla terre, qni ne paraissait plus que sdus la forme d'unt ;i^se grisâtre , déroule de nouveau et peu à peu ses produci^qAis. Tout parait éclore et se vivifier à sa surface. Les arbres l^isemblent à des plantes naissantes. Plus on s'approche, pins

l^jisi les masses se débrouillent, et offrent l'aspect d'un* '^ile, d'une forêt ou d'une prairie. On distingue bientôt les ^,imme8 et les animaux, et l'instant arrive enfin oà il faut dé "^^uveau toucher la terre, —r Un aéronaute habile sait retar» 'jT ce moment à son gré,«n disposant à propos dn lest dont ' ballon est chargé. Il peut encore franchir de grands espa*

s , et papillonner à la cime des arbres ; s'amuser de Feffroi lie sa présence cause à tous les animaux dans les campagnes ; urs cris d'alarme, leur fuite, attestent qu'ils reconnaissent ^ présence d'un être étranger dont la forme les épouvanta, - L'aéronaute peuî souvent reprendre encore un nouvel es- \r ; et si, dans le cours de son voyage, le hasard le favorisa 'ce point qu'il soit témoin d'un orage, il verra se développer >us ses pieds de nouveaux objets dignes d'admiration et in- 'snnus au reste des humains. La constitution des nuages, les randes opérations qui se font dans leur sein, sont bien lites, on doit le penser, pour inspirer du respect, et roéma ne certaine crainte à l'homme qui les aborde pour la pralière fois.

Deux instruments, le baromètre et le thermomètre, sont idispensables à l'aéronaute, alors même qu'il ferait dans air un simple yoyage d'agrément et aurait formé le projet e ne se livrer à alicun travail, à aucune observation.

Sans baromètre, il serait impossible à l'aéronaute d'estimer égnlièremeut la hauteur à laquelle il se trouve ; sans le ther- 10 mètre , il serait peu en état de juger de la température da air; et, par conséquent, de rapporter à cette cause les vaiations que peut éprouver un ballon dans l'air.

Toutes les recherches scientifiques, toutes les expérieneas possibles dans l'ordre de celles connues ou de celles à imagiler, sont du ' ressort de Taérostation pratique. Elevé dan§

|l4â PKTITS BALLONS A GAZ HTDROGiNS;

J'air* flottant libremept au sein de l'atmosphère ^^ loin du causes perturbatrices auxquelles l'observateur, le savant, l ferre j sont fatalement soumis, l'aéronaute, au sein 4e soi yaste laboratoire, est en position de se livrer à des travam susceptibles d'éclairer, de réformer les connaissances actpiifics> on d'en conquérir de nouvelles.

Le champ a'est point limité; c'est à rexpérimentatetii qu'il appartient de déterminer et de choisir (es ip^trmncnt ■çiQnS U peut §voir besoin*

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