‹ Nouveau manuel complet d'aérostation, ou Guide pour servir à l'histoire et à la pratique des ballonsChapitre 52 sur 77 · BALLON DE LYON · texte numérisé non relu

BALLON DE LYON

Le 19 janvier 1784, lavilledeLyon fut témoin de l'ascension du plusgrand ballon qui ait été encore élevé dans les airs. C'était une Montgolfière ou ballon à feu , du port de plus de vingt tonneaux, c'est-à-dire déplaçant plus de vingt mille mètres cubes d'air. Elle était sphérique , portait cent pieds de diamètre horizontal et cent vingt pieds de diamètre vertical. C'est à peu près la dimension , le volume de la coupole de la halle au blé de Paris.

Les vastes flancs de cette machine étaient magnifiquement décorés de figures allégoriques. Dans un écusson réservé, placé à la partie inférieure, ou lisait en lettres colossales rehaussées d'or, les vers suivants :

Un espace infini nous séparait des demi , Mais grâce aux Mo ntgolfier que le génie insp L'aigle de Jnpiter a perdu son empire.

Et le faible mortel peut s'approcher des dieux. On n'avait pas encore vu de ballon à Lyon ; on doutait du succès de celui-ci ; l'entreprise paraissait gigantesque, incroyable. La saison était mauvaise , il y eut des retards successifs ; enfin le jour définitivement fixé ponr le départ , il tomba une telle quantité de neige, qu'il fallut remettre encore. Cette circonstance donna lieu an quatrain suivant, qui fut adressé au comte deLaurencin, l'un desmatelots de ce vaste équipage, dont Joseph Montgolfier s'était à juste titre réservé le commandement :

Fiers assiégeants du séjour du tonnerre | Calmez votre colère.

■ lS poÉsrr.s DIVERSE»

Eh ! ne voyez-vous pas que Jupiter tremblant Vous demande la paix par sou pavillon blanc?

Le trait était sanglant. Mais aussi , quelques jours après , quand le ballon s'éleva majestueusement emportant dans le» airs ses septs voyageurs, quels éloges ne fit-no pas de leur courage; quels hommages ue furent point rendus à leur persévérance, à leur courage. On leur disait alors ;

Elevez-vous, audacieux mortels.

Dans la plaine des airs , sur l'aile de la gloire ; C'est à vous seuls d'aller au temple de mémoire Inscrire vos notas immortels I Enfin, la poésie aérostatique a revêtu toutes les formes. Il m'a été adresse à moi-même des vers , et tes vers sont eu forme d'acrostiche, cadre ingrat , ou le sait. Je cite ici cette pièce à titre de curiosité. Le sujet en est, comme toujours, la navi-

fatiou aérienne ; mon nom , ou plutôt te nombre de lettres qui ! composent, en forme le cadre et en limite l'étendue. Ces vers m'ont été adressés en 1817, au sujet d'une ascension en ballon que j'avais faite à Paris l'année précédente, sous les auspices du comité Grec , et au profit de la souscription ouverte alors de toutes parts pour l'émancipitinn des Hellènes. Cette expérience, commencée à Paris le jeudi -39)11101876, ne s'est terminée que le vendredi 3o, dans la matinée. Après avoir erré une grande partie Je la nuit dans l'air, j'avais et* assez heureux pour faire, lors d'une réascension aux environs de Villers-saint-Genest, département de Seioe-et- Marne, quelques observations importantes pour la future aéro-nautique. J'ai depuis perdu de vue le poète .homme do monde, qui m avait ainsi chanté, et dont je blesse la modestie peut-être en livrant aujourd'hui à la publicité les iuiliales dont sont marqués ses vers ? En me reportant à cette époque de ma jeunesse, déjà tant éloignée , hélas I je me demande pourquoi j'ai cessé de voir, de connaître cet homme doux et bon, qu'il m'avait été donné de rencontrer un jour, et dont le cœur avait sympathisé avec le mien? C'est qu'il en est île nos affections comme de nos jours; le flot de la vie les emporte; uotre existence, facile ou dure, heureuse ou infortunée, calme ou tumultueusement agitée par les passions, coule à pleins bords vers ce large océan de l'éternité où toutes les existences viennent sa réunir, se confondre et se perdre dans l'oubli.

Wft L'AÉflOSTATio.t.

f-n jour près d,, hems puuse marquer ta p] ace . » 1 faut nuus dévoiler Ions ™ s mondes divers Oî uspendus à nos yera dans l'océan des airs.

O éjà le frêle esquif bercé sur les nuages Rrrc tranquillement au-dessus des orages; r* 'homme a vaincu le ciel; au peuple C |oriet« couvrant ses champs ro , )(tajs dun flotte rapide O ceupera bientôt dans son vol intrépide C n noovel univers et les secrets des dieux.

p3 éveille son courage , 6 toi, France légère' H enfant n'attend plus qu'un souris dé sa mère, P. D,

Il est des hommes dont 1 «prit Ingénieux, mais léger ne sait procéder que par boutades, calembour- et jeux de mots. M. de IJiuvre a été passé maître en cett tière, et il est encore ciLé fréquemment de nos jouri.^ commencement de lanuee 17BS, à l'instant rnûine où t» ï Paris éploré venait de recevoir l'affreuse nouvelle de la ra tastrophe de l'ilastre de l'.osier et du jeune Romain à Boni eue, il rencontre une personne de sa connaissance et î'atio d °"r d'un air tout à la fois sérieux et pilcuï il se met à li' '■ 1 ce. deu* vers de Corneille (Tragédie des Iloraces)" ^ Iteudez grâces aux dieux de n'être pas romain Tour conserver encor quelque chose d'huinaui,

DEUX CHAHSOHS. Nous copions, sur deux éventails plus on moins riches, plus on moins ornes, faisant par.,e de ta collection d c curiÔsi é! aérostatique* que nous possédons, deux chansons d'une n £ «té et dune originalité charmantes. Elles peinent et ™ ■''■■nefaçongrotesqueetenthousiastetoutàl 1 de Charles et Robert aux Tuileries, ),

.703, et celle ii' â^ha^ncS^l££ffl nars suivant. * luars ? ia

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