PARIS
à LÀ LIBRAIRIE ENCYCLOPÉDIQUE DE RORET,
RDB BAIITBFBDII.LB , 10 BM.
AU LECTEUR BENTEILLMT.
Mon but , en publiant ce Manuel, a élé de me rendre utile aux ouvriers, en leur mettant entre les mains un livre qui contint tout ce qui a été public jusqu'à ce jour sur le nouvel art de la dorure et de Targenture par la méthode électro-chimique. Je n'ai épargné ni soins ni recherches pour connaître tout ce qu'on a fait et écrit sur ce sujet ; j'ai surtout compulsé attentivement les ouvrages qui l'ont envisagé sous le point de vue pratique plutôt que sous le rapport de la théorie. Toutefois , comme il m'était fort difficile de me procurer tous les livres publiés tant en Italie qu'à l'Ëtranger, il est possible que certains points dignes d'attention me soient restés inconnus; mais comment aurai-je pu y suppléer , alors que les moyens me manquaient?
. Ce Manuel est en grande partie la reproduction des travaux des autres, j'en ai tantôt présenté le résumé, et tantôt j'ai rapporté les expressions mêmes de l'auteur. Souvent j'ai cité les auteurs dans une note mise au bas de la page qui renferme la citation ; j'ai peut-être oublié de le faire dans quelques endroits. Mais , pour écarter tout soupçon de plagiat de la part des criti- . ques, je déclare formellement que je n'ai jamais eu thrure et Argenture, *
tj AU LECTECR BIENVEILLANT.
rintenlion de m'altribuer le moins du monde ce qui ne m'apparlienl pas ; j'accepte le simple titre de compilateur ; je prie donc le lecteur de regarder bon nombre de choses que je rapporte, comme les inventions d*autrui, peut-être un peu perfectionnées par moi, et j'espère qu'ainsi on ne me contestera pas le peu que je puis y avoir mis du mien.
On me fera peut-être le reproche d'avoir adopté un langage trop technique , et d'avoir prodigué trop de notions scientiûques dans un ouvrage destiné aux ouvriers. Je répondrai que dans mon livre il y a peu de véritable science, puisque l'auteur ou compilateur en a si peu lui-même ; j'ajouterai que je n'ai pas voulu laisser en quelques points la pratique entièrement isolée de la théorie, aGn que les ouvriers pussent voir qu'elles sont étroitement liées l'une à l'autre , et qu'il faut absolument connaître les principes scientifiques pour suivre les progrès des arts et les perfectionner.
Je ferai remarquer enfin , pour rendre à chacun la justice qui lui est due , que la première pensée qui m'est venue d'écrire ce livre, m'a été suggérée par les pressantes sollicitations que le professeur Majocchi adresse aux Italiens dans ses remarquables Annales de Physique, de Chimie et de Mathématiques, pour les engager à publier des livres scientifiques et artistiques à la portée de toutes les intelligences , si l'on veut donner une nouvelle impulsion aux arts et à l'industrie de notre pays.
PBfiFKK DU TSADVCItim.
L'Eiectfo-Métallucgie, cet art dont la découverte remonte à peine à quelques années, a déjà pris une extension telle que chacune de ses branches peut devenir dès aujourd'hui le sujet d'une monographie particulière.
Parmi les nombreuses applications de celte nouvelle découverte , il n'en est peut-être pas qui présente un attrait aussi puissant que les méthodes de dorure et d'argenture électro-chimiques. Aussi, dés leur apparition » les savants, les industriels et les gens du monde de tous les pays en ont fait l'objet de leurs études, do leurs recherches et de leurs travaux, ou l'amusement de leurs loisirs;
\iij PRiFÀGE
et grâce à cet heureux concours de lumières, à ce fonds commun d^expériences contrôlées les unes par les autres, on est arrivé à un point de perfection qu'il n'était pas même permis d'espérer.
Considéré sous un autre rapport, on peut dire que le nouvel art a bien mérité de l'humanité, car il peut, dés à présent, remplacer à peu prés complètement les anciennes méthodes de dorure au mercure, qui, chaque année, coûtaient la vie à un si grand nombre d'ouvriers. Combien de services ne lui devra-t-on pas encore sous le rapport de l'hygiène, puisqu'une foule de métaux d'un usage journalier perdront désormais leurs propriétés malfaisantes en se revêtant d'une couche d'or ou d'argent destinée à les protéger contre toute espèce d'oxydation.
Les chimistes avaient besoin d'une foule de vases en métaux précieux dont le prix élevé ensevelissait des capitaux considérables dans le matériel des laboratoires; ils pourront désormais se procurer facilement des appareils inaltérables, en protégeant, sous une couche d'or, d'argent et peut-être de platine (i), les mélaux qui ne pré-
(1) On sait que juBqa*à présent on n'est pi9 encore parvenu & réduire le platine d*une manière complèteraent satisfaisante*
DU TAADUCTEUS. JX
tenteraient pas une réstetance suffisante aux réactifs emi^oyés dans leurs expériences.
Les instruments de chirurgie, qui réclamaient des soins si minutieux pour être constamment maintenus dans un état de propreté , pourront désormais être recouverts d'une sorte de vernis d'or inaltérable, sans rien perdre de la rigidité qui leur est indispensable.
L'art du dentiste pourra recourir à la galvanoplastique de l'or pour modeler, ces pièces si déli* catesquiy par les moyens ordinaires, s'adaptient si difficilement à toutes les sinuosités des gen* cives.
Tels senties avantages de la dorure et de l'argenture électro-chimiques envisagés sous le sim^ pie rapport de l'utile; mais si nous les considérons sous le point de vue des arts de luxe, un nouveau champ se déroule à nos yeux.
L'industrie des bronzes et cette admirable dorare maté, qui ont rendu l'univers tributaire de nos fabricants, prendront bientôt une nouvelle extension lorsque l'adoption complète des procédés électro-chimiques aura écarté des ateliers toutes les causes d'insalubrité.
Les objets de b^'outerie en filigrane ^ si diffi-
X PAÉFACE
ciles à dorer par les moyens ordioaires, à cause deleur extrême délicatesse et de leurs nombreuses an^ fractuosités, pourront désormais recevoir une couche d or aussi riche qu'élégante et variée, sans altérer en rien le fini du travail.
La bijouterie en faux, qui forme une branche
.importante de notre commerce d'exportation,
prendra un nouvel essor et pourra encore réduire
ses prix, en adoptant les procédés si simples de la
dorure par immersion.
La coutellerie pourra revêtir ses produits d'une couche inoxydable, sans en altérer la forme ni le tranchant.
Enfin , la possibilité de j)roduire des dorures de différentes couleurs et d'appliquer à volonté For et l'argent sur des endroits déterminés, permettra d'établir de charmants ouvrages de damasquinerie, véritables mosaïques en or, où le talent de l'artiste, aidé par la richesse de la matière et la ya* riété des couleurs, peut créer les plus riches effets.
Pour arriver à ces résultats importants, il est nécessaire que la pratique soit guidée par une théorie intelligente, car il faut savoir modifier les moyens d'exécution suivant les effets qu'on veut produire. Nous avons fait connattre l'ensemble
BU tRADUCTEUB. xj
(les procédés de dorure dans le Manuel coMPLEt DE Galvanoplastie («). Mais, aux personnes qui veulent s'occuper exclusivement de dorure et d'argenture électro-chimiques -, il fallait un guide plus spécial, capable de les diriger dans toutes les phases do leurs travaux. Nous ne pouvons rien leur offrir de plus parfait sous ce rapport quB le Manuel publiée Reggio, par M. Fr. Selmi.
Cet habile professeur a répété, avec une con* stance et une exactitude dignes d'éloge, les expériences de tous ses devanciers. Il n'est pas un seul procédé de dorure électro-chimique qu'il n'ait expérimenté, et dont il n'ait fait ressortir avec im^ 4>artialité les inconvénients et les avantages. Il décrit avec une grande sincérité et avec une rare modestie, les découvertes qui sont le fruit de ses propres recherches; en un mot, son livre résume, dans un style clair et précis, l'ensemble de tout ce qui avait été publié jusqu'alors sur la dorure et l'argenture électro-chimiques.
Toutefois, pouB compléter le Manuel dont nous oflirons la traduction au public, nous avons cru
(1) Manuel complet de Galvanoplattie , nonvelle èdiiion^ *S45, RoBET, rue HaatefeuHIe, N® 10 bis.