‹ Nouveau manuel complet de dorure et d'argenture par la méthode électroChapitre 26 sur 42 · EXPÉRIENCES FAITES DANS LE LABORATOIRE DE CHIMIB · texte numérisé non relu

EXPÉRIENCES FAITES DANS LE LABORATOIRE DE CHIMIB

DU Lycée royal de Reggio, sur différents lI'

QUIDES AURIFÈRES.

Recherche d'un liquide aurifère propre à fournir une belle dorure à peu de frais; — RésuUati douteux obtenue (f«bord. — Modification du procédé de de Briant, et avantages obtenus ; — Ammoniure d'or substitué à Vhydroxyde d*or; — Solution de cet ammoniure dans le eyano-ferrure de potassium^mélangé au carbonate de soude ^ et avec le eyanoferrure seul; — Expériences comparatives faites avec l'oxyde d'or hydraté. — Formule d'un liquide aurifère produisant la dorure brillante et mate, sur différents métaux et alliages , déduite des observations et des expé' riences ; — Phénomènes remarqués sur ce liquide sous l'ac tion du courant étèctrique ; — Simplification dans la monière de le préparer ; — Examen d'un soupçon de plagiai insinué contre l'auteur par le professeur Grimelli ; — Aevendication de l'indépendance de ses propres travaux d'avec l'indication d'une liqueur aurifère proposée par Grimelli,

Unicoique sonm. . .

Dans le cours des leçons de chimie , données par moi au Lycée royal de Reggio , je pensai à m^occuper de la dorure et de Fargenture par le procédé électrochimique; et, en effet ,dans le courant du mois dernier et de celui-ci ( mai 1844), j'enseignai aux ouvriers de cette ville , et à beaucoup d'autres auditeurs qui étaient venus en grand nombre m'honorer de leur attention, la manière de mettre ce procédé en pratique , et je do-

BXPiKIENGBS SUE HIYBAS IIQUIBBS AURIFÈBB8. 65

rai et argentai en lear présence, ^oor pouvoir déterminer, en connaissance de cause» lequel , parmi les nonobreux procédés enseignés par les auteurs qui ont écrit sur la dorure électro-chimique , méritait la préférence, je voulus les répéter tous Tun après l'autre, et je trouvai qae le plus avantageux est le suivant, indiqué par Elsner : il consiste à préparer un bain d'or avec 1 partie de chlorure d*or , 10 parties de cyanoferrure de potassium , 100 parties d'eau et 4 à 5 parties de carbonate de soude. On fait chauffer la solution de chlorure d'or, on la rend alcaline au moyen du cyano-ferrure, et enfin on y sgoute le carbonate de soude pour neutraliser complètement le sel d'or. Hais, comme chacun peut le voir, ce liquide est fort cher, et les ouvriers, qui demandent la plus grande économie possible dans le travail, m'ont engagé à rechercher quelque solution d'or moins coûteuse, et néanmoins capable de fournir des résultats à peu près égaux.

Je travaillai dans ce but, et me rappelant que Graëger avait remarqué qu'il fallait mêler au ^quide aurifère 2 parties seulement de cyano-ferrure de potassium paur une partie de chlorure d'or, je voulus essayer si , en combinant les deux corps dans cette proportion avec du carbonate de soude, je pourrais obtenir un liquide propre à dorer. Il est vrai que Graêger avait averti , dans une de ses notes (i), qu'avec 2 parties de cyanoferrure , sa liqueur donne une dorure sale tant qu'elle reste alcaline , tandis que la dorure devient nette si on rend la solution acide au moyen de l'acide sulfuri-

(1) Revue teietUi/ique et industrielle , par Qoesoefille. Fémer 1844. foyex Gkapitr« IV, S 3.

que. Mais j*ai été conduît-à supprimer Tacide , à cause du dégagement d'acide prussique qui émane de la dissolution, etj*ai substitué le carbonate de soude à la potasse caustique indiquée par Graëger, afin d'altérer moins profondément le cyano-ferrure , car je suis per. suadé que Talcali caustique doit Tattaquer. Après plusieurs expériences répétées, j'obtins un liquide donnant une fort belle dorure , ce qui me fit d'abord croire que j'avais atteint mon but ; mais , lorsque je voulus , une autre fois , répéter l'expérience de point en point, je n'ai plus obtenu, à mon grand étonnement , qu'une solution fournissant une dorure sale , sans pouvoir produire une couleur jaune d'or pure. Dans l'un comme dans l'autre cas , j'avais employé les mêmes substan* ces, si ce n'est que le chlorure d'or employé dans la première solution avait été préparé à part de celui qui servit à la seconde. Après bien des recherchés pour découvrir le motif de la différence entre les deux chlorures d'or, je n'arrivai pas tout d'abord à en trouver de satisfaisant ; mais, dans la suite , ayant réfléchi que dans la préparation du premier chlorure d'or, il s'était trouvé mêlé par erreur un peu d'ammoniure , j'en vins à soupçonner que la présence de l'ammoniaque , combiné avec l'or, et séparé ensuite à l'état naissafit par la décomposition de l'alcali ,. avait pu , dans une série de réactions diverses , influer sur la qualité du liquide et le rendre propre à dorer.

Il me vint de là l'idée d'essayer si réellement Tammoninre, mêlé au chlorWe, agissait d'une manière particulière dans la formation d'un composé d'or reconnu pour donner de belles dorures. Dans le même

temps , ayant été obtigé de traiter de la dornre mate , je crus convenable de reporter mon attention sur la préparation da liqaide de M. de Briant, suivant les indications d'£lsner(i], et je recommençai de nouveaux essais pour pouvoir répéter les expériences dans mes leçons avec certitude de succès. Mais , comme la préparation de Toxyde d'or me parut devoir réussir difficilement entre les mains des ouvriers , qui ont tant de répugnance à adopter les applications scientifiques lorsqu'elles semblent présenter des manipulations compliquées , je cherchai dans mon esprit si , à Toxyde d*or hydraté , on ne pourraitpas substituer un autre composé plus facile à préparer, mais également propre à remplir le but. Il me vint tout-à-coup à Tidée d'employer Tammoniure d'or, persuadé que cette substance, amenée au point derébullition, se transformerait, par la réaction delà potasse caustique,en oxyde d'or et en ammoniaque. Cette supposition était fortifiée par les indications contenues dans un travail de Figuier, inséré dans VInslilut, et où il déduit de nombreuses expériences , que les ammoninres d*or ne sont pas autre chose que des combinaisons directes de Tammoniaque avec Toxyde d*or métallique (2). Je pris donc 80 décigrammes ( 2 gros) de cyano-ferrure de potassium, etl3décigram. (25 grains) de potasse caustique que je fis dissoudre et chauffer jusqu'à rébullition ; j'y ajoutai l'ammoniure retiré de

(I) Voyez le Chapitre Y oi-dessos.

(3) insiitui, No 539. « Je fais voir qae Tor fulminant, ou mieux les dÎTerses espèces d'or fulminant , ne peuvent être regardées que coipme des combinaisons pures et simples d'ammoniaque ayec les divers oxydes d'or. »

es BXPéaiBlfCES

5 décigrammes (9 grains) de chlorare d'or [c'est la quantité de sel d*or recueilli par la formule de de Briant» rapportée par Elsner (i)] > et je fis bouillir le tout pendant 12 minutes environ.

Pendant Tébullition, l'ammoniaque se dégagea , et ce dégagement me confirma dans Vidée de la décomposition de Tammoniure en alcali et en oxyde d*or ; d'un autre côté, je reconnus, en examinant le dé.pôt qui se précipitait de la solution , que tout Fammoniure ne se séparait pas de l'oxyde par Faction de la potasse caustique y puisque ce dépôt n'était pas formé d'oxyde de fer seulement , comme celui que Fon obtient au moyen de la liqueur originale de M. de Briant, mais qu'il contenait, en outre» une certaine quantité de parcelles d'or métallique. Ce nrfode de se comporter, du nouveau liquide, indique bien la différence de nature qui existe entre lui et la liqueur de M. de Briant, car le premier dore au mat en 15 ou 16 heures , tandis que le second exige au moins 36 heures.

J'employai pour appareil , tantôt un simple couple de Daniell et tantôt le tube à diaphragme. J'arrivai ainsi à produire la dorure mate , non-seulement sur Fargent , mais encore sur Fétain. MM. Elsner et de Briant n'avaient pu obtenir ce genre de dorure que sur le premier de ces métaux. Il me vint quelques doutes, comme je Fai dit au commencement , sur la manière dont se comporte Fammoniure d'or en présence d'uo alcali, et en examinant bien les excellents résultats de dorure mate dont je viens de parler, en réfléchissant à la précieuse propriété que possède le cyano-fer-

(1) Toyes page 53.

rure de potasse, d*enlever à la liqueur composée d'ammoniare d*or et de sel ammoniac, Finconvénient de fournir une dorure sale , je me résolus à pousser plus loin mes investigations. Je voulais rechercher de nou* veau une solution d'or peu coûteuse, facile à préparer, et capable de donner la dorure mate (i), ou brillante» sans couvrir d'une poudre noire les objets à dorer. Je pensai alors à diminuer la quantité de prussiate jaune employé en abondance par Elsner et de Briant , à me servir de Tammoniure d'or en place du chlorure , et à substituer à la potasse caustique le carbonate de soude, substitution qui m'était indiquée par l'exemple d'EIsner.

La première expérience eut lieu avec une solution faite à chaud de l'ammoniure d'or recueilli de 5 déci* grammes (9 grains) de chlorure, auquel je mêlai un gramme (18 grains) de cyano-ferrnre de potassium, et 5 décigrammes (9 grains) de carbonate de soude. L'ammoniaque se dégagea pendant l'ébullition, et le dépôt, formé dans la réaction, prit l'aspect dont j'ai parlé, c'est-à-dire d'une substance d'un rouge tirant sur le pourpre et entremêlée de paillettes d'or. Le li-

(1) J'flos pour bat principal, dans mes recherches, de troayer on liquide peu coùteox et propre à dorer au mat non-sealement l'argent, mais encore les antres métaox. J'étais entraîné à ces recherches par le succès que j'avais obtenu avec la liqueur de de Briant , modiGée par moi, et par les paroles d'EIsner qui servent de conolnsion à son mémoire snr la domre mate de l'argent : « Je suis d'anUnt plus satisfait d'être arrivé à la découverte de ce procédé, que le besoin en était plus urgent, à ce point qu'il y a quelque temps un voyageur qui se trouvait à Berlin demandait une somme de plusieurs milliers d'écui pour faire coonaltre le secret qu'il possédait de produire un bean mat de Paris. » ( Revue de QueinevUle , tome XV, page 530 ).

quide était d'une coulear rougeâtre, et Tayant es^^i de diverses manières, j'en obtins une dorure bnllante ou mate , mais dénuée de cette belle couleur jaune pure qu'on remarque dans les objets dorés par le procédé d'Elsner.

Il fallut donc encore recourir ^ de nouveaux essais; je préparai deux nouveaux liquides , dans Vun desquels JQ doublai la quantité du cyano-ferrure , sans rien changer à la proportion des autres substances; dans le second , je doublai la dose de carbonate de soude. Ayant essayé comparativement ces deux liquides, je fus pleinement convaincu que le second l'emporte de beaucoup et sous le rapport de l'économie et par la supériorité de la dorure qu'il produit. Je m'y arrêtai donc sans rechercher d'autres combinaisons, intimement persuadé que je n'en trouverais pas d'aussi propres à composer des liqueurs donnant une belle dorure , et qu'il serait difGcile d'en rencontrer de plus simples et de moins coûteuses.

Dans la suite , je voulus connaître , par pure curiosité, si le cyano-ferrure de potassium, tel qu'on le trouve dans le commerce, toujours mêlé de carbonate de soude , pourrait , à lui seul, dissoudre l'ammoniure d'or en y joignant l'action d'un sel alcalin. J'ai donc fait bouillir 10 grammes (2 gros Va) de cyano-ferrure de potassium avec l'ammoniure tiré de 5 décigrammes (9 grains) de chlorure d'or. U survint, comme à l'ordinaire , un dégagement d'ammoniaque, il se forma un précipité d'oxyde de fer mêlé de particules d'or, et le liquide prit une couleur jaune d'or. J'y plongeai différents objets en métal communiquant avec une pile à

SUR DITEfiS LIQUIDES AVRIFifiBS* 71

lîapbragme^ et j'obtins, sur ces objets, une dorure nagniOque ^ capable de rivaliser avec celle d'Elsner. La grande quantité de cyano-ferrure employé , qui répond aa quadruple de celle indiquée par de Ruolz pour former un bain d'or àlec le chlorure de cette dernière base, démontre que j'ai regardé comme une bonne chose l'abondance du cyano-ferrure , pour mettre en contact avec le cyanure autant de carbonate de potasse qu'il en faut pour le décomposer.

La nature des différents liquides que j'ai préparés avec l'ammoniure d'or, le caractère de leur dépôt insoluble, la facilité qu'ils présentent de dorer au mat l'argent et surtout l'étain, rencontrés tant dans un liquide analogue à celui de de Briant , que dans un autre , composé de cyano-ferrure de potassium et de carbonate de soude, m'autorisent à poser en principe que l'ammoniure engendre un composé soluble dans le mélange des deux sels, et qui diffère essentiellement du composé provenant du simple oxyde d'or hydraté. Pour confirmer mon assertion par un fait , j'ai pris l'oxyd^^ d'or formé par 5 décigrammes (9 grains) de chlorure , et je l'ai fait bouillir dans une solution aqueuse de 1 gramme (18 grains) de cyano-ferrure de potassium, et de 1 gramme (18 grains) de carbonate de soude. Le liquide résultant déposa avec peine sur l'étain une couche d'or pâle et peu adhérente , il dora même fort mal l'argent.

En me reportant au phénomène indiqué plus haut, phénomène observé en préparant un bain d'or avec on mélange de chlorure d'or et d'ammoniure, et me souvenant que, dans le dépôt resté après l'ébulli-

7â fiXPBBIENCËd

tioD, j'avais remarqué quelques particules d*or, que j'attribuais alors à la réaction produite par un pea de substance organique qui pouvait se trouver par hasard dans Téprouvette employée à faire bouillir le mélange, ou dans ce mélange Itiûméme, je fis sur-lechamp une expérience avec du chlorure d'or mêlé à Tammoniure et aux deux sels alcalins , etc. La solution jaune clair qui en résulta dora d'une manière très-sâtisfaisante , sans produire ces ombres et ces taches qoe donne un liquide préparé sans Tadjonction de l'ammoniaque. Ainsi , en comparant une lame d'argent qui était restée plongée pendant quelque temps dans ce bain , avec une lame dorée par la méthode d'Ëlsner, je ne trouvai entre elles aucune différence sensible pour la beauté du coup-d'œil.

Après avoir ainsi recherché la cause qui produit la différence d'action du premier liquide fait avec du chlorure d'or mêlé par hasard à de l'ammoniure , je m'appliquai à essayer de nouveau si la solution d'ammoniure d'or dans le cyano-ferrure jaune de potassium et le carbonate de soude, pouvait être préparée plus facilement , de manière à ce que les ouvriers ne fussent pas embarrassés par le lavage et le filtrage. Mais , avant d'exposer comment j'ai atteint ce but , il me reste à décrire toutes les particularités qui se rattachent à la manière d'obtenir la solution désignée plus haut» et qui fournit une dorure si riche et si belle, qu'elle égale et surpasse même celle qu'on obtient par la méthode de de Briant.

Dans un bassin de porcelaine, chauffé par une lampe à esprit-de-vin, je mets 1 gramme (18 grains) de

StJtt DIVËBS LIQttDGS ADBIFÈBGg. 73

carbonate de soude et 1 gramme ( 18 grains) de cyanofermre jaune de potassium avec 30 grammes ( 1 once) d'eau ; lorsque cette eau est bouillante et les deux sels complètement dissous, j'ajoute Tammoniure produit par 5 décigrammes (9 grains ) de chlorure d'or qui a été versé sur un filtre de papier , lavé à différentes reprises, et recueilli avec une spatule d'argent doré. A peine l'ammoniure a-t-il été ajouté, que l'ammoniaque commence à se dégager très-distinctement , l'amrooninre se rembrunit visiblement ; il prend, à mesure que rébuUition devient plus forte , une couleur rouge décidée tirant un peu sur le pourpre , et finit par former un dépôt en larges flocons mêlés de paillettes d'or. Au bout de dix minutes d'ébuUition à peu près , l'odeur d*aromoniaque cesse tout-à-fait , et est remplacée par l'odeur particulière à la lessive ; le liquide prend cette belle couleur d'or qui caractérise les solutions? aurifères. Au bout de 12 minutes, on enlève le vase du feu , on filtre la dissolution à travers un papier buvard on peu clair , pour hâter autant que possible la filtration. Pendant Tébullition du mélange, il est indispensable d'y verser un peu d'eau chaude pour remplacer à mesure celle qui s'évapore , et l'on continue cette addition , parce qu'autrement , le liquide réagirait sur le précipité, au point de le dissoudre en partie , et se colorerait en rouge tirant sur le brun , état dans lequel il ne produirait pas une trop belle dorure. Par le même motif, il ne faut pas craindre d'allonger, avec de l'eau froide, le liquide versé sur le filtre, lorsqu'il s'en est déjà écoulé une partie , afin que ce qui reste en dernier et qui passe plus lentement , ne Porun et Argenture, ' 7

prenne pas une couleur brune par son contact avec le dépôt.

La première fois que je préparai le liquide aurifère, suivant la formule indiquée, je l'obtins coloré en jaune un peu rougeâtre ; mais des observations succès* sives m'ont démontré que quand on a soin de le maintenir étendu pendant Tébullition , il dore mieux et ne perd point alors sa belle teinte jaune d'or, pour prendre la couleur rougeâtre (i). La réunion de l'eau qui a servi à la solution, avec celle qu'on verse sur le filtre, doit fournir un liquide pesant environ 65 gram. (â onces). Ce bain d'or m'a fourni Une belle dorure bien franche, bien brillante, avec un couple de Daniell et avec l'appareil à diaphragme, sur le cuivre, l'argentan ou pakfong; sur le laiton, le bronze, Tétain, l'acier et la fonte.

En employant un couple de Daniell très-faible, ou un tube à diaphragme de petite dimension , j'ai doré au mat, avec le liquide ci-dessus , l'argent, l'étain (s),

(1) Qnand le liquide parait ronge, il contient tonjoars du fer en di»solntion qui empêche le courant de bien décomposer le sel d'or, et qti, au lieu d'une couche d'or, forme un dépôt noir pulyérulent. D'antres fois, il arrive que la liqueur , encore bien que d'une couleur jaune, se montre rebelle à dorer , et dépose également une poudre noire sur les objets qui y sont plongés. En l'abandonnant pendant quelques heores dans un vase ouvert, après qn'eUe a snbi l'influence du courant éleccrlque , elle abandonne l'hydrate d'oxyde de fer, et devient alors propre k couvrir les métaux d'une belle couche d'or.

(3) L'étain doré au mat, conjointement avec deux objets en argent, a été exposé publiquement sous les yeux de mes auditeurs , dans mon cours du 9 mai , et il a obtenu Tapprobation de tous les ouvriers qd étaient venus pour apprendre la nouvelle manière de dorer ; il a été surtout l'objet d'éloges très-ftittenrs de la part d'un habile orfèvre, M. Segnani, très-expert en pareille matière.

le bronze , le caivre , le laiton et l'argentan, sans avoir fait sabir à ces métaux aucune préparation préalable , et même après avoir poli leur surface. Qu'il me soit donc permis de dire que personne , que je sache , n'avait obtenu jusqu'ici la dorure mate sur les cinq derniers de ces métaux. Etla preuve, c'est qu'Ëlsner, qui 8>st occupé le premier avec tant de soin de ce genre de dorure , avoue qu'il n'a pu l'obtenir que sur l'argent, et que pour dorer ainsi le bronze , il a été obligé d'argenter d'abord cet alliage.

Pour dorer au mat avec le liquide dont j'ai parlé, il faut que l'objet reste plongé pendant 15 ou 16 heures au moins, et que le courant soit assez faible pour qu'après 15 minutes d'immersion , on commence seulement à voir apparaître une légère couche d'or. Si le courant était trop énergique, la dorure mate se produirait vite, mais avec un ton rembruni. Mais si l'action électrique est réglée convenablement, les objets composés des métaux que j'ai désignés , sortiront du bain recouverts d'une couche d'or mate, aussi parfaite qu'on peut le désirer ; on pourra les laver à l'eau , et les essuyer avec on linge fin, sans leur faire perdre leur mat; car le dernier dépôt d'or est assez adhérent pour résister à un frottement énergique. Tous les métaux ne sont pas propres à prendre un beau mat par ce procédé : d'après les observations comparatives que j'ai faites , il fout placer en première ligne Tétain, et ensuite le bronze , l'argent , le cuivre , le laiton , l'argentan. L'acier prend aussi le mat , mais il est trop sombre pour pouvoir être parfaitement doré de cette manière. Il en est probablement de même des autres métaux et alliages que je n'ai pas soumis au^ expériences.

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Encore bien que remploi de l'appareil à diaphragme puisse paraître avantageux à quelques personnes , je conseillerai néanmoins d'adopter toujours de préférence un couple de Daniell {i), parce que Taction électrique devant être prolongée pendant plusieurs heures, il serait impossible d'éviter le mélange par endosmose de la liqueur aurifère avec la solution de sel marin, et, réciproquement , suivant leur densité relative. Il faut encore éviter d'employer le même bain d'or pour des

(1) La pile de Daniell , dont je me sqîs senri, se compose de dsux vaaes, Tun en cuivre , l'autre en terre poreuse, et d'une lame de linc roulée en cylindre.

C est le vase de cuivre ; T, celui de terre; Z , le- cylindre de linc. P est un vase de faïence renfermant le cylindre de cuivre C. Dant l'espace qui existe entre C, T et P, On verse une solution de sulfate de cuivre, et dans l'espace entre T et Z, une solution de sel marin. Au vase C , et au cylindre Z , on soude deux flis de cuivre. On attache au 61 F', une lame de platine oa encore mieux d'or A ; et an fil F, Tobjet à dorer, Les vis de pression v v, v' v* servent à assujétir les fils conducteurs , et à régler leur longueur et leur position. Quand la solution saline s'élève jusqu'au bord du vase poreux T, la pile produit an courant qui donne une dorure rapide et brillante. En diminuant la quantité de fluide excitant, la décomposition du bain d'or devient plus faible, et par f>uile le dépOt d'or s'opère plus leotemept.

inétaax et alliages différents, car il m'est arrivé que le liquide, après avoir parfaitemeol doré une lame d'argent, et ensuite une cuiller de maillechort , m'a donné une dorure noire et sale lorsque j'ai voulu l'employer une troisième fois à dorer une autre lame d'argent. De semblables observations , relativement au maillechort , ont été faites par d'autres personnes; il faut donc avoir un bain à part pour ces sortes d^alliages.

J'ai remarqué , pendant le cours de mes travaux , quelques phénomènes dignes d'attention : 1^ avec mon liquide, Tacier se dore phis vite que les autres métaux, mais l'argent résiste un instant à recevoir la première couche d'or; 2® la liqueur, qui, après sa préparaUon, exhale une odeur de lessive , commence à dégager une odeur distincte de cyanogène lorsqu'elle est restée quelque temps sous l'influence du courant , et surtout lorsqu'on la maintient fortement alcaline ; 3^ un objet déjà doré et plonge dans le liquide aurifère , ne se recouvre pas entièrement d'or sur la partie plongée; mais au bout de quelques heures il perd l'or dont il était couvert sur une hauteur de quelques millimètres , depuis le point où il sort du bain, et graduellement vers la partie supérieure (1).

(1) La redissolatioa de Tor dans le liquide aarifère, an-dessus dn point où Vàbjet est immergé, vient sans doute de la faculté dissolvante ^a bain, qai, attiré jusqu'à une certaine hauteur par l'attraction capillaire, à l'état de couche très^mince, ne doit plus être sensible à l'iofluence du courant, et peut alors agir suivant ses propriétés chimiques. Ces propriétés sont énergiquement excitées par l'extrême ténuité de la couche à laquelle le liquide se trouve réduit ; c'est ainsi qu'on a remarqué dans les belles expériences de Fnsinieri et de Bisio , que les corps réduits à un extrême degré de ténuité acquièrent une vertu très-énergique. Ceci semble encore

Le bain d'or qui donne la dorure mate peut aussi parfaitement servir à ta dorure brillante, puisque, avast de produire le mat, il couvre les objets d'une couche d'or brillante.

Lorsqu'on veut avoir une dorure brillante , H faut quelques heures pour obtenir une couche d'or assez épaisse pour résister à Taction des acides nitrique et sulfurique, et qui soit comparable à la dorure au feu. Dans celte opération , il sera nécessaire d'enlever de temps en temps l'objet hors du bain, de le laver à l'eau de pluie, de le frotter avec une brosse imbibée de crème de tartre en poudre 6ne ; on le lave alors dans une autre eau, et on le replace dans le bain. Ce soin, recommandé par Elsner, est toujours très-avantageux pour faire prendre aux objets une belle couleur jaune d'or pure, sans que jamais ils soient ternis par cette teinte brune qui enlève à fa dorure toute sa beauté.

Parmi tous les métaux et alliages , l'argentan est celui qui prend la plus belle dorure , avec le bain d'or désigné plus haut; viennent ensuite rétain,le bronze, l'argent , l'acier, etc.

Comme j'ai toujours eu en vue , dans toutes les recherches dont j'ai parlé , l'intérêt des ouvriers qui recherchent avant tout des manipulations simples, j'ai essayé si le chloro-aromoniure qui se forme dans la réaction de l'ammoniaque avec le chlorure d'or serait nuisible au bain d'or. J'ai donc conservé les mêmes

confirmé par la remarque que j'ai faite, qi'an objet métallique doré et plongé en partie dans on liquide, sans communiquer arec une pile, se dépouille de la dorure dans la partie plongée , et même fur qnelqnet millimètres de la partie non plongée dans le baio.

proportions de 1 gramme (18 grains) de cyano-ferrare, 1 gramme (18 grains) de carbonate de sonde , 35 grammes (8 gros) d'eau , et 5 décigram. (9gr.) de chlorure d'or réduit en ammoniure. Lorsque les deux sels alcalins ont été dissous par Tébullition , j'y ai ajouté le chlorure d'or mêlé au liquide contenant le chlorhydrate d'ammoniaque, et j'ai fait bouillir pendant 12 minutes ( 1 ) . J'ai obtenu une solution et un dépôt ayant tous les caractères et toutes lesT propriétés de celle préparée avec l'ammoniure d'or recueilli sur un filtre et lavé. Il me produisit une dorure brillante ou mate , et même plus rapide qu'à l'ordinaire. Pour m'assurer si l'addition d'une certaine quantité de chlorure de soude avec le liquide obtenu de l'ammoniure d'or lavé , exercerait une influence fâcheuse et rendrait le bain impropre à fournir la belle couleur jaune d'or, je préparai divers mélanges avec le même liquide et du chlorure de soude (sel commun), et des expériences comparatives me donnèrent la certitude que, dans la proportion de 5 décigr. (9 grains) de sel sur 40 décigr. (1 gros) de la liqueur ordinaire, celle-ci ne perdait pas sensiblement la faculté de bien dorer; mais en augmentant la quantité de sel, la dorare commence à prendre une teinte brune. Parmi tous les métaux , celui qui est le plus sensible à l'influence da sel commun ajouté au liquide, est l'argent ; il prend alors une dorure tirant sur le brun, et, à la longue, il se couvre d'une couche mate et brune. Toutes les fois

(1 ) Comme chacun peut le Toir, non-seolement la préparation se trooye tiapltfiée de cette manière , mais encore on évite le danger de produire des explosions STec Tammoniare d'or , car il peut arriver qa*an manipalateor inexpérimenté, après Tavoir recaeilli sar le filtre et lavé , le Ui«e técher jusqu'au point où il derient fulminant.

$0 EXPÉRIEKCBS

que j'ai Toola ajouter en excès le cblorare de soade à mon bain d'or, il m'est toujours arrivé d'obtenir m précipité cristallin jaune pâle, en partie sollible à chaud dans le liquide d'où il s'est réduit , et tout- à- fait soloble à froid , dans une autre portion de liquide pur ajouté aa premier. Cette substance serait-elle un chlorure d'or, ou bien un cyano-cblorure d'or, ou tout simplement le cyanure d'or de Carty? Je n'ai pas fait jusqu'à ce jour les expériences nécessaires pour en bien apprécier la ; nature.

Pour terminer, je ferai remarquer qu'ayant préparé différents liquides avec 3,4, 6 et 10 parties decyano-ferrure de potassium pour une partie de chlorure d'or réduit en ammoniure , je n'ai pas rencontré, dans les deux premières proportions surtout , une différence de résultats qui puisse les faire préférer au premier liquide « lequel contient seulement 2 parties de cyano-ferrure. Du reste , ces solutions d*or agissent toujours mieux un ou deux jours après leur préparation, que dans le moment même où elles ont été faites. Il m'est encore arrivé assez souvent , qu'un liquide , après avoir doré le premier objet avec une teinte brune , a doré ensuite , d'une manière parfaite, les objets qui y ont été plongés ultérieurement.

Des recherches subséquentes m'ont assuré qu'on peut éviter la formation des paillettes d'or en purgeant le carbonate de soude de toute substance organique , et en ajoutant l'ammonfure d'or, maintenu en suspension dans le liquide qui l'a fourni , au carbonate de soude et au cyano-ferrure , non pas en une seule fois , mais à plusieurs reprises, attendant, pour en verser

de noQveao» que la solution ne dégage plus qu'une faible odear d'ammoniaque. En opérant avec ces précautions , on obtient un liquide aurifère sans aucune réduction apparente de Tor, réduction qu'on est ensuite certain d'éviter, si on remplace la proportion de 2 parties de cyano-ferrure par 3 parties du même sel. Cela ferait croire que la formation des paillettes d'or est due à la décomposition produite par la chaleur qu'éprouve la partie de Tammoniure qui se trouve attaquée en dernier lien par la solution des deux sels, et qui demeure ainsi trop longtemps soumise à une température de quelques degrés au-dessus de lOœ centigrades.

En décrivant la série de mes recherches relatives à Télectro-dorure , j'ai voulu entrer dans des détails toutà-fait circonstanciés sur la marche que j'ai suivie pour arriver à mélanger l'ammoniure d'or au cyano-ferrure de potassium, soit seul, soit uni au carbonate de soude. J'ai cru devoir le faire , pour mieux dissiper un soupçon de plagiat dont quelques personnes m'ont cru atteint , par les termes dont s'est servi , à mon égard, le professeurGrimelli dans son article sur V électro-dorure italienne (j). Loin de rechercher si le professeur de Modène a réellement eu, dans ses écrits, l'intention de me charger d'une telle inculpation, je me contenterai d'exposer brièvement, et autant que cela sera nécessaire , que 31 j'ai trouvé la formule de différents bains d'or (2) composés avec Tammoniure d'or et le cyano-

(1) Méthode Italienne d*Electro~Dorure , exposée à rAcadémie rojrale des Sciences, Lettres et Arts de Modène, par Tipi-Cappelli ; il mai 1844.

(3) Formole de quelques liquides propres à dorer , par Fr. Selmi. Re^^io. typ. Torreggiaoi, 10 mai 1844, 1 feuille totante.

ferrure de potassium, c'est tout-à-fait indépendamment de Tindication qu'il a donnée, le 9 mai , dans la fenîOe de Modène, d'une solution aurifère produite avec Tammoniure d'or et le cyanure simple de potassium.

J'ai déjà dit que, le 9 mai, dans ma leçon publique de chimie donnée au Lycée royal de Reggio, j'avais soumis à l'examen de mes auditeurs, un morceau d'étain et deux d'argent, dorés au niat avec la liqueur de de Briant, modifiée par moi , modification qui consistait précisément dans la substitution de l'ammoniure d'or à l'oxyde du même métal , et qui prouve que , bieii avant cette époque , je m'étais appliqué à employer l'ammoniure avec les cyanures. La feuille de Modène ik'a paru que sur le soir de cette même journée , et n'est parvenue à Reggio que fort avant dans la soirée , je ne l'ai même reçue qu'à dix heures. C'est donc sans connaître l'indication de Grimelli , que j'étais parvenu à dissoudre l'ammoniure d'or dans le cyano-ferrure de potassium. Mais mes recherches n'étaient pas restées enfermées dans ces limites , puisque j'avais déjà pensé à abandonner la potasse caustique en employant le cyano-ferrure seul avec l'ammoniure, et, en outre , à réduire à la plus petite proportion possible la première substance unie au carbonate de soude , de manière , cependant , à obtenir un liquide peu coûteux et capable de fournir une belle dorure. Avec ce liquide, j'avais doré, non-seulement au brillant, mais encore au mat, l'argent et l'étain, métaux qui, pour prendre la dorure mate , exigent une immersion de plusieurs heures. et l'emploi d'un courant très-faible. J'avais encore été plus loin, j'en étais venu à pré-

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parer des liquides comparatifs , d'une part , avec Tammoniare , et de l'autre part , avec l'oxyde d'or hydraté, afin de pouvoir observer à la fois leurs propriétés respectives pour la dorure.

L'article de Grimelii me fut donc remis le 9 au soir ; à peine en eus-je pris lecture , que je m'avisai que pour avoir trop tardé à donner connaissance des résultats obtenus par moi, je pourrais bien être soupçonné de les avoir puisés , comme tant d'autres compilateurs , dans les indications de Grimelli,et que je perdrais ainsi, à la fois, la priorité et l'indépendance de mon travail. Je me mis donc, le lendemain 10 mai, dès 7 heures du matin, à rédiger un extrait succinct, pour être imprimé par Torreggiani , et dans lequel je décrivais les caractères des différents liquides et des dépôts , la qualité de la dorure, etc., etc. le pensais en moi-même que personne ne pourrait supposer que l'ensemble de mes recherches fût le résultat du travail d'une nuit en présence de tant de liquides différents , des proportions précises déterminées pour chacun d'eux, et surtout en réfléchissant que, dans un temps si court, il n'aurait pas été possible d'essayer les différentes dorures au mat. Je pensais, au surplus, que la concordance d'une publication si prompte , avec l'exhibition que j'avais faite à mon cours de pièces dorées au mat par le liquide de de Briant , modifié par moi ; je comptais que la présence continuelle d'un de mes auditeurs, M. Fr. Jtfontecchî , qui a assisté à toutes mes opérations , dans lesquelles il m'a toujours aidé , suffiraient pour constater les journées que j'avais employées à mon travail et les nombreuses expériences que j'avais faites. J'espéraîs

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donc qa'on n*élèverait même pas contre moi le soupçon d'avoir dérobé à Grimelli l'idée principale , l'idée capitale d'unir l'ammoniure d'or aux cyanures. Peutêtre le professeur Grimelli n'a-t-il pas élébien informé de toutes les circonstances que je viens d'énumérer, s'il a réellement voulu , dans son article > faire allusion à un prétendu plagiat que j'aurais essayé de faire de ses idées. Car je suis persuadé qu'il n'aurait pas avancé, même d'une manière éloignée , la moindre insinuation désobligeante pour moi , s'il avait suffisamment approfondi les choses.

Loin d'avoir eu la basse intention de m'approprier les découvertes d'autrui, je rappelle ici moi-même que Grimelli a été le premier à publier la formule d'un bain d'or composé d'un mélange d'ammoniure d'or et de cyanure (8 à 12 parties de cyanure pur de potassium pour 1 à 2 parties d'ammoniure d'or ) , et produisant une dorure fort belle sur l'argent et autres métaux. C'est encore lui qui, le premier, a eu l'idée d'exclure totalement les chlorures des mélanges susnommés, et qui a obtenu la galvanoplastique de l'or.

Sans avoir aucune connaissance des résultats obtenus par Grimelli, j'avais déjà mélangé l'ammoniure d'or aux cyanures dans les proportions suivantes : 1 partie d'ammoniure d'or et 20 parties de cyano-fer* rure de potassium ; 1 partie d'ammoniure d'or et 2 parties de cyano-ferrure de potassium , avec même quantité de carbonate de soude, etc. Mais , pour avoir tardé d'un jour à publier ces indications, tout en gardant l'indépendance de mon travail d'avec le sien , j'ai perdu la priorité de la publication de l'idée d'associer l'am-

tnoninre d'or avec les cyanures (i). Il me reste encore la priorité poar l'association du cyano-ferrure de po-

(i) Le professeor Grimelli me fit connattre dans une lettre da 4 mai, qa'il était paryenu à modifier le procédé de Brugnatelli, de manière à produire une dorure supérieure à celle que fournissent les liquides de de Ruolz et antres. Je lui répondis le 7 , que bien que persuadé da ses résultats, je doutais toutefois qu'avec la njéthode de Drughatelli perfectionnée, il fût arrivé à surpasser les produits obtenus avec le liquide d'Elsner, qui m'avait fourni une dorure incomparablement plus belle. Quelques personnes ont voulu interpréter n^alignement le doute que j'exprime dans cette lettre, et ils disent qu'en critiquant ainsi le procédé de Grimelli , je cherchais à en empêcher la publication , dans le bot de le reproduire ensuite comme une découverte qui m'était propre , en la travestissant un peu , comme je n'ai pas manqué de le faire , lyoutent-ils , en faisant imprimer ma formule de quelques liquides propret à la dorure.

On va voir par ce que je vais dire, combien cette supposition est in~ yraisenblable et absurde. Jamais Grimelli ne m'a fait connaître, ni verbalement ni par écrit, qu'il avait employé le cyanure pur de potassium ponr dissoudre le corps qui se dépose par l'action de l'ammoniaque sur le chlorure d'or. Il me communiqua simplement qu'il avait modifié le procédé et Brugnatelli, an point d'obtenir une dorure très- belle. Lorsqu'il me parlait d'nae modification apportée par lui au procédé de Brugnatelli, j'ai (oujoars dû penser qu'il en avait sans doute varié les accessoires , mais Jamais changé les éléments, en excluant le composé auquel Brugnatelli donne le nom d'ammoniure, et attribue la propriété de dorer. Or, comme en essayant ce procédé de toutes sortes de manières, je n'étais jamais arrivé à rien de comparable aux produits de la méthode d'Elsner, j'étais tn droit de douter un peu que Grimelli eût obtenu de meilleurs effets; non pas que je suspectasse son habileté, mais à cause des qualités inhérentes à la nAture du procédé de Brugnatelli, même modifié. Comment, sa vérité, supposer que la solution dans le cyanure de potassium, da dépôt qni se sépare du chlorure d'or traité par Tammonaique, peut encore lire proclamée : liqueur modifiée de Brugnatelli , alors qu'on lui s enlevé les sels ammoniacaux qui proviennent de l'eau régale et d'un excès d'alcali; alors qne l'ammoniure d'or de Brugnatelli ne fait plos partie do liquide; alors qn'on n'y trooTe plus uniquement que le corps qui se dépose par l'action de l'alcali sur ror, ei que le chimiste de

JkfWTê et Argenture, 8

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tassium à une solution (dans le sel ammoniac) d*am-

moniure d'or {Feuille de Modem, 9 mat 18i4), et pour

Pavie appelle an thermoxyde ? Ne donne-t-il pas , an contraire , le nom d'ammoniare an liqaide résultant de la solution de ce thermoxyde dans l'ammoniaque libre , et dans les sels engendrés par cet alcali et les acides de l'eau régale? £t quand même Grimelli aurait «ijouté quelque substance à l'am'moniure de Brugnatelli, ou varié les proportions des substances qui le composent , en laissant subsister la base du liquide aurifère , m'était-il plus facile de deviner quelque chose de son procédé sur cette rague indication qu'il me donne, de liqueur modifiée de Brugnatelti ? Je ne crois pas qu'il y ait personne de bon sens qui voulût l'afiirmer. II m'était encore moins possible d'entre- Toir la composition de son liquide, qui, ne contenant point l'ammoniure de Brugnatelli , mais étant formé d'un prétendu thermoxyde avec le cyanure de potassium , devient un composé «ut generit ; ou tout au moins il s'éloigne autant du composé de Brugnatelli , que le premier liquide d'Elsner (^chlorure d'or et carbonate de potasse ) diffère de la dernière formule de ce même chimiste, rapportée dans cet ourrage. Grinelli aura sans doute voulu par modestie appeler son composé, liqueur de Brugnatelli modifiéet pour empêcher qu'on ne lui donnât son non, et pour qu'il en revint plus d'honneur au chimiste de Pavie ; toutefois la préférence donnée à une dénomination plutôt qu'à une autre , ne va pas jusqu'à changer la substance des choses. Grimelli ne m'a pas fait connaître qu'il avait dissous dans les cyanures, le corps qui se dépose par l'action de l'ammoniaque sur le chlorure d'Qr ( thermoxyde de Brugnatelli ), je n'avais donc ni indice ni guide pour deviner sa méthode , j'avais encore moins d'intérêt à la critiquer misérablement , pour la reproduire ensuite sous une autre forme , comme une découverte qui m'appartenait. Grimelli a donné à sa liqueur un nom qui devait 'au contraire m'éloigner d'en soupçonner W composition , et qui était de *nature à me dérouter plutôt que de me conduire au but.

D'autres objectent, qu'au moins jusqu'au 7 mai, je n'avais pas expérimenté sur la solution d'ammoniure dans les cyanures ; ils en tirent la preuve de la lettre même écrite par moi à Grimelli , et dans laquelle j'avance qu'aucune méthode ne raut celle d'EIsner , et qu'ainsi ce ne peut être qu'après le 10 mai que mes bains d'or ont fourni une dorure comparable à celle d'EIsner.

J« répondrai que le paragraphe de ma lettre proare sealement, qao

la production avec des liqueurs composées de cyanures et d'ammoninres, de la dorure mate sur l'argent , rétain ^ le maillechort, le cuivre, le laiton, le bronze» Enfin , j*ai réduit les doses à la plus petite quantité possible pour épargner le cyano-ferrure de potassium. Grimelli , si je ne me trompe , a atteint dans ses recherches un but plutôt scientifique que pratique , et il a toujours marché dans cette voie ; quant à moi , j'ai plutôt eu en vue Tapplication aux arts, et j'ai suivi un chemin tout différent. Nous nous sommes rencontrés dans un point ; mais , comme il m*a devancé d'un jour dans la publication de ses travaux, il a ainsi acquis, sur moi , le droit de priorité , quant à ce point.

L'exposé pur et simple de ce qui est arrivé , et que j'affirme véritable, équivaudra à une longue discussion» et trouvera assez de créance parmi les personnes de sens pour dissiper jusqu'à l'ombre de soupçon qui aurait pu planer sur moi (i). Quant aux critiques, je

mes expériences faites jasqu'aa moment où elle a été écrite, n'avaient pas encore atteint tonte la perfection nécessaire ; qae j'ai pu arrirer à cette perfection dans la joarnée même du 7 et dans les jours suivants^ le 8 et le 9 , et en répétant sans cesse mes expériences sans jamais me rebuter. J'ajouterai que m*étant appliqué jusqu'à ce jour à produire la dorure mate , je ne me suis pas occupé d'autre chose , et j'ai négligé d'expérimenter , comme je l'aurais dû , la dorure brillante.

(I) L'indépendance de mon travail des indications de Grimelli , doit être admise non-seulement par égard pour la créance que mérite tonte personne honnête , mais encore :

fo Parce que mes recherches eurent toujours lieu en présence de M. Honteccbi, auquel je communiquais toutes mes idées, ainsi qu'il en pourrait rendre témoignage ;

2o Parce que, dans la journée du 9, je montrai à mon cours, à tout raQditoire, des pièces d'étaio et d'argent dorées au mat avec le liquide

leur laisse toute la liberté de leurs interprétations. Il me sufiSt que mes bons rapports avec Grimellî témoi- ^ent de plus en plus que je n'ai jamais conçu la pensée d'un plagiat aussi condamnable que vil, et que j'ai encore moins essayé de le commettre.

de de Briant, modifié par moi; tons cens qui étaient présenta à eetle leçon penrent l'attetter ;

3» Parce que depuis le 9 au soir jusqu'en lendemain à 7 beurei da matin, il m'aurait été de toute impossibilité d'obtenir tous les résoltatii détaillés dans ma formule publiée le 10 mai. A propos djs cette formule , j'ai la satisfaction de poaToir affirmer que plnsienrs ouTrien habiles de Regg fo^ en suiTant met donnée* et les ftroporiions pré' cites que fai indiquées , ont prodoit une magnifique dorure tant brillante que mate, et nullement inférieare à celle qu'ils avaient obtenue aTec tout autre bain d'or, quel qu'il soit.

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