‹ Nouveau manuel complet de dorure et d'argenture par la méthode électroChapitre 36 sur 42 · S I^. P&OCÉDÉ DE DE RUOLZ · texte numérisé non relu

S I^. P&OCÉDÉ DE DE RUOLZ

Après ces premiers essais d'argenture» de Rnolz expérimenta sur un mélange d'un double cyanure d'argent et de potassium , et il reconnut, dans la solution de ces deux substances , un liquide propre à fournir une très-belle argenture, qu'il obtenait en faisant usage d'une pile de 50 éléments. La Commission de l'Académie des Sciences de Paris a vérifié complètement les résultats annoncés par de Ruolz. Je vais rapporter les termes mêmes du rapport , parce que je ne pourrais rien dire de mieux, ni démontrer d'une manière plus évidente les avantages de la substitution de ce procédé à tous ceux connus.

a Tout ce que nous venons de dire des applications de l'or , il faut le répéter de celles de l'argent. M. de Ruolz est également parvenu, au moyen du cyanure d'argent dissous dans le cyanure de potassium, à appliquer l'argent avec la plus grande facilité.

» L'argent peut s'appliquer sur l'or et sur le platine , comme affaire de goût et dornement.

» n s'applique très-bien sur laiton , bronze et cuivre, de manière à remplacer le plaqué.

» On argenté aisément aussi l'étain, le fer, l'acier.

1i9 DE L'ARGENTURE.

» L'application de l'argent sar le enivre ou le laitop se fait avec une telle facilité, qu'elle est destinée à remplacer toutes les méthodes d'argenture au pouce , d'argenture par voie humide , et même, en bien des cas, la fabrication du plaqué. Eu effet , l'argent peut s'appli» quer en minces pellicules» comme cela se pratique pour garantir d'oxydation une foule d'objets de quincaillerie , et en couche» aussi épaiis^s qu'on voudra , de manière à résister à l'usure. C'est une des applications qui ont le plus attiré l'attention de votre Ck>mmission.

D Pour Tusage des chimistes , nous ayons constaté <|u'une capsule de laiton argentée peut remplacer une capsule d'argent jusqu'à résister à la fusion de la [potasse hydratée; épreuve qu'il ne faudrait pas trop renouveler pourtant, puisque Targent se dissout dans la potasse.

» D'où il résulte évidemment qu'il sera de quelque intérêt de voir jusqu'où pourra s'étendre l'application de ces nouveaux procédés à la conservation des balances , à celle des machines de physique , à la préservation des ustensiles employés dans nos ménages, chez les confiseurs et les pharmaciens pour toutes les préparations d'aliments et de médicaments acides.

» L'argent s'applique très-bien sur l'étain. Ufonrnit ainsi le moyen de faire disparaître, à bon marché, l'odeur désagréable des couverts d'étain , en leur donnant d'ailleurs l'aspect et toutes les propriétés extérieures des couverts d'argent. Ce serait là , sans nul doute, une des circonstances les plus importantes des procédés qui nous occupent, si, à la place de l'étain,

DE L'ARGEimjfiE. 115

comme corps de la pièce, on ne poavait substituer un antre métal plus économique et plus solide.

» n s'agit du fer ou même de la fonte. Ces métaux , façonnés en couTcrts et rcTétus d'une couche d'argent , permettront de populariser en France , par leur bon marché, des objets déjà usuels en Angleterre. On fabrique , en effet, par d'autres procédés bien plus chers et bien moins parfaits, beaucoup de couverts en fer argenté à Birmingham , et leur usage est habituel dans la plupart des familles en Angleterre. L'expérience en est donc faite , et la Commission a vu avec le plus vif intérêt les procédés de M. de Ruolz fournir une argenture égale et parfaite, sur fer, acier ou fonte , comme le prouvent les objets mis sous les yeux de l'Académie.

» Tout en reconnaissant que Tétain peut s'argenter sans difficulté, il semblerait plus convenable aux vrais intérêts du consommateur, de faire des couverts en fer on fonte argentés , et de réserver l'étain argenté pour des pièces destinées à des maniements moins fréquents , et surtout pour des pièces obtenues par des moulages délicats.

» L'argent se comporte comme l'or quand on le réduit de ses dissolutions dans les cyanures, si l'on en juge du moins par les expériences suivantes , où Ton s'est servi de la même pile que pour l'or, chargée de la même manière , et placée dans les mêmes circonstances de température , mais où l'on a fait usage seulement de 4 éléments au lieu de 6.

» Le liquide employé pour argenter renfermait un

114 DE L'AR6BNTU&B.

gramme de cyanure d*argeD| sec , dissous dans 100 grammes d'eao» contenant 10 grammes de cyano-ferrore jaune de potassiom.

Tempirfiturc d^ liquida i45'. —Pfaquc de icuivrç roug^ âfi 5 centiwUtref de fiôU.

Argent dépoté.

Première ûyimeriioo 0,007

Deasième iouwersioo 0,013

Troieième immersioD 0,01^

Quatrième immersion. ..... 0,013

Cinquième immerfioD 0,013

Sixième immenion 0»013

Septième immersion 0,012

Huitième immersion 0,011

Neuvième immersion 0,010

Dixième immersion 0,010

Moyenne 0,0114

Tewipératwrfi du liquida , 30* cent. •— Planque jie cutt^re rouge de ^ centimàirei de côté,

Argenldepoeé.

gr-

Première immersion 0,0053

Deuxième immersion 0,0065

Troisième immersion 0,006

Quatrième immersion 0,007

Moyenne 0,00B3

DE L'ARGEirrURE. 115

Températ^re de la dittolution , 30® cent. — Plaquê de laiton de 5 centimètrei de côté.

Argent déposé.

Première immersion 0,008

Deuxième immersion 0,007

Troisième immersion • 0,007

Quatrième immersion 0,007

Cinquième immersion 0,009

Sixième immersion 0,008

Septième immersion 0,008

Huitième immersion 0,008

Moyenne 0,0077

» Ainsi, de même qne pour l'or, TargeDt s'appliqae avec régularité, en poids proportionnels à la durée des immersions et sans que la nature du métal qu'on argenté exerce une influence appréciable. Celle-ci ne saurait guère se manifester, en effet, qu'au moment de la première immersion , et elle devrait disparaître dans les immersions suivantes.

» Comme on pouvait d'ailleurs s'y attendre, la précipitation de l'argent est un peu plus lente que celle de l'or. »

S U. HÉTHODBS d'ElSNER.

L'emploi de la pile à courant constant pour précipiter l'argent sur les métaux aurait été un grand obstacle à l'adoption de la nouvelle méthode dans les ateliers , si Eisner n'avait pas eu l'idée de remplacer cet appareil on peu compliqué par le simple tube à diaphragme

116 DE L'AR6BlfT€BB.

dont il fait usage pour la dorure, et s*il n'avait pas ainsi obtenu d'excellents résultats. Les liquides dont il s'est servi pour argenter sont au nombre de deux; voici leur préparation :

lo On fera dissoudre 15 grammes (4grds) d'argent d'orfèvrerie (alliage d'argent 90, et de cuivre 10) dans une quantité suffisante d'acide nitrique pur (1) , on étendra cette solution avec de l'eau de pluie et on y ajoutera ensuite une solution de 12 grammes (3 gros) de sel commun, ou bien de l'acide cblorhydrique pur, jusqu'à ce que l'addition de cet acide ne détermine plus dans le liquide la formation d'un précipité caséeux et blanc. Ce précipité , qui n'est pas autre chose que le chlorure d'argent, sera d'abord lavé à l'eau, de la manière suivante : on le laissera se rassembler au fond d'un vase profond et étroit, on décantera le liquide, qui surnage ; on remettra de l'eau sur le chlorure , on laissera déposer de nouveau , on rejettera le liquide, etc. Ces lavages seront réitérés jusqu'à ce que l'eau ne présente plus aucune saveur acide et ne se colore plus en bleu par l'addition de quelques gouttes d'amnooniaque. Après avoir terminé cette opération , qui est nécessaire pour débarrasser le chlorure d'argent du nitrate de soude, du nitrate de cuivre et d'un excès

(1) En inppoiant qne l'alliage d'argent soit an lO»* , on anra, dana in grammea (4 gros ) de cet alliage , enriron 13 gram. ( 3 gros ) d'argent par, <iai pent fournir environ 17 grammea ( 4 gros 31 grains ) de cMorare d'argent parfaitement sec. Comme il est mienx d'employer le chlorore d'argent encore hamide , mais qu'il faut cependant saToir la proportion d'ean qu'il contient , on en fera sécher nne petite portion, et la diminution du poids indiquera la quantité d'ean évaporée. Le chlorure légèrement humide sera conservé dans un Tase bien boaché.

DB L'ABGENTUBE. 117

de sel marin , on recueille le précipité obtenu dans un vase de porcelaine ou dans un flacon de verre, et on le verse dans une solution de 180 grammes (6 onces) de eyano-ferrure de potassium dans environ 400 grammes (13 onces) d'eau. EnGn on ajoute à ce mélange 120 grammes (4 onces) d'ammoniaque liquide, et on fait ensuite bouillir le tout pendant au moins une demi-heure» ayant soin de remuer très-souvent avec un bâton de verre et de remplacer Teau qui s'évapore avec de l'eau chaude que l'on tient à sa portée. Ce temps écoulé, on filtre le liquide pour en séparer un précipité brun qui se forme pendant l'ébullition. La solution filtrée doit avoir une couleur jaune d'or et peut immédiatement servir à l'argenture. Ce procédé avait d'abord été indiqué par Kaiser, mais il a été ensuite modifié par EIsner.

2® Le second liquide se prépare en faisant dissoudre 30 grammes (1 once) de nitrate d'argent cristallisé dans 960 gram. (1 livre 15 onces 3 gros) d'eau distillée ou de pluie; on ajoute à cette solution une dissolution de cyanure de potassium, jusqu'à ce qu'un dépôt de cyanure d'argent, qui se forme au commencement , soit complètement redissous, et que la liqueur présente une limpidité parfaite. On peut faciliter la redissolution de ce précipité en agitant la liqueur avec un tube de verre. Ordinairement EIsner ajoutait à ce composé, avant de s'en servir, une solution aqueuse de carbonate de soude cristallisé, en quantité suffisante pour lui communiquer une réaction alcaline très-distincte, de manière à ce qu'il devienne propre à rendre bleu le papier de tournesol rougi par un acide. U arrive quel-

118 DE L*AR6BlfTURB.

qoefois qae le précipité ne se dissout pas complètement, et qae le liquide ne reprend pas sa limpidité, surtout lorsqu'on a ajouté un excès de cyanure de potassium. On ne doit donc employer que 2 à 3 parties de cyanure, pour une partie de nitrate d'argent ; dans tous les cas, si, en ajoutant le cyanure, le précipité ne se dissolvait pas, on filtrera le liquide, et l'on n'emploiera à l'argenture que la partie claire.

Le résidu insoluble qui reste sur le filtre, et qui se compose ordinairement de cyanure et de carbonate d'argent^ peut être réduit en argent métallique par l'incinération ; il faut donc le recueillir avec soin. Le cyanate et le carbonate d'argent sont tous deux insolubles dans le cyanure de potassium même en excès , et voilà pourquoi le liquide ne reprend pas toujours sa transparence.

Les deux bains d'argent dont nous avons indiqué la formule sont éminemment propres à produire une très*belle argenture sur les métaux, surtout celui indiqué sous le N» 2. Avec ce dernier, l'argenture est d'un blanc parfaitement pur , tandis qu'avec l'autre ils prennent une teinte un peu jaunâtre. Cependant le prix nfoins élevé du cyano-ferrure jaune de potasse , et la méthode indiquée par Mourey pour donner une belle couleur aux objets argentés qui ont jauni (l), feront préférer ce sel au cyanure simple de potassium. Quand on emploie la solution N<> 2, il se dégage toujours de l'acide prussique ; il faut donc avoir soin , lorsqu'on opère en grand, de se garantir de ses émanations délétères.

(i) Voyez à l'Appendice, page 158.

DE l'argehturb. 119

L*argentore se conduit de la même manière qoe la dorure ; cependant les précautions à observer diffèrent» selon que Ton emploie l'un ou Tautre des liquides indiqués ; il est donc indispensable d'enseigner séparément la manière d*opérer sur les différents objets avec Tune ou Fautre méthode.

Si on laisse les objets trop longtemps plongés dans le liquide No 1 , ils se couvrent pour la plupart d'un voile gris blanc que Ton peut faire disparaître en les frottant avec une brosse douce chargée de crème de tartre en poudre fine. Au commencement de Fopération, le métal se couvre d'une pellicule d'argent d'un blanc mat; la pellicule grise ne commence à paraître que lorsque le morceau de zinc se recouvre d'une couche noire, qui, sans doute, atténue Tintensité du courant. Lorsque cela arrive, il faut retirer le zinc du bain salin, le nettoyer avec de l'acide chlorhydrique allongé, et, après l'avoir bien lavé à grande eau, le replacer dans le liquide excitant. Dès que les objets argentés ont pris un beau blanc mat, on les lave à l'eau pure et on les essuie soigneusement avec un linge fin, ou bien on les lave à l'eau bouillante bien pure, et on les expose ensuite à l'air libre pour faciliter leur dessiccation. Ces objets supportent sans aucune altération Faction du brunissoir. On peut, à l'aide de cet instrument, rendre brillantes certaines parties, qui sans cette opération restent mates.

Quand on emploie les bains d'argent, certains métaux que Fon veut argenter , principalement le bronze et le laiton, prennent un blanc d'argent mat d'autant plus ))eau, que Fimmersion a été plus prolongée. Cependant

i20 DE L^ABGENTtRB.

il faut remarquer que quelquefois ils prennent ime teinte violàtre ; lorsque le zinc commence à se couvrir ou lorsqu'il est déjà couvert d*une couche noire , l'argent ne se dépose plus avec cette belle teinté blanche qui lui est propre. Il faut alors retirer les objets du bain , nettoyer le zinc suivant la manière indiquée , et replacer ensuite le tout dans Tappareil. Elsner assure qu'il a vu plusieurs fois des statues de bronze et de fonte qui , après avoir pris la teinte violette , recouvraient, en les remettant dans le bain, le beau blanc mat qu'elles avaient eu au commencement de Fimmersion.

Avec le liquide No 2 un peu concentré, on obtient le mat, mais si on Tétend avec de Teau, Targenture devient brillante. On peut ajouter jusqu'à 4 et 5 litres d*eau pour 30 grammes (1 once) d'argent dissous.

L'opération terminée, on videra les vases de Tappareil, et on les nettoiera ; on enlèvera au zinc l'oxyde noir qui le recouvre, au moyen de l'acide chlorhydrique étendu , puis on l'essuiera. Le soutien métallique du zinc devra être décapé avec le même acide ; la solution de sel marin sera ûltrée pour en séparer les flocons blancs de chlorure de zinc qui se forment pendant le travail ; les deux vases seront lavés à grande eau. D est encore indispensable de bien décaper la tige de cuivre à laquelle on enroule le fil de platine ou d'argent qui sert à suspendre les objets. Enfin, il sera toujours mieux d'avoir des bains d'argent séparés pour chaque espèce de métal que l'on veut argenter ; car on a remarqué, dans la pratique , qu'un bain où l'on a une fois plongé un métal donné ne peut plus aussi bien servir pour un autre. Lorsque le liquide, après avoir servi pendant un certain

DB L*ARGElfT€RC. iâl

temps, vient à s'affaiblir par la perte successive de Targent , on doit y ajoater un peu de nitrate d'argent. Si le précipité blanc qui se forme au moment de cette addition ne se dissout pas au point de rendre la solution limpide comme elle l'était d*abord , on y versera une solution de cyanure de potassium , faite avec parties égales de ce sel et d'eau , jusqu'à ce que le dépôt soit entièrement dissous. Ëlsner a argenté des ornements çn maillecbort , des statuettes en bronze e^ en laiton , des flls de platine, des aiguilles d'acier, qui ont pris une bien plus belle argenture, après avoir été d'abord cuivrés (i). Une statuette de bronze , après avoir subi un poli convenable 9 a pris l'argenture sans avoir été cuivrée ; mais des cuillers et de petites tasses d'étain ont été argentées plus solidement après un cuivrage préalable.

La couleur de Targenture galvanique ressemble beaucoup à celle de l'argenture à froid dite au bouchon. On sait qu'on obtient cette dernière en frottant l'objet avec un mélange de sel commun, de crème de tartre et de poussière d'argent préparée en précipitant ce métal de la solution de son nitrate , au moyen du cuivre. Quoique ce procédé d'argenture produise un beau blanc mat, on ne peut pas cependant l'appliquer à tous les objets , parce que tous ne peuvent pas supporter un frottement énergique et uniforme (s) ; le pro-

(1) Voir Tarticle de M. Desbordeaaz , sur l'argenture du fer et de l'acier, page 140. ( Note du Traducteur,)

(9) En outre, l'argenture au bouchon ne peut produire qu'une couche mince incapaMe de résister longtemps à l'usage.

( Note du Traducteur.)

J)crwe et Argenture. 11

122 DE L'ABGBNTURE

cédé électro-chimique a au contraire l'ayantage d'être applicable à tous les objets , quelles que soient leur forme et la délicatesse de leur travail.

On peut argenter le laiton et le bronze en les faisant simplement bouillir dans un bain d'argent; mais alors Targenture prend une couche rougeàtre, causée par le dépôt d'un précipité rouge-brun qui communique s^ couleur à la superficie de Targenture.

En mélangeant une solution de cyanure d'argent et de cyanure d'or, on peut obtenir des dorures et des argentures de différentes couleurs. Elsner a obtenu une belle dorure jaune -vert en mélangeant les deux sels d'or et d'argent , ce dernier dans une proportion plus forte que le premier.

§ in. FORMULE DE FrANKENSTEIN.

Frankenstein donne une autre formule pour la préparation de la solution d'argent. Il dissout de l'argent laminé dans l'acide nitrique , il réduit ensuite l'argent dissous à l'état de composé insoluble , en jetant dans la solution nitreuse du sel commun ; il recueille le chlo* rure sur un filtre, et le lave jusqu'à ce que l'eau du lavage ait perdu toute saveur acide. Pour une partie en poids de chlorure d'argent , enlevé du filtre et séché entre du papier buvard, on prend 5 parties de cyanoferrure de potassium, ou de carbonate de soude dissous dans l'eau; 2 parties de sel commun, et 5 parties d'ammoniaque liquide. On fait bouillir le mélange pendant une demi-heure et même trois quarts d'heure» pour dissoudre le chlorure d'argent dans le composé alcalin. On remplace Feau qui s'évapore , avec

DE l'ABGBNTU&E. 1S3

de Feaa chaude qu'on aià sa portée, ou avec une solution d'argent très-allongée, parce qu'alors les objets prennent un blanc plus pur. Le liquide étant refroidi, on sépare , par la décantation , la solution jaunâtre et limpide d'avec le dépôt rouge qui s'est formé, et on la consente dans un flacon bien bouché. Frankenstein recommande de faire chauffer le bain d'argent jusqu'au point de l'ébullilion, comme il le fait pour le bain d'or, si l'on veut obtenir une argenture solide. Il n'a employé, pour produire cette argenture, ni pile ni diaphragme, mais une simple lame de zinc unie par un fil de cuivre aux objets qu'on veut dorer ou argenter, et plongée avec ces objets dans le bain d'argent, mais de manière à ce que le zinc touche à peine à la surface du liquide.

g rV. LIQUEUR DE MaJOCCHI.

Hajpcchi, dans une note qu'ij a ajoutée à diQérejites potices sur la dorure et l'argenture électro-chimiques, insérées dans ses Annales (i), conseille de préparer Iç bain d'argent en dissolvant le cyanure d'argent dans le cyanure de potassium , et en ajoutant à 500 parties de cette solution 500 parties de sel marin. Il assure que ce liquide est éminemment propre à fournir une belle argenture.

• *§ V. LIQUEUR DE SaNDONNINI.

Mon honorable ami , le docteur Joseph Sandonnini , a aussi découvert un liquide fort simple et d'une pré-

(1) Annalei de Physique, Chimie et Mathématiqueiftéii^B par le professeur Msijocchi. Hilaiiy tome X, page 213 , niai i843.

124 DB L'ARGBl^TURB.

' paration facile , qoi argenté très-bien au inoyen da faible courant électrique produit par Fappareil de delà Rive. Il prépare son bain , en faisant bouillir une partie de chlorure d'argent dans 8 parties de cyano-ferrure jaune de potasse, dissous lui-même dans 100 parties d*eau. Au bout d'une demi-heure d'ébullition , le liquide a pris une couleur jaune*clair, et peut argenter (i), non-seulement par l'action du courant électrique» mais encore par la simple immersion, en y . laissant les objets pendant un temps donné , en les essuyant , les replongeant dans le bain , et les frottant avec un chiffon. Sandonnini est parvenu , avec ce liquide f à argenter le laiton , le cuivre , l'argentan , le bronze et autres alliages; il a même produit la galvanoplastique de l'argent, en se servant de métaux doués d'une faible propriété électrique, comme le fer, Tacier, l'étain et le plomb. Ce procédé d'argenture, aussi recommandable par la facilité d'exécution que par la modicité des dépenses, a été essayé à Reggio , à Modène et à Florence , dans plusieurs ateliers, et a donné de fort bons résultats.

S YL MÉTHODE PAR l'ÉLECTRO-MAGHÉTISMB.

Pour compléter tout ce qui a rapport à l'argenture électro-chimique , je rappellerai que c'est eactre Sandonnini qui a eu l'idée d'employer à l'argenture la machine de Glarke , comme il s'en était servi pour la dorure. On sait que cet appareil est aujourd'hui fort

(1) Procèf-Terbal de la rénnion de l'Académie dei Sciences , Lettrea et Artadeltodône, pour l'année académiqoe 1842-1843 ( séance dn 18 Juillet 18i5). Hodène, imprimerie de Soliani.

DE L'AAGBNTURB. 125

employé en Angleterre. Comme nous avons rapporté la manière de s'en servir pour dorer, et qu'elle s'applique de même à l'argenture, nous donnerons seulement la préparation de la solution empbyée en Angleterre pour argenter par Félectro-magnélisme.

Ou prend 30 parties de nitrate d'argent cristallisé, que l'on fait dissoudre dans 150 parties d'eau distillée, contenue dans un vase de terre vernissée ; on ajoute une solution aqueuse de sulfure de potasse , jusqu'à ce qu'il se forme un précipité blanc, prenant bien garde d'en ajouter en excès lorsque le précipité cesse de paraître. On laisse le liquide en repos pendant quelque temps, on décante la partie limpide de la liqueur, et on recueille le précipité sur un filtre, où on le lave à grande eau et à plusieurs reprises. Gela fait, on prend le précipité resté sur le filtre, et on le dissout dans une quantité suffisante de sulfure de potasse; on en ajoute encore plus tard un sixième de ce qui a été d'abord employé, afin qu'il y ait excès. Ce mélange sera agité, puis abandonné au repos pendant vingt -quatre heures, puis enfin filtré pour obtenir la solution limpide qui doit former le bain d'argent.

Quant à ce qui regarde la manière d'employer l'appareil électro- magnétique pour argenter, je me réfère complètement à ce que j'ai dit plus haut, pages 48 à 52, en parlant de la dorure obtenue par le même procédé.

DES AKODES SOLUBLES.

C'est encore à M. Jacoby que Ton doit la découverte des anodes solubles, qui présentent un si grand ayaqtage dans les expériences électro-métallurgiques. Cette découverte est basée sur le principe suivant : si dans une solution métallique en communication avec les deux pôles d*nne pile galvanique , on plonge une plaque du même métal que celui en dissolution , attachée par un fil au pôle négatif de la pile , cette plaque métallique, qui joue le rôle d'anode , est dissoute à peu près en raison directe du métal revivifié au cathode. Nous disons à peu près, parce que Texpérience a démontré que Tanode perd toujours un peu plus que ne gagne le cathode.

On comprend facilement qu'en employant un anode soluble de même nature que le métal à réduire , on n'a plus à se préoccuper des moyens compliqués et embarrassants, jusqu'alors nécessaires pour maintenir la saturation de la solution métallique, puisque cette saturation est constamment entretenue aux dépens de l'anode qui se dissout. Dès-lors, le même bain métallique peut servir indéfiniment pour une foule d'expériences consécutives.

BBS AV6BS A DÉCOHPaSITION. 127

Hais là ne se bornent pas les avantages de Tanode soluble, car en modifiant sa forme, son Yolame et sa distance, par rapport an moule à recouvrir, on règle h volonté la promptitude, la nature et l'épaisseur du dépôt galvanique sur Fensemble ou seulement sur certaines parties du modèle.

Les dispositions nécessaires pour obtenir ces différents effets ont été indiquées par M. Smee. (Voir le Manuel de Galvanoplastie , de VEncychypédie-Roret , pages 55, 75 et suiv.; 128, 140 et suiv.)

Nous dirons seulement que lorsqu'il s'agit de dorer, d'argenter ou de platiner, on doit employer, pour anode solnbie , un fil très-fin ou une lame très-mince du métal à déposer, dans la crainte d'augmenter à l'excès l'énergie du courant, et d'obtenir un dépôt à Tétat pulvérulent.

Plusieurs personnes ont revendiqué la priorité de la découverte des anodes solubles , mais il est aujourd'hui démontré que celte idée, contemporaine de l'invention de la galvanoplastie , appartient à Jacoby.

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