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3. Lorsque ce savant publia son admirable découverte, il fixa lui-même les dimensions de son objectif, et les présenta comme le résultat de ses expériences pendant plus de dix ans. Ces règles furent acceptées d’abord comme des lois dont il n’était pas permis de s’écarter. Plus tard, lorsqu’on voulut faire plus grand ou plus petit, il fallut recourir à la théorie pour fixer les dimensions de l’objectif des nouveaux appareils, et l’on trouva que la règle fixée par M. Daguerre se trouvait d’accord avec cette théorie. M. Buron, un de nos opticiens qui se sont le plus occupés de la construction du daguerréotype, a posé la formule des rapports des dimensions du foyer de l’objectif avec celles de la plaque. Selon lui, la plus grande dimension de la plaque doit être la moitié du foyer de l’objectif. Il ajoute que : le diamètre de i ouverture qui admet les rayons lumineux doit être environ du septième de ce foyer (i).
Ces deux règles doivent toujours être présentes à l’esprit des expérimentateurs, car si l’on exige d’un appareil plus qu’il ne peut produire , on devra s’imputer à soi-même de n’avoir pas réussi. Quels que soient donc la grandeur et le foyer de l’objectif qu’on emploie , on se rappellera que l’image , dans sa plus grande dimension, c’est-à-dire dans la diagonale de la plaque , doit être au plus la moitié de ce foyer. Il est évident qu’au moyen de ces deux formules on pourra faire construire des objectifs proportionnés à telles dimensions de plaques qu’on désirera.
4- Ainsi, les premières modifications qui ont été faites au daguerréotype primitif avaient pour objet d’établir une relation proportionnelle entre le foyer de l’objectif et les nouvelles dimensions de la plaque. Mais les deux formules précédemment énoncées s’appliquent surtout aux appareils destinés à reproduire des points de vue ou des objets éloignés. Plus tard , lorsqu’on voulut appliquer le daguerréotype à faire des portraits, ou à reproduire des groupes d’objets d’art , on reconnut qu’il était nécessaire d’opérer de plus près ; et, par une suite nécessaire, le foyer de l’objectif dut être singulièrement raccourci.
5. Mais on ne tarda pas à introduire un nouveau perfectionnement qui doubla pour ainsi dire la puissance de l’objectif en concentrant sur la plaque un foyer de lumière d’une trèsgrande intensité, en agrandissant le champ de l’image, et en
(1) Observons que les verres combinés admettent une plus grande ouverture de diaphragme que les verres simples.
permettant de varier les foyers à l’aide d’une modification peu coûteuse. Nous voulons parler de l’objectif à deux verres, improprement appelé système allemand. Cette innovation est d’origine toute française, et nous la devons à un de nos plus habiles opticiens, M. Charles Chevalier. Il est à regretter que l’engouement, si commun en France pour tout ce qui nous vient de l’Etranger, ait fait contester à M. Ch. Chevalier le mérite, selon nous incontestable, de cette utile invention. Mais ce que nous devons surtout déplorer, c’est que la plupart des opticiens de Paris se soient joints sciemment à une croyance populaire erronée, pour attribuer aux Allemands la priorité du système à double objectif. Il est pénible de voir que le sentiment de la prééminence et de la dignité nationale se soit effacé devant un intérêt de mesquine rivalité commerciale. Que M. Ch. Chevalier se console, ses titres ont été appréciés par tous les hommes compétents : le jour de la justice est venu pour lui , et la supériorité incontestable de son double objectif est un fait admis aujourd’hui par tous les véritables amateurs de photographie. C’est aussi le jugement qu’en a porté la Société d’encouragement en accordant à l’inventeur de l’objectif ' à verres combinés, la palme du concours ouvert par elle, pour le perfectionnement de la photographie.
Dans la première édition de cet ouvrage, nous avions cru devoir examiner avec quelques développements la question de priorité entre le système de M. Ch. Chevalier et le système dit allemand ; mais aujourd’hui que l’opinion publique , mieux éclairée , a prononcé définitivement en faveur de l’opticien français, ce serait manquer de générosité que de poursuivre outre tombe cet enfant d’une paternité douteuse , qui n’était pas né viable, et qui n’a jamais pu trouver de parrain.
Déjà plusieurs des meilleurs opticiens de Paris ont abandonné la construction allemande; espérons que les autres suivront bientôt cet exemple, le public ne peut qu’y gagner (1).
(1) Dans une brochure nouvellement publiée sur la photographie, on a été jusqu’à prétendre : « que les objectifs à un seul verre achromatique donnaient des images p/us nettes dans leurs différents plans , plus identiques -, et d'une plus grande douceur , et qu’avec ces objectifs, le champ de netteté est si grand qu'on est dispensé de mettre rigoureusement au point, n Suivant le même auteur : u les verres combinés sont généralement moins bons, la netteté de l’image n’existe qu’au centre , et pour des objets situés sur un même plan ; U est certain , ajoute-t-il , qu’ils donnent plus de vigueur, mais souvent l’image est dépourvue de ressemblance, parce qu’elle se trouve faussée parla combinaison. »
Nous ne nous attacherons pas à réfuter ces théories, quelque peu contradictoires entre elles, et en opposition manifeste avec les plus simples notions de l’optique. Tout le monde ne sait-il pas que les combinaisons de lentilles ont pour effet de donner de la
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6. Nous voudrions pouvoir tracer des règles sûres pour apprécier facilement la qualité des objectifs; mais, pour faire un choix aussi délicat avec discernement, il faudrait aux amateurs des connaissances qui leur sont en général peu familières, et qui ne peuvent s’acquérir que par une longue pratique. C’est donc le cas de répéter ici la recommandation que nous avons déjà faite, de s’adresser à un opticien en qui l’on puisse avoir une confiance aveugle.
Nous dirons toutefois que les meilleurs objectifs se distinguent par l’absence complète de fils ou de stries, par un achromatisme parfait , et par cette transparence qu’en termes de lapidaire on appelle une belle eau. Enfin, et c’est ici le point capital, ils doivent être le plus possible exempts d’aberration de sphéricité. Nous disons le plus possible , parce que l’optique n’est point encore parvenue à corriger entièrement ce défaut, conséquence inévitable des courbures des lentilles. (Rendons cependant justice aux louables efforts de nos opticiens, qui, sans atteindre complètement le but, en ont du moins approché de très près. L’invention des objectifs combinés a fait faire un grand pas à la solution du problème; toutefois, !dans la combinaison allemande, l’aberration sphérique est [beaucoup plus prononcée que dans le système de M. Ch. Chevalier ; c’est un fait d’une évidence telle que chacun pourra facilement le vérifier (i).
La présence des bulles, lorsqu’elles ne sont ni trop fortes ni trop nombreuses, ne nuit pas sensiblement à la réfraction , et ne doit pas faire rejeter un objectif qui serait d’ailleurs irréprochable.
I C’est pour nous un devoir de faire connaître les noms des pticiens qui ont apporté le pins de perfection dans la construction des objectifs destinésà la photographie. Nous citerons èn première ligne MM. Soleil, Lerebourset Charles Chevalier; M. Buron s’est aussi occupé avec succès de la partie optique
pureté , de la netteté et de la rigueur aux images? et n’est-ce pas en superposant plusieurs lentilles qu’on est parvenu à donner au microscope composé la perfection qu’on admire aujourd’hui dans cet instrument? Comment une image peut-elle être vigoureuse, lorsqu’elle est faussée, dépourvue de ressemblance et de netteté. Quant à nous, nous he pouvons concevoir la vigueur sans la netteté. Il faut donc le dire , les théories singulières qu’il a suffi de rapporter pour les combattre, n’ont été émises que dans l’intérêt d’une construction de chambre noire qui ramène l’art à son point de départ, à la lentille fixée dans un volet par Porta. Le public est maintenant tout-à-fait désabusé sur le mérite d’un appareil si vanté à son origine , si complètement publié aujourd’hui.
( i ) M. Risson , un de nos photographistes les plus distingués , possède un objectif de Woitglander pour demi-plaque, du prix énorme de 425 fr.» et avec lequel il est impossible d’obtenir une image nette sur toute la plaque.
du daguerréotype ; mais l’objectif à verres combinés pour plaque entière, construit par M. Ch. Chevalier, nous paraît surtout devoir obtenir la préférence sur tous les autres. Cette opinion, que nous avons déjà exprimée, est pour nous le résultat d’une conviction réfléchie, et basée sur des expériences comparatives, faites avec le plus grand soin , que chacun pourra répéter.
Dans tout objectif simple ou composé, et en supposant que toutes les règles d’une bonne construction et d’une combinaison irréprochable aient été observées, l’aberration sphérique sera d’autant plus prononcée, et le champ de l’image d’autant plus rétréci, que le foyer de l’objectif sera plus court. D’un autre côté, on sait que l’intensité des rayons lumineux réfractés par une lentille est en raison inverse de sa longueur focale. Ces diverses propriétés des objectifs devront être prises en considération lorsqu’il s’agira de choisir un appareil , suivant les usages auxquels on le destine.
Lors donc qu’il s’agira de reproduire des sites, des paysages , des gravures, ou tous autres objets immobiles, il sera toujours préférable d’adopter un objectif d’un foyer un peu long. Car, si par cette disposition on perd de la lumière, et par conséquent de la rapidité , on en sera amplement dédommagé par la correction et la netteté des images obtenues.
Pour les portraits, comme il est difficile d’obtenir une longue immobilité de la part des modèles , surtout lorsque l’habitude ne les a pas encore familiarisés avec les ennuis de la pose, la rapidité devient indispensable, et il faut alors recourir aux objectifs d’un plus court foyer. Cependant on ne doit adopter ce moyen qu’avec réserve et dans certaines limites, car on n’obtiendrait que des épreuves dépourvues de vigueur et de ressemblance, disproportionnées dans les détails, et de nulle valeur artistique (1).
Dans tous les cas, il faut se rappeler comme un axiome de photographie, que jamais la netteté ne doit être sacrifiée à la rapidité. Ce n’est donc plus seulement aux objectifs, mais surtout aux substances accélératrices qu’il faut demander cette rapidité lorsqu’elle est nécessaire. Nous ne saurions approuver le système de ceux qui font consister tout le mérite de la photographie à produire une image en une ou deux secondes.
( i)En thèse générale, pour plaque entière, le foyer des verres combinés doit avoir au moins 35 centimètres (I pied 1 pouce) de longueur, et pour les quarts de plaque, 16 à 18 sentiroètres (6 pouces à 6 pouces 8 lignes).
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Sans aucun doute la promptitude est une chose avantageuse et même nécessaire en fait de portraits , mais il ne suffit pas de faire vite, il faut avant tout bien faire, et c’est ici le cas de rappeler le précepte de Boileau :
Et ne vous piquez pas d'une folle vitesse.
Nous aurons plus d’une fois l’occasion de revenir sur ce point important, car, selon nous, l’amour exagéré de la promptitude a été et est encore aujourd’hui le principal obstacle à la perfection des images daguerriennes.
Il faut donc étudier avec uu soin tout particulier la manipulation des substances accélératrices, c’est le seul moyen d’arriver en peu de temps à opérer avec rapidité , sans être obligé d’employer des objectifs à trop court foyer.
' Quant à nous, nous avons adopté depuis longtemps, pour jjtoutes les dimensions de plaques , l’usage d’un objectif pour plaque entière. Les résultats obtenus un peu plus lentement, mais presque toujours en moins d’une minute, sont au-dessus de toute comparaison avec les produits des objectifs de moindre {dimension. Nous engageons donc les véritables amateurs de photographie à débuter par l’achat du grand appareil , qui , en les dispensant de toute acquisition ultérieure, leur évitera les 'embarras attachés à la possession de plusieurs daguerréotypes. iOn peut faire combiner avec la lentille principale plusieurs objectifs antérieurs de rechange, qui permettent de modifier volonté les foyers suivant les effets qu’on veut obtenir, soit pour opérer rapidement, soit pour agrandir ou rétrécir le ^hamp de l’image.
' Voici une expérience qui nous paraît décisive soit pour constater l’aberration de sphéricité d’un objectif , soit pour comparer deux objectifs de même dimension dont on veut apprécier les différences de qualité ou de longueur focale.
S On se procurera une gravure au burin dont les tailles soient vigoureuses et fortement accusées, on la collera sur une feuille fie carton bien uni , et le tout sera soumis à l’action d’une forte presse pour obtenir une surface bien plane. Lorsque la 'ïessiccation sera assez complète pour qu’on n’ait plus à craindre la déformation ou le gauchissement de la feuille de carton , |n suspendra, ou l’on fixera de toute autre manière, la gravure lans une position parfaitement verticale, contre un mur ou me porte, à l’air libre , et à une exposition telle que la gravure soit éclairée par une vive lumière.
Ces dispositions prises, le daguerréotype dont on veut exa-
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miner l'objectif , est placé sur son pied à une distance de r mètre 5o centimètres à 3 mètres (4 pieds 172 à 9 pieds) de la gravure (i)j en ayant soin que la face antérieure de l’appareil se trouve bien parallèle à la surface de cette gravure. On met alors au point avec un soin minutieux (voir ci-après N° 76), et l’on fait varier l’objectif jusqu’à ce qu’on ait obtenu sur le verre dépoli l’image de la gravure à son maximum de netteté. On examine alors cette image avec une attention toute particulière. Si les tailles de la gravure sont reproduites, sur le verre dépoli , avec toute leur pureté, si toutes les parties de l’image apparaissent également nettes et éclairées, si les lignes droites qui servent d’encadrement à la gravure conservent toute leur rectitude , on peut être assuré que l’objectif est complètement exempt d’aberration ; mais il faut le dire : peu d’objectifs peuvent soutenir cette rigoureuse épreuve, sans être pourvus d’un diaphragme de 20 à 3o millimètres (9 à i4 lignes) au plus d’ouverture , suivant le foyer de l’objectif (voir N° 7). Si, au contraire, malgré l’adjonction de ce diaphragme, les traits de la gravure paraissaient sur le verre dépoli confus et mal définis; si les bords de l’image étaient plus ou moins nets, plus ou moins éclairés que le milieu, si enfin les lignes d’encadrement, au lieu d’être parfaitement droites, affectaient la forme de parenthèses , l’objectif qui donnerait une pareille image doit être rejeté sans hésiter, car on n’en peut attendre que des épreuves défectueuses.
Il faut une certaine habitude pour apprécier d’une manière juste et précise la netteté de l’image fournie par un objectif; toutefois, avec un peu d’attention on parvient en très-peu de temps à se rendre un compte exact des effets produits sur la glace dépolie, surtout si l’on examine comparativement et à la fois plusieurs objectifs de même dimension; il devient alors beaucoup plus facile déjuger des défauts ou des qualités de ces objectifs en comparant entre elles les images qu’ils produisent. Lorsqu’on veut ainsi examiner plusieurs appareils , on pourra soit les disposer à côté les uns des autres, soit les superposer, mais en ayant soin de toujours les placer le plusparallèlement possible avec la gravure dont ils reçoivent l’image.
Nous aurions pu , en terminant ce qui a rapport aux objec-
(1) Cette distance doit être proportionnée à la longueur du foyer de l’objectif; elles devra être réglée de manière à ce que la gravure tout entière soit représentée sur M verre dépoli.
Modifications A la pArtiê optique. Sgq
| :ifs, entrer dans de grands détails théoriques sur la marche des •ayons lumineux à travers les lentilles ; sur la convergence et a divergence de ces rayons , etc.; mais l’exposé de ces théories mus aurait entraîné dans des développements qui exigeraient liieuls un traité spécial , et seraient peu goûtés de la plupart Ipe nos lecteurs. Ceux d’entre eux qui voudraient étudier à tond la construction des instruments d’optique, pourront consulter un traité de physique , ou l’excellent Manuel d'Optique de M. Brewster (i).
! 7. La plupart des opticiens annoncent leurs objectifs comme
pouvant servir sans aucune espèce de diaphragme. Cette prétention est exagérée et doit être restreinte au petit nombre de 1 cas où l’on a besoin d’opérer avec une très-grande promptitude, mais en sacrifiant une partie de la netteté et de la pu- Jreté de l’image. Dans presque tous les cas, et avec les meilleurs objectifs, un diaphragme est indispensable, si l’on veutobte- Inir un dessin correct et vigoureux.
Nous avons déjà dit qu’il n’était pas possible de corriger entièrement l’aberration de sphéricité des lentilles , même eu ; les combinant dans les conditions les plus favorables ; l’emploi des diaphragmes a pour objet de rendre cette aberration la moindre possible.
On appelle diaphragme, un disque métallique percé d’un trou central, que l’on fixe à la partie antérieure du tube de l’objectif. On comprend que cette disposition a poureffet délaisser passer les rayons lumineux les plus voisins de l’axe de la lentille, tandis que les rayons latéraux sont interceptés parla partie pleine du diaphragme. Or, comme on sait que les rayons du centre donnent une image plus correcte que les rayons latéraux, il en résulte que plus l’ouverture du diaphragme sera petite, plus l’image aura de netteté et de vigueur, mais aussi moins elle sera éclairée, puisqu’un moindre nombre de rayons concourra à sa formation.
Par une conséquence nécessaire, la durée de l’exposition de la plaque à l’action photogénique devra être d’autant plus prolongée, que l’ouverture du diaphragme sera plus rétrécie. Toutefois, il n’existe pas, comme on l’a souvent dit à tort, une proportion rigoureusement exacte entre la durée de l’exposition et la surface d’ouverture du diaphragme. Il n’est donc pas exact de dire que si on obtient une épreuve en 10 secondes avec un diaphragme ayant une ouverture de 2 centimètres
(1) Deux roi. in-18, chez Roret , 10 bis, rue Ilautefcuille.
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3gg LIVRE 1. CHAPITRE I.
(36 lignes) carrés, il faudra 4o secondes pour obtenir la même épreuve , avec un diaphragme de 5 millimètres ( i ligne ). Nous avons constamment éprouvé dans la pratique, qu’on ne devait pas prolonger l’exposition en proportion du rétrécissement du diaphragme ; et , sans vouloir assigner des limites rigoureusement exactes , nous devons dire qu’avec un diaphragme étroit il n’est pas nécessaire de prolonger l’opération aussi longtemps que semblerait l’exiger la théorie.
Avec les objectifs pour grandes plaques de 3o à 35 centimèt. ( 1 1 à 1 3 pouces) de foyer, on pourra employer des diaphragmes de ioà3omillim. (5 à i31ig.)de diamètre, suivant qu’on voudra obtenir des portraits, des vues, ou des reproductions de gravures. Les objectifs pour quart de plaque, quisont de foyer plus court, auront besoin de diaphragmes un peu plus étroits. Au reste , ces proportions n’ont rien de rigoureux, et l’opérateur intelligent saura s’en écarter à propos, suivant les différents effets qu’il voudra produire.
Nous mentionnons ici, seulement pour mémoire, les diaphragmes à opercules variables , dont l’idée a été empruntée aux microscopes. Quant au diaphragme mécanique imaginé par M. Ch. Chevalier, et dont l’ouverture variable imite si parfaitement le jeu de la pupille humaine, c’est une ingénieuse invention, mais trop chère et trop compliquée pour former un accessoire du daguerréotype.
8. Tout le monde sait que le daguerréotype donne des images renversées, c’est-à-dire transposées de droite à gauche et vice versâ. Pour obtenir des épreuves redressées, on a eu recours à divers moyens. Le premier consistait dans l’emploi d’une glace parallèle, placée devant l’objectif, sous une inclinaison de 45 degrés. Ce procédé, connu depuis longtemps, présentait de graves inconvénients : on sait que les glaces étamées produisent une double réflexion ; de là une grande déperdition de lumière, et la nécessité de laisser la plaque beaucoup plus longtemps exposée aux rayons lumineux. Mais en outre il est très-difficile de construire une glace dont le parallélisme soit exact, et, sans cette condition, on ne peut arriver à produire des images d’une netteté parfaite. Quoi qu’il en soit, les glaces parallèles sont encore aujourd’hui employées par un grand nombre d’expérimentateurs.
Cependant, M. Ch. Chevalier a proposé, pour remplacer les miroirs, une disposition nouvelle qui nous paraît infiniment préférable à l’ancien procédé. Il adapte au-devant de l’objec-