‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 116 sur 171 · III. DE L’ACIDE CHLOREUX · texte numérisé non relu

III. DE L’ACIDE CHLOREUX

Renvoi , 48.

48. Cette préparation de chlore n’est usitée qu’à l’état de 1 vapeur, nous l’avons donc renvoyée avec les autres substances ; que l’on emploie sous cette forme. Voyez IN0 70.

§ IV. DU CHLORO-BROMURE d’iODE.

Formule de M. Gaudin, 49; — Idem de M. Bord, 50 ; — Idem de M. le baron Gros, 51 ,

49. On s’est servi avec beaucoup de succès , depuis quelque temps, d’un composé triple de chlore, de brome et d’iode. Nous avons été assez heureux pour nous procurer plusieurs formules à l’aide desquelles on peut préparer cette nouvelle substance; nous allons les faire connaître à nos lecteurs.

M. Gaudin (1) prépare le cliloro-brômure d’iode ainsi qu’il suit : dans de l 'eau brômée saturée, il verse goutte à goutte du chlorure d’iode rouge , jusqu’à ce que les vapeurs rutilantes de l’eau brôinée disparaissent. Ce mélange est ensuite étendu d’eau en assez grande quantité pour lui donner une couleur jaune-safran. Ce composé s’emploie à peu près comme le chlorure d’iode (N° 45), c’est-à-dire , que la plaque iodée , d’abord jaune d’or pâle, doit être amenée sur la substance accélératrice à la couleur rose vif.

50. La «formule suivante nous a été communiquée par M. Bord, habile horloger, et photographiste non moins distingué (2), dont on a pu remarquer les belles épreuves :

Dans un flacon d’une capacité de 1 litre 5o centilitres, ou verse environ 1 kilogramme 200 grammes (2 livres 7 onces) d’eau distillée, dont on élève la température à5o° centig.; on ajoute dans cette eau 6 grammes (1 gros 1/2) de brome saturé d’iode, préparé comme nous le dirons ci-après, et chauffé également à 45°; on agite vivement le flacon, puis on ajoute encore 5 grammes (1 gros j/4) de chlorure d’iode; enfin, on secoue de nouveau le liquide pour faciliter le mélange des substances.

I (1) Traité pratique de P hatoy rapide , Paris, 1844.

1 (*) Rue des Pyramides, No 3.

432 LIVRE il. CHAPITRE H.

La préparation du brome saturé d'iode exige quelque attention , si l’on veut obtenir un composé toujours identique , car on a remarqué que l’iode est plus ou moins soluble dans le brome , suivant la température de ce dernier. Voici le moyen employé par M. Bord pour obtenir toujours le même résultat : versez dans un flacon 10 grammes (2 gros 172) de brome , et1 i3 grain. ( 3 gros i;4) d’iode; plongez ce flacon, légèrement I bouché , dans un bain-marie chauffé à 45° centigrades (i ). Agitez] le flacon, laissez refroidir, et vous obtiendrez une combinaison de brome et d’iode presque à l’état de pâte. Vingt-quatre heures après, remettez le flacon dans le bain-marie. Chauffé à 4o° centigrades, le mélange commence à se liquéfier, et, si à1 45° il l’est entièrement, 011 a obtenu le degré voulu de saturation. S’il se liquéfiait à un degré moins élevé, on ajouterait un peu d’iode, et, dans le cas contraire, un peu de brome.

Pour employer cette liqueur, on en verse 6 à 8 millimètres (3 à 4 lignes) d’épaisseur dans la cuvette. La plaque, iodée: d’abord à la couleur rose naissant, doit prendre, après son exposition sur le chloro -bromure, la teinte rose-rouge très foncé. On l’examinera de temps en temps pour s’assurer des] progrès de l’opération. Si le chloro -bromure d’iode est à l’ét, 4 convenable de dilution, la couleur rose-rouge pourra s’obte-j nir en 3o à 60 secondes. Lorsque cette teinte arrive plus promptement, il est nécessaire d’étendre la liqueur avec de l’eau distillée, pour éviter les bouffées qui impressionneraient inégalement la plaque. Le même liquide peut servir plusieurs; fois ; il suffira , à la fin des opérations , de le remettre dan; le flacon , qui sera constamment bien bouché.

5 1 . Nous devons à l’extrême obligeance de M. le baron Gros chargé d’affaires de France à la Nouvelle-Grenade, la communication d’une autre formule qui , par son extrême simpli-i: cité, obtiendra sans doute la préférence des amateurs. C’est i? l’aide de ce procédé que M. le baron Gros est parvenu S obtenir les belles épreuves que quelques personnes ont pt admirer lors de son dernier voyage à Paris. Nous avons crut devoir conserver les termes clairs et précis dans lesquels l’inventeur expose l’ensemble de sa méthode :

« Je verse dans un flacon bouché à l’émeri et pouvan contenir un demi-litre, 2 5 centilitres d’eau distillée, et dan

(1) Il sera même prudent de soulever plusieurs fois le bouchon, pendant l'opéra » tion , pour donner issue aux vapeurs surabondantes qui pourraient déterminer I ! . rupture du flacon et projeter le brome sur l’opérateur.

DÜ CHLORE Et DE SES COMBINAISONS, 433

cétte eau, je laisse tomber 20 grammes (5 gros) de chlorure d’iode. L’eau prend immédiatement une couleur jaune safran , et il surnage une grande quantité d’iode qui s’est précipité. Je remue vivement le mélange qui ressemble alors à une boue liquide d’un noir grisâtre, et jelelaisse ainsi pendant 24heures dans le flacon parfaitement bouché, mais ayant soin de le secouer vivement et à plusieurs reprises, pendant cet intervalle. Je le filtre alors à travers un papier gris, et je jette l’iode qui est resté sur le filtre lorsque tout est passé.

« Le liquide obtenu est limpide, d’un jaune de safran prononcé, et donnant, lorsqu’on agite le flacon, une mousse d’un jaune foncé qui se dissipe aisément après quelques minutes de repos. Dans ce liquide je verse 20 autres grammes (5 gros) de chlorure d’iode. Je remue plusieurs fois cette nouvelle boue noirâtre; au bout de 24 heures, je filtre sur un nouveau papier; je jette l’iode demeuré sur le filtre , et j’obtiens ainsi un liquide toujours limpide, mais plus coloré qu’auparavant, donnant une mousse d’un jaune plus foncé qui se dissipe un peu moins vite au repos.

» J’ajoute alors 12 gouttes de brome pur; je remue le mélange pour le rendre plus intime, et dans cet état le liquide est prêt à être employé.

» L’effet qu’il produit est constant , et aujourd’hui encore, un flacon préparé il y a deux ans me donne les mêmes résultats que le premierjour.il me faut seulement quelques secondes de plus pour obtenir la couleur rose velouté qui m’a toujours paru la plus favorable à la réussite de l'expérience.

» Il va sans dire que le flacon doit toujours être parfaitement bouché et tenu à l’abri d’une lumière trop vive.

» J’ai une boîte en bois noirci à l’intérieur, haute de 16 centimètres (6 pouces) environ, et assez grande pour que la planchette où est fixée la plaque, lui serve de couvercle. Cette planchette est ajustée de manière à fermer parfaitement la boîte, et à recevoir ainsi toutes les vapeurs qui se produiront dans son intérieur. Sur le fond de cette boîte est posée, intérieurement, et sans y adhérer, une cuvette en porcelaine ayant la même forme que la boîte, mais de 3 centimètres (i4 lignes) de hauteur seulement, assez grande pour en couvrir le fond, sans néanmoins toucher à ses parois. Les bords supérieurs de cette cuvette sont parfaitement rodés, de manière à ce qu’elle puisse être fermée hermétiquement par une glace épaisse, lourde et également bien rodée, que l’on pose ou enlève au moyen d’un petit morceau de peau collé au centre.

» On verse dans cette cuvette le liquide préparé comme il j a été dit ci-dessus , à une épaisseur d’à peu près un centimètre (5 lignes). Il va sans dire que le tout doit être posé de niveau, de manière à ce que le liquide soit également réparti ! sur le fond de la cuvette , car sans cela l’évaporation serait ! inégale, et la plaque ne se colorerait pas uniformément.

» Le liquide étant versé dans la cuvette , on la couvre j avec la glace rodée, et si ce rodage a été bien fait, il ne doit ; s’échapper aucune vapeur, ce que l’on reconnaîtrait facilement à l’odeur assez forte qui se répandrait si la cuvette n’était pas exactement fermée.

» La plaque étant parfaitement polie et fixée sur la planchette, est d’abord soumise à l’action de l’iode, et lorsqu’elle a pris une teinte jaune paille, elle est prête à recevoir les vapeurs de la liqueur accélératrice.

>» J’enlève alors de la main gauche la glace qui recouvre la cuvette , et de la main droite je place sur la boîte la planchette, sur laquelle est fixée la plaque iodée. Les vapeurs qui se dégagent changent promptement la teinte jaune paille en un rose velouté, qui est, je crois, la couleur la plus favorable pour recevoir l’impression lumineuse.

» Pendant que la planchette est ainsi exposée aux vapeurs accélératrices, je compte les secondes et je la retourne bout à bout de i5 en 1 5 secondes; je la regarde aussi fort souvent pour suivre ses progrès , et je ne la retire que lorsqu’elle est arrivée à la teinte indiquée. Il faut, suivant la température , 4o à . 8o secondes pour l’obtenir. Elle se produirait en moins de temps, si on retournait la plaque moins souvent; mais cette précaution est nécessaire pour égaliser l’évaporation. La hauteur que j’ai fixée pour la boîte est aussi une condition indispensable, l’absorption est alors plus lente, mais la teinte plus égale et plus régulière. Le même liquide dans les boîtes à brome ordinaires , d’une faible épaisseur , tache la plaque et la fait passer au violet en un instant (i).

» Toutes ces opérations doivent être faites dans un lieu obscur et bien sec , et la glace doit être replacée sur la cuvette aussitôt que la plaque est enlevée.

» Les opérations terminées, on agitera vivement la cuvette

( i) Nous pensons néanmoins que la liqueur de M. le baron Gros peut être employée avec avantage dans les cuvettes ordinaires, pourvu qu’on ait le soin de l’étendre d’une certaine quantité d’eau distillée. On obtient alors une évaporation lente et régulière, sans être obligé de recourir à une boîte d’une hauteur incommode et embarrassante. Cette modification nous a très-bien réussi.

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