‹ Nouveau manuel complet de galvanoplastie, ou, Éléments d'électro-métallurgie, contenant l'art de travailler les métaux a l'aide du fluide galvanique, pour dorer, argenter, platiner, cuivrer, etc., etcChapitre 7 sur 171 · Les métaux étant bons conducteurs, et les oxydes mé · texte numérisé non relu

Les métaux étant bons conducteurs, et les oxydes mé

talliques non conducteurs, il est important que le métal négatif présente une surface parfaitement décapée, sans quoi ce métal serait complètement sans action, c’est pourquoi, lorsqu on emploie les piles de formes anciennes, le cuivre doit être nettoyé avec soin pour le débarrasser de l’oxyde qui le recouvre, avant de mettre la pile en action, 1

33. Quand le métal est bien décapé avant de l’emplover cela ne 1 empêche pas de perdre sa puissance très-vite et presque instantanément. Ce fait dépend principalement, si ce n est pastout-à-fait, de l’adhérence de l’hydrogène au métal négatif qui, par là, se revêt dune couche de ce gaz qui est non conducteur, circonstance qui le rend sans action. L’état de la surface exerce une influence sur l’adhérence de ce gaz.

Le lecteur peut, à 1 aide de l’expérience suivante, se convaincre facilement de la vérité de cette assertion : qu’on plonge dans un gobelet contenant de l’acide sulfurique étendu une plaque de cuivre poli, et qu’on mette un fragment de ' zinc en contact avec le cuivre sous la surface du liquide des bulles d’hydrogène ne tarderont pas à se montrer sur le cuivre et le couvriront en peu d’instants. On remarquera que ces bulles, au lieu de s’élever à la surface et de crever dès leur ; dégagement, continueront d’adhérer au métal; ceci dépend du principe appelé adhérence hétérogène , qui ne peut avoir heu que lorsque la surface de deux corps se trouve en con-

I tact immédiat. Une surface polie de métal détermine l’adhérence du gaz avec assez de force pour contrebalancer la tendance du fluide gazeux à s’élever vers la surface du liquide; cette force doit avoir une grande énergie si l’on considère la | différence de pesanteur spécifique de l’hydrogène et de l’eau.

! En rendant la surface rugueuse, à l’aide d’un gros papier de | verre, on obvie, jusqu’à un certain point, à cet inconvénient, | mais cependant on n’y remédie pas entièrement. Le moyen de vaincre cette adhérence sera exposé lorsque je décrirai ma batterie. Pour donner une idée delà quantité d’hydrogène qui adhère sur une surface métallique polie, je dirai que j’ai souvent vu le platine, le plus lourd de tous les corps, s’élever, par la force ascendante de l’hydrogène , jusqu’à la surface de l’eau après avoir été mis en contact avec le zinc.

34- Les mêmes observations s’appliquent au métal positif; car, lorsque le zinc, même impur, est poli, l’hydrogène y adhère avec tant de force, que presque aucune action n’aura lieu jusqu’à ce que la surface soit corrodée ; c’est alors qu’elle acquerra immédiatement une grande énergie. Il y a cependant un autre moyen de vaincre cette action locale : je ne l’ai pas indiqué plus tôt, parce que je crois que cette action dépend de ce qu’on facilite l’adhésion de l’hydrogène. Il consiste en un amalgame du zinc. En préparant une pile, cette précaution ne doit pas être négligée, d’autant plus qu’elle est très-économique, puisqu’elle n’exige qu’une très-petite quantité de mercure. Lorsqu’on y a recours, on doit agir sur la surface du zinc soit à l’aide d’un acide, soit en raclant la surface oxydée, puis- on la frictionne avec du mercure métallique. N’oublions pas à qui nous devons cette découverte qui permet à elle seule de répandre dans les arts l’usage des batteries galvaniques. La postérité sera reconnaissante envers son inventeur, M. Kemp, que l’on serait d’autant plus disposé à oublier, qu’il n’appartenait point à la Société royale, et qu’il n’était point au nombre des professeurs officiels de Londres.

Voici l’explication que j’ai essayé de donner de ce progrès important : le mercure enveloppe les petites parties de charbon et de métaux étrangers qui sont mêlés au métal, c est pourquoi le premier gaz qui se dégage y adhère avec tant de force, que chaque point du métal en est recouvert, ce qui empêche toute action ultérieure; car, de tous les métaux connus, il n’y en a pas auquel l’hydrogène s’attache aussi fortement, qu’au mercure. Voici une expérience qui prouve que l’absence

d’action dépend de l’adhérence de l’hydrogène : si on met! un amalgame de zinc dans de l’acide sulfurique étendu , il n’y] aura pas de dégagement de gaz, mais l’amalgame se recou-! vrira de larges bulles; mais si on ajoute dans l’acide un peu de 1 sulfate de cuivre, de nitrate d’argent, ou de nitro-hydrochlorate de platine , un changement instantané aura lieu, car l’hy- ,[ drogène ne se dégagera pas , mais sera absorbé à l’état nais- i| sant pour réduire les oxydes de ces métaux.

35. Dans un traité élémentaire, il est hors de propos d’in» sister sur ces points, mais ceux qui désirent les connaître à fond peuvent consulter le Magasin philosophique d'avril i84o, ou les Transactions de la Société des arts , de la même année. : L’étude de ces faits m’a donné l’idée de construire la batterie chimico-mécanique dont nous parlerons, après avoir décrit les autres variétés de batteries. Cependant, avant de nous éten ■ dre sur ce sujet , il est nécessaire d’indiquer une autre propriété des métaux à laquelle nous n’avons point encore fait allusion, à savoir: que les métaux les moins oxydables, comme le platine , mis en rapport avec ceux qui ont plus d’affinité pour l’oxygène, se revêtent d’une telle quantité d’air, que leur emploi devient infructueux , parce qu’ils présentent au liquide une couche d’un corps mauvais conducteur, au lieu de présenter une couche métallique. Cette couche d’air peut être immédiatement détruite par la chaleur ou par de l’acide nitrique concentré. Ce fait est connu depuis longtemps, et l’expérience vulgaire qui consiste à faire surnager delà limaille de fer, tandis qu’on fait descendre au fond de l’eau de la magnésie en poudre impalpable, en est un exemple; mais je ne pense pas qu’on ait jamais considéré ce fait comme dépendant de l’influence du fluide galvanique.

36. La manière dont le dégagement de l’hydrogène a lieu influe sur la puissance de la pile ; car si ce gaz se dégage à l’état naissant du métal négatif à l’aide d’une substance qui cède de l’oxygène pour se combiner avec lui, l’intensité est plus grande que lorsque ce gaz s’échappe. La cause de ce phénomène n’est pas parfaitement connue ; quelques personnes pensent qu’elle provient de l’action chimique qui a lieu aux deux pôles de la pile ; tandis que d’autres l’expliquent dans l’hypothèse que l’hydrogène entraîne une certaine quantité d’électricité de tension, en considérant que l’électromètre à feuilles d’or est influencé lorsqu’on l’approche de l’hydrogène qui vient de se dégager.

BATTERIES GALVANIQUES. a3

37. Aucune amélioration n’avait encore été faite dans la pile galvanique, telle que nous l’avons décrite. En effet, toutes les modifications n’avaient porté que sur le volume, la forme (telles sont les cellules plates et les cellules rondes) ou sur la disposition plus ou moins intérieure des métaux. Mais ces changements peuvent être à peine considérés comme un progrès. Enfin le professeur Daniell dirigea son attention sur ce sujet et construisit une pile d’après des principes entièrement nouveaux.

38. La batterie qu’il a préconisée présente de 2o3 à 609 millimètres (7 pouces 1/2 à 2 pieds) de haut sur 100 millimètres (3 pouces 172) de diamètre. Le récipient extérieur doit être en cuivre; on peut en peindre l’extérieur qui ne joue aucun rôle dans la production de l’électricité.

Il faut éviter d’en peindre la surface intérieure. On verse dans ce récipient une dissolution de sulfate de cuivre, au lieu d’acide étendu dont on se sert dans les autres batteries ; mais si, dans cette circonstance, une plaque de zinc était plongée dans cette dissolution, et si le contact était opéré, le cuivre jle la dissolution serait réduit et se déposerait sur le zinc aussi bien que sur le cylindre extérieur ; et de cette manière la batterie cesserait d’avoir aucun effet. On vit donc qu’il était nécessaire d’enfermer le zinc dans un vase poreux, afin de le séparer du sulfate de cuivre ; on y parvint au moyen d’un sac )u diaphragme de baudruche; c’est dans cette membrane, qui 'ait l’office de vase intérieur, qu’on met le zinc avec de l’acide Sulfurique étendu. On a de cette manière un cylindre extérieur en cuivre contenant une dissolution de sulfate de cuivre, et Une capacité intérieure contenant le zinc et l’acide étendu, lussitôt que le contact a lieu , le zinc est dissous , le sulfate de ^inc est retenu dans la partie intérieure du vase, et l’hydrogène, au lieu de se dégager au pôle négatif, réduit le cuivre de son sulfate.

Le vase intérieur peut être considéré comme désavantageux, în ce qu’il diminue la puissance de la pile : plus le vase est poreux et plus la quantité d’électricité qui se développe est grande. C’est dans ce but qu’on emploie du gros papier commun, de grosse toile, de la poterie poreuse, au lieu d’une membrane, d’une vessie ou d’un fragment d’intestin comme on e faisait précédemment. Le professeur Daniell emploie, comme métal positif, des baguettes de zinc qu’il amalgame; et comme an peu de cuivre passe toujours à travers les parois du vase

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poreux, cette opération doit être répétée chaque fois qu’on en fait usage. Dès qu’on s’est servi des tubes en poterie, on doit les plonger dans de l’eau etonîesy laissera jusqu’à ce que le sulfate de cuivre soit dissous. Sans cette précaution le sel en se cristallisant pourrait boucher les pores du vase et le fait e éclater.

3g. Quelques expérimentateurs ont pensé que le zinc était; trop éloigné du cuivre quand il en était à So millimètres j (22 lignes) de distance ; ils ont donc fait usage de cylindres d’un ! plus petit diamètre; quoique I on obtienne une augmentation de puissance à l’aide de ce moyen , cependant son application ; présente plus d’inconvénients que l’emploi du procédé du doc- i teur Daniell. Quand on fait usage de tubes poreux, de n’im-i porte quelle espèce, toutes les fois que la réduction du métal j a lieu , on doit éviter avec soin que les plaques de la batterie 11e soient en contact avec le vase poreux ; sans cela la ré- * duction du métal s’effectuant, celui-ci se déposerait sur I j vase , et à la longue une ligne de continuité s’étendrait de l’un à l’autre.

Quelques personnes, dans l’unique but de se faire passer pour inventeurs , ont construit, sans aucun avantage, des batteries carrées, oblongues et de beaucoup d’autres formes,] dans lesquelles il y a autant d’inconvénients que d’avantages. ]

40. La batterie de Daniell se fait surtout remarquer par la ! constance de ses effets, c’est-à-dire quelle a la propriété de ' produire exactement la même quantité d’électricité pendant un long espace de temps ; c’est pour cette raison qu’elle est d’une grande importance dans beaucoup d’expériences.

41. Cependant, certaines précautions sont nécessaires pour obtenir de la constance dans ses effets ; car si on changeait le volume des fils métalliques employés pour établir la communication, si leur longueur était sensiblement diminuée ou augmentée , alors il y aurait variation dans la quantité d’électricité. La distance entre les pôles, et le volume de ces der- ; niers doivent rester les mêmes; et il faut aussi avoir soin que 1 les tubes poreux soient de la même texture ; car on doit se) rappeler, que si un seul tube en poterie d’une mauvaise con- 1 struction était mis en usage dans une batterie à grande sur- ; face, la quantité d’électricité en serait influencée.

42. Plusieurs erreurs sont provenues de l’emploi du mot constance : on s’en sert souvent pour exprimer une action long- ! temps continuée, tandis que cette expression a ici un sens tout différent; car, une batterie peut être constante et ne rester en

action qu’un court espace de temps; tandis qu’une batterie pourrait continuer d’agir pendant des années et n’être pas constante dans son action; la propriété d’une longue durée est cependant la plus utile (i).

43. Les principaux inconvénients de cette batterie sont: i" le temps nécessaire pour la mettre en action; 20 l’embarras et la dépense qui accompagnent l’emploi des tubes poreux ; et enfin la nécessité d’amalgamer de nouveau les plaques à chaque instant.

44- Le principal avantage que cette batterie possède sur toutes les précédentes , est le transport de l’hydrogène (au lieu de son dégagement) au vase négatif quand il est à l’état naissant , ce qui a lieu par la décomposition du sulfate de cuivre ; voilà pourquoi cette batterie ne dégage pas de vapeurs. Pour tirer le plus grand avantage de la force de décomposition de cette pile , il est nécessaire d’employer une série de dix ou douze éléments.

45. Une autre batterie construite sur les mêmes principes , quoique appliqués d’une manière différente , a été imaginée par M. Grove; il emploie le platine comme métal négatif, il verse dans la cellule intérieure de l’acide nitrique très-concentré , et il place dans la cellule extérieure , avec le zinc , de l’acide sulfurique ou hydrochlorique étendu. La forme que M. Grove préfère est une auge à plusieurs cellules, comme celle de Wollaston, qui contient dans son intérieur des tubes | poreux plats de la forme d’un parallélipipède; et comme le platine est un métal dispendieux, il a soin de mettre toute sa surface en action, en l’entourant complètement de zinc. Dans cette batterie, l’acide nitrique est décomposé par l’hydrogène, et il se dégage du deutoxyde de nitrogène, lequel se trouvant en contact avec l’air atmosphérique, est converti en acide nitreux.

46* Cette batterie est remarquable à cause de sa force; une série de quatre couples étant suffisante pour opérer la plupart des décompositions.

Une grande série laisse apercevoir un arc lumineux très-

(1) 42. Pour mieux faire comprendre ce qu’on doit entendre par la constance d’une pile électrique , servons-nous d’une comparaison : une bonne montre , lorsqu’elle aura été remontée, marchera avec une vitesse constamment égale, jusqu’à ce que son ressort, tout-à-fait détendu, l'oblige, à s’arrêter. Telle doit être la constance dune pile galvanique à effets continus. Elle doit fournir, jusqu'à son entier épuisement, une quantité et une intensité égales d’électricité. Voir à l'Appendice l'excellente notice de M. Ed. Becquerel sur les piles à courant constant.

Galvanoplastie.

ÜVRE î. chapîtHE U

brillant ; ce phénomène y est plus marqué que dans toute* les autres batteries. Cependant, malgré sa grande intensité, elle présente de graves inconvénients ; car les vapeurs d’acide nitreux qui se dégagent pendant quelle est en action , sont dangereuses pour l’économie animale, et il y aurait de l’imprudence à s’y exposer sans que l’air circulât librement. Ces vapeurs nitreuses attaquent presque toutes les surfaces métalliques qui sont exposées à leur contact; c’est pourquoi cette batterie ne doit pas être employée dans un local où il y aurait des appareils en métal poli.

L’acide nitrique, en outre, passe à travers les tubes poreux, et attaque fortement le zinc, indépendamment de celui qui est dissous pour engendrer l’électricité. Enfin, à tous ces inconvénients , il faut ajouter l’embarras et les frais qui accompagnent l’emploi des tubes poreux.

47. Nous avons vu jusqu’ici que la batterie de M. Grove est construite sur le même principe que celle proposée par le professeur Daniell ; car, dans toutes deux, l’hydrogène est dégagé à l’aide de moyens chimiques : dans l’une, par l’acide nitrique, et dans l’autre, par le sulfate de cuivre. Il existe plusieurs autres moyens pour obtenir les mêmes résultats; ainsi, on emploie le nitrate d’argent, les sels d’or, de palladium et de platine, et les autres acides oxygénés, tels que l’acide iodique, chlorique et bromique. J’ai essayé plusieurs autres moyens, mais je ne suis arrivé, jusqu’à présent, à aucun résultat nouveau , et je n’ai pas encore trouvé de disposition supérieure , pour l’intensité , à celle de M. Grove.

48. En faisant une série d’expériences sur le ferro-cyanure de potassium , ayant eu plusieurs occasions d’employer la batterie galvanique , j’ai vu que , quoique les deux batteries précédemment décrites fussent des instruments admirablement construits, cependant il était à désirer qu’on pût en imaginer un dont la mise en action fût instantanée et accompagnée de beaucoup moins d’embarras. Je m’efforçai donc de construire une pile qui n’exigeât que peu de soins dans son emploi , et j’y parvius en imaginant la batterie chimico-mécanique.

49. Après avoir étudié avec soin tous les caractères des métaux qui entrent dans la construction de ces sortes d’appareils, cette batterie fut établie sur la connaissance de la propriété que les surfaces rugueuses possèdent de dégager l’hydrogène, tandis que les surfaces polies favorisent sou adhérence. Ainsi, quel que soit le métal qu’on emploie comme

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pôle négatif, il faut en rendre la surface rugueuse soit par l’emploi d’un acide concentré, l’acide sulfurique pour le fer, l’acide nitrique pour le cuivre ou l’argent, ou en frottant mécaniquement la surface avec du papier de verre. Par ces moyens, l’emploi des métaux est rendu beaucoup plus efficace ; mais pour tirer le plus grand avantage de ce principe, je recouvre le platine, à l’aide du fluide galvanique,

| d’une poudre noire de platine finement divisée ; c’est-à-dire que je dispose le platine comme le cuivre est disposé dans la batterie de Daniell ; mais au lieu d’employer le sulfate de cuivre dans le vase extérieur, j’emploie une petite quantité de chlorure de platine; et alors , la poudre métallique est déposée d’une manière aussi efficace sur la plaque de platine préalablement frottée avec du papier de verre. Par le même moyen, cette poudre est déposée avec le même résultat sur le palladium, sur l’argent (attaqué par l’acide nitrique), sur les plaques de cuivre, sur toute espèce de fer et sur du charbon ; mais aucun autre métal n’a pu recevoir ce dépôt. L’argent est le métal le plus généralement employé, à cause de son prix peu élevé et parce qu’il ne subit aucune altération. Mais , quel que soit le métal qu’on adopte , le principe est le même, c’est-à-dire qu’on obtient une surface à laquelle l’hydrogène n’adhère pas, mais de laquelle ce gaz se dégage. La multitude de points que présentent les surfaces rugueuses, parait être la cause de cet excellent résultat. La préparation de l’argent est maintenant une branche à part dans le commerce, et les métaux recouverts de platine peuvent être achetés tout prêts à être employés. Mais ceux qui désirent exécuter eux-mêmes cette opération en trouveront ci-après une courte description (N° 5o).

5o. Le métal qu’on veut préparer doit être d’une épaisseur suffisante pour conduire le courant électrique , et doit être rendu rugueux, soit avec du papier de verre comme dans le cas où on emploie le platine ou le palladium, soit, si c’est de l’argent, en le frottant avec un peu d’acide nitrique concentré jusqu’à ce qu’il acquière un aspect miroitant.

L’argent est d’abord lavé et mis dans un vase avec de l’acide nitrique étendu auquel on ajoute quelques gouttes de chlorure de platine. On place ensuite dans ce vase un tube poreux avec quelques gouttes d’acide sulfurique étendu , et dans ce tube on met le zinc. Le contact étant obtenu , le platine se déposera en peu d’instants à la surface de la plaque

d’argent sous forme de poudre noire. L’opération est alors achevée, et le métal platiné est prêt pour l’usage. Le fer, ainsi préparé , est aussi bon que l’argent et lui sera quelquefois substitué avec avantage.

Quand on emploie ce dernier métal, il suffit de le frotter avec un peu de chlorure de platine, et l’on verra de suite un dépôt de poudre noire se manifester.

5 1 . Le liquide qu’on emploie généralement pour charger cette batterie est un mélange d’une partie d’acide sulfurique et de sept parties d’eau. Ce mélange présente assez de force pour n’importe quelle expérience. Quand on veut obtenir une plus grande intensité, il faut ajouter au mélange précédent quelques gouttes d’acide nitrique ; mais il ne faut pas mettre une trop grande quantité de ce dernier, sans cela l’argent serait attaqué. Cependant, lorsqu’on se sert de platine pur , on peut mettre en usage l’acide nitrique, sans inconvénient.

L’électro-métallurgiste trouvera avantageux d’employer une dissolution contenant seulement 1/16 d’acide sulfurique pur.

5 2. On a fait de nombreuses recherches pour trouver la disposition la plus appropriée à l’emploi dé cette batterie, mais cette disposition doit dépendre du but qu’on se propose.

Les commençants pourront se contenter de l’auge à douze cellules de Wollaston (fg. 7 A, PL II), qui doit être construite de manière à employer à volonté toutes ou plusieurs des cellules indépendamment les unes des autres.

L’argent étant le métal le plus dispendieux, doit être complètement entouré de zinc, afin que tout l’argent soit mis en action. Lorsqu’on veut que la batterie continue d’agir pendant longtemps, par exemple des jours et même des semaines, on doit employer un vase suffisamment grand pour contenir une grande quantité d’acide étendu [fig. 3 A , PL II).

53. Quand on veut employer une batterie pour la fabrication de quelque objet, il est bon, dans certains cas, de retirer le sulfate de zinc à mesure qu’il se forme, au moyen d’un tube qui le laisse écouler par le bas , tandis qu’on verse de temps en temps de nouvel acide par le haut, mais ceci n’est pas toujours nécessaire. Pour atteindre ce but, la batterie doit être construite de manière que les plaques de zinc puissent être facilement remplacées quand elles sont usées ; il y a plusieurs autres formes de batterie qu’on peut adopter, comme la batterie circulaire dont le zinc se trouve en dehors.

54. Ce qui caractérise ma batterie, c’est sa simplicité et la

grande quantité d électricité quelle produit ; en outre elle occasionne peu d’embarras dans son emploi. Le zinc exige rarement qu’on l’amalgame de nouveau, attendu que l’amalgame dure jusqu’à ce que le métal'soit complètement dissous.

55. Lorsqu’on fait usage de cette batterie, il faut avoir soin qu’aucune parcelle d’un sel de cuivre, de plomb ou d’autre

i métal, ne se trouve mélangée, par hasard ou par accident , an

! fluide excitant, car l’argent platinisé serait bientôt recouvert de ce métal. En un mot, il faut éviter de présenter au liquide toute autre surface que le platine réduit en poudre fine. L’ignorance de ces faits, de la part de ceux qui employaient cette batterie, faisait que le métal négatif se recouvrait de cuivre, qui, en s’oxidant, rendait le platine inutile.

56. Telle est la description des trois sortes de batteries en usage aujourd’hui. L’excellent appareil inventé par M. Daniell se fait remarquer par la constance de son action ; celui de M. Grove , par sa force ; quant à ma batterie , ce qui la distingue , c’est la quantité d’électricité quelle développe et la simplicité de sa construction. Aucun de ces appareils ne peut être considéré comme parfait, car chacun d’eux manque de quelqu’une des qualités des autres ; il faut espérer qu’on parviendra à réunir dans une seule batterie tous les avantages que présente chacun de ces systèmes séparément.

Dans l’état actuel de la science, lequel des trois doit-on préférer? Cela dépend de l’usage qu’on veut en faire, et l’expérimentateur est seul juge de cette question. Quant à moi, la batterie à éléments d’argent platiné a complètement répondu à mon attente ; cependant elle a été trop louée par les uns et trop blâmée par les autres. D’abord, elle a été soumise à des expériences qui ne lui étaient point applicables ; c’est ainsi qu’on a voulu apprécier son intensité , tandis que la quantité est sa qualité distinctive. Malgré ces exagérations contradictoires, son utilité a été sanctionnée par l’expérience , et le public y a eu recours avec un empressement auquel j’étais loin de m’attendre. La raison qui fait préférer ma batterie , surtout dans l'industrie, est quelle n’offre pas de tubes poreux, quelle n’exige pas l’emploi d’acides concentrés, et qu’elle ne laisse point échapper d’émanations toxiques. Son action peut durer pendant deux, trois et même un plus grand nombre de jours, quand on a soin de la charger d’une suffisante quantité d’acide. Le zinc n’a souvent besoin d’être amalgamé qu'une seule fois ; et il faut très-peu de temps pour mettre cette bat-

terie en activité, ou pour l’y maintenir. Enfin les frais qu’elle exige sont très -minimes (i) et proportionnés à la puissance qu’on veut obtenir.

57. Voici un état approximatif des dépenses qu’exigent ces trois batteries. x° Dans la mienne, ces frais dépendent du zinc qui est dissous par l’acide : zinc -f acide -j- une faible action locale. Dans la batterie à effets constants de Daniel!, il y a zinc -f acide -f- sulfate de cuivre -f- une forte action locale. Chaque cellule de cette dernière, pour fournir un résultat donné , coûte deux fois autant que la même force obtenue à l’aide de la mienne. Dans la batterie de Grove, il y a zinc acide -j- acide nitrique réduit par l’hydrogène -f- acide ml trique combiné avec de l’ammoniac qui s’est formé pendar, l’action de la pile + une grande perte de zinc = à trois foi celle qui a lieu dans la mienne.

58. La construction des différentes formes de piles galvaniques a été passée en revue , et les principes sur lesquels les détails de chacune d’elles sont fondés, ont été exposés en peu de mots, car il faudrait un volume pour traiter ce sujet avec toute l’étendue qu’il comporte (2).

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