Pont de rocher sous lequel passe la rivière
L étendue des bàlimeiis, quelque gi'ande qu’on la siip- ;
pose, comparée au jardin, prouve toujours que ce dernier i est renfermé dans un espaee ü-ès-borné, d’où on peut conclure qu’en Chine comme en France, les architectes de | mauvais goût ont la manie d’entasser les fabriques les unes sur les autres, sans égard pour les convenances et le caractère du site.
Nous ne recommanderons pas une semblable prodigalité de richesses qui prouvent incontestablement la pauvreté de génie de celui qui les emploie.
Le bosquet, comme nous l’entendons, ne peut accompagner qu’une maison bourgeoise. Son but est de procurer de l’ombrage et une promenade agréable, quoique d’une étendue bornée. Il ne peut présenter qu’une scène unique, et ! cette scène doit être dans un genre peu prétentieux. Le î plus grand nombre des fabriques se trouve naturellement exclu de cette composition, parce qu’on ne peut les y motiver. Il ne serait rien de plus ridicule que-de rencontrer dans un clos d’un ou deux arpens, une ruine, un ermitage, un chalet, un tombeau, ou tout autre chose semblable.
A peine une petite chaumière nistique peut-elle s’y montrer, et encore il faut, pour être motivée avec une apparence de convenance, que le jardin ait au moins deux ou trois arpens, et qu’elle serve de vide-bouteilles.
Mais les berceaux couverts par la bignone, le chèvrefeuille ou la vigne, les salles de verdure, et les vide-bouteilles, sont là dans toutes leurs convenances.
La promenade étant fort courte et nullement variée «mis ' le rapport du site, il faut la rendre agréable parla rareté et la beaute des végétaux qui la dessinent. Vous rassemblerez donc, dans celte petite composition, tout ce que la végétation a déplus brillant, de plus capable d’arrêter un moment l’attention du promeneur. Les bords des massifs seront occupés par des roses, des pivoines en arbres, des rosages, des jasmins, des groseillers dorés, et autres arbrisseaux à fleurs ou feuillage remarquables. Plus loin vous planterez le tulipier, fe ginkgo, le triacanthos,lejulibriziu, le magnolier à grandes fleurs, etc., etc. Qu’aucun arbre indigène ne vienne mon- ■
irer sa physionomie connue, à travers le feuillage étranger des végétaux de l’Amérique, du Japon, de la Chine et du Népaul, à moins qUe ce ne soit un arbre fruitier se trouvant là comme par hasard pour montrer le rouge éclatant de la cerise, le jaune doré de la poire et de la pomme, ou le rose velouté de la pêche.
Vous pouvez faire grimper une vigne autour d’un arbre à feuillage léger et donnant peu d’ombrage. Les groseillers peuvent se mêler aux rosiers sur le devant des massifs, et la fraise parfumée peut en tapisser les bords avec la violette et la pervenche.
Les allées ne doivent pas être trop tourmentées, car rien ne peut motiver leur sinuosité, sur un terrain plat, que l’approche d’un berceau ou de tout autre petit tableau. Elles doivent être bien sablées et entretenues dans une propreté minutieuse. Les bordures en buis nain seront régulièrement soumises à la tonte, car elles doivent former des lignes très-nettes.
La planche i8 offre le plan d’un jardin n’ayant pas plus d’un arpent d’étendue, et renfermant néanmoins toutes les conditions du bosquet. Il a été levé à Wissous, près Paris, où il accompagne la modeste maison d’un homme de lettres.