I. Les temples
Ils ne^ peuvent jamais se motiver que par une scène gracieuse où l’on veut, par une fiction agréable et légitimée par l’usage, transporter en pensée les promeneurs, dans ces lieux et ces temps héroïques où la superstition, loin d’avoir un masque ignoble et vulgaire comme aujourd’hui, se parait des grâces poétiques du génie.
Un temple égyptien , pl. go, fig. 6, nous reportera aux premiers siècles de la civilisation, et nous aimerons à chercher la trace d’une pensée éteinte depuis plus de deux mille ans, dans ces hiéroglyphes mystérieux qui ont devancé la sublime invention de l’écriture.
D autres fois un temple d’une architecture moins pittoresque, mais plus élégante, pl. gr et 92, nous rappellera la belle époque de Périclès à Athènes et celle plus brillante , encore du règne d’Auguste à Rome.
Quelquefois, un temple placé sur une hauteur d’où l’où
jouît d’un point de vue intéressant, affectera la forme d’une rotonde, pl. gr, fig. i, et remplacera le kiosque ou le belvédère. On pourra, si on veut en rendre le coup-d’œil plus piquant, y placer une statue, par exemple celle de l’Amour, pl. 92 , fig. I, et le dédier au dieu malin de la jeunesse et des aimables folies.
Plus ordinairement le temple renfermera un salon de repos, pl. 91 , fig. 2, 4 ) 5 , ou une bibliothèque, fig. 3 , pl. 92, et alors on le dédiera aux Muses; une salle de danse ou de concert, fig. 3 , pl. 91, et fig. 5 , pl. 92 ; ou enfin une salle de spectacle, pl. 93, fig. 2 et 4, et alors on mettra sa façade en harmonie avec ce genre de composition.
Si vous voulez transporter la pensée du promeneur dans des régions lointaines et lui montrer des monumens consacrés à d’autres superstitions, montrez-lui un temple indien, pl. 93, fig. r, servant à la fois au culte de la divinité et à recevoir les malheureux sur la côte de Coromandel; le temple de Mahâ-Dêva, fig. 2, à Bombay; celui de Pouléar, dieu des Voyageurs , fig. 3 , dans les mêmes contrées ; ou seulement la pagode de ce dieu hospitalier, fig. 5 ; et si vous voulez encore rattacher à ces fabriques de grands souvenirs, si vous voulez rappeler un grand homme à la manière de l’Inde, montrez, fig. 4 , le pavillon d’une mosquée bâtie à Aureng- Abad par le célèbre Aureng-Zeb.
Il arrive par fois que l’architecte, s’abandonnant aux inspirations d’un génie créateur, abandonne les traces de ses devanciers, et construit un temple dont il a puisé le modèle dans son imagination seulement, et souvent ces constructions sont pleines de bon goût et de grâce. Nous en offrons des exemples dans la pl. 94, fig* i, 2 ,3 et 4.