OBSERVATIONS MICROSCOPIQUES SUR LES VERS
Réunissant dans ce chapitre tout ce que nous voulons dire des vers articulés ou annélides , et des vers intestinaux ou helminthes , nous aurons à parler d'abord des lombrics , qui donneront lieu à une fouie d'observations , par rapport à leur propre structure , à leurs tissus élémentaires ( voyez sarcode ) , à leurs spermatozoaires (pl. III, fig. 16, 19), à leur circulation, et surtout par rapport à leurs nombreux parasites. En effet , dans les testicules même , et dans les ovaires, vivent deux espèces de nématoïdes et un helminthe , que sa forme et son mode de locomotion avaient fait nommer le sablier , par M. Surirai, et que j'ai cru être l'analogue du proteus tenax de Millier. (Voyez Annales des Sciences naturelles , a c série, zool. tom. 4 et 6 ) ; il est long de o,3 à 0,4 , blanc , cylindroïde , successivement étranglé ?ur divers points de sa longueur , formé d'une membrane dans laquelle sont contenus , comme dans un sac , un liquide et de nombreux granules que ses contractions font refluer alternativement d'une extrémité à l'autre, en passant à travers l'étranglement variable qui sépare les deux parties gonflées , comme le sable passe d un côté à l'autre dans le sablier.
Entre l'intestin du lombric et la couche musculaire externe, vivent, dans le liquide incolore qui remplit cet espace, de nombreux infusoires appartenant aux genres leucophre et plagiotoma; ceux-ci sont remarquables par le mouvement des cils vibraliles de leur bord antérieur et par les apparences optiques qui en résultent; ceux-là présentent souvent le phénomène que j'ai décrit ailleurs , de l'exsudation de la substance charnue , demi-liquide ou du sarcode , et de la formation spontanée des vacuoles dans celte substance par le contact de l'eau. Il suffit, pour obtenir ces infusoires , de faire au lombric des incisions qui n'atteignent pas l'intestin , et de recueillir sur une plaque de verre le liquide qui s'écoule des blessures.
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Euûn , dans l'intestin même du lombric , en délayant le ter- I reau dont il s'est nourri , on trouvera fréquemment des anguillules ; et quelquefois aussi des systolides comme celui que j'eus occasion de décrire sous le nom d'albertia.
Un petit ver blanchâtre, intermédiaire entre les lombrics et les nais, Yenchytrœus, qu'on trouve fréquemment dans la terre humide des pots à fleurs des jardins, montre assez bien toute son organisation sous le microscope , et laisse bien voir , notamment la circulation du sang.
Les nais, en raison de leur transparence, seront encore plus propres à ce genre d'observation ; elles offriront d'ailleurs plusieurs détails d'organisation extrêmement curieux dans leurs diverses espèces. L'une (naïs digitata) , ayant à la partie postérieure des prolongemens digités couverts de cils vibratiles ; une autre ( naïs proboscidea) , pourvue , en avant , d'un long prolongement en manière de trompe , plusieurs montrant à l'intérieur des cordons flexueux garnis de cils vibratiles, et servant saus doute à la respiration; toutes pouvant se propager par division spontanée , et , dans ce cas , montrant une nouvelle tête et une nouvelle bouche qui se forment peu à peu vers le milieu du corps. Toutes, par conséquent aussi , devant se multiplier par division artificielle. C'est dans la vase , dans le sable et dans les eaux de la mer. entre les herbes , que s'observent surtout, en quantité innombrable , les vers articulés des formes les plus variées. La plupart encore sont à peine connus , et l'observateur qui*, à l'aide du microscope , s'attache à la recherche des plus petits annélides , est sûr de trouver chaque jour des objets nouveaux , et par leur forme et par leur structure intérieure.
Parmi les vers apodes , les hirudinées fourniront à l'observation leurs œufs multiples , si faciles à trouver et dont l'embryon transparent se distingue par les cils vibratiles de sa surface. Ces mêmes vers offrent souvent aussi l'occasion d'observer le phénomène de la circulation du sang.
Les nématoïdes ou vers intestinaux ca vit aires , devront être soigneusement recherchés par le micrographe , car ils lui offriront souvent des détails de structure bien dignes d'exciter l'admiration ; ainsi le strongle armé , si fréquent dans les gros intestins du cheval , a la bouche entourée d'une sorte de capsu\ cartilagineuse, ovoïde, bordée intérieurement de plusieurs