SES CELLULES ET DU TISSU CELLULAIRE
Le tissu cellulaire proprement dit, c'est-à-dire l'assemblage des cellules dont les dimensions sont égales dans tous les sens, est le seul aussi dont les cellules contiennent , dans certains cas, des produits indépendans ou isolés comme la chlorophylle ou chromule, la fécule, les cristaux, etc., dont nous parlerons plus tard. Suivant la forme des cellules, il se divise en un grand nombre de variétés auxquelles on a voulu donner des noms particuliers. Ainsi, on nomme spécialement parenchyme, celui dont les cellules sont sphériquesou polyédriques, comme dans la moelle des plantes et dans les fruits mous ou charnus; souvent même on veut ne conserver ce nom que pour celui dont les cellules primitivement sphériques sont devenues , par leur pression mutuelle, des dodécaèdres presque réguliers , ayant leurs faces planes en contact ; de telle sorte qu'on pourrait croire qu'il n'y a qu'une membrane simple entre les deux cavités , si l'on ne voyait souvent de petites cavités triangulaires ou tétraédriques , entre les angles ou sommets qui se rencontrent en un point , comme dans la moelle de sureau , par exemple. Il faut bien remarquer d'ailleurs que ces cellules en dodécaèdre paraissent dans une coupe comme autant de petits hexagones réguliers , ce qui leur a fait attribuer faussement une force hexagonale.
Quand les cellules se correspondent en rangées verticales et en couches horizontales , leur^pression mutuelle leur donne une forme prismatique à bases parallèles , ou même presque cubique, si elles se correspondent aussi en rangées horizontales. Les variétés de parenchyme qui en résultent, sont désignées d après la forme des cellules.
Le nom de mérenchyme a été réservé pour l'assemblage de cellules sphériques ou sphéroïdales , dans les fruits mous et dans les tubercules féculens.
On distingue aussi diverses variétés de mérenchymes, suique les cellules sont de grosseur unifome et en couches
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ou en rangées régulières. Quand les cellules sont alongées, assez régulièrement prismatiques comme dans l'écorce, entre les faisceaux ligneux (pl. XX, fig. i, a, 3, ) on a voulu nommer leur assemblage prismenchyme , dont une variété dite muriforme se trouve dans les rayons médullaires du bois des végétaux exogènes. ( Pl. XIX et XXIV),
Les cellules lobées ou en étoiles , qui constituent le tissu lac mieux des joncs et des scirpes , ainsi que celui de certaines feuilles charnues comme celles des nymphapa , ont fait donner, par quelques botanistes , à ce tissu , le nom d'actinenchyme , comme aussi les cellules à contours sinueux de l'épiderme des feuilles et des pétales ( planche XXIII , fig. 7) onl fait imaginer le nom de colpenchyme , et les cellules alongées et tu bu la ires plus ou moins rameuses et entremêlées , qui constituent la masse charnue des champignons et des fucus , ont fait créer pour ce tissu le nom de dœdalenchyme. Mais nous ne rapportons ces divers noms , que pour indiquer, en passant , les principales modifications présentées par le parenchyme ou tissu cellulaire dans les végétaux.
Les cellules ne deviennent lout-à-fait vides qu'après avoir épuisé leur force de vitalité , et traversé toutes les phases de leur développement. C'est ainsi qu'on les voit , dans la moelle du sureau , et dans la moelle de la plupart des autres végétaux , après la première période de leur végétation. Nous devons citer comme un exemple curieux de l'emploi de la moelle dans cet état , ce qu'on nomme papier de riz ; en effet , ce prétendu papier , apporté de l'Inde pour servir à la confection des fleurs artificielles , n'est autre chose que la moelle d'une plante de la famille des légumineuses , Vœtchinomene paludosa. Cette moelle est refendue , au moyen d'un instrument tranchant mené parallèlement à l'axe , de manière à enlever de la surface un mince feuillet , qui se détache successivement à mesure que l'instrument s'avance , comme s'il eût été enroulé sur un cylindre.
La paroi des cellules de la moelle est mince , diaphane , mais souvent elle présente des ponctuations plus ou moins rapprochées qu'on pourrait prendre pour des trous , d'après l'effet qu'elles produisent sur la lumière réfractée ; mais l'analogie et la comparaison avec des cellules à parois plus épaisses, montre bien qu'il n'y a là qu'un amincissement et non une per-