COLLE-FORTE LIQUIDE
refroidir à plusieurs reprises, au contact de l'air, une dissolution de colle (gélatine), elle perd la propriété de se prendre en gelée. M. Gmelin démontra qu'une dissolution de colle de poisson , renfermée dans un tube de verre soudé, tenue en ébullition au-baih-marie pendant plusieurs jours, présentait le même phénomène, c'est-à-dire que la colle restait liquide et ne se prenait point en gelée.
Ce changement ainsi produit est un des problèmes les plus difficiles à résoudre de la chimie organique. On peut croire, cependant, que dans l'altération subie par la colle, l'oxygène de l'air ou de l'eau joue un principal rôle; ce qui me porterait à le penser, c'est l'action produite sur la colleforte par une petite quantité d'acide azotique. On sait qu'en traitant la gélatine avec un, excès de cet acide, au moyen de la chaleur, on la convertit en acides malique, oxalique, en graisse, en tannin, etc. Mais il n'en est point ainsi quand on traite cette colle avec son poids d'eau et une petite quantité d'acide azotique : on obtient seulement une colle-forte qui a conservé à peu près toutes ses qualités primitives, et qui n'a plus la propriété de se prendre en gelée. C'est sur le procédé, du reste, que j'ai communiqué, qu'est fondée la fabrication, à Paris, de la colle vendue en France, sous le nom de cotte liquide et inaltérable.
Cette colle étant très-commode pour les ébénistes, les menuisiers, les cartonniers, les tabletiers, etc., attendu qu'elle s'applique à froid et n'a pas besoin d'être chauffée, je crois, pour en répandre la' fabrication, devoir livrer le procédé à la publicité.
Il consiste à prendre 1 kilogramme de colle-forte, dite de Civet, ou mieux de Cologne, la faire dissoudre dans 1 litre d'eau et dans un pot vernissé avec un feu doux, ou mieux, au bain-marie : on a soin de remuer de temps à autre. Quand toute la colle est fondue, on y verse peu a peu et par fraction, jusqu'à concurrence de 200 grammes d'acide azotique 1 36 degrés. Cette addition produit une effervescence due au dégagement de l'acide hypoazotique. Quand tout l'acide est tersé, on ôte le vase de dessus le feu , on laisse refroidir. J'ai conservé de la -colle, ainsi préparée , pendant plus de deux ans dans un flacon débouché ; elle n'avait subi aucuns I altération. Cette colle liquide est très-comciode dans les opérations de chimie; je m'en sers avec avantage dans mon laboratoire pour la préparation de divers gaz, comme lut, en induisant de cette colle des bandelettes de linge.
Sur la colie-forte liquide, par M. le docteur Fehlihg.
La colle -forte liquide, dont on. doit la première idée à M. Se. Dumoulin (V. le Technologiste, t. XIV, p. 19a), se trouve aujourd'hui dans le" commerce en grande abondance. Les marchands allemands en débitent même plusieurs qualités qui ne paraissent différer entre elles que par la proportion plus ou moins grande d'acide azotique qui entre dans leur composition. Les premières qualités en renferment le moins et les qualités basses et les plus fluides en renferment davantage.
M. R. Huber, qui a fait une analyse -de trois qualités de cette colle, qu'on débite à Leipsic sous le nom de colle à la vapeur, a trouvé les résultats suivants:
A. Colle liquide dite de Russie, blanche, non translucide, assez ferme à la température ordinaire, renfermant sur 100 parties:
Gélatine sèche (abandonnant 41 par-, ties de cendres renfermant principalement du sulfate de plomb). . . 39.7
Acide azotique hydraté 1.4
Eau 59.8
B. Colle liquide cïaire. — Renfermant sur 100 parties:
Gélatine sèche ('Laissant 1.9 de cendres) . 28.9
Acide azotique hydraté 2.5
Eau 68.6