‹ Nouveau manuel complet de la fabrication des collesChapitre 57 sur 75 · COLLAGE DU PAPIER · texte numérisé non relu

COLLAGE DU PAPIER

» Après avoir quitté ce cylindre, qui, toutefois, n'est pas indispensable, le papier passe dans une petite caisse peu profonde et sur laquelle sont établis, du côté opposé à celui par lequel entre le papier, deux cylindres en bronze bien polis et parfaitement parallèles. Le papier, passant entre ces deux cylindres, après s'être imbibé de colle, est pressé par eux et abandonne l'excédant de colle qu'il avait pris.

» De là il est conduit sur des tambours à claire-voie placés l'un au-dessus de l'autre sur deux rangs parallèles avec un ventilateur dans chaque tambour et un autre de chaque côté; de sorte que, en passant sur ces tambours, le papier est ventillé sur les deux faces. On conduit, sous les tambours, de l'air chaud* fourni par un calorifère, ou bien on sèche le papier au moyen de tuyaux en fonte chauffés par la vapeur; il y a des courtnts d'air établis pour enlever l'humidité au fur et à mesure de la dessiccation.

» L'auteur fait observer qu'il n'y a pas de comparaison possible entre les résultats de ce collage et ceux du collage végétal II dit avoir vu des papiers dans la fabrication desquels il était entré plus de 50 pour 100 de chiffons de coton et qui, avec un collage végétal, auraient eu bien peu de consistance, tandis qu'avec le collage animal ils étaient fermes, très-sonores et paraissaient nerveux.

» Dans les pays où les chiffons de coton sont en moindre proportion qu'en Angleterre, cet appareil, pour le collage animal, n'offre pas Je môme degré d'utilité. Cependant, dans une bonne fabrique où il n'y aurait qu'une seule machine à laquelle on adapterait un appareil de ce genre, on pourrait réaliser de beaux bénéfices s'il fonctionnait d'une manière continue et n'était employé qu'à la fabrication de qualités supérieures ; mais il faudrait que le fabricant disposât de capitaux importants qui lui permissent d'avoir toujours prêt, en magasin, un assez grand assortiment de papiers des plus belles qualités, afin de répondre immédiatement à toutes les demandes, et que ses relations fussent assez étendues pour lui assurer l'entier écoulement de ses pro- ~ duits.

» Les dépenses considérables auxquelles entraîne l'établissement d'un appareil pour le collage animal et les difficultés de son application préserveront probablement d'une grande concurrence, pendant un temps assez long, les fabricants du continent qui. les premiers, l'adopteront ; ces dépensespeuvent s'élever 4e 60 à 80,000 fr. »

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SECTION V. Emploi de la gélatine en photographie.

Parmi les heureux perfectionnements que la photographia a reçus dans ces derniers temps, il faut ranger assurément les moyens d'obtenir des épreuves négatives sur Terre an moyen de la gélatine, épreuves qu'on reporte ensuite un grand nombre de fois sur le papier photographique ordinaire. Plusieurs photographistes ont publié les procédés qu'ils emploient pour cet objet et qui diffèrent peu entre eux, nous nous contenterons donc d'indiquer, simplement comme exemple, celui qui a été décrit par M. Poitevin, artiste habile dans ce genre. *

Pour préparer la couche sur laquelle l'auteur fait ou prend des épreuves négatives, on dissout dans 100 grammes d'eau 6 grammes de gélatine de bonne qualité : cette colle ne doit pas contenir de sels solubles dans l'eau; elle doit aussi être le plus possible privée de matières grasses. Pour faire la dissolution, on met tremper la gélatine dans l'eau distillée pendant dix à quinze minutes; on chauffe lentement à la lampe à alcool, et on agite continuellement jusqu'à ce que la dissolution soit complète. S'il s'est formé des écumes, on les enlève avec soin au moyen du papier Joseph qu'on promène à la surface ; on passe à travers un linge bien serré, mouillé à l'avance, et on écume de nouveau la surface ' où il s'est formé quelques stries provenant de matières grasses qui ont échappé au premier écumage.

La gélatine ainsi préparée, on en prend avec une pipette graduée une quantité déterminée, et on la coule sur une plaque de verre bien plane et placée horizontalement; une couche de l mm 50 est suffisante : cette quantité équivaut à

S eu près à 20 centimètres de dissolution pour une surface de emi- plaque, ayant 13 centimètres et demi sur 17 centimètres et demi. Une épaisseur plus grande ne serait pas nuisible; mais une plus faible pourrait avoir quelques inconvénients.

Avant de couler la gélatine sur la plaque de verre, onap-

Slique à la surface de celle-ci une première couche au moyen 'un linge imprégné d'une dissolution de gélatine un peu plus étendue qne la précédente ; ensuite on chauffe légèrement la plaque de verre au moyen d'une lampe à alcoo^ puis on coule la dissolution de gélatine, qui s'étend alors uniformément sur la plaque. On chauffe de nouveau, mais

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