‹ Nouveau manuel complet des instruments d'agriculture et de jardinage les plus modernes contenant la gravure et la description détaillée des instruments nouvellement inventés ou perfectionnés, la plupart dessinés dans les meilleurs ateliers de la capitaleChapitre 21 sur 31 · CHAPITRE VIH · texte numérisé non relu

CHAPITRE VIH

ptS FAUX, FAUCILLES ET AUTRES IRSTKUMENS A TAILLANT.

Ici viennent se classer les instrumens qni servent à couper les récoltés de fourrages et de céréales, et, nous devons le dire, ce ne sont pas ceux qui donnent le plus de satisfaction sous le rapport de leur usage. Nous en exceptons cependant les faux k râteau , aujourd'hui employées dans les provinces les plus éclairées de la France, mais que la routine, l’ignorance ou l’insouciance ont empêché de pénétrer encore dans beaucoup de nos départemens.

Pour éviter de multiplier inutilement nos planches, et d'augmenter ainsi le prix de cet ouvrage, nous avons un peu anticipé sur leschapilres suivans, et, comme il nous arrive quelquefois, nous avons rempli des blancs avec des instrument qui eussent peut-être été mieux placés dans des sections différentes; mais nous avons pensé qu’il valait beaucoup mieux préférer une économie tout à l’avantage de nos lecteurs , qu'un ordre rigoureux, qui d’ailleurs se trouve établi dans la table.

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Faux et faucilles. •.

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I. Faux beauceronne , ou chnumée. I.a laine a i5 |>ouces de longueur. Le manche porte à son extrémité une courroie , dans laquelle l’ouvrier passe le poignet droit. De la main gauche il tient le crochet, ligure a. On se sert de cet instrument dans la Keauce . pour ramasser le chaume dans les terres où la récolte est enlevée. A mesure qu’on le coupe ou qu’on l’arrache , on le fait entier dans le crochet en a, et lorsque celuici en est suflisamincnt garni , on l’en débarrasse.

n. Crochet servant à la figure i et à la figure 4-

3. Faux de Blois. Sa lame , ainsi que son manche , ont 1 1 pouces chacun de longueur. On s’en sert aux memes usages que la précédente, et on la fait agir d’une seule main.

4. Faux à fougère. On s’en sert aussi pour couper les ajones. La lame a i 5 ou i(j pouces de longueur, et 3 pouces dans sa plus grande largeur. Elle est posée verticalement relativement au manche; c’cst-à-dire qu'elle est appuyée à plat sur la terre quand le manche est perpendiculaire à l'horizon. Celui-ci a i3 ou i4 pouces de longueur, et se termine par une béquille de 4 pouces , servant à le saisir. L'ouvrier tient de la main gauche le crochet figure -a , qui lui sert à soutenir les tiges à mesure qu’il les coupe. Pour cet usage , le manche du crochet doit avoir i pieds de longueur, et le crochet 8 pouces.

5. Faucille coudée. La lame a 1 5 pouces de longueur, mesurée sur la courbure extérieure. Son coude, d'n en b , a 2 pouces et demi. Le manche, qui a 5 pouces de longueur, sc termine par un bec c, servant à le maintenir solidemcul dans la maiu. On s’en sert en Espagne , pour moissonner.

I. Fiuti à' Appert zel. On lait usage de cet instrument dans quelque* - • cantons de la Suisse. Il a les inéiucs dimensions qu’une faut ordinaire , dont il ne diffère que par le manche muni en a d'une manette coudée, et à son extrémité b, d'une traverse en béquille.

a. Faux à support double. Elle est dans les mêmes proportions qu’une faux ordinaire , mais elle en diffère par le support en râteau dont elle est garnie, servant à soutenir la paille des Liés ou autres céréales, à mesure qu’elle est coupée par la lame. Cet instrument , bien préférable à la faucille, commence à être assez généralement répandu en France, depuis quelques années; il est très-expéditif.

3. F auchoir du H aimiul . En lame a de l4x à î4 pouces de longueur, sur 3 pouces dans sa plus grande largeur. Son manche a 19 pouces d’a en h, et G pouces de b en c. L'extrémité c est terminée par un plateau ovale et courbé , large de a pouces, et s’appliquant sous l’avant-bras lorsqu’on fait usage de l'instrument. Ce plateau est muni d’un morceau de cuir percé , servant à pendre la faux. Une courroie d entoure le poignet de l’ouvrier. A mesure qu’il coupe le blé , il soutient la paille avec un crochet (planche 7 1 , figure 7) en fer mince comme une lame , long de G pouces d'n en b, ayant un manche léger , long de 3 pieds. Ce fhurhoir est beaucoup plus expéditif que la fau- . cille.

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Faux j echai'doimoirs et serpe.

I . Faux suédoise. Son manche a est muni de deux manettes fourbes b b. Un cerceau e se fixe au manche et sc garni* d’une toile grossière. Le support de toile sert à retenir les herbes courtes , qui sans cela seraient dispersées et sc perdraient. Dans la Suède on fait usage de eette faux pour couper les foins très-courts cl Ires-Gus de seconde recolle; du reste cet instrument est dans les proportions ordinaires.

a. Faux des Belges. Son manche a est courbe et long de 5 pieds et demi ; il se termine en b , par une béquille que l’ouvrier place sous son bras droit; vers le milieu de sa longueur en e, est une cheville et une courroie que l’ouvrier passe autour de son poignet. La lame a 3a pouces de longueur sur 4 de largeur au talon. Cet instrument est très-conunude , mais il faut avoir l'habitude de s’en servir.

3. Èchardunnoir. Sa lame, non-compris la douille, a 9 à io pouces sur sa courbure extérieure, et 3 pouces de diamètre dans sa plus grande largeur. Le manche a de 4 à 6 pieds de longueur. En Espagne on se sert de cet instrument pour nettoyer les champs deschardons et des broussailles.

4- Serpe des vignerons toscans. Eu Italie on l’emploie à dirent usages. Pour la taille de la vigne , on donne à sa lame de (i à S pouces de longueur , et de 8 à dix quand on doit s'en servir pour élagage , émondage des arbres , etc.

5. Echardonnoirs à une échancrure. Sa lame tranchante en a et b, a , de r en b, 5 pouces de longueur , et sa douille rn a autant de c en d. Le manche a 4 pieds de longueur. On s’en sert aux memes usages que l’échardonuoir , n° 3.

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Fr«/x et faucilles.

1. /Viux mûconnaise. Li lame a ordinairement 3o polices de longueur. l.e manche a 4 pieds ü pouces, et se termine en béquille que l’on saisit de la main gauche , tandis qu’on fait manœuvrer l 'instrument avec la main droite, qui saisit la manette a, placer vers le milieu du manche, f '.rite faux a sur les autres l’avantage d’êlrc fort légère.

2. Étui à pierre à aiguiser; coati ; sabot. Ou mot de l’eau dans cet instrument en bois, et on y place la pierre à aiguiser qui sert à repasser de temps à autre la faux avec laquelle on travaille. Au moyen du crochet A, les faucheurs suspendent cet étui à la ceinture de leur culotte. Dans la Normandie et dans quelques autres provinces j on se sert d'une corne de bœuf pour le même usage.

3. Faucille peu arquée. On s’en sert en Espagne, particulièrement dans les environs de V alence, pour moissonner. Sa lantc, dentée, a i pied de longueur, sur 2 pouces dans sa largeur moyenne. Son manche est long de 5 pouces.

4. Faucille màconnaise ; valant. I.a lame, mesurée en ligne droite de son talon A à sa pointe c , a 1 4 ou 1 5 pouces de longueur , quelquefois davantage ; sa plus grande largeur est dp * pouces. Le tranchant n'est pas denté, eide manche a de 5 à 0 pouces de lougueur. On fait de c«s faucilles plus ou moins grandes, selon qu'elles doivent servir à des hommes , des femmes ou des enfans.

5. Faucille suédoise. Elle a les mêmes proportions que la précédente, mais elle en différé essentiellement par son tranchant denté , et par la singulière courbure de sa pointe. Elle est en usage dans le llold de l'Kiutipe.

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F aucillfis fi! scies h main.

! . Faucillfi romaine. Ses dimensions sont les mêmes que relies des deux suivantes , dont elle diffère jwir scs fortes dents et par sa pointe relevée. On en fait usage dans les environs de Rome.

•a. Faucille à frôler. Sa lame a i pied de longueur plus ou moins, mesurée en ligne droite de son talon b à sa pointe a. Sa largeur moyenne est de a pouces; elle est armée de dents extrêmement fines dans le tiers supérieur de sa longueur. Les femmes s’en servent dans les environs de Paris pour frôler le l»lé , c’est-a-dire couper son extrémité lorsqu’il est vigoureux et d’un pied de hauteur à peu près, pour forcer chaque pied à pousser plusieurs tiges. Les feuilles coupées forment, pour les vaches, un excellent fourrage , soit en vrrt , soit en ser.

3. Faucille ordinaire. On la fait dans les mêmes proportions que la précédente , dont elle ue diffère que par sa pointe un peu moins droite et moins longue, et par son taillant absolument dépourvu de dents. On s’en sert aux environs de Paris pour moissonner les menues récoltes et pour couper les hlc’s dans une grande partie de la France.

4. Couteau à scie, ployant. Cet instrument, perfectionné par MM. Arnhcitcr et Petit , est indispensable à un jardinier pour couper les branches d’espalier trop grosses pour être enlevées à la serpette. Il faut avoir le soin , après s’être servi d’une scie , quelle qu’elle soit , d'unir la plaie avec un instniment tranchant.

5. Egoïne; scie à main. Cet instrument a de la force et opère trèsvite. Sa lame a ordinairement de 10 à 1 •.! pouces de longueur sur 1 pouces à a pouces (i lignes dans sa plus grande largeur. la- côté des dents doit être trois fois plus épais que le dos, afin de se frayer un chemin facile et de glisser aisément. Il a été perfectionné par MM. Amhciler et Petit.

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Tranche-marcs et scie.

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i . Tranche-marc. Cet instrument , d’un emploi fort dangereux , n’est plus guère en usage que dans quelques cantons vignobles du Forêt , de l’Auvergne et du Méconnais. Son manche a i j pouces de longueur. Sa lame a i5 pouces de longueur d’a en b, et i pied de largeur mesurée d’une pointe à l’autre, de c en d. On s’en sert pour couper le marc sur le pressoir. L ouvrier tient le manche de la main droite, et il coupe le marc entre scs pieds en appuyant la main gauche en a, et faisant glisser la lame du haut en bas du marc qu’il tranche en reculant.

a. Tranche-marc ihi midi. Celui-ci , moins dangereux que le précécédent , est employé dans le département de la Gironde. Sa lame, non compris sa douille , a 1 1 pouces de longueur j elle a 5 pouces dans sa plus grande largeur , et 3 pouces fi lignes dans la plus petite. La douille a a pouces , et le manche a ao pouces de longueur.

3. Hachette de Forsilh. Cet instrument porte le nom du jardinier anglais qui, dit-on, l’a inventé. Sa lame a a taillans , un en a qui sert à piocher, l’autre en b, parfaitement tranchant, servant à couper les racines. Dès mon enfance j’ai vu les pioniers du Charollais se servir de cet outil pour les defrichcmens. Ses proportions varient en raison de, l’usage auquel on le destine. Le manche a ordinairement de a pieds à a pieds fi pouces , et la lame de 10 à ta pouces.

4. Scie à croissant. Elle est de l’invention de M. Bachoux , a été exécutée par ATM. Amheiter et Petit , et approuvée par la société d’horticulture de Paris. Avec un manche court, on s’en sert en manière d’égoïne; avec nn manche de 5 à io pieds, on l’emploie à couper des branches d’arbre à différentes hauteurs. Avec le tranchant en forme de croissant « , on unit aisément la plaie. On en peut faire de diverses dimensions , selon le besoin. La fig. 4-A fait voir les dents de grandeur naturelle.

Couteaux , écorne et elagueurs.

i . Couteau denté à cueillir les asperges. Je l'ai dessiné sur un modèle anglais , ainsi que tous les instrumens qui composent cette planche. La lame a de 7 à 8 pouces de longueur , et le manche 4 ponces 6 lignes. Cet instrument a le grand inconvénient de couper en terre les jeunes asperges qui ne sont pas encore sorties. On en lait usage dans lès environs de Paris , comme en Angleterre.

3. Couteau sans dents à couper les asperges. La lame a 5 pouces 6 lignes de longueur , et ne se ferme pas j le manche a 6 pouces 6 lignes. En Angleterre , on s’en sert non-seulement pour couper les asperges , mais encore pour sarcler les caisses et terrines.

3. Égo'ine anglaise. On s’en sert aux mêmes usages que chez nous, et elle se fait dans les mêmes proportions.

4. Grand couteau à scie. La lame a 1 pied de longueur , et le manche 4 pouces 6 lignes. Le côté denté est trois fois plus épais que le dos. Il sert aux jardiniers.

5. Ê Ligueur en couteau. La lame a de i3 à t4 pouces de longueur sur 31 lignes de largeur moyenne. Le manche a de 6 à 10 pieds de longueur. On s’en sert pour scier les branches élevées.

6. Élagueur à scie et à serpe. La lame a i3 pouces de Longueur et •iG Lignes de largeur. La scie b a 9 pouces de longueur , et le côté du taillant a est un peu courbé au sommet. Le manche a de 5 à 10 pieds de longueur. On s’en sert comme de scie et de serpe pour l’élagage des arbres.

7. Élagueur à double taillant. La lame a 1 pied de longueur , et 3 pouces dans sa plus grande largeur en a, a. Elle est tranchante des deux côtés. On s’en sert comme de nos serpes à élaguer , et le manche u la même longueur que dans les précédais.

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