LE SORCIER DBS BOULEVARDS
Cet appareil porte également le nom de Ludion, ou les
Ondins.
Tout le monde a pu voir, sur les boulevards de Paris, des charlatans exposer à la curiosité publique une petite figure descendant et montant à volonté dans un vase à pied en cristal (figure 66), aux trois quarts rempli d’eau. Cette petite figure est en émail, elle porte sur la tête un globe en
LE BRAME SUSPENDU ET ASSIS DANS l’AIR. 2 85
verre percé d’un petit trou ; leur poids réuni est calculé de manière que, quoiqu’elle soit pjresqu’en équilibre dans l'eau, elle tende à se porter à la partie supérieure du vase que l’on couvre d’une peau de vessie. Lorsqu’on veut faire des* cendre la figure , on presse sur cette vessie ; dès le moment qu’on le retire, la pression cesse, et le ludion remonte.
Cette explication se rattache aux précédentes. Il est évident, en effet, qu’en pressant sur la vessie, on comprime l’air du vase, .lequel agissant suf l’eau, que l’on sait être fort peu compressible, la force d’entrer dans la boule qui est placée sur la tête de la figure. Cette augmentation de poids rompt l’équilibre et la force à descendre. Mais si l’on cesse la compression, l’air reprend son ressort et ne pèse plus sur l’eau ; dès lors ce liquide est chassé de la boule par la force expansive que l’air contracte , et, l’équilibre se trouvant rétabli, le ludion remonte.
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Le Brame suspendu et assis dans l'air.
Madras. — Voici un échantillon dés récits merveilleux qu’oii trouve dans les journaux de l’Inde britannique. On verra que cette contrée, en passant sous le joug des Européens , n’a pas cessé d’être le pays des prodiges et des fables.
« Nous avons été témoins ici d'un spectacle des plus nouveaux et des plus singuliers. Un vieux Brame, appartenant à une caste élevée, vient de trouver le moyen de se tenir assis dans l’air. Il en fait l’expérience, non pour de l’argent, mais par politesse pour les personnes qui le luit demandent. Tout son appafeil se compose: i° d’une planche supportée par quatre chevilles, et formant une espèce de chaise longue; 2° d’uü tuyau de cuivre, dans lequel il fait entrer un bambou vide dans une position perpendiculaire, et enfin d’une béquille recouverte de peau, que l’on place sur ce bambou, il apporte tous ces instruments dans im petit sac, jqu’il montre à ceux qui àssiStëht à l’expérience. Des domestiqués tiennent une couverture de lit devant lui, pour le cacher d’abord aux yèüx des spectàtèurs ; après un intervalle d’un quart-d’heure à peu près, le rideau tombe, et on voit le Brame assis dans l’air, à t mètre 299 railiim. (4 pieds) environ au*dessus du sol, ne posant que l’extrémité d’une main sur la béquille, et comptant avec les doigts de.cette même main les grains de son rosaire; il tient l’autre bras élevé en l’air. Il reste ordinairement près d’un quart-d’heure dans cette position ; mais de-
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vant le gouverneur de Madras , il s’y est maintenu pendant quarante minutes. Quand il veut descendre, il se fait cacher de nouveau par le rideau, et l’on entend alors un son setnblable à celui de l’air qui s'échappe avec force d’une vessie ou d’un tuyau. Il refuse de communiquer son secret à qui que ce soit, quoiqu’on lui ait déjà offert des sommes considérables, soit pour le vendre, soit pour accompagner en Angleterre un entrepreneur qui le ferait voir pour de l’argent. Le même in* dividu peut aussi rester sous l’eau pendant plusieurs heures. Il n’est pas de suppositions ridicules que ne fassent les jour» naux de l’Inde pour expliquer le prodige apparent que nous venons d’exposer; mais jusqu’à présent leurs conjectures ne paraissent pas encore avoir été heureuses ; mais depuis quelque temps on a répété avec succès ce tour sur les théâtres publics au moyen de barres et de fils-de-fer.