‹ Nouveau manuel complet des sorciers, ou la magie blanche, dévoilée par les découvertes de la chimie, de la physique et de la mécanique, contenant un grand nombre de tours dus à l'électricité, au calorique, à la lumière, à l'air, aux nombres, aux cartes, à l'escamotage, etc. Ainsi que les scènes de ventriloquie exécutées et communiquéesChapitre 16 sur 89 · CORPS IMPONDÉRABLES · texte numérisé non relu

CORPS IMPONDÉRABLES

Du Calorique.

Le calorique est un fluide invisible qui pénètre tous les corps , s’interpose entre leurs molécules, les dilate, et les fait passer de l'état solide à l'état liquide , et de celui-ci à l’état gazeux. L’existence matérielle du calorique ne saurait être démontrée que par ses effets , surtout par celui qui est connu sous le nom de chaleur. 11 est bien évident que ce mot et celui de calorique ne sont pas synonymes, puisque la chaleur n’est autre chose que la sensation que nous fait éprouver le calorique. Dans presque tous les ouvrages de chimie et de physique, le calorique et la lumière sont présentés comme deux corps impondérables différons; cependant un grand nombre de physiciens-chimistes pensent que la lumière n’est qu’une modification du calorique, lequel, lorsque la température s’élève de 5oo à 6oo°, peut devenir lumière, car ce n’est qu’à cette température que les corps deviennent lumineux. Nous allons étudier quelques unes de ses propriétés.

i ° Son impondèrabiUtc. L’on n'a , pour la reconnaître , qu’a mettre dans un flacon de l’acide sulfurique à 66°, et dans un autre de l’eau. Après les avoir soudés ensemble et exactement pesés , on mêle les deux liquides ; il se dégage aussitôt une très grande quantité de calorique. Si l’on pèse de nouveau ces deux flacons soudés , dès qu’ils ont été ramenés à la température atmosphérique, l’on trouve qu’ils n’ont rien perdu de' leur poids. *

2°. Equilibre au calorique. Il est bien démontré que le calorique tend constamment à se mettre en équilibre dans tous les corps. D après cela , si l’on touche un objet dont la température soit au-dessus ou au-dessous de celle du corps humain , l’on éprouve soudain un sentiment de chaud ou de froid , pareeque , dans le premier cas, ce sentiment de chaleur est dû au calorique soustrait de l’objet touché par la partie de notre corps qui est en contact avec lui ; dans le second , la sensation du froid est due au contraire au

iUJtt'SL COMPLET

calorique qui est extrait d’une partie de notre corps par l’objet d’une température inférieure qui le touche et qui tend à se mettre en équilibre avec lui. Cette propriété du calorique de tendre constammuU à se mettre en équilibre avec les corps environnons, explique également les diverses sensations de froid et de chaud que nous éprouvons suivant que nous passons d’un millieu froid dans un milieu chaud et vice versa, ci suivant les variations atmosphériques. Voilà pourquoi l’on trouve fraisen été et chauds en hiver les lieux où règne uni température constante, comme celle des caves, qui est de -f- 10 degrés.

5* Forces attractive et répulsive via calorique. De meme que tous les autres corps, le calorique obéit aux lois de 1 attraction. On le démontre en dirigeant un rayon solaire sur un prisme; on voit alors qu’après les sept rayons colorés, au-delà de celui qui est le moins réfracté, il en existe un qui n’est pas lumineux , mais calorifique. Toutes les molécules du calorique jouissent d'une force répulsive qu’ellés communiquent aux autres corps avec lesquels on les inet en contact, comme le prouve leur passage à 1 état liquide et gaieux : cette force répulsive est connue sous le nom d'élasticité.

4* Iiayonucment du calorique. Pour le démontrer d une manière à ne laisser aucun doute, l’on prend deux miroirs concaves paraboliques que l’on place , a deux ou trois mètres de distance, vis-à-vis l’un de l’antre, cl en incitant un corps très chaud , comme un boulet de canon , au foyer de l’un, et à celui de l’autre l’une des boules d’un thermomètre différentiel, taudis que l’autre boule se trouve placée vers les deux foyers. Tout étant ainsi disposé, on ne larde pas à s’apercevoir que la boule placée au foyer marque une élévation de température bien supérieure à celle qui est entre les deux foy ers, laquelle est dans le rapport de 8 à i c°.

L'ex|>érieneea démontré que le calorique rayonne et se disperse en raison inverse du carré des distances, comme l’électricité, la lumière et toutes les actions centrales.

5° Conductibilité du calorique. L’ou donne ce nom à cette propriété dont jouissent les corps de se laisser tiaverser, ou mieux de livrer passage au calorique plus ou moins promptement. Ainsi, lorsqu’on place sur des charbons urdecs une lige métallique , un baguette de verre cl

DES SOUCIEES*

une de charbon ; la chaleur du métal devient bientôt telle qu’on ne peut plus le tenir, tandis qu’on n'éprouve qu’une faible chaleur avec celle de verre, et aucune avec celle de charbon. L’on conclut de ces faits que'les métaux sont de meilleurs conducteurs du calorique que le verre, et.quele charbon l’est beaucoup moins que ces deux substances.

La laine, la soie, le coton, les fourrures, etc. , sont de mauvais conducteurs du calorique, tandis que le lin et le cinovra lui livrent facilement passage. 11 est donc évident quVn s'habillant de laine , de colon , ou en se couvrant de fourrures, on concentrera le calorique sur le corps, attendu qu'ils en sont de mauvais conducteurs , tandis que le lin et lechanvres’en laissant pénétrer facilement tendent à mettre la chaleur du corps humain en équilibre avec celle de l’air.

6° Calorique spécifique des corps. On donne Ce nom au calorique que les divers corps absorbent pour , sous le même poids, s’élever d’un même nombre de degrés. Cette différence s'exprime aussi par les mots de capacité pour le calorique. Un grand nombre d’expériences entreprises par les physiciens et les chimistes, ont démontré que tous les corps contiennent des proportions différentes de calorique spécifique.

7° Dilatabilité. Cette propriété est due à la force répulsive du calorique. En effet , les molécules des corps qui sont soumises à son action , s’écartent d'autant plus qu'on y accumule une plus grande quantité de calorique. Ainsi presque tous les corps solides finissent par passer à l'état liquide , et plusieurs même acquiérent l’état gazeux. Les gaz divers même, ainsi que l’air soumis il l’action du calorique, augmentent de volume, et deviennent par conséquent plus légers. C’est d'après ce principe que Montgolficr inventa les aérostats , qui ne s'élèvent dans l’atmosphère que pareeque l'air qu’ils contiennent, se trouvant très dilaté par le calorique, et par conséquent plus léger aue celui de l'atmosphère, il en résulte que les pressions de l'air atmosphérique étant égales dans tous les sens , l'aérostat doit nécessairement s'élever dans l'air. On démontre la dilatation des solides parl’expérience suivante. L'on prend un anneau de fer ou de tout autre métal , dans lequel entre juste une balle semblable; on la fait ensuite chauffer et on la présente en cet état à cet anneau. Sa di-

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latabilité est devenue telle . qu’elle ne peut plus y entrer, tandis qu’elle y passe de nouveau du moment qu'elle est refroidie. L'on a tiré parti jadis de cette propriété pour frapper des médailles et des monnaies. Ce procédé consiste à placer une barre de fer, par scs extrémités, entre deux murs résislans, et le médaillé ou pièce à graver au milieu des poinçons, qu’on doit mettre enlrelemur et l'iine des extrémités de la barre; en chauffant alors cette barre et la portant à la rhaléur rouge , elle se dilate au point que les poinçons pénètrent fortement sur le disque métallique.

8° Calorique latent des corps. L’on désigne ainsi le calorique qu’absorbent les corps cil se fondant , et qui ne fait éprouver aucun changement au thermomètre, comme vont le démoutrer les deux exemples suivons:

i° Prenez une partie de glace en pondre à o°, ou mieux, de neige placez-la dans un vase dont la température aura été jiorlée également à o*. et versez dessus une partie d’eau à jS c*. , vous obtiendrez bientôt deux parties d’eau à o*, au lieu d'être n 35 degrés, il est doue évident qu'une partie de glace à zéro absorbe et rend latent , pour se fondre, la quantité de calorique propre à porter une partie d » nu de o° à jS c*. ; le même effet n'a pas lieu si I on prend de l'eau à o* et qu’on la mêle avec son poids d'eau élevée à diverses températures; dans ce cas, le tout est porté à moitié température de l’eau chaude ; ainsi , si elle était à 5o c*., la moyenne serait a5.

Ce calorique, que la glace rend latent en se fondant , explique la longueur du temps qui est nécessaire pour la fonte des glaces . quoique la température de l'air soit assez élevée pour que celte fusion eût lieu tout-à-coup , sans cette cause.

a* Chaleur lal nte des vapeurs.

Si l’on fait passe un kilogramme de vapeur d'eau marquant ioo° au thermomètre , sous la pression de 76, dans 5 kilogrammes 5o d'eau à o“, on obtient 6 kilogrammes 5o d’eau à ioo°: d’où il résulte qu’une partie de vapeur d’eau rend latente la dose de calorique suffisante pour porter 5 part. 5o de ce liquide de 0“ à ioo°.

On a tiré parti de cette grande quantité de calorique que contient la vapeur d'eau, pour l'appliquer au chauf-

DBS SORCIERS» g3

fagc des bains, des maisons, et à diverses opérations industrielles.

Les thermomètres sont dus à la dilatation ou à la condensation des liquides. On emploie le mercure et l'esprit de vin ; on introduit l’une ou l’autre de ces deux liqueurs dans des tubes gradués ; les degrés d’ascension dans ces tubes, sont dus à la dilatation du liquide par le-calorique .et indiquent ceux de la température du milieu dans lequel ils se trouvent , tels que l’air ou un liquide ; les degrés d’abaissement ou de condensation marquent au contraire les degrés de froid.

De ta lumière.

Nous devons à la lumière la visibilité de presque tous les corps et celle du superhe spectacle de la nature. C’est à son mouvement sur la surface des corps, et à son introidission dans nos yeux’; c’est en portant sur la rétine l'image des divers objets , qu'elle nons en démontre l’existence, les formes diverses, la distance respective et la coloration. Nous n'entreprendrons point de décrire la théorie de la vision : un semblable travail serait ici déplacé. Nous allons nous borner à indiquer scs principales propriétés.

L'origine de la lumière adonné lieu à deux opinions qui ont partagé les plus grands physiciens. La première est celle de Newton , qui la considère comme un fluide émané du soleil et des autres corps lumineux, tandis que Descartes , Euler et Iluygbens la regardent comme un fluide répandu dans tout l' espace . dont la vitesse est due à celle du soleil et des étoiles qui lui impriment leur mouvement.

Les expériences modernes, entreprises par un grand nombre de physiciens, ont mis en doute si le calorique et la lumière étaient deux fluides bien distincts. M. Thénard a adopté celle qui les suppose dus à la modification d’un même fluide , jusqu’à ce que de nouvelles recherches nous aient éclairés à cet égard.

La vitesse avec laquelle la lumière traverse l’espace est telle , que les géomètres ont trouvé , par le calcul , quelle parcourait par seconde environ quatre-vingt mille lieues, tandis que le son ne parcourt que trois cent vingt-cinq mètres. La vitesse de sa marche est donc , d’après Euler, neuf

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cent mille fois plus rapide : en huit minutes elle vient du soleil jusqu'à la surface de la terre.

La lumière traverse certains corps que l’on nomme transparus, et est réfléchie par d’autres qu'on appelle opaques.

Elle se meut toujours en ligne droite, en passant à travers des corps transparens et denses; elle se divise en sept rayons diversement colorés dans le spectre Solaire. On les trouve placés dans l'ordre suivant ef de haut en bas, c’està-dire en bandes :

Le rouge , l'orangé , le jaune , le vert , le bleu , l'indigo et le violet. *

Parmi les corps opaques , il en est dont la surface renvoie toute la lumière qui vient les frapper, en lui imprimant un mouvement égal a celui qu elle avait. Cette propriété est le partage des corps brillons; elle sert de base à l'optique. Le changement de direction des rayons lumineux est appelé réflexion , et le ravon renvoyé, réfléchi 11 est bon de faire observer que dans ce ras le rayon , en se réfléchissant , forme un angle qui est toujours égal à celui de son incidence.

il est certains corps qui sont traversés par la lumière, et que l'on appelle milieux. Lesiuyons lumineux, en tombant obliquement sur ces corps, ou bien en passant d un milieu rare dans un milieu dence, dévient et se rapprochent de la perpendiculaire : c'est ce qu on appelle réfraction: le rayon porte le nom àcréfracté.

La lumière solaire dilate et échauffe les corps , ce qui a porté plusieurs physiciens à conclure qu'elle était formée de rayons lumineiix, de rayons calorifiques obscurs, et d'autres qui étaient propres à produire des effets chimiques, comme la coloration de quelques corps , 1 altération ou la destruction des couleurs de quelques autres, etc. Dans tous ces cas , les corps sur lesquels cet effet a lieu éprouvent une sorte de déromposition. Il n’est pas démontré que ces résultats soient exclusivement dus à une sorte de rayons, mais il est bien évident que la lumière les produit. Si l’on substitue à l’action de la lumière sur ces corps celle du calorique, on opère les mêmes effets. Gela, joint à l'action semblable à colle de la lumière . qu exetee presque toujours le calorique rayonnant , et au calorique que produit la lumière condensée au foyer d'une lentille, lequel devient tel, qu’il peut opérer la fusion des corps

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qui sont presque inlusibles par les procédés ordinaires , a porté plusieurs physiciens à regarder ces fluides comme identiques. Suivant^ux , la lumière passe à l'état de calorique en s’unissant avec les corps, et celui-ci à l’état de lumière lorsqu'il se trouve eu grande quantité dans ces corps, où qu'il acquiert un degré de tension très fort. Il s’en faut de beaucoup, dit M. Thénard , qjje celte hypothèse soit à l’abri de toute objection.

Les divers rayons lumineux ne sont pas tous également calorifiques ; le violet élève moins le thermomètre que l’indigo; celui-ci moins que le bleu; de manière que le i pouvoir calorifique va eh décroissant jusqu'au rouge.

Relativementà leur action chimique, Schéèlea reconnu que le rayon violet était celui qui avait une action plus énergique. Sennebier à fait une observation curieuse , c’est qu'il avait aussi la propriété de mieux développer la couleur verte des plantes.

La division de la lumière en trois sortes de rayons est soutenue par quelques physiciens, d'après les observations de Qerschell . qui a vu que, hors du spectre , au-delà du rayon rouge, il se trouvait des rayons calorifiques plus chauds que lui , et celles de Wollaston, Richler et Beckmann , constatant qu’ après le rayon violet , toujours hors du spectre, on en trouve d’obscurs qui ne produisent point de chaleur, et qui noircissent plus promptement le chlorure d'argent que tous les autres.

La lumière exerce la plus grande influence sur presque tous les corps de la nature , principalement sur ceux que nous avons appelés organiques. En effet les végétaux qui en sont prives s’étiolent, perdent leur belle couleur verte, ainsi qu'une grande partie de leurs principes aromatiques, et deviennent aqueux : leur saveur change, leur couleur est jaunâtre , etc. ; ils sont alors appelés étiolés. Iis cherchent avec avidité la lumière ; aussi les voit-on, s'ils sont placés dans un lieu obscur où la lumière pénètre par quelque ouverture, s’y diriger constamment, et leurs rameaux s’étendre prodigieusement pour y arriver. Il en est de même des arbres placés dans les forêts épaisses ; leurs rameaux inférieurs, dent les supérieurs interceptent le contact de la lumière , s'allongent jusqu'à ce qu’ils puissent se mettre en contact avec elle. Les végétaux étiolés , exposés à la lumière, reprennent leurs propriétés. Son in-

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fluence sur l’espèce humaine est aussi bien reconnue. Nous' savons que les individus qui en sont privés deviennent chlorotiques , et s’étiolent , pour ainsi dire, lis sont sujets aux maladies scrofuleuses, s'affaiblissent, perdent leur activité , et leur système absorbant s'engorge le plus souvent , etc. On n'a qu'à jeter un coup d'œil sur ce grand nombre d'enflWk rntassés dans les hospices, sur les prisonniers . et généralement sur tous ceux qui vivent en réclusion. La lumière parait influer même sur les diverses affections morbide'. La société de médecine de Bruxelles, pénétrée de cette influence . mit celle question au concours. Le prix fut adjugé à l’ouvrage du docteur Murat , intitulé Traité des Maladies nocturnes.

Du Fluide électrique.

11 est démontré que , dans des circonstances favorables, le frottement , le contact, la pression , l’élévation de température, etc., développent dans tous les corps une propriété dite électrique , en vertu de laquelle ils attirent à eux et repoussent ensuite les corpuscules légers. L'explication de ce phénomène et celle des attractions qui ont lieu entre certains corps électrisés , ont conduit le plus grand nombre des physiciens à admettre dans les corps deux fluides de nalure'd fférente, qui se neutralisent dans les corps à l’état ordinaire , et constituent cet état d’équilibre qu'ils appellent repos électrique. Lorsqu’ils contiennent Jn excès de l’un de ces deux fluides, ils attirent les autres corps non électrisés. Par le frottement , on accumule l'un de ces fluides à la surface des corps. Si l’on en approche alors un autre, ce fluide pourra traverser l’air et produire . avec celui (pii est de nature différente, une étincelle accompagnée de bruit , de lumière , de chaleur , et en répandant une odeur particulière. Ces deu^ fluides jéunis et neutralisés constituent Yehctricité ou le fluide électrique. Chacun de ces deux fluides a reçu un nom diflérent : l'un est désigné par le nom de fluide positif eu titré , et l’autre de fluide négatif ou résineux. Les molécules d’un même fluide se repoussent , et celles des fluides de diverses natures s'attirent. Lorsque la nature des corps qui aboutissent à du fluide électrique le permet , ce fluide «étend à leur surface jusqu'à ce qu'il en rencontre un autre dont la nature particulière s'oppose à sa marche. Ceux

DES S0RCIEHS.

qui donnent passage an fluide, électrique, où -transmettent l’électricité, sont nommés bons conducteurs d électricité ; ceux qui n’en développent point par le frottement sont appelés anèleclriques ; ceux qui au contraire en développent portent le nom d’ idioélec triques; ceux qui ne lui livrent pas passage , et qui par conséquent ne le transmettent point , sont nommés isotans ou non-conducteurs. Il suffit quelquefois d’un simple changement de forme pour leur donner cette propriété ou les en priver. Il est aussi des conducteurs qui ne sont susceptibles que de recevoir une espèce d'électricité, lorsqu on en forme des chaînons voltaïques. M. Herrmann , a qui nous devons cette connaissance , les a nommés unipolaires.

Le frottement a été long-temps l’unique moyen dont on se servait pour développer l’électricité ; les machines électriques reposaient sur cette propriété. De tous les moyens connus, celui que les chimistes ont généralement adopté , c’est celui qui est fondé sur le contact de deux métaux de nature différente, tant parce qu’il est beaucoup plus énergique , que parce qu’il agit sans interruption. La découverte de cette propriété date de 1789; elle est due à Galvani, professeur de physique à Bologne. Il la lit en examinant l’excitabilité que produit 1 électricité sur les organes musculaires. Il crut que le fer et le cuivre, par leur contact, développaient un fluide particulier auquel on donna le nom de fluide galvanique, et a la nouvelle science qu’il venait de créer le nom de galvanisme. Voila entra bientôt après dans cette carrière , et la parcourut avec le plus grand succès. Il perfectionna les appareils de Galvani , et inventa celui qui porte le nom de pile voltaïque , au moven duquel II. Davy , Gay-Lussac, I henard , Berzélius, Wotlaston , etc. , ont fait une foule de découvertes. Depuis ce temps , plusieurs bons physiciens , à la tête desquels nous placerons le docteur Wollaston-, se sont livrés à une foule d'expériences du plus grand intérêt , et ont reconnu l'identité des fluides galvanique et électrique, comme Franklin avait reconnu l'identité de celui de la foudre avec ce dernier ; de manière que la science électrochimique est maintenant une de celles qui contribuent le plus aux progrès de la chimie. Lorsque l’on soude une plaque de cuivre avec une plaque de zinc , leur système se constitue à l’état électrique; le fluide positif s’accumule

sur le rinc et le négatif sur le cuivre. En réunissant plusieurs de ceséléinens, qu'on appelle paires de plaques ^ et en les séparant par des corps conducteurs de l'électricité, sans action électromotrice sur les métaux, tels que des morceaux de drap imbibés d’une dissolution saline ou acide . on forme cette pile de Voila au moyen de laquelle ouest parvenu à décomposer l'eau, la potasse, la soude, etc., et à produire un tel degré de chaleur, qu'on a liquélié par ce moyen le carbone.

Les deux fluides positif et négatif se meuvent séparément avec une telle vitesse, qu'on a calculé qu’ils trouvaient parcourir en dix secondes un fil métallique d’une longueur de dix lieues. Le fluide électrique ne peut être conserve dans le vide , ce qui annonce qu’il est retenu à la surface des corps par la pression atmosphérique. Il est meme bien démontré qu’il ne se répand que sur la surface des corps , sans que la forme creuse ou solide puisse v apporter aucun changement , non plus que la nature des corps, à moins qu’ils ne décrivent un ellipsoïde. Dans ce cas, le sommet du grand axe aura la rouehe la plus épaisse, et celui du plus petit la plus mince. D’après ce principe , il est bien évident que les corps sphériques retiendront beaucoup mieux le fluide électrique que les corps aigus, attendu que la couche de fluide électrique est bien plus considérable à l’extrémité des points que dans toutes les autres parties. L’on a constaté que In déperdition du fluide électrique était eu raison directe du carré de l’épaisseur. C’est sur la connaissance de la propriété des pointes qu’est fondée l’invention des paratonnerres.

Lorsque les deux extrémités de la pile sont isolées l’une de l’autre, l’électricité galvanique est alors à l’état de tension ou de repos, et ses propriétés sont analogues à celles des machines électriques ordinaires. Mais dès qu’elles sont mises en communication par un corps conducteur, de manière à former un circuit complet, l’électricité change d’élat; elle se met en mouvement, établit descou» rans et un autre ordre de phénomènes, qui deviennent tels que sa puissance chimique est incalculable.

Aussi est-il démontré, par de nombreuses expériences , que la plupart des composés insolubles ne résistent point à son action ; l’agrégation la plus forte en est rompue; les corps sont fondus , brûlés ou oxidés , etc. M. Davy a même

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reconnu et établi , comme loi générale , que les métaux , les oxides, les substances inflammables, etc. , se portaient au pôle négatif, tandis que l'oxigène, le chlore, l'iode et les acides se rendaient au pôle positif. L on en trouve un exemple dans la décomposition de l'eau : 1 hydrogène se rend en effet au pôle négatif et l’oxigène au pôle positif. Les corps non-conducteurs sont employés à isoler le fluide, électrique contenu à la surface des corps ; on les nomme isoleurs ou isolons. Les inslrumens qui servent à indiquer l’espèce de fluide que contiennent les corps sont nommés éleclroscopes , et ceux qui en font reconnaître la quantité, èlcctromilrts ; enfin ceux qui, par leur seul eontaet avec d’autrescorps de nature différente, sont propres à développer l'électricité, portent le nom d ’élcclromotcurs. Pour de plus grands détails, nous renvoyons à notre Manuel deChimie médicale et à notre Physique amusante et instructive.

De l'action de l'Electricité sur te corps humain.

Celte action est pour ainsi dire magique. Dans les temps reculés. les effets électriques n’eussent pu qu’être attribués à une puissance infernale. Nous ne pouvons donc nous dispenser de les faire connaître , afin de pouvoir s'en rendre compte et de n'y voir rien que de naturel.

Le corps humain est susceptible de recevoir les deux espèces de fluide électrique , de s’en charger à sa surface , s’il est isolé de la terre, ou de servir de conducteur s’il est en communication avec d’autres corps. Le fluide électrique peut traverser un nombre déterminé d’individus isolés de la terre , se tenant par la main , et se porter sur le corps que le dernier touche, sans éprouver aucune interruption dans sa marche , h moins que l’un d'eux ne se mette en communication avec la terre. Si l’on approche un corps conducteur qui ne soit ni électrisé , ni isolé, ni terminé en pointe, d'un homme électrisé et isolé de la terre , il se produit aussitôt un bruit accompagné d’une étincelle et d'une douleur pongitivc; si plusieurs individus sont en communication électrique , ils l’éprouvent tous en même temps. On peut, en tirant un grand nombre d’étincelles dans une même partie du corps , y développer une rougeur et même un gonflement.

Dès le moment qu’on est isolé et qu’on est en communication avec le fluide électrique, on sent les cheveux se

MiKUEL COUPLET

dresser, le pouls devient quelquefois accéléré et la transpiration plus forte. Le fluide électrique ne se jmrte qu’à la surface de notre corps et jamais à l'intérieur, Il est donc bien évident qu'il ne doit exercer une action vive què sur les fonctions de la peau.

De l'Aimant ou Fluide magnétique. Magnétisme terrestre.

L'on donne le nom d’aimant à une mine particulière de fer oxidé, qu'on trouve à l ile d'Elbe . en Suède et en Corse , laquelle jouit non seulement de la propriété d'attirer, à une certaine distance, le fer, son protoxide et 1 acier , mais encore le cobalt et le nickel. J usqu'à nos jours on ne connaissait à l'aimant nue la propriété attractive et la propriété directrice, ou bien de rechercher le pôle nord dans nos climats : c'est ce qui a rendu la boussole si précieuse aux navigateurs et aux géographes. L’explication de ces phénomènes et des répulsions magnétiques avait fait admettre deux fluides particuliers , désignés sous le nom de fluide magnétique austral, et fluide magnétique Oorcal. M. Oérsted , en observant l'action d’un courant électrique sur L'aiguille aimantée , a ouvert une nouvelle porte aux découvertes de MM. Arago , Ampère, Davy, Faraday, etc. Il est résulté de leurs savantes recherches , la connaissance de l'identité des fluides électrique et magnétique. Tous les faits Observés dépendent en cfT t des attractions et des répulsions nui ont lieu entre deux courans électriques , suivant leurs directions et leurs positions respectives. L'action de la terre sur les courans électriques est la même que celle qu’elle exerce sur l'aiguille aimantée; elle est entièrement représentée par l’action d'un courant électrique circulant autour de la terre dans une direction voisine de celle de l’est à l’ouest dans nos climats. Or. comme l’action des aimans sur les courans électriques est semblable à celle de la terre sur ces’courans; comme l’on fabrique avec des courans électriques des aimans artificiels , et que l'on aimante enfin des aiguilles par l’influence des courans électriques , l’on a été forcé de reconnaître l'identité des fluides électrique et magnétique.

Le fluide magnétique se trouve intimement uni au fer oxidé qu’on trouve à l'ile d’Elbe , en Suède et en Corse.

DUS SOBCIKRS.

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D’après ce qui précède , il est évident qu'il existe des aimaus naturels et das artificiels. On prépare les derniers comme nous l'avons déjà dit, mais communément en frottant les métaux précités l’un contre l’autre, toujours dans le même sens. Quoique, l’acier soit le métal dont le magnétisme est le plus intense , il est cependant bien démontré que les métaux magnétiques, en se combinant avec d’autres combustibles, surtout avec le soufre, perdent leur magnétisme. M. Hatehelt a cependant annoncé que les prolosulfures et les phosphures métalliques étaient susceptibles de former de bous aimans (i).

L’aimant, soit naturel , soit artificiel , jouit d'une propriété bien remarquable , celle de se diriger d’un côté vers le pôle nord , et de l’autre vers le pôle sud, en s’inclinant vers le premier de ces pôles dans l'hémisphère boréal , et vers le second dans l’hémisphère austral. A tous les points de la ligne dite équateur magnolii/uc , il ne penche d’aucun côté.

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