‹ Nouveau manuel complet du chandelier du cirier, et du fabricant de cire à cacheterChapitre 1 sur 87 · DE LA PREMIÈRE ÉDITION · texte numérisé non relu

DE LA PREMIÈRE ÉDITION

L’art du Chandelier et celui du Cirier ont des rapprochements si frappants, soit par les manipulations qu’ils exigent, soit par les outils que les ouvriers emploient dans l’un et dans l’autre , qu’il nous a paru plus utile de les décrire tous les deux dans le même volume, l’un à la suite de l’autre , plutôt que de les séparer, comme on l’a fait jusqu’à ce jour. En effet, le beau coton sert au Chandelier comme ‘ au Cirier pour faire les mèches; l’un et l’autre emploient les mêmes moules et les mêmes procédés pour fabriquer la chandelle et la bougie moulées , la chandelle et la bougie à mèches mobiles. Le Chandelier se rapproche du Cirier dans le perfectionnement de la chandelle plongée , d’après notre nouveau procédé; l'un et l’autre se servent d’une filière, toutefois dans des circonstances différentes.

Cette considération nous a fourni les moyens d’abréger considérablement la description de ces deux arts , en renvoyant de l’un à l’autre les manipulations et les procédés qui sont les mêmes dans (es deux ateliers; nous avons évité, par ce moyen et par ce rapprochement, des répétitions inutiles et qui fatiguent continuellement le lecteur sans l’instruire davantage.

Les deux arts que nous décrivons ici ont éprouvé de très grandes améliorations depuis un petit nombre d’années; ils sont au moment d’en recevoir encore de bien plus importantes. Les trava*..; de MM. Cltevrcul cl Braconnot ont permis d’atteindre à de très grands perfectionnements.

fi • PRÉFACE.

Nous avons tâché de réunir ces deux arts en décrivant, dans ce double Manuel , tout ce qui est venu à notre connaissance ; nous avons laissé des doutes sur quelques objets que nous n’avons pas pu vérifier -, nous n'avons fait aucune mention de quelques procédés que nous avons reconnu mauvais ; mais Ton peut avoir toute confiance pour ce que nous avons donné comme certain , et ce n’est qu’après avoir éprouvé nous-même ou vu éprouver en notre présence, les divers procédés, que nous avons pu donner l’assurance d’une réussite complète dans les parties que nous avons décrites sans restriction.

Nous nous sommes beaucoup occupé du blanchissage du suif et de la cire ; tout nous fait croire que nous touchons au moment de la réussite, mais nos expériences ne sont pas encore assez concluantes pour que nous puissions les publier aujourd’hui. Si nos travaux se terminent au gré de nos désirs , nous les ferons connaître , et alors la belle saison n’entrera plus comme un des éléments du blanchissage , et l’on sera toujours assuré , soit en hiver, soit en été, d’obtenir un blanc plus éclatant que celui qu’on a pu se procurer jusqu’à ce jour, en conservant aux matières premières leurs qualités naturelles.

Le Chandelier reçoit presque toujours du boucher les graisses en pains , préparées par une première fonte : nous avions cru , par cette raison , pouvoir supprimer en entier cet article de la récolte*, cependant nous en avons assez dit pour que le chandelier de village ne soit pas étranger aux manipulations employées par le bouclier, lorsque celui-ci ne veut pas se donner la peine de fondre lui-même.

Il n’en est pas de la cire comme du suif; le Cirier ne s'occupe jamais de la préparation de la cire au sortir des ru-

ches : le propriétaire , lors de la récolte du miel , met de suite la cire en pains, et la livre lui-même en cet état au fabricant qui l'emploie. Il nousa paru superflu de grossir notre livre par un traité sur le gouvernement des abeilles , le soin des ruches , l’extraction de la cire des rayons , etc. , etc. ; tout cela est étranger à l’art du Cirier, et nous avons dû nous circonscrire dans la seule description de cet art.

Le Manuel du Chandelier est renfermé tout entier dans trois Chapitres, dont le premier donne les moyens de reconnaître la meilleure qualité des graisses , la manière de les fondre et de les travailler dans la vue de les améliorer.

Le second traite des mèches , il indique quelle est la meilleure substance qu'on peut employer à cet usage , et donne la manière de les préparer.

Le troisième renferme , dans sept paragraphes , tous les détails de la fabrication, des chandelles , selon leurs différentes qualités; il fait connaître les améliorations qu’on a apportées à ce genre de manufacture, et les tentatives qu’on a faites pour arriver à la perfection ; enfin , il donne les moyens de connaître la bonne ou lu mauvaise qualité des chandelles fabriquées.

Le Manuel du Cirier contient huit Chapitres ; dans le premier, on s’occupe des moyens employés par le fabricant pour reconnaître les diverses qualités de la cire.

Le second est totalement consacré au blanchissage de la cire, qui se fait simultanément dans deux ateliers différents, " dont l’un s’appelle la fonderie , l’autre Yétondoir ; dans le premier, on dispose la cire à recevoir le blanchissage, qu’elle acquiert dans le second.

Le troisième traite spécialement de la fabrication des bougies de toute espèce, et des cierges ordinaires.

Le quatrième est consacre à la description de quelque» manipulations particulières pour faoriquer certains cierges T quelques bougies, les flambeaux , les souches , etc. , à placer quelques ornements sur les cierges , et à disposer tous ces objets d’une manière commode pour les consommateurs.

Le cinquième indique les moyens de reconnaître la bonne ou la mauvaise qualité de la cire brute ou fabriquée.

Le sixième fait connaître les diflérents usages auxquels on emploie la cire.

Dans le septième, noais avons décrit, avec tous les détails nécessaires , l’art du fabricant de cire à cacheter.

Le huitième comprend l’explication des ligures nombreuses renfermées dans les trois planches qui accompagnent cet ouvrage.

Le volume est terminé par un Vocabulaire alphabétique des mots techniques employés dans les trois arts qui font le sujet de ce triple Manuel. Par les mots Chandelier et Cirier, que nous avons eu soin de placer entre deux parenthèses , immédiatement après le mot technique, nous avons voulu distinguer, dans ce Vocabulaire, les mots qui appartiennent spécialement à chacun des deux arts. Lorsque l’un de ces deux mots ne se trouve pas immédiatement après le mot technique , cela signifie qu’ils appartiennent indistincrtement à ces deux arts, et à quelques autres dont nous ne nous sommes pas occupé.

Concourir de tous nos moyens au perfectionnement des arts industriels , est le seul but vers lequel nous dirigeons constamment nos travaux. Si le lecteur trouve nos descriptions claires, précises et instructives, son suffrage sera pour nous la plus douce récompense que nous puissions désirer

DK LA DEUXIÈUp ÉDITION

L’art du Chandelier et celui du Cirier n’ont pas beaucoup varié dans leurs manipulations principales depuis l’impression de notre première édition en 1827; ils ont seulement reçu l’un et l’autre des perfectionnements importants qu’il nous tardait de faire connaître afin de tenir le lecteur toujours au courant des améliorations Successives dont l’industrie s'enrichit tous les jours. Nous aurions pu intercaler ces nouvelles inventions dans le textç , comme le pratiquent ordinairement les auteurs ; mais notre longue habitude d'écrire sur la technologie, et notre expérience nous ont prouvé qu’en adoptant une marche différente , nous arrivions au même but, tout en conservant l’ordre chronologique des découvertes , sans altérer l’ordre des manipulations conservées depuis longtemps par l’usage et l’expérience des fabricants.

Nous nous sommes fait une loi de ne rien toucher au texte tel que nous l’avions donné dans la première édition , si ce u’est de corriger quelques fautes qui s’étaient glissées dans l’impression et qui sont peu nombreuses. Nous avons ajouté à chacun des trois arts que comprend le Manuel , un appendice qui renferme tous les perfectionnements que chacun de ces arts a reçus , ou du moins qui sont connus , jusqu'au moment où cette édition a été livrée à l’impression ; nous avons eu soin , dans le texte , d’indiquer, pur des renvois , le § de l’appendice qui correspond à la place où nous aurions pu l’intercaler. Cette intercalation, que nous avions essayée,

avait l'inconvénient de former une digression désagréable qui, en séparant les parties du discours , nuisait à sa clarté : nous avons dû y renoncer, et l’appendice , que nous avons adopté, nous a paru présenter des avantages incontestables.

D'abord nous avons pu donner en entier les mémoires des auteurs que nous avons cités, en faisant connaître les ouvrages dans lesquels nous les avons puisés , ce qui est toujours préférable, pour hâter les progrès des arts industriels, à de simples extraits qui, le plus souvent , ne font pas assez connaître la pensée de l'auteur, et meme quelquefois la dénaturent ; ce qui est une des fautes les plus graves en technologie. A chaque article nous avons ajouté nos observations particulières , soit pour éclaircir les points douteux , soit pour faire connaître notre opinion sur le plus ou le moins de confiance qu’on peut avoir dans les descriptions , les procédés ou les recettes.

Le Technologue , c’est-à-dire celui qui s’occupe de l’étude des arts industriels dans la vue de les perfectionner, doit connaître tout ce qu’on a fait , tout ce qu’on a écrit pour arriver à ce but , et souvent des mauvais procédés qui lui tombent sous la main, sont, pour son génie inventif, un trait de lumière qui le dirige vers des perfectionnements ingénieux , auxquels il n'aurait pas songé sans cette circonstance favorable. Nous nous sommes trouvé souvent dans des cas semblables , et nous avons dû mettre à profit les leçons de l’expérience pour en faire participer le lecteur ; aussi avons-nous , dans ce but , accompagné presque chaque article de nos observations.

Les programmes des prix proposés par la Société d’Eucouragement de Paris, sont aussi très précieux pour le technologue ; ils entrent toujours dans des détails qui mettent

sur la voie des améliorations , et suscitent souvent des découvertes utiles. Nous les avons mis à contribution, de même que les mémoires des autres sociétés savantes. Nous n’avons voulu puiser que dans des ouvrages authentiques trop volumineux et d’un prix trop élevé pour la plupart de nos lecteurs , et nous en avons extrait tout ce qui peut intéresser les trois arts que nous avons traités dans ce Manuel.

Heureux si nous avons atteint le but que nous nous sommes proposé ; et que les arts utiles que nous avons décrits , reçoivent de notre travail les perfectionnements dout ils sont susceptibles !

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