CHAPITRE XL ééiviss DU PONT
: Le coloris du paysage demande une connaissan parfaite des couleurs , de leur mélange, et une hali tude acquise dans ce genre de travail; car ilne su: pas de savoir enluminer des images, pour reprodui les effets magiques de la nature. Les paysagistes du vent donc fournir eux-mêmes les modèles, et le tal du coloriste consistera à les copier exactement , à | saisir toutes les nuances, à en comprendre tous effets. Avec du goût et du discernement, il parvienc à imiter ces jolis tons frais et vaporeux qui plaise à l'œil et se fondent sans dureté. | Avant le développement de la lithographie, on! coloriait guère que des paysages dits vues d'optique: plupart mal gravés et grossièrement enluminés. 1 planches bien faites, imprimées en couleur et reto chées , étaient fort rares. Aujourd’hui, deux cau concourent au perfectionnement de cette partie de l” que nous traitons dans cet ouvrage. Nos peintres p: pagent un grand nombre de paysages lithographié parmi lesquels se trouvent les productions les plus !
re
duisantes ; l’aquarelle est devenue un genre à la mode : les artistes s’y livrent activement, parce qu’il est lucratif; un très-grand nombre d'amateurs et de gens du monde le pratiquent comme délassement, parce qu'il est facile et amusant, La lithographie et l’aquarelle se combinent parfaitement : les paysages tracés légèrement sur la pierre, produisent des épreuves douces et suaves qui, à l’aide du coloris, acquiérent tout le charme des plus jolis dessins. On peut donc dire avec raison que la
lithographie a produit une véritable révolution, non-
seulement dans la manière de colorier les épreuves imprimées, mais encore qu’elle a donné à ce coloris une extension considérable, qui ne peut pas s’accroître da-
Vantage; aussi, dans cet état de choses, voit-on un
assez grand nombre d’artistes s’en occuper avec plaisir. Sinous considérons maintenant le coloris des paysages
lithographiés, non plus comme un métier productif,
mais comme une occupation récréative, propre à remplir agréablement les loisirs d’un grand nombre de personnes, et surtout dé femmes qui manquent des principes nécessaires du dessin pour faire des aquarelles, nous serons convaincus qu’une instruction sur ce genre de travail est une chose utile, dont on ne s’était pas encore occupé jusqu'ici.
La première opération consiste à encoller la litho= graphie ou la gravure que l’on veut colorier ( voyez l’article Encollage ), et de la tendre sur un carton, ou sur une planthe, si elle est grande et si elle doit rece— voir de larges teintes qui pourraient la faire goder,
Ciels.
On commencera le coloris par celui des ciels; le plu ordinairement ils sont bleus, plus ou moins chargés ci nuages. La teinte blèue peut se faire avec de l’indigar du bleu de Prusse ou du bleu de cobalt, et mieux enr core avec de l’outremer. Elle se dégradera légèremer de haut en bas, et se fondra avec une teinte auron qui doit former l’horizon. Cette dernière teinte ser formée de rouge de Saturne dans lequel on ajoutera ui peu de gomme-gutte.
Si la gravure ou le dessin avait préparé les ciels d’un manière un peu trop prononcée, on aj outerait un pe de blanc dans la teinte, pour la rendre un peu moin transparente et couvrir davantage le noir de l’impres sion; maïs il ne faut pas abuser de ce moyen, qui amt nerait de la lourdeur.
Les nuages sont de couleurs très-variables ; ils exi gent des tons fins et légers, de la hardiesse de touche et ne doivent pas sentir la recherche et l’arrangement le plus souvent ils doivent être ménagés, en appliquan la teinte du fond , afin que les bords se détachent e: clair, surtout aux endroits qui reçoivent les rayons lu: ‘mineux.
Les nuages ne doivent pas trancher durement sur 1 fond, ni les uns sur les autres; ils seront préparés ave: des teintes plates superposées, en ménageant les reflet: et en forçant les umbres.
Souvent ils se fondent insensiblement sur le fond, ou bien les uns avec les autres,
Les ciels de nuit se font avec de l’indigo plus ou moins éteint avec de }’encre de la Chine, ou mieux avec de la teinte neutre.
Dans les soleils levants ou couchants., l’horizon est traité avec des tons chauds, rouges et jaunes, vifs et brillants , qui sont des combinaisons de carmin, de rouge de Saturne et de jaune.
Le coloris des ciels est difficile, il dendadé de l’habitude , de la hardiesse, et exige une étude particulière,
Lointains.
Les parties les plus éloignées seront coloriées avee les couleurs les plus faibles, les tons les plus fins; l'air ‘ qui s’interpose entre l'œil et les objets leur dunne une teinte bleuâtre , des formes vagues et un aspect vaporeux, qui expriment la perspective aérienne et font valoir les premiers plans. Les formes et les couleurs doivent donc être de plus en plus prononcées, à mesure que les objets sont plus rapprochés, et tout l’effet du paysage dépend de cette gradation du coloris.
Les montagnes qui se trouvent souvent dans les lointains seront dégradées avec soin , liées insensiblement, en les faisant tourner par des reflets, et en observant de ne les faire jamais trancher trop sur le ciel, ni sur les autres parties de terrain qui leur servent de fond.
Prémiers Plans.
Les dévants, les arbres, lerrasses et autres partie qui $e trouvent les plus rapprochées exigent le plus dé force et de vigueur, les couleurs les plus brillantes es les tons lés plus chauds, de manière à repousser les fonds et à les rendre plus vaporeux. Les formes ÿ séront bien déterminées, les clairs, très-brillants, lés ombres, plus fortement exprimées ; tout enfin doit ÿ être bien senti et bien saillant.
Arbres.
Les arbres varient de formes et d’espèces; ils son! 1e plus beaux ornements d’un paysage, et offrent dd fombreux contrastes de feuillages, de disposition dé branches, de couleurs; ils éxigent une grande légè: reté de touche.
Les arbres des prémiers plans doivent être ménagés en faisant les teintes du ciel, les touffes superficielles: et cellés qui sont exposées aux rayons lumineux seron! préparées àvec de la gomme-gutte presque pure; les touffes plus reculées et moins éclairées seront teintées avec des verts composés de gomme-guite et d’indigo. où de bleu de Prusse, de manière qu’ils soient plus où moins brillants , suivant leur position et leur nature: les touffes les plus enfoncées ou cachées Mt celles qu qui sont opposées au jour, se préparent avec du vert
roussâtre, ou du brun verdâtre, de plus en plus foncé vers les parties totalement dans l'ombre.
Des touches de couleur feuille-morte seront dispo— sées avec goût, rompront la monotonie et harmoniseront les différentes teintes,
En général, il faut éviter les verts (brillants qui sont presque toujours durs et crus, et ne pas craindre les couleurs rousses qui se combineront plus agréablement dans l'effet général.
Les retouches et les coups de force doivent être aussi rares que possible; il faut éviter ce qui sent trop le travail; ménager des clairs, des jours, des intervalles, afin d’obtenir de la légèreté et de la transparence ; ta lourdeur et la massiveté sont les défauts les plus com= . muns, et ceux qu’il est le plus difficile d'éviter.
On ne doit pas s'attacher à imiter servilement la disposition et l’arrangement des feuilles, il faut plutôt chercher à produire l’effet général des masses.
Les arbres des seconds plans seront moins détaillés ‘et moins coloriés, ceux des lointains ne recevront plus que desteintes légères de verts plus ou moins bleuâtres, proportionnés à Ja dégradation successive et géné rale des tons, R
Les branches et les troncs seront. coloriés, suivant la nature de leurs bois, avec des teintes brunes, grises, roussâtres, verdâtres, etc. Ceux des premiers plans seront assez fortement ombrés pour avoir tout le relief nécessaire et produire des oppositions avantageuses. Il faut ménager avec goût les branchages qui parais-
sent entre Îles feuilles, et qui contribuent à donner de la légèreté aux masses de ii
Terraites où Terraïné.
On appelle terrains ou terrasses tri espace dé 6) séparé él distingué d’un autre par dès accidents natx, rels, tels qu’un ruisseau, une vallée, etc. Les térrairt se détachent les uns des autres, et offrent Sri ment peu d’objets saillants. :
La dégradation générale de tons doit être observé. pour les terrasses, les âccidents de terrains et lés ob: jets accessoires ; ceux des premiers plans demaändém une opposition bien sentie, des clairs et des ombre: qui doivent y être traités avec chaleur et vigueur. Les arbres ét les herbes nes ÿ être détaillés de foie et de couleur.
Les rochers recevront ds touches lire et transparentes de rouge de Saturne, de terre de Sienrie calcinée ; et d’autres couleurs chaudes de ton; lee <ôtés opposés au jour se feront avec de l’indigo paié, de la teinte neutre et autres tons violäcés: d’autrés touches verdâtres exprimeront les parties humides et couvertes de mousses.
Bâtiments.
Les édifices qui se trouvent dans un paysage se: nomment fabriques.
Les maisons, chaumières, monuments, etc., recevront leur couleur naturelle, mais il faut éviter l uni formité de tons, la froideur et les crudités ; leur coloris doit être en harmonie avec celui du reste du paysage. |
Les vieilles maçonneries ne doivent pas êtres trop obscures, ni les bâtiments neufs trop brillants ai teintés trop uniformément.
Les chaumières dégradées, les ruines, les vieux édifices gothiques, sont ceux qui offrent le plus d’effets pittoresques et dont on peut tirer le meilleur parti. | PS
Eaux.
- Il est prudent de garder le coloris des eaux pour la fin, parce qu’il doit être exécuté sans tâtonnement » avec légèreté, et que leur couleur est souvent dépendante de celles des objets qui les enyironnent et s’y réfléchissent. | | ”
Si leur étendue est considérable , elles réfléchissent la couleur du ciel , et sont ainsi tantôt d’un blanc pur, tantôt d’un gris nuageux. Les parlies qui avoisinené les rivages les réfléchissent, celles qui sont enfoncées et opposées au jour prennent une teinte plus ou moins sombre ; ilest donc difficile de donner des instructions sur des choses aussi variables, mais, en règle géné rale , il faut que les eaux soient peu chargées de couleur , peu travaillées et très-transparentes ; : cette transparence s’obtient par dés parties brillantes que
l'on ménage avec art et où ressort le blanc du papier!
Des touches uniformes et régulières , interrompue ét tourmentées , servent à indiquer le plus ou moin de calme de l’eau , Ses courants , ses chutes, ses bouil lonnements. Mais le plus ordinairement les moyent sont employés d'avance par le crayon du lithographi ou par la pointe du graveur, et le coloriste n’a plus qu'à suivre et faire valoir leurs travaux. |
Figures.
Quoique les figures d’homimés où d'animaux qui ss trouvent dans un paysage doivent avoir du relief « se détacher des objets qui les environnent, ül fau: éviter de les rendre dures et tranchantes ; il faut sur tout se méfier des couleurs crues, comme les bleus : par exemple, qui font tache et rompent l’harmoni, générale.
Ces figures : ne doivent pas être trop finies , surtou celles qui se trouvent dans les plans éloignés.