ARTICLE H, — ASSBM8LA6E DE* PARTIES COMPOSÉES
OU MONTAGE DBS MACDINES.
Avant d'entrer dans les détails du montage , nous dirons quelques mots sur la confection du projet dont les principes doivent servir do base au Irai ail de cette opération.
Ayant adopté un système de construction pour chacune des six parties qui , réunies , constituent une locomotive, la confection du projet résidé dans la détermination exacte des dimensions et l'assemblage sur papier de ces diverses parties, afin d'être srtr que l'on n'a assigné a aucune des pièces composantes une des positions que devra occuper une autre pièce pendant le mouvement.
Si on fait tes dessins de chaque pièce successivement en partant des roues, dans l'ordre que nous .avons indiqué précédemment, il arriva à coup sûr que certaines pièces , dont les dimensions sont invariables, se trouvent occuper les mêmes places que d'autres qui sont susceptibles de modifications, soit dans leur forme, soit dans lenr position. Pour éviter cela, ii suffit de décomposer les pièces des machines
■1° pièces'' invariables , indépendantes;
2" pièces variables, dépendantes des premières;
Puis de dessiner séparément chacune îles pièces invariables, que l'on relie ensuite au moyen des pièces variables.
Pour trouver a laquelle de ces deux classes appartient chacune des pièces composantes, nous allons ènumêrer succinctement les fonctions et modes de détermination des dimensions des parties dans lesquelles elles figurent.
1° /loues. Le diamètre des roues élant donné, toutes leurs dimensions se trouvent déterminées, el on peut les dessiner complètement. Or, généralement , on ne connaît exactement que le diamètre des roues motrices , celui des petites étant déterminé par les dispositions ultérieures ; les roues Sfi trouvent donc réparties dans les deux classes :
Boues motrices iudépendaite*.
Petites roue*. dépendantes.
2° TrantmUsioa du mouvement. Etiienx. Toute* les dimensions des essieux sont connues à priori, sauf la distance entre ies manivelles de l'essieu coudé, distance dèler- Machinel Locomotivei, 29
338 COHPOSITIOIt
minée par l'écanemeut des cylindres. Les essieux se di* isenl
donc en :
Essieux des pelil.es roues, indépendants.
Essieu coudé dépendant.
Enlretoitei et guides. Les entreluises sont des pièces indépendantes, en taul que l'un n'a pas égard à la position des pûmpes sur les entremises extrêmes. Or, comme ia position de ces dernières n'est pas arbitraire el est assujettie à l'écartement des cylindre», il en résulte que les entremises tout des pièces dépendantes ; quant aux guides, ce sont des pièces indépendante!.
liielle, tête de tige et glissoirs , axe transversal et mouvement du piston de la pompe. Les trois premières sont indépendantes ; les deux dernières dépendent de l'écartement des entretoises et de la position de la pompe.
Mouvement du tiroir. La course du liroir est inconnue tant que lo cylindre n'est pas dessiné ; de la , toutes lus dimensions de pièces qui servent à transmettre le mouvement do l'excentrique au tiroir sont inconnues ; le mouvement du tiroir est donc une partie dépendante.
3° Cylindres à vapeur. Le diamètre des cylindres étant donné, toutes leurs dimensions se trouvent déterminées. Or, le diamètre dépend , non- seulement de ta largeur de la boîte à fumée , mais encore de la place occupée par les leviers d'excentrique entre les entreloises. Comme l'appareil des excentriques dépend lui-même des tiroirs qui font partie des cylindres, il y a un tâtonnement à faire. Ce tâtonnement, fait une fois pour toutes, donne pour diamètre maximum des cylindres 0,35 du diamètre de la chaudière. Dana ce cas, l'écartement entre les axes varie entre moitié do la largeur de la voie et moitié de la largeur de la boite à fumée, et se détermine en ayant égard a l'injection dans la cheminée età la place des leviers d'excentriques entre les entretoises du milieu. Les cylindres sunt donc despièces indépendantes.
4° Chaudière. La chaudière est une partie dépendante en ce qni concerne la boite à fumée , parce que ta longueur de celte dernière et sa hanleur au-dessous de la partie cylindrique dépendent complètement des cylindres. Les autre* parties sont indépendantes quand on connaît le diamètre de la partie cylindrique.
5° Chduii. Le châssis ne peut s'exécuter que quand le tont est mis en place , c'est dire assez que c'est une partie
6° Appareil de i&relé et d'alimentation. Les pompe» sont indépendantes si l'on ne considère que le corps et les clapets ; mais comme le corps est toujours fixé aux entre toises par une plaque de foute coulée avec lui, et les chapelles des clapets assemblées différemment , suivant les positions des corps de pompes, il en résulte que toutes ce» pièces sont dépendantes.
Les appareils de surelé sont Ions indépendants.
Si nous réunissons les différent» résultats que nous Tenons d'obtenir , nous trouvons :
in dé pendantes. dépendantes.
Rouée motrices. Essieu coudé,
Essieux droits. Entreloise*.
Têtes de tige de pistons. Mouvement des pompes.
Bielles. Mouvement des tiroir».
Gltgsoiw. Chaudière.
Guides. Châssis et le* dépendances.
Cylindres à vapeur el leurs Appareils d'alimentation.
Appareil» de sûreté.
Pour exécuter un projet, on dessine d'abord tout ou partie des pièce» invariables , et on suit la marche suivante pour les antres.
Après les roues motrices qui donnent la hauteur du plan du mouvement et la largeur exacte dont on peut disposer entre elles pour la transmission de ce dernier , viennent les cylindre» A vapeur qui , donnant la course des tiroirs , permettent de déterminer la longueur du levier de ce dernier ainsi que celle du levier d'excentrique et la course de celle dernière , ou tout le mouvement du tiroir, en ayant soin d'établir la ligne de dessous de la chaudière cylindrique d'après les dimensions de la boite a vapeur. C'est l'épure qne nous avons figurée , n° 7 (planche X ). On obtient ainsi la ptace des manivelles de l'essieu condê, place déterminée, nonseulement par la distance nécessaire entre le» cylindres pour le tuyau d'injection, mais encore parlalargeuroccupée entrs
les entreloisagdu milieu par lesleviers et supports des tiroirs, puis enfin le mouvement des pompes et les pompe» ellea-
D'aulre pari, les cylindres donnant la longueur exacte ila la boile a fumée, on peut destiner complètement la chaudière; alors on a les figures 1 , 2,5,6, de la planche XI.
La chaudière, représentée en élévation avec les roues motrices, comme dans les figures 8, 9 (planche XI], on y adapta lechâsaisel toutes les dépendances de ce dernier, dont font partie les mouvements des barres d'excentriques et de la détente. Enfin, on termine par les chapelles et les boulets des pompes alimentaires.
Dans le montage , la marche à suivre diffère peu de celle-
L 'emplacement du montage d'une locomotive se compose d'un chemin de Ter à largeur variable, suivant la largeur de la voie de la locomotive a monter, régnant sur chaque
«Olé d'une fosse de 1 mitre de profondeur et d'une longueur d'au moins 6 mètres. Sur celle fosse se placent Iran sversalement des poutres destinées à supporter la chaudière que l'on pose, en premier Heu, parfaitement de rttveau. Cela fait, on trace dans les plaques de la boite t fumée le» entrées des cylindres et des slufflng-box des tiroirs; ces entrées, qui pourraient se faire a la chaudronnerie, sont réservées de préférence pour le montage, parce qu'on peut avoir à craindre quelques variations duns la position rigoureuse de la boîte à fumée et dans les épaisseurs des fontes descylindres. II faut alors les opérer en perçant au foret i main une série de trous tout autour en dedans, puis , en faisaut sauter au bédanne les portions de fer restantes, et finissant au bu-
Alors on pose les cylindres que l'on assemble seulement avec les plaques fortes par leurs brides intérieures; on met les boites & vapeur, soit mastiquées, soit à portées, on les serre par leurs boulons , et on laisse libre ainsi tout le reste. Les cylindres posés , on met les enlreloises , dont les cornières d'assemblage avec la chaudière ont été préalablement posées par le chaudronnier, et ont servi à déler-
pose des enlreloises ne peut s'effectuer qu'après celle des cylindres, parce que ce sont ces derniers qui donnent leur position exacte; car, bien qu'elles doivent être horizontales.
nous allons le
DES LOCOMOTIVES. 341 il faut, autant que possible, les faire couper en deux parties égales par le plan du mouvement , qui n'est connu qu'après la poie des cylindres. Les entretoises assemblées avec la a cornières et liïées invariablement après la chaudière , on met les couvercles de devant des cylindres et on passe les pistons avec leurs tiges; on pose les guides non serrés, ainsi que les tètes, axes et glissoirs. Pour serrer les guides ou ■net la lige du piston horizontale dans les deux positions extrêmes de la course de ce dernier, ce à quoi on parvient facilement, étant aidé, si l'on veut , par le chapeau du sluffing-box du couvercle.
Les guides serrés , on pose les supports des arbres des tiroirs, en ayant bien soin de placer l'axe perpendiculaire à celui du cylindre, et parallèle au plan du mouvement, deux conditions très-diUiciles 6 remplir pratiquement, parce qu'il faut buriner et percer dans la Tonte bien exactement. On arrive pins facilement au résultat en plaçant dans les supports l'arbre muni préalablement du levier du tiroir pour donner sa hauteur. Cela Tait , on pose les tiroirs avec leurs tiges et douilles : la tige, comme nous avons dit dans l'article précèdent, n'est pas coupée de longueur, c'est au montage seulement que celte opération a lieu, en metlaut la levier et le tiroir chacun dans leur position milieu.
Les tiroirs posés , on soulève la chaudière pour passer les roues motrices avec leur essieu. Cette opération, qui est d'abord toute simple, se résume dans l'établissement de l'axe de l'essieu coudé dans le plan du mouvement, ce à quoi on parvient assez difficilement , malgré les lignes de repères dont on a sillonné les entremises , la chaudière et l'essieu lui-même, parce qu'il faut d'abord placer cet essiea bien horizontal , puissoulover ou baisser petit à petit la chaudière horizontalement.
Quand ce travail est terminé, on procède sa posage des excentriques et barres de ces dernières. C'est ici que l'on n'apporte jamais trop de soin; aussi dirons-nous, au risque d'être contredits , que ce ne sont pas les mouleur», quelque habiles qu'ils soient, qui doivent déterminer la position îles excentriques et la longueur des barres, mais l'ingénieur même qui a fait la projet. En elFet, il est déjà trèsminutieux d'arriver à déterminer sur le papier, avec toutes les notions théoriques nécessaires, la position exacte des excentriques et la longueur de leurs barres; uu'esl-ce donc quand,
3jl COMPOSITION
il faut faire cela dans l'espace* Le tâtonnement auquel se livrent les monteurs habituellement, n'a pour résultat que de leur faire perdre un temps qui coûte cher, sans donner de résultat satisfaisant.
Pour monter l'excentrique double, on commence par posef le levier double sur l'arbre du tiroir, en se conformant aux principes que nous avons émis dans la deuxième partie, c'est-à-dire en plaçant les boulons aux points de contact des tangentes à leur arc de rotation menées par le centre de l'essieu coudé, ce à quoi on amie au moyen d'une planche sur laquelle est tracée une ligne droite portant a ses extrémités deux échancrures dans lesquelles entrent, d'une part, l'essieu, de l'autre le boulon du levier. Le tiroir se trouve alors dans sa position milieu; on pose l'excentrique, don a demeure, mais simplement serré, de manière que la ligne passant par les centres soit perpendiculaire à la tangente que l'on vient de mener, ce à quoi on parvient en coupant l'echancrure de l'essieu d'équerre avec la ligne tangente par une ligne passant par le centre. L'excentrique ainsi posé, on y adapte son cercle et la barre avec crochet prenant dans l'un des boulons non dérangé ; on détermine exactement la longueur de la barre , l'assemble au cercle , et alors ou procède au pesage réel de l'excentrique , en faisant passer l'echancrure de la planche correspondant aux boutons, du centre de l'arbre du tiroir, ce qui fait décrire nu petit Angle à la ligne perpendiculaire dans l'échancrure de l'essieu et indique précisément l'angle dont l'excentrique doit aussi avancer. Pendant toule cette opération, la manivelle de l'essieu a été conservée rigoureusement horizontale.
Comme on le voit, l'opération est simple, si on la conçoit; aussi pensons-nous qu'il ne sera pas toujours interdit aux monteurs de la pratiquer; mais avant cela, il hi.it la leur enseigner, parce qu'ils n'ont pas le temps de la chercher seuls , et par cela même s'en dispensent.
Les excentriques posés, on place les pompes èt tes chapelles des clapets. On 1 place ensuite l'arbre du mouvement des excentriques ainsi que les supports quand ils doivent pendre après la chaudière. Ensuite viennent les petites toiips et leurs essieux , qui sont immédiatement suivies du cliussis que l'on pose par parties pour lu facilité du passage suus les attaches qui servent à fixer la chaudière dessus. Après le châssis viennent les ressorts, pour lesquels ou prend lel
précaution! que nous avons indiquées dans l'article précèdent, les appareils de sûreté, et enfin tant les nécessaires qui ne constituent plus qu'un travail orWriiirë mais fort long.
Un bon monteur, secondé d'un aide pour forage et hurinage , el 2 manœuvre» pour la transport, soulèvement et nettoyage des pièces, peut monter une locomotive pour largeur de voie l m ,50 en deui mois, dans ud atelier où on ne coiiitrAil que Jn cela , cl où il n'y a pas k attendre après les pièces.
Deux mois, à raison de 25 juiirn par mois, font 50 jours ou : jours. fr. fr.
Monteur. .... M X 10 = 500 Aide-monteur. . 50 X 3.30 = 175.0 2 Manœuvres. ... 100 X 2 = 200
875 fr.
Si nous ajoutons lStâ fr. pour tes faux frais divers du ■Montage el l'usé des puits ontils, nous aurons Un total de i.OOOf., non compris les frais généraux qui Ont fin portés sur le prix de retient des pièces fjbriquÈes.
Pour largeur de voie l"",!", on peut augmenter ces frais de 500 ft., parée que hon-5euierai!r,t le temps est plus long, malS te nombre des manœuvres est plus grand. A 2 mètres «iicore SOO fr., ce qnl fait :
Llrgeuf de M&
fr. tr. fr.
Prix de revient du montage . 1000 1900 2000 Prix de vente du montage. . 1100 1G50 3200 Nous avons trouvé plus baul pour prix de vénlo de machina* non montées : tr. fr. fr.
40446 B88I7 12043 Nous avons donc pour prittfe venin réêl des machinas:
fr. ft. tf.
«546 56807 74243 et en tfBfhbret rorids au minimum :
fr. fr. k
41000 sgooo fiooo