‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 23 sur 114 · LA SOURIS · texte numérisé non relu

LA SOURIS

il parvient toujours à s'introduire dans les endroits où on les a renfermées. Le pain, le lard, le bearre , le fromage, le sucre , les confitures , les fruits , les farines , les grains , et même la chandelle, sont les objets qu'il recherche le plus. Non-seulement il les entame et les consomme , mais encore il les salit et leur communique une odeur infecte. On a vu des souris pousser la hardiesse jusqu'à entamer le lard de cochons vivans , pendant leur sommeil.

Lorequ'une ou plusieurs souris attaquent un objet d'une certaine grosseur, par exemple un pain, une pièce de lard, elles commencent par y faire un trou assez petit pour gagnerl'intérieur. Alors elles s'y établissent , en rongent toute ICiSubstance intérieure et ne laissent qu^ne légère croûte extérieure , qui suffit pour masquer des dégâts dont on ne s'aperçoit souvent qu'au moment même oiî l'on veut se .servir des objets attaqués. D'ailleurs, dans toutes les occasions, leurs habitudes sont assez insidieuses pour que l'on se tienne toujours sur ses gardes : car , sans cela , il arriverait fréquemment qu'on ne s'îiipercevrait de leurs dévastations que lorsqu'il ne serait plus temps d'y porter remède.

G est sans doute dans le but de délivrer nos habitations des souris, que les premiers chats ont été apportés des bois pour être élevés en domesticité. On a voulu se délivrer d'une incommodité grave par une autre qui l'est un peu moins , et l'on y a réussi jusqu'à un certain point. Aussi recommanderons^nous d'avoir un ou deux bons chats dans une maison , mais en avertissant qu'ils ne seront véritablement utiles qu'autant «qu'on ne les familiarisera pas et qu'on ne les nourrira que médiocrement. Un chat caressé et bien nourri devient paresseux , indifférent sur la chasse , et n'est plus utile à rien. Je puis afQrmer en avoir vu plusieurs «insi gâtés , qui ne se seraient pas dérangés du coin d'un foyer pour aller saisir une souris.à trois pas de distance. Mal- ^é cela , nous devons le dire, ils produisent toujours un bon àfet dans une maison , parce que l'odeur seule du chat suffit pour écarter les souris.

(Test surtout avec les poisons et les pièges que l'on vién- <lra ^facilement à bout et en peu de temps de se délivrer de ces petits hôtes incommodas.

Poui- l'cmpoisonnf ment, on a trois moyens principaux :

l'arsenic , la noix vomiqae, et la chaux. Malgré le danger qa'offre le premier , on lui doit la préférence. On le prépare comme pour le campagnol, en le mêlant soit av^c de la farine , soit avec du biscuit , ou toute autre substance dont les souris sont friandes. On se sert aussi de la noix vomique, ué Ton mélange par tiers avec de la farine de froment ou e maïs « et que Ton dépose sur les trou» de souris, ,0a

Î>eut mélanger la râpurc fine de noix vomique avec toutes es substances sèches ou liquides que les souris recherchent de préférence. On met ces préparations dans des cartes dont on a relevé . les bords, et on les dépose à proximité de leurs trous. Quant à la chaux , ou au plâtre , qui produit le même eilet , on s'en sert absolument comme nous T^seiffnons an chapitre du rat.

Les souris se prennent parfaitement dans les pièges (PI, I, ng. 16, 19, 22, 25, 24, et 1 de la planche II) ; seulement il s'agit de les faire dans des proportions plus petites et de rendre les détentes plus légères. Aussi n'entrerons-nous

Sas dans de nouvelles descriptions ; nous nous bomerona à ire que le meilleur appât qù^on puisse mettre est le quart d'une noix que l'on a préalablement fait griller à la cnandélie ; cependant ie morceau de lard grillé les attire fort bien aussi. Nous ajouterons , pour la bascule {fig. 25 de la PL I], qu'on ne doit lui donner que trois pouces de largeur sur huit de long , afin de la rendre plus légère , et que rappât ne doit être suspendu aa-dessus qu'à la hauteur de quatre pouces.

Il est encore d'autres pièges qui sont fort employés et dont le succès est immanquable. Nous allons les décrire. La souricière nasse [PL II, fig. 5) est une des plus en usase dans le Piémont. C'est une espèce de petite cage ronde , de six pouces de diamètre sur quatre de hauteur. Le dessus forme comme une espèce d'entonnoir par où la souris peut pénétrer dans l'intérieur pour aller chercher l'appât qu'oa y a placé ; rou:?erture de cet entonnoir est absolument comme celle d'une nasse à prendre le poisson , et les fils de fer qui la forment sont aiguisés au Dout , de manière à , présenter vers le fond de la cage des pointes très aiguës , qui s'opposent à la sortie de l'animal lorsqu'une foii il y est eMré, On l'en sort par une petite porte pratiquée dam les

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fils de fer comme celle d'ime cage oràinaire, ou par une coulisse faite dans lé ^nà,

La Mowrieière à ressort (PI. U, fiq. 4) est le piégie le plus en usage à Paris. Il offre ■ TaTantage de prendre plusieurs souris avant "d'avoir besoin d'être. retendu. On peut le faire à six , huit ou dix trous *, mais nous nous conjtenterens de le décrire à -quatre , tel que nous Tàvons figuré ,#0n prend un morceau -de planehe de hêtre , du autre bois tendre, a, d'un pouce d'épaisseur , de sept de longueur , et de trois de largeur. Avec une taHèr%on creuse quatre trous 9i^6|6, de neuf lignes de diamètre sur deux pouces de profondeur ; sur chï^un de ces trùus, eeec^ et à deux lignes du bord de la planche , on creuse une mortaise d'une ligne de largeur , et d'une longueur excédant d'une demi-ligne de chaque côté la largeur du trou ; cette mortaise , que Ton creuse -au bec-d'ân&, doit^traverser la pldflfe de part en part* Â trois ti^ies derrière la mortaise , on perce , avec une vrille fme on on vilebrequin , deux petits trous comme celui que nous marquons d aans notre dessin. Ces deux petits trous sont à trois' lignes l'unde l'autre, traversent les grands trous bbbhy et percent d^outre en outre la piinche. Il s'agit maintenant de placer lès ressorts eeee. Ces ressorts sont faits en gros fil de fer-, on aiguise une de leurs extrémités

3ue l'on couibe* et que l'on fait entrer à coups de marteau ans le côté ûe la planche opposé aux irons bhbb, puis on les fixe solidement 9u moyen de clous ou plutôt d'iin autre petit morceau de fil de fer formant le pont , comme on le voit dans la fig, 5. On fait exécuter au fil de fer deux tours sur lui-même, on h, de manière à lui faire former un double anneau, et à augmenter ainsi son élasticité ; on lui dorme une courbure convenable , en t , et^l'on termine son extrémité supérieure par un crochet ik; à ce crochet on suspend un collet de fil de fer très mince ^ 2, ayant un diamètre égal à celui des trous Ifbhb, La machine est faite, il ne reste plus qu'à la tendre.

Pour cela , on commence par passer lA morceau de fil dans les petits trous ronds ; on le passe d'abord par dessous la planche daris le trou m; puis on fait entrer le collet l dans la mortaise c, et on l'y eVifoncè entièrement v on passe le fil sur le ci*ocbet Jk; on le passe dans le trott fi, M on le fait

, uigitizeaDy vjww^iw ^

DE8TRUCTE0R, 1*^* PARTIE. ^

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sortir par-des$Dus la planche. On si^isît l'autre bout et on les noue ensemble de manière à maûqytenir le ressort baissé et le collebdâns la mortaise , comme on le voit en o o. Le piège est tendu , il ne reste pins qu'à Tamorccr. Cela se fait en jetant au fond des trous bbbb une bonne pincée de farine de froment.

La souvis arrive , alléchée par l'odeur de la farine ; elle veut pénétrer dans le trou pour la manger , mais elle se trouve arrêtée par les morceaux de fil qui le traversent et tienqgnt le ressort tendu. Elle ks coupe, et le ressort devenu libre se relève avec force , relève avec lui le collet r qui saisit l'animal par le eou et Tétrangle. Il ne peut pas retirer sa tête parce qu^elle se trouve arrêtée par les petites dents *de fer que Ton a placées en s y à Tintérieur des grands trous. ,

Le traquenard à boîte (PI. II, fig,6^ est aussi très em» ployé à Paris. Il consiste en quatre planchettes , a, 6, c, d, clouées en forme de boîte , un peu plus étroite au fond a qu'à rentrée d. L'entrée se ferme par une pprte à coulisses dont notre dessin fait assez voir le mécanisme. La ^orte f est soutenue pjar la bascule e portant sur le pivot g; la détente h est la même que celle que nous avons figurée ( PL I, fiff. il). Elle consiste en un morceau de fil de ter plie comme on le voit (PI. II, fig. 7); le bout du crochet i porte sur le bout de la bascule en h, et empêche lapoite fde se baisser; Fanneau k se trouve placé dans un trou de la boite, en ï, et y est fixé au moyen d'une petite cheville de fer qui 4iH sert d'axe et lui laisse son mouvement libre. En m est un autre anneau qui sert à porter^ l'appât, consistant en une noix ou un morceau de lard grillé ^ qu'on y attache avec un morceau de fil. Lorsque la souris attaque l'amorce , elle fait remuer le fil de fer , aont la pointe recourbée abandonoe le bout de la bascule , ec la porte se ferme.

Dans quelques provinces les villageois emploient , pour détruire les souris, un moyen d'une extrême simplicité (tH>y. la PL II, flg. ^. Ils prennent une petite planche, a, sur laquelle ils renversent une écuelle ,6, ou tout autre vase de terre. Ils partagent une noix en deux , et la placent entre la planche et l'écuelle pour tenir celle-ci soulevée, comme on le voit en c L'essentiel est que k coquille de la moitié

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