DES OISEAUX DE PROIE CHASSEURS
Cette section renfernft les oiseaux dont les naturalistes ont fait Tordre des oiseaux de proie ( accipitres de Linnée) . On les reconnaît à leur bec et à leurs ongles forts et crochus, armes puissantes dont ils se servent pour saisirai déchirer les oiseaux , les petits quadrupèdes et les reptiles. Us ont les jambes courtes mais nerveuses , les ailes longues et vigoureuses , capables de les soutenir dans les airs plusieurs heures , et à une très grande hauteur. Les uns chassent le jour , et sont nommés diurfies. Ils ont les, yeux dirigés sur les côtés , la base du bec recouverte d'une mem« brane nommée cire; les serres composées de trois doigts dirigés en avant , et d'un quatrième en arrière. Les autres ne tolent et ne chassent que la nuit : aussi les a-t-on appelés noctuf7ie$; ils ont la tête grosse, arrondie, les jeux grands^ dirigés en avant, entourés d'un cercle déplumes effilées; ils ont deux doigts des pieds dirigés en avant , un troisième qu'ils dirigent à leur volonté en arrière ou en avant , un quatrième dirigé en arrière.
Quoique les aigles et les vautours se trouvent quelquefois en France , nous en parlerons peu , parce que ces oiseaux sont tellement rares qu'on ne s'aperçoit pas des dégâts qu^ls peuvent occasionner. Nous passerons sous silence quelques autres espèces qui ne sont pas plus communes. Le Lœmmer-Geyer , ou Vautour des agneaux.
Cet oiseau appartient au genre gypaète de Guvier. C'est le plus grand des oiseaux de proie de l'Ancien monde , dont il habite les plus hautes montagnes ; ou ne le trouve guère en France que dans les Alpes et les Pyrénées , où il niche dans les rochers les plus escarpés. Sa longueur est de plus de quatre pieds , et il a de neuf à dix et quelquefois même i 4 pieds d envergure. Il est noir , tacheté de blanc en dessus, d'un fauve clair el^ brillant en dessous ; il a sous la mandibule inférieure du bec un gros pinceau de poils noirs dirigés en avant , et lui armant comme une espèce de barbe.
Ce singulier animal est aussi courageux que fort ; il enlève les agneaux , Attaque les chèvres , les chamois , \icut
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à bout de les tuer et de les déYorer. On prétend qn^on en a vu enleyer des enfans , et faire tomber des hommes endormis'dans^des précipices. Nous pensons qne ces assertùns sont au moins exagérées. Quoi qu'il en soit , les babitans des montagnes doivent s'efforcer de détruire ces botes dangereux , aussitôt qu'ils viennent s'établir dans un canton : car malheur au gibier , aux oies domestiques , aux poules , lapins , et auties animaux de basse-cour , s'ils y font leurs petits.
Le chasseur le plus adroit du pays doit se charger de les tuer; illes épiera pendant plusieurs jours s'il est nécessaire , afin de connaître le roc escarpé qu'ifs ont choisi pour y fixer Jeur domicile ; il remarquera surtout de quel coté ils dirigent ordinairement leur chasse. Une fois instruit de ces, détails , il chargera son fusil ou sa carabine avec trois ou quatre grosses chevrotines ou avec de petites balles de pistolet; il se munira d'une oie blanche , et il se rendra avant le jour dans les environs du lieu qu'habitent ces oiseaux. Arrivé là , il cherchera pour lui une retraite capable de le cacher parfjuitement; par exemple, un buisson épais et fourré , ou mieux un trou dp rocner. Â soixante ou quatrevingts pas de là, il déposera son oie , qu'il (lura soin} d'attacher par une patte à quelque corps des environs ou bien à un piquet , puis il gagnera sa cachette. Tous ces préparatifs doivent être faits un quart-d'heiye avant le jour. Dès que le crépuscule commence à éclairer l'horizon, il faut que le chasseur se tienne dans une immobilité parfaite , car tous les oiseaux de proie ont la vue perçante, et le moindrç mouvement le trahirait. Au soleil levant, les lœmmergeyers se mettront en chasse , ils apercevront l'oie , et le plus rapproché d'elle fondra dessus pour l'enlever. C'est ce moment que le chasseur choisira pour le tuer.
Cette expédition faite , il se rendra près du nid des Ismmergeyers, en approchera autant que l'escarpemont des rochers le lui permettra, et tirera acdans quelques coups de fusil, afin de briser les œufs, ou au moins, de bouleverser assez le nid pour que l'autre oiseau , s^ c'est la femelle', l'abandonne et quitte le pays.
Si l'on connaît un nid d'aigles , dans le canton , on'peut ajir de la même manière , et l'on aura le même succès.
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Le Faucon.
Qei «iseau , nommé fcUco c&mmunii par Linnée , est de la grosseur d'une poule ^ et se reconnaît aisément parmi les oiseaux de proie » à une moustache triangulaire noire , on d^un brun foncé qu*it a sur les joues , plus large que dans aucune espèce du genre. Dans sa jeunesse, il ^ lé dessus brun et les plumes bordées de roussâtrc ', le dessous blanchâtre, avec des taches ovales longitudinales brunes. Â mesure qu'il devient vieux , le blanc augmente à la gorge et au cou, et les taches du ventre et des cuisses tendent à devenir des lignes transverses noirâtres ; le dos devient d^uo brun plus uniforme, rayé de cendré nobâtre en travers.. > Ses pied$ et la cire du bec sont tantôt jaunes et tantôt bleus.
Le faucon est connu depuis une .assez haute antiquité , parce quMIest le plus docile et le plus estimé des oiseaux que Ton dressait autrefois à la chasse. On le trouve dans tout le nord de la terre , et il niche âms les rochers les plus escarpés. Il est de passage en France , où on ne le trouve guère que pendant Tespace de trois mois , depuis la fin d^août jusqu'à la fin de novembre. Rarement il en re^e quelques couples pour nicher dans nos montagnes. Pendant le court espace de temps que nous Tavons , il fait beaucoup de tort à la conservation du gibier dans les parcs , aux basses-cours et aux pigetnniers. Le mâle , plus petit et moins fort que la femelle , et désigné à cause de cela sous le nom dé tiercelet , attaque principalement les pigeons^ tes cailles , les merles , les srives', et autre menu gibier ; la femelle fohd du haut des airs, comme la foudre, sur les faisans , les perdrix , les lapins et les levrauts.
La plupart des oiseaux de proie appartenant au genre nombreux du faucon , ont les mêmes habitudes et donnent dans les mêmes pièges; aussi allons-nous ici traiter de ces derniers dans les plus grands détails.
Le tombereau est un filet fait et tendu à peu près comme celui que l'on destine à la chasse des alouettes ; mais avec quelaues modifications, quç nous allons indiquer. ( Voyez la PI. u, figure 21. ) les nappes a a, ont cinq pieds de largeur sur dix^de longueur vie filet est en fil sofide , mais fin. •t les mailUs peuvent avoir quinze lignes de largeur. Ces
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nappes sont tendues sur deux cordes en û\ bbbb^ ayant une boucle solide à cbajue extrémité. En oecCy sont les quenouilles , bâtons de cinq pieds de longueur , peints en vert , et terminés d^un côté par un crochet , fig. z2, d; de Tauti^e , par une tête sphérique e. En fffff sont quatre piquets fourchus , dont un est représenté fig 23. Voici comment on tend ce filet : on commence par étendre les nappes sur la terre , et Ton plante les quatre piquets fourchus de manière à faire tendre les cordes g g, le plus qu'on peut. On place les quenouilles , et Ton fait placer lés crochets d, fig. 22, dans les crochets h, fig. 25. Il est entendu que la corde 6, g, est retenue dans le piquet fourchu par le crochet i de la même fig. 25.
Cela fait , il s'agit de^ placer les bras kkkk. Ce sont des cordes ayant en longueur quatre fois la largeur des nappes ; ces cordes tiennent en llll, aux quenouilles par une boucle que Ton pass« eu tei^dant dans l'entaille e de la fig. ^22 ; par l'autre bout , elles sont attachées aux piquets m m tn m. Pour que les nappes soient parfaitement tendues , il faut que les piquets f, m, m, /, de chaipe côté , soient sur le même alignement; quelquefois seulement, pour donner plus de vivacité au mouvement du filet , on fait rentrer en dedans , à peu près d'un pouce , les piquets m m. Il s'agît de placer la tirasse : c'est une coide longue de cinquante à soixante pas o, terminée , enp, par un piquet solide. En r, elle se partage en deux bras s s, qui , au moyen d'une boucle, viennent s'attacher à l'extrémité des quenouilleS; en II.
Dans le milieu du filet est placé un pigeon blanc , que l'on fait mouvoir au moyen du sautereau, /îflfure 24. Ce sautereau est en fil de fer solide; en tt, sont deux petits piquets attachés à une ficelle longtie d'un pouce , tenant à la traverse u, et servant à la fixer en terre. La branche i) a, dans le milieu de sa longueur, im troisième petit piquet qui lui laisse la facilité de s'élever à sept à huit pouces de hauteur , lorsque l'on tire le fil x, mais qui l'empêche de pouvoir se renverser. L'extrémité de la branché est terminée par deux traverses recourbées en demi-cercle , et sur lesauelles on pose la poitrine du pigeon; on l'y attache, mais ae manière à laisser à l'animal ses ailes libres , afin qu'il puisse les agiter lorsque l'on fait mouvoir !c sautereau.
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Ce filet &e tend dans les plaines décontcrtes , ordinairement fréquentées par les faucons. Le chasseur a soin de le })lacer de manière ({u'il puisse lui-même se cacher dans une laie ou dans un buisson épais. S'il tend dans un pré, les filets, les cordes et les quenouilles doivent être teints en vert ; si , au contraire , il doit chasser dans des terres , ils seront teints en brun pâle. Il est une teinture qui tient entre ces deux couleurs et qui est fort employée par les chasseurs. Ils
Erennent une certaine quantité de brou de noix qu'ils font ouillir dans de l'eau avec un peu de couperose , ils plongent plusieurs fois leivrs filets et leurs cordes dans cette composition , et lui communiquent ainsi une couleur convenable très solide.
De temps à autre le ehasseur /placé au bout de la tirasse au point l, tire le fil a;, ce qui fait agiter et voltiger le pigeon ; Toiseau de proie Taperçoit du plus haut des nues , se précipite sur lui avec la rapidité de 1 éclair et l'enlace dans ses serres ; le chasseur tire la tirasse , les nappes se ferment et le faucon est pris.
Le tombereau s'emploie beaucoup pour la chasse des petits oiseaux et particulièrement des alouettes; il se fait et tend de la même manière , à cette différence près , que chaque nappe a vingt-cinq pas de long ; et que les mailles n'ont que neuf lignes de largeur.
Dans le cas oii l'on ne voudrait pas faire la dépense d'un filet spécialement consacré à prendre les oiseaux de proie , on pourrait se servir de celui-ci , mais avec la précaution de beaucoup allonger la tirasse.
Les oiseaux de proie diurnes ont une antipathie prononcée contre les espèces nocturnes , et l'on se sert quelquefois de cette haine pour les attirer dans le piège.
Les grandes espèces ne manquent jamais de fondre sur le grand-duc dès qu'ils l'aperçoivent, et les petites, sur les chouettes et hibous. *
On tâche de se procurer un jeune grand-duc , et voici comment on le dresse pour l'employer à la chasse.
On l'attache par une patte à une corde tendue entre deux billots , sur lesquels il se pose alternativement; la menotte ticrti^ une ficelle terminée par un anneau en cuivre passé dan» la corde ; cette. ficelle doit avoir à peu près un pi«d
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de longueur. Les deux billots doivent être d'abord à la distance de dix-huit pouces Tun de Fautre; lorsque Toiseau est posé sur Tun , on lui présente son manger sur Tautre , il est ainsi obligé de franchir Tespace qui les sépare en faisant glisser son anneau le lon^ de la corde *, le lendemain on^éloigne les billots de quelques pouces ; le surlendemain de quelques autres pouces , ae manière à ce que Fanimal soit obhgé , pour prendre sa nourriture , de s^habituer à Yoler d'un billot à 1 autre. Lorsque son éducation est finie, il doit savoir Toler d'un bout à l'autre d'une corde de soixante à quatre-vingts pieds.
Voici comment on s'en sert : on pratique à l'entrée d'un taillis une éclaircie en forme de couloir , ayant huit à dix pieds de largeur , sur dix à douze de hauteur ; cette éclaircie s'enfonce de dix à douze pas dans l'épaisseur du bois , et Ton construit dans le fond une cabane ae feuillage , afin de cacher le chasseur. Sur les côtés de l'éclaircie , sur le devant et sur le dessus on tend des filets nommés araignées ; leurs mailles doivent être de deux à trois pouces de largeur, en fil très fin et très fort et teint en vert. 'A cinquante pas hors du bois , on place un billot* et le second se plante près de la cabane où est le chasseur *, on pose le grand-dur sur le billot dé dehors et l'on attend. Lorsqu'un oiseau de proie paraît dans les airs , le grand-duc l'observe attentivement , puis , effrayé de son approche , il prend son vol le long de la corde et vient se réfugier sur le billot près du chasseur ; l'oiseau de proie se précipite à sa suite , le suit dans l'éclaircie et se prend dans les araignées , qui doivent être tendues très légèrement.
• Les araignées peuvent encore s'employer d'une manière beaucoup plus simple : on plante dans la terre et dans un lieu découvert quatre perches , au bout desquelles on laisse du feuillage ; on les garnit en dessus et sur les côtés d'araignéesul'un fil très fin , et l'on place dessous un pigeon blanc que l'on fait mouToir comme nous l'avons dit pour le tombereau.
hQtraqwnard est aussi un piège fort en usage contre les oiseaux de proie qui vivent de pâture morte, tels , par exemple, que lacresserelle. Celui que nous avons figuré (PI. II, fig-^-) peut être employé fort avantageusement-, enramorce avec
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un morceau de viande , et on le dépose daps les trous de clochers ou dans les vieilles tours que ces animaux habitent de jpréférence. Le tracpienaid de la PI. II, fig, 25, est d'un usage plus général. Lorsque Ton a remaraué rendroii fréquenté par une bnse ou fout autre oiseau séaentaire , on y éîèvoiune perche de trente à quarante pieds de hauteur , au bout de laquelle on ûxe le traquenard par le moyen des deux branches de fer que Ton iFoit en dessus. Les oiseaux dé nuit surtout aiment à se percher sur le sommet des liranches mortes , afin de pouvoir plus aisément observer leur proie. Si ce piège est tendu à quelques pas de la lisière d'un bois, ils manqueront rarement de venir se poser dessus et d# s'y prendre. Si par hasard on trouvait à proximité un arbre nouvellement ébranché , c'est au sommet du tronc qu'ii faudrait placer le piège , et le succès n'en serait que plus certain : nous l'avons figuré avec sa bascule enlevée et dessinée en A, afin de faire voir de quelle manière le ressort est placé en dessous. ^
Dans les grandes fermes des environs de Paris , les cultivateurs , pour assurer la -conservation de leurs pigeons , sont dans Fusage de planter des poteaux massifs ae douze à quinze pieds de hauteur , à proximité des bois ou des buissons , mais dans un lieu découvert , près des mares , s'il y en a , et d'y placer des traqueuards. Le garde , ou le bercer est chargé de les visiter et de les tenir constamment tendus. Il parvient au sommet' du poteau au moyen de chevilles en bois ou en fer , qui le traversent et forment ainsi une espèce d'échelle assez commode.
On peut encore prendre les oiseaux de proie avec des gluaux. Dans un épais buisson, on pratique une cabane de feuillage parfaitement couverte, ann d éviter d'être vu. Nous répéterons ici que ces animaux ont l'oeil extrêmement perçant, et qu'ils découvriraient le chasseur s'il y avait le moindre jour. On pfece au-dessus de la cabane un pigeon blanc posé sur une raquette environilée de gluaux longs et minces. Au moyen d'une ficelle qui tient à la raquette , le chasseur, de temps à autre, fait remuer le pigeon; l'oiseau de proie l'aperçoit , fond sur lui et se prend dans les gluaux.
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Du Hobereau.
Cet oiseau appartient au genre* faucon , il est beaucoup plus petit que celui que nous venons de décrire , car sa taille atteint rarement celle d*un pigeon biset ; c'est le /alco suNmteo de Linnée. ^n plumage est brun en dessus , blanchâtre en dessous , avec des tacb^ longitudinales brunes; ses cuisses et le bas de son ventre sont roux ; il a un trait brun sur la joue. Le hobereau ^ris , fcUco yespertinva de Gmelin, simple variété du hobereau ordinaire, esi un mi plus petit que lui , brun dessus | d'un cendré foncé en dessous ; ses cuisses et le bas de son ventre sont roux. La femelle se distingue du mâle par sa tête rousse et par le dessus de son corps qui est barré de cendré et de noir. Ces deux oiseaux sont peu dangereux , parce qu^ils n'attaquent que le menu gibier. La caille , le jeune perdreau , deviennent quelquefois leur victime; du reste', ils se rabattent le plus souvent sur les petits miadrnpèdes et sur les insectes. Ils don« nent aisément dans le trébuchet et dans le tombei^eau.
De VÉmériOon.
C'est le falco œsolçm de Linnée. Il est brun dessus, blanchâtre dessous, tacheté en long de brun , même aux cuisses; c'est le plus petit des oiseaux de proie que nous ayons dans nos pays. Le rochier de Bufifon (fàko lithofàlco de Linnée) n'en est que le vieux mâle. Il esl cendré dessus , d'Un blanc roussâtre en dessous, tacheté en long de brun pâle.
Cet oiseau , quoique très petit ^ doit être détruit avec soin , parce que chez lui le courage remplace la force. D niche dans les rochers , d'où il descend tous les jours dans la plaine , pour donner la chasse aux perdrix , aux cailles , aux bécassines , aux levrauts et aux jeunes lapins. Il donne dans les mêmes pièges que les précédens.
De la Cresser^e.
C'est le plus commun des^ oiseaux de proie de nos pays ; Linnée Ta décrit sous le nom de falco tirmimculus. Il est de la grosseur d'un nigeon biset, de couleur rousse tachetée de noir en dessus , manche tachetée en long de brun pâle dessous ; la tête et la queue du mâle sont cendrées. Sans doute son nom français lui vient de son cri aigre et prolongé,
uigitizea oy -^jkjkj^ i\.
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imitant assez bien les sons de Tin^rument appelé oresserelle. Cet oiseau fuit peu les habitations de Thomme , et il se plait même à habiter les hautes tours et les clochers dans les grandes villes. Il fait la guerre principalement aux alouettes et autre menu gibier , et souvent il se contente de proie morte. Il donne assez facilement dans tous les pièges qu^on veut lui tendre , et principalement dans le traquenard PI, H, fig. 25, que Ton peut amorcer simplement avec un morceau de bœuf bouilli.
Du GerfauU,
Il est connu des naturalistes sous le nom de faleo can" dicans'y sa taille est d'un quart plus grande que celle du faucon ordinaire. Il varie beaucoup dans son plumage ; ce«-
Sendant , il est ordinairement brun dessus , avec une borurè de points plus pâles à chaque plume > et des lignes transverses sur les pennes; blanchâtre en dessous , avec des' taches brunes longues , qui , avec Tâge , se changent sur les cuisses en lignes transverses ; sa queue est rayée de brun et de grisâtre ; ses pieds et la membrane qui recouvre son bec , sont tantôt jaunes , tantôt bleus ; on en trouve dont le dessus du corps est presque entièrement blanc , à Tcxceptiou du milieu des pennes du manteau qui ont une tache brune.
Le gerfault est le plus courageux , le plus fort et le plus dangereux de tous les faucons ; il attaque le lièvre, le lapin, le faisan, le tétras, la perdrix, etc. S'il rencontre un parc bien garni de gibier , il ne manque jamais de s'y arrêter au moins quelque temps , et d'y faire des dégâtâ considérables. Comme il ne chasse que pendant le jour , il est facile aux gardes de s'apercevoir de sa présence , et alors rien ne doit être négligé pour le détruire. On le prend aisément avec les araignées et le çrand-duc , avec les gluaux , le pigeon et le tombereau. Si Ton n'avait sous la main aucun de ces moyens , il faudrait l'épier avec un fusil chargé de gros plomb de lièvre, et tâcher de le tuer. C'est vainement qu'on le poursuivrait pendant le jour , la finesse de son ouïe et de sa vue lui ferait toujou;*s découvrir l'approche du chasseur. On remarque l'arbre élevé sur lequel il se retire chaque soir, on s'y embusque quelques instants avant la nuit tom-
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banU , on se cacke le mieax possible dans un buisson et Ton attend , sans faire le moindre mouvement , qu^il vienne se présenter au coup de fusil ; on peut encore aller le surprendre le lendemain , avant le jouf, et le tirer aussitôt qde \e crépuscule permet de l'apercevoir.
Des Aigles.
Nous avons en France trois espèces d'aigles que l'on rencontre assez fréquemment ; toutes trois se distinguent des autres oiseaux de proie diurnes par leurs pattes emplumées jusqu'à la naissance des doigts.
L'aigle commun (falco fulvus, F. mélanaëtoSf F.niger, des naturalistes) est l'espèce la plus répandue dans nos contrées montagneuses. Cet oiseau attaque toutes les espèces de gibier et même les jeunes chevreuils ; son vol est élevé et rapide ^ et son courage surpasse celui de tous les autres oiseau^c. Il est plus ou moins brun; son occjput est fauve ; la moitié supérieure .de sa queue est blanche et le reste noir.
L'aigle royal [falco ûhrysaëtos) ne diffère du précédent que par sa queue noirâtre , marquée de bandes irrégulières cendrées. Il a les mêmes mœurs que le précédent.
Le petit aigle ou aigle tacheté {falco nœviiu et falco maculatus de Gmelin), est d'un tiers plus petit que les deux autres ; il est brun; §a queue est noire avec le bout blanchâtre ; il a des taches d un fauve pâle formant lÉie bande sur les petites^ couvertures , une au nout des grandes , qui remonte sur les scaplilaires , et une au bout des pennes secondaires. Le haut de l'aile est chargé dé gouttelettes fauves ; le dessous du corps est plus pâle que le dos ; ses pattes sont plus gr^es et moins fournies de plumes que celles des grands aigles. Les vieux deviennent tout bruns.
Ces trois espèces sont heureusement fort rares, et ne se rencontrent guère que de passage dans nos climats. Le seul jnojen de les détruire dans nos parcs est de les chasser au fusil , comme nous l'avons dit pour le gerfault. Dans les montagnes où elles sont sédentaires et eii. elles nichent , on peut employer les moyens que nous avons indiqués à l'article du l»mmer-ge]fer.
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De V Autour.
Cet oiseau , nommé par les iiaturalistes falco palumha^ rius , est de la grosseur du gerfault , mais beaucoup moini courageux. Il est brun dessus , à sourcils blanchâtres , blanc dessous , rayé en trayers de brun dans Tadulte ; dans le pre* mier âge il est moucheté en long ; il a cinq bandes sur la queue. On le trouve communément dans nos collines et dans nos montagnes basses , où il fait continuellement la chasse aux perdrix , aux cailles et principalement aux pigeons ; du reste il donne assez facilement dans la plupart des pièges décrits à Tarticle du faucon.
De VEpervier.
Il est connu , en histoire naturelle , sous le nom de falco nUtiks : il ressemble à Tautour , quant à la couleur , mais sa taille est d'un tiers moindre , et sesiambes sont plus hautes; le jeune a les taches de dessous en flèches ou en larmes longitudinales et rousses , et les plumes de son manteau sont aussi bordées de roux. Il a les ^mes mœurs que le faucon, sa légèreté et son courage , maïs non sa force; aussi n'attaque-t-il guère que le menu gibier et les pigeons. Il se prend au tombereau y aux gluaux et au traquenard. Du Milan.
Le milan commun [falco milvùs de Linnée) est fauve avec les pennes des ailes noires , la queue rousse et fourchue. Sa grosseur Surpasse celle d'une poule ; ses ailes longues sont très vigoureuses , et c'est de tous nos oiseaux de proie celui qui se soutient le plus longtemps et le plus aisément dans les airs. Il habite tes pays montagneux et principalement ceux qui sont couverts de forêts de sapins. Il se nourrit principalement de reptiles , mais il manque rarement de se jeter sur les poules et autres volailles qui s'écartent des fermes solitaires.
he meilleur moyen de^ le détruire est de faire une recherche exacte de son nid , toujours placé sur un des arbres les plus hauts de la forêt qu'il habite. Une fois qu'on l'a découvert , on saisit le moment où la femelle couve , on la tue d'un coup de fusil et l'on brise ses œufs. Il donne asset facilement dans les gluaux et dans les araignées.
CHASSEUBS. i2$
De la Bondrée.
Elle est remarquable par un caractère qui la distingue nettement des autres oiseaux de croie du genre fcUco', l'intervalle entre Fœil et le bec , qui , chez ces derniers est nu ou seulement muni de quelques poils/ se trouve, chez elle, couvert de plumes bien serrées et coupées en écailles ; elle est un peu moindre que la buse , brune dessus , diiTéremment ondée de brun et de blanchâtre dessous ; la tête du mâle est cendrée à un certain âge. Rarement cet oiseau attaque le gibier ; mais il est le fléau des abeilles donlf'k fait sa principale nourriture ; il donne dans peu de pièges, mais, lorsque Ton connaît ses habitudes journalières , on vient aisément à bout de le tder ^ surtout si Ton est muni du fusil long dont nous avons parlé plus haut : «'est le falco apivortu des naturalistes.
De la Buse, "Les naturalistes la connaissent sous le nom de falco huteo\ elle est de la grosseur d'une poule , brune , plus ou m<Hns ondée de blanc au ventre et à la gorge. Quoiqu'elle ait peu de courage , c*est un de nos oiseaux de proie les plus nuisibles ; elle habite toute Tannée nos forêts , où elle niche. Ce n'est qu^assez rarement qu'elle tournoie, dans les airs pour découvrir sa proie ; le pms ordinairement elle se poste en embuscade sur une butte élevée , ou au sommet d'un arbre mort , d'où elle peut découvrir la plaine. De là, elle fond sur la perdrix , le faisan , le lièvre , le lapin , etc.; elle ne manque jamais de se jeter sur les oiseaux de basse-cour toutes les fois qu'elle en trouve l'occasion. Quoique lourde, «lie a beaucoup de finesse et se laisse difficilement approcher à la portée du fusil. Cependant, comme elle ne donne pas aisément dantt les pièges, ce n'est que par ce - moyen qu'on peut espérer de la détruire. Elle affectionne de certaines localités qu'elle quitta rarement. Là , elle choisit un Arbre élevé , dépouillé de feuilles au sommet , où elle se tient une partie du jour et pendant la nuit. C'est là qu'il faut se mettre à l'affût pour la tirer, le soir lorsqu'elle vient fie coucher , ou le matm ayant le point du jour. Elle ne donne jamais dans le tombereau ; mais nous en avons vu prendre avec le traquenard placé par terre , dans un lieu
DKSTRrCTEITB, i""* PARTIE. ^*
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découTerk, et amorcé avec une couleufrc noufellement tuée. Oq peut encore espérer de la prendre en plaçant le traquenara sur la tête d'un arbre mort dépouillé de ses branches.
Nous ferons ici une remarque; c'est que la plupart. des oiseaux de proie se laissent facilement approcher à cent dix ou cent \inçt pas , pour peu que Ton avance avec précaution , mais jamais plus près. On viendrait donc facilement à bout de les détruire , si l'on était pourvu de fusils longs
?[ui pussent porter à cette distance. Pour se procurer ces usils avec une grande économie , il ne s'agit que de souder dix-huit pouces ou deux pieds de canon au bout^ d'un fusil de munition , dont le tonnerre serait reconnu d'une grande solidité. Le calibre se trouve ainsi proportionné à la longueur du canon , et cette arme , assez légère , porte très bien la charge de gros plomb à cent et cent vingt pas. Nous avons vu plusieurs de ces fusils dont la portée était à peu près sûre à cette distance. On peut encore commander à un armurier un canon de cinq pieds de longueur , ayant le même calibre qu'un fusil de munition^
De la Soubuse,
Nous en avons trois espèces dans notre ipays , la sottbiue , le busard cendré et la fiarpaye. Ce sont des oiseaux plus petits que la buse dont ils diffèrent par des tarses plus élevés , et par une espèce de CQllier , que les bouts des plumes qui couvrent leurs oreilles forment de chaque côté de leer cou.
La soubuse proprement dite , (falco pygargus de Linnée) est brune dessus , fauve , tachetée eu long , brune dessous ; son croupion est blanc. Cuvier pense que l'oiseau Saint- Martin (falco cyaneus et albicans) , cendré, à pennes des ailes noirâtres , n'est que la vieille soubuse mâle. Ces oiseaux , par leûre mœurs , se rapprochent de la buse et du faucon ; ils donnent assez aisément dans le traquenard et les trébuchets.
Du Busard cendré , de la Harpaye ou Busard des marais.
Nous ne dirons rien du busard cendré {fcUco cineraceus des naturalistes), dojit les habitudes ressemblent beaucoup à celles de l'espèce précédente, ^ant à la harpaye ,