‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 31 sur 114 · DES OISEAUX DE PROIE PÊCHEURS · texte numérisé non relu

DES OISEAUX DE PROIE PÊCHEURS

La classe des oiseaqx de proie nous offrira quelques oiseaux pêcheurs , habitant les bords des lacs , des étangs et des grandes rivières. Nous ne donnerons pas de nouveaux détails sui' l'art de les détruire, parce que ce serait répéter ce que nous avons dit des oiseaux de proie diurnes. Du Pygargue ou Orfraie,

Les anciens naturalistes donnaient à cet oiseau le nom de foUco ossifragus, (UbiciUa, et aïbicaudus. Ils en formaient deux espèces qu^ils fondaient sur quelque différence de plumage. Dans ses premières années , le pygargue a le bec noir , la queue noirâtre tachetée de blanchâtre , et le

Ï>]nmage brunâtre , avec une flamme d'un brun foncé sur e milieu de chaque plume. Avec Fâge , il devient d'un gris brun uniforme , plus pâle à la tête et au cou , avec une queue toute blanche et un bec jaune pâle. Cet oiseau atta-^ que le poisson et n.'a guère d'autre nourriture.

Le pygargue vit ordinairement sur les bords de la mer^ dans le voisinage des grands lacs , quelquefois aussi dans l'intérieur des terres , les steppes de la Russie , par exemple, 011 il a été rencontré par M. Nordmann. Il se nourrit de poissons , d'oiseaux et de mammifères aquatiques ou terrestres et même de grands reptiles. Il se jette aussi sur les^ charognes , surtout pendant 1 hiver. On dit même que notre pygargue attaque les phoques , et qu'il se cramponne tellement sur leur dos , en v enfonçant ses giiffes acérées , que souvent il ne peut plus les dégager , et que le phoque l'eti-^

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traîne au fond de la mer. En raison de leurs mœurs et de leur ressepablance avec les aigles proprement dits, les pygargues ont reçu le nom d'aigle^ pêcheurs. Ils sont communs dans tout le nord de TËurope , mais ils se montrent assez rarement en France.

Du Balbusard cTEurope, Cet oiseau se distingue aisément de tous les autres oiseux de proie , par ses ongles tonds en dessous et non creusés d'une gouttière. Il est d'un tiers plus petit que Torfraie , blanc f à manteau brun ; une bande brune aescendant de l'angle du bec vers le dos, des tacbes brunes sur la tête et la nuque, quelques-unes à la poitrine; la membrane du bec et les pieds tantôt jaunes et tantôt bleus . C'est le fqlco haliœtus de Linnée. Il babite le bord des eaux douces de presque tout le globe, oiî il vit de poissons et d'^oiseaux d'eau qu'il épie avec une patience extrême. Une deuxième espèce de Balbusard (Pandion americanus, Wilson ) te Fish-hawk ou faucon pêcheur des anglais , se trouve en Amérique , et vit de poissons marins.

APPENDICE A UXOISEA UX DE PROIE PÈCHEVB&.

Du Héron.

a Un jour sur ses longs pieds aHaii ie ne sais oii « Le héron au long bec , emmanché d'un long cou. )»

C'est ainsi que notre inimitable fabuliste a caractérisé le héron , que les naturalistes désignent sous les noms d'ardea major ; ardefsi cinerea. Cet oiseau est grand ; son cou , ses jambes etrson bec sont d^une longueur démesurée; san plumage est d'un cendré bleuâtre ; il a un e huppe noire à l'occiput ; le devant de son cou est blanc , pars'emé de larmes noires.

Le héron est un des oiseaux les plus dangereux pour tes poissons qui peuplent nos rivières et nos étangs ; la longueur de ses jambes , dégarnies de plumes sur une étendue considérable , lui permet de s'avancer dans l'eau iusqu^à huit à dix pouces de profondeur; là il reste immobile pendant des heures entières, et saisit avec adresse le poisson qui passe à sa portée. Il se perche sur les arbres des envi*

uignizeci oy •^jy.jKj-^iK.

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rons, et les fait-périr, dit-on, en les brûlant atcc sa fiente. Il a la vue perçante et roreille très fine, ce qui rend son approche assez difficile. Cependant , en réussit à le tuer avec un long fusil , en se cachant le long des haies ou des falaises. Si 1 on a un petit bateau , que 1 on se couche dedans et que Ton rame avec une palette pour avancer sur le héron en agitant Teau le moins possible , il est assez facile de le tirer à cinquante ou soixante pas*,, on peut encore l'attendre à Tafiiit , et ce moyen est le plus sûr. On remarque quelle est la partie de Tétang quM fréquente de préférence ; c'est ordinairement celle où le bord plat lui permet de s'avancer davantage dans Teau. On y construit une cabane de feliillagé , et Ton s'y place à l'afiïït, le soir, à la nuit tombaate , ou le matin quelques instants avant le jour *, on est à peu près sûr de tirer ces oiseaux posés ou au vol. On indique encore un moyen de prendre les hérons, mais nous n'en garantissons pas le succès. Il consiste à tendre une corde plus ou moins longue le long du bord de l'eau , et à la nxer , de distance en distance , au moyen de piquets enfoncés dans la terre. De cinq pieds en cinq pieds, on attache à cette corde une ficelle longue de cinq à six pieds , termiiiée par une cordelette en crin et par un hameçon ;;on l'amorce avec un poisson de la grosseur du pouce, que l'on enfile par la partie charnue du dos afin de ne^pas je tuer. Lorsque le héron vient se promener sur le rtfage , il voit le poisson nager difficilement sur le bofiil; il s'en saisit , l'avale et reste pris par l'hameçon. Du Butor.

Il est un peu plus petit que le héron , mais il a le cou proportionnellement plus gros à cause des plumes lâches et écartées qui le garnissent. Son plumage est d'un fauve doré, tacheté et pointillé de noirâtre ; son bec et ses pieds sont verdâtres. CeioiseaxiXardeastellaris des naturalistes) appartient, comme le précédent, à l'ordre des échassiers ; , il a les mêmes mœurs et les mêmes habitudes et il se tient aussi sur le bord des eaux où il fait la guerre aux poissons. Caché dans les roseaux , il fait quelquefois entendre une voix terrible qui lui a valu son nom (hos-taurus) . On le prend et 0û le chasse de la même manière que le héron -, mais nous

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devons avertir nos lecteurs qu'il y a un danger réel à s'emparer (le lui avant qu'il soit mort. Lorsqu'il se sent blessé et nors d'état de fuir , il s'accroupit , reiiverse son long cou sur la partie supérieure de son corps , et attend son ennemi dans cette attitude. Quand il le voit à portée , il darde sa tête et son bec long et pointu avec une telle forcé , que nous en avons vu un percer de part en part la cuisse d un cbien ; ce qui rend cette manœuvre plus dangereuse encore , c'est qu'il tâche ^oujoui^ de porter son coup dans les yeux.

Du Cormoran.

l\ appartient à l'ordre des oiseaux palmipèdes , c'est-àdire, qui ont les^ doigts réunis par une memWaiie. C'est le peleoanus carbo de Linnée. Son plumage est d'un brun noir, onde de noir foncé sur le dos , et mêlé de blanc vers le bout du bec et le devant du cou. Le tour de gorge et les joues sont blancs dans le mâle , dont l'occiput est huppé; son bec est alongé et comprimé *, le bout Je la mandibule supérieure est crochu , et celui de l'inférieure tronqué ; il a la peau de la gorge dilatable , mais beaucoup moins que le pélican. Sa taille est celle de l'oie.

Il niche dans les trous de roches ou sur les arbres , mais toujours à proximité (Jes eaux qu'il habite pendant le jour. Il nage et plonge §vec une égale facilité et ne se nourrit que de poissons , qu'il saisit avec beaucoup d'adresse. Cet oiseau servait autrefois pour la pêche, surtout en Angleterre. Cette coutume , aujourd'hui abandonnée chez nous , existe encore en Chine.

On chasse et on prend les cormorans par des moyens analogues à ceux indiqués à l'article du héron , ou plus faciles encore , puisque ces oiseaux ne fuient , dit-on, ni sous le feu de nos armes , ni sous le bâton , et n'évitent aucun piège.

r DES OISEAUX DE PROIE NOCTURNES.

Nous ne ferons qu\m seul article de cette classe d'oiseaux, beaucoup moins nuisibles qu'on ne le pense généralement. La superstition s'en est emparée pour fournir der tristes présages ; et le préjugé est tellement enraciné che^ ht crédules habitants de la campagne , qu'ils n'entendent

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pas sans effroi le cri monotone et nocturne de la chouette et du bibou , qu'ils regardent comme les précurseurs de la mort. Si Ton en excepte le grand-duc , espèce extrêmement rare , qui attaque quelqueiois le gibier , toutes les autres font peut-être plus de bien à Tagriculture , qu'elles ne font de mal à la conservation des cbasses. Les grandes espèces se nourrissent de souris , de mulots , de musaraignes et autres petits quadrupèdes malfaisans ; les espèces plus petites se nourrissent d'insectes et de papillons de nuit. Tous ont la tête grosse ; leurs yeux , très grands , sont dirigés en avant, et entourés d'Un cercle de plumes effilées ; leurs ailes sont faibles , à pennes munies de barbes douces , finement duvetées , ce qui leur permet de glisser , pour ainsi dire , dans Tair, sans faire le moindre bruit. Leurs pupilles énormément dilatées , recevant un très grand faisceau de lumière , leur donnent la facilité de très bien découvrir les objets pendant le crépuscule ; mais aussi le jour les éblouit ac^ point de les empêcher de distinguer les objets. CeM cette disposition qui les oblige à ne chasser que la nuit, et à se cacner pendant le jour dans des trous obscurs , afin d'éviter les ravons du soleil qui les incommodent. Ils ont un caractère fort remarquable , et qui les distingue de tous les autres oiseaux de proie : le ooigt externe de leurs pieds se dirige à volonté en avant ou en arrière. Lorsque , pendant le jour , ils sont attaqués ou frappés de quelque objet nouveau , sans s'envoler ils se redressent , prennent des postures bizarres , et font des gestes ridicules. Les petits oiseaux les ont en horreur , et ne manquent jamais de les poursuivre avec acharnement aussitôt qu'ils les découvrent ou qu'ils les entendent ; aussi se sert-on de cette antipathie naturelle pour faire à ces derniers une chasse qu'on nomme pipée, et pour* les attirer dans le piège. Tous les oiseaux nocturnes se prennent aisément au traquenard placé au sommet d'un arbre mort et ébranché , sur la lisière d'un bois , parce que c'est là que généralement ils aiment à se poser pour faire entendre leurs , cris sinistres. Du reste , ils ne donnent dans aucun autre piège. On est donc réduit à rechercher leur nid dans les troncs d'arbres , dans les ruines et dans les trous des hautes tours et des clochers *, on fcrise leurs œufs et on tue leurs petits.

1 52 DBS PASSEREAUX

Une seule espèce , Teffraie , { strix fhmmea des naturalistes ) très reconnaissoble à son plumdge blanch&tre et piqueté de bruQ , nuit aux propriétaires ruraux , en détruisant les jeunes pigeons qu elle Ta saisir la nuit dans les colombiers , pour peu qu'elle trouve une issue pour y pénétrer. Elle ne donne dans aucun piège , mais on peut la tuer à coups de fusil en se plaçant pendant le crépuscule , auprès des tours , des colombiers et des clochers qu'elle halite. En visitant les trous et les vieilles charpentes, on trouve aisément son nid , dont on a soin de s\emparer.

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