‹ Nouveau manuel complet du destructeur des animaux nuisiblesChapitre 76 sur 114 · INSECTES DESTRUCTEURS DE CULTURES DE BOIS FEUILLUS · texte numérisé non relu

INSECTES DESTRUCTEURS DE CULTURES DE BOIS FEUILLUS

Les insectes de bois feuillus (à Texception de la processionnaire et de la Nonne, du B. Dispar et des vers Iblancs) n^attaquent jamais les strobilifères. Ils se distinguent entre eqx de la façon la plus frappante pour le praticien, en ce que les uns préfèrent les cultures, les autres les bois de baute futaie , ou du moins q\i'ils ne se rendent nuisibles quWx premiers ou aux seconds. Ainsi, par exeipple , les Buprestes ou Richards, les chrysomèles du peuplier , du bouleau et de Taulne , puis le capricorne du peuplier , les charançons terts, puis encore les cantharides et même les vers biaises , ne nui- ' sent guère qu'aux jeunes plantes , tandis que les chenilles Spongieuses ou de Dispar, la livrée, les chenilles procession-^ naires, la pudibonde, la biémale, la Nonne et la tordeuse du chêne attaquent de préféreftce les bois de baute futaie, et seulement, les broussailles alors qu'elles tombent dessus par hasard.

En général il fatft encore remarquer que les destructeurs des bois feuillus ne sont pas, à beaucoup près, aussi à craindre' que ceux des bois résineux , parce que les premiers ne man-^ gent , pour là plupart , que des feuilles. C'est pourquoi, lorsqu'ils se montrent en foule extraordinaire , 1-on n'a besoin que de peu d^efforts pour s'opposer à leurs dégâts. Seulement po»ir le richard et le capncome il faut abattre les tiges ' infestées. Quant aux autres il suffit de leur faire la chasse. Cela s'exécute en recherchant toritôt les œufs, les chenilles, ou les chrysalides , tantôt enfin les papillons , suivaM que les uns on îes autfes^sont |rtws Otifmoms fréquents ^

uigmzeaoyx^OOQle

ii4 INS. DESTR. DE ÇULT. D< HQIS PEUim».

L Le Richard vert du hêtre et du chêne {Bupvestis viridis).

Cet insecte , (voyee pi. H , %. 13 F) , est riin des plus petits deshyl<yplithires. Il est pourtant hçiie à reconnaitre à sa forme mince et alongée.^ à ^on beau reflet métallique , d^ordinaire bleu et plus rarement yerdâtre , à ses fines antennes et enfin à ses pattes courtes. La larve', (voyez fig. i5 L) est toute blanche , longue , étroite , un peu plus large pai^ devant , et se termine par une paire de petites pinces. Uinsecte parfait éclot en juin ou en iuillet , et dépose ensuite ses œufs sur Técorce des jeunes hêtres. Les larves ^closes s'insinuent, en rongeant, jusque sousVécorce, et se creusent, entre le Kber et Taubier, des canaux serpentants, qui vont en s'élargissant de -plus en plus. Elles vivent dans ces galeries pendant Thiver , puis tout Tété , l'automne et rhiver suivants. Elles se changent en nymphes ^seulement pendant Tété d'ensuite, dans une petite cavité qu'elles s'ouvrent dans l'aubier , et enfm le richard éclot après ime métamorphose de deux 'années complètes. Le trou qu'il laisse dans l'écôrce, après s'être fait une issue pour revenir au jour, a environ cette forme n^^^. Qn remarque rarement les insectes , soit qu'ils voltigent ou qu'ils soient posés, parce qu'ils se cachent soigneusement pendant la pluie , puis qu'us sont très agiles et demeurent -seulement quelques secondes à la même place lorsqu'il lait beau.

Le richard ou Bupreste vert n'est pas très conmiunet ne se montre pas nuisible dans toutes les^ïontrées. Néanmoins nous a^vons déjà eu plusieursexemples que de vastes plants de hêtre ont été, sur une grande surfsice, attaqués et dévastés par lui. L'on a remarqué encore qu'il n'assaille guère que les arbres maladifs. Il faut donc supposer que ceux-ci se seraient développés déjà malades par suite de leur pâture chétive, ou qu'ils eussent été -étouffés ou arrêtés par suite de certaines circof^stances qui auraient présidé à leur plantation, conune si, par exemple, la neige , la gelée avaient suspendu le plantage ou ^en encore une grande sécheresse , etc. Si dwic l on peut écarter ces infli^ienices funestes, l'on éloignera aussi l'insecte.

LE RICHiAD VSRT DU hAtM KT BU CHÉHE.

. Toutelpk en svqpposant que i'attacpie 4e TemienH ait dé^ eu. lieu , il n'y aura plus rien à faire alors , que d'extirper » d'abattre et de brûler les tiges infestées. Cela doit avoir lien dans le mois de mai et dans la première moitié de juin , c'estàr-dire avant l'éclosion de l'insecte. L'on doit à cette époque , si les cas précités se présentent , se tenir fort attentif et se guider par l'^parence du feuillage , puis considérer de près Técorce de beaucoup d'ari>res Jusqu'à la hauteur d'environ cinq à six pieds (im., Î^Omillim. à Im., 944 millim.). L'on reconnaîtra assez facilement les dégâts des lar^lk kaii!S.galeries serpentimtes qui se trahissent extérienrepKRiit par une faible protubérance de l'écorce. Si Ton fait une iqeisioB^sur ces pro|ubérances ondoyantes , l'on découvrira nettement le canal des larves et^ à l'extrémité de celui-ci , presque toujours la jarve elle-même ou la nymphe dans l'aubier.

Si les galeries des larves ne vont pas jusqu'au collet de la racine , Ion aura la faculté' de provoquer une pousse saine , en faisant recouper les jeunes arbres un peu au-dessus ; mais ce moyen ne saurait être utile que là où. l'on peut, brandonner beaucoup de bois.

U y 1^ encore quelques richards que l'on peut bien ranger à côté du vert. Ils se montrent , quoique beaucoup plus rarement , sur le chêne et le bouleau ; on les détrmt de là façon que j'ai indiquée plus haut. Avec ceux-ci se rencontra encore parfois^ sur les chênes, un bostriche * dit le rongeur

* Ce bostri<;be ressemble beaucoup au rongeur de l'orme ( Eccoptos.

Scobtiis) qui est représenté sur la pi. Il, Ug. a F, et qui est' ainsi Bpmmé parce quUl vit sur ToFme ''• Il clioisil toutefois des arbres déjà développés , et on le combat le plus facilement en abattant et en enlevant tout de suite de If forêt les tiges at-

Uquées par loi , ayant que Pt^îm n'en soit sorti. Quant à ces arbres isO' les, qui se trouvent dans les parcs ou le long d'une grande route et sur lesquels on remarquerait des trous d'entrée faits par eux , il faudra 1 «s enduire de goudron , afin que le con.

vain étouffe et que d'autres insectes n'y puissent de nouveau pénétrer.

i pays , QÏi l'un a détruit beaucoup ém 1 chênes , l'autre beaucoup d'oriies.

* Ces dtu» vgogeurs sont moins

importants, pour l'Allemagne que , .

pour la France ; ils se sont d«^à mon- 1 C'est pourquoi nous ajouterons ic* «rés ea grande foule dans c« «limier ) qutlq^*» mots encore à leur sujet. Le, '

DESTRUCTlUl, 2» FA1T1I.

ii6 mS. DE5rR. DE CyLT. DE BOIS TVUlLLtS.

du ehênc. [Eeeopêogoêtêr intrieatui) , «iftis on peut également le combattre en cultivant les arbres avec soin.

JI. hk ChRYSOMÈLE du PEtPÙER , DE l'aULNE

ET DU BOULEAU (Chrysomcla Populi, Alni, Capreœ).

Toutes les trois se rangent au nombre des p&s petits insectes. Ces Coléoptères , à Tétat parfait , sont courts , ninaassés , très bombés et munis de longues antennes. Léfe larves sont alongées, hexapodes, cylindricjues. La chrysomèle du peuplier (Chrys, Pop^i) à rétat parfait (voyez pi. Il , fig.

rongear dn cfaène ( Eccoptogaster in.

tneattu),, qtie l'on trouve fautwment désigné dans le» ouvrages français sous le nom de Scolytus pjgmiBus , vit dans le ch^oe et sous l'écorce. Ses galeries principales sont horizonUleB, «t les canank des larves,, qui partent

j^e celles-ci, sont dirigés vers le haut «t ver< le bas. Tels sont les signes qui letMhissent le plus indubitablement.

•«— Le rongeur de Torme ne vit , lui ,

-;^tte sur Porme , et ses galeries res- .semblent beaucoup à celles du grand rongeur du sapin rouge (Bostrickus

■txpographtu)ivoj. fl. VII , fig, i, les plus grands canaux}, L^on pourra donc ainsi s'assurer de sa présence , sans avoir même vu ce petit coléoptère (^ui toujours est assez difficile à

. distinguer. Quant aux moyens préservatifs et à ceux de destractiou à «mployer contre lui , nous dirons que l'on tiendra éloigné cet ennemi surtout par réducation de tige* robuste»

et saines. Pour cela, il faut éviter tout terrain qui serait peu convenable , ^ puis entremêler les ormes avec d'autres espèces d'arbres , an lien de les cultiver bculs. On cbercbera encore à tenir les grands massifs bien compactes f et enfin oit s'eflTorctra d'éviter

de fairedecblessnrM aux indÎTkiw plantés sur le bord des cbemins on aux extrémités des pépinière» , soit en les beurUnt an passage avec les essieux des voitures, soit de tente autre fav^on. Si ce pernicieux insecte a paru malgré tout , la plus grande attention sera nécessaire pour le reconnaître , dès le commencement de la maladie ou après la mort rapide de Tarbre , à ses trons d'entrée dan» Técoree (ceux-ci ressemblent à ceux ^e ferait dn plomb de chasse ordinaire), on bien aux martellemento des pics qui vont à la recherche de letur» cqnvains. Alors on éloignera tapidemeat les arbres atUqués , comme on l'a dit au long à l'article du sapio roofS ( voy. chap. IH , a« part, n** x ), «* l'on's'effbrcera d'accomplir an tâche, avant que la liouvelle génération ne les quitte , car sans cela elle envahirait une quantité cent fois plus considérable de troncs encore inattaqnés.

Les arbres d'appât , si utiles et »i recomnundables contre les bostriche* des bois résineux , ne sont d^ancna seconr» contre ceux dont il s^apit ici. (Extrait des Insectes forestiers de M. Ratxeburg , tome I.).

Voy. l'appendice à la fin de ce rrf.

hk CBRTftOKÀUI. If7

3 F) & des %tresd*iiB be»u rou§e ayjM un confiât é*iui bleu d^acier, et ses larves (Yoyez fig. 2L) sont noires aven des i^enrues dorsales blanches. L'insecte parfait de la cbrjsomèle de Fanlne (Chrys. Alni) [yoyei fig. 2 F] est bleu comme de l'acier, et ses larves (voyez fig. 2 L) sont toutes .noires. La chrysomèle du bouleau {Chrys. Capreœ), parvenue à son entier développement (voyez fig. i F ), est d'un brun jaunâtre ; ses larves sont d'une couleur sale , marron clair. — Quant aux mœurs , elles ont toutes trois les mêmes, en ce que l'époque de leur éclosion a lieu en mai et oueK quefois en juin , et qu'elles déposent leurs oeufs sur les feuy« les. Les larves mangent alors pendant tout une partie de l'été , et "commencent touioui*^ à la surface des feuilles , de sorte que celles-ci ressemblent à la fin ^ des squelettes. Une différence existe pourtant entre elles , c'est que la chrysomèle du peuplier passe à l'état de nymphe sur le feuillage de Farbre , tandis que les chrysomèles de l'aulne et du bouleau se métamorphosent dans la terre. D'ordinaire les insectes parfaits se montrent encore en automne, puis hivernent sous les feuilles mortes.

Chacun des Coléoptères susdit» habite assec fidèlèment^ l'espèce de bois qu'il a choisie. Les deux dernières chrysomèles attaquent plus volontiers les jeunes semis ou plantations de bouleaux et d'aulnes, tandis que celle dti peuplier montre une préférence marquée pour les drageons de son arbre. Déjà , en maintes conh^es , elles ont fait des brèches sensibles dans de grandes pépinières et ont rendues celles-cî fort maladives ; il est donc utile de ne pas les laisser tr«p se

Sropager. On ne peut toutefois s'opposer aisément à leurs ésastres qu'en rassemblant ces insectes à l'état parfait , soi! en mû , en juin et même en septembre. Pour cela il fant aoe les ouvriers soient pourvus d une espèce de filet de toile disposé comme un parasol ouvert. Ils devront tenir cet tnstmment de la mam gauche , et avoir dails la droite un bâton ; ainsi équipés , ils passeront à travers les semis , les cultures ou les coimes et feront tomber les Coléoptères dans leur sorte d'ond>relle ; ensuite on en retirera les prisomiiers, et on les enfermera dans des boites ou des paniers chsposés à cet effet. Lt» insectes sont si peu ftrmes sur les fituittes ,

lift IMS. DBSn. DB CULT. DU BOIS FEmUft».

qu'ils tombent soudain , dès le mokidre choc donné contre les jeunes tiffes ou coiitt*e les branches. H faut donc avoir bien garde de ne pas> heurter ou frapper les arbrisseaux , avant de tenir immédiatement sous eux le parasol en question.

Cette opération va du reste si vite , surtout quand Tou- Trier est adroit , qu'un seul homme peut facilement , en un jour , suffire à un hectare.

m. Le Capricorne du peuplier {Cerambyx Carcharias).

Ce Coléoptère, Tun des plus grands de tous, (voyez pi. n , fig. 12 F) , est très alongé , cylindrique , d'une couleiur jaune brunâtre et armé de fortes et longues antennes. Sa larve, ( voyez fig. i2 L) , d'un blanc jaunâtre , est apode et épaisse. La nymphe, (voyez fia;. 12 P) est aussi d'un blanc jaunâtre. L'insecte parfait éclot en juin ou en juillet, et dépose ses œufs dans les gerçures de l'écorce de différents peupliers, surtout dans celle du tremble. Les larges entrent en rongeant, â une assez grande profondeur dans le bois , et le percent en général jusques au cœUr. Là, elles se changent en nymphes après le deuxième hiver , de sorte' que l'insecte n'atteint son entière perfection qu'après deux années entièrement révolues.

La larve de ce gros Coléoptère mine les troncs de plusieurs peupliers , surtout ceux des trembles qui ne sont pas âgés de plus de vingt ans. Il attaque les semb dès la cinquième ou la sixième année , et les scions dès la troisième. Les blessures qu'il fait ne sont pas positivement mortelles ; mais les faibles tiges étant en tous sens traversées par les galeries,* de telle sorte que peutle couches ligneuses en restent épargnées , ces tiges se trouvent ensuite plus exposées à être renversées par le vent. Le dommage causé par eux dans les coupes de tremble est souvent très sensible , et le forestier aura grandement raison de s'opposer à une propagation qui pourrait d^enir fimeste. Gela a lieu par l'étoi-

LES CHÂlAHÇOIfS VERUB. 119

gnement prompt des ti^es atta^ées. L*oa reconnaît sans peine celles qui sont habitées par des larves , «ux petits c<v* peaux , souvent encore frais et humides , lesquels se trouvent devant un trou assez vaste qui conduit aux galeries. Si les arbres souffrent depuis plusieurs années de ce fléau , ils ont , un peu au-dessus de la tçrre , un gonllemenjt remarquable.

Dans les mois de juin et de juillet , les insectes parCaks sont posés sur les troncs et les branches , et Ton peut , par une secousse , les jeter facilement par terre et les recueuUr ainsi. Si Ton enduit Tarbre dans le courant de juin , d'une couche de terre glaise et de bouse de vache jusqu'à la hauteur de i mètre 720 millimètres (5 pieds) environ, on peut le mettre à Tabri de ce Goléoptère.

La larve du papiUon-guépe [Sesia apiformis) habite souvent avec ce capricorne; quelqu^is elle se rencontre aussi seule , mais ses habitudes sont en tout semblables à celles de Tinsecte que nous venons de décrk-e, et l\)n s'oppose à ses ravages de la même manière que pour le- capricorne. .

rV. Les Charançons verts ( Curctdio argent talus, etc.).

H est plusieurs sortes de ces Coléoptères i courtes trom-

{jcs, de couleur verte , et la plupart ayant un reflet métalique. Le plus commun est le charançon argenté , ( v. pi. Il , fig. 4 F). Dn'^st pas fort important de savoir les distmguer entre eux, car leurs mœprs sont. tout-à-fait pareilles, du moins quant aux points les plus remarquables. Leur édosion a lieu en mai où en juin ; us pondent ensuite sur la terre, et leurs larves , apodes , blanches et assez épaisses , y éclosent pour y demeurer inaperçues jusqu'au printemps suivant. C'est alors qu'elles se changent en nymphes.

Les charançons verts vivent sur divers arbres , principale-

if$ IMS. I»ST«. DB CULT. DE BOIg FEUILLUS.

ment sur de iemies hêtres. Ils en perforent cfnelquefois kss feuilles de telle façon que de jeunes tiges ▼ont même jusc[u*à en mourir.

On les détruit de la manière indiquée au n° Il , c^est-à* ^Hre par la recherche d^s insectes parfaits. Mais il est nécessaire d^apporter en cela la plus grande précaution, car ces Coléoptères tombent au moindre choc.

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