DES EAUX
rend dans un autre bassin, et sert à arroser le jardin. Les choses sont si bien combinées que, le soir, lorsque les ouvriers quittent le travail, le bassin est toujours plein, de sorte que le lendemain matin, en reprenant l’ouvrage, l’atelier de la préparation des couleurs a toute l’eau qui lui est - nécessaire. Les ouvriers ne se doutent même pas de cette disposition.
Dans une manufacture, les plus petites économies ont toujours des résultats très-importants : ainsi on ne saurait donner trop d’éloges à un fabiieant qui sait mettre à profit les ressources que lui présentent toutes les circonstances dans lesquelles il se trouve, pour exécuter aux moindres frais possibles les différentes manipulations de l’art qu’il exerce.
Les planches, à force de servir, se crassissent, c’est-à-dire que les couleurs se rassemblent dans les creux que présentent les dessins/et l’on est obligé de les nettoyer souveut pour conserver les traits purs. Les ouvriers se servent, de brosses et d'eau ; ils enlèvent avec soin toute la couleur et laissent sécher les planches à l’ombre. Lorsqu’une planche ne doit pas servir de quelque temps, on a toujours la précaution de la bien laver, et de la faire parfaitement sécher avant de la mettre en magasin. * «
Si, malgré tous les soins que l’on prend pour que la surface des planches soit toujours dans un même plan d’un côté du dessin, ce qui est très-important, et qu’il leur arrive de se voiler , se tourmenter , oh de gauchir , il est indispensable de les redresser, sans quoi elles ne porteraient pas également partout dans l’opération de l'impression. Pour les redresser, il suffit de mouiller le côté qui est creux, et de chauffer l’autre côté t bombé devant un feu doux.