TEINT
Les couleurs de petit teint ne sont jamais solides; elles disparaissent plus ou moins promptement, lorsqu’on les soumet à une lessive alcaline ; nous nous sérions abstenu, par cette seule raison, d’en donner ici les procédés; cependant plusieurs réflexions nous ont fait changer de résolution. D’abord, nous tenions à rendre ce Manuel le plus complet possible; et ensuite, d’après l’observation de M. Vitalis, comme on emploie le petit teint pour réimprimer des mousselines et des indiennes dont l’impression a été mal exécutée, ou dont le dessin n’est plus de mode, nous avons senti qu’il nous était impossible de nous en dispenser. Il sera même utile, sous un autre rapport ; il pourra guider l’ouvrier, qui est souvent appelé à faire usage de ce moyen d’impression sur des toiles qui, ont servi pour ameublement ou pour vète^ .ment. Nous prendrons encore pour guide, le savant Vitalis, en transcrivant les procédés qu'il a publiés.
« On commence par enlever les couleurs primitives, en les soumettant d’abord à l’action d’une lessive alcaline et du chlore, puis h l’exposition sur le pré, et lorsque les toiles sont blanèhes, ort- les imprime, mais à l’envers, c’est-à-dire du côté opposé à celui. qui avait été d'abord' imprimé.
» Les rouges so font avec la décoction des bois de Brésil ou de Fernambouc, de Sainte-Marthe, etc., après avoir dépouillé ces derniers de leur couleur fauve, comme nous l'avons dit, Cliap. 4, § 3.
» Les jaunes de toutes nuances s'obtiennent par la graine de Perse, la graine d’Avignon, le curcuma ou terra-merita et le rocou.
» Le bleu , le violet , le noir et le gris so font par le bois d'Inde ou campêcho.
1° Noir.
» Dans 24 litres d’eau, on fait cuire 1 kilog. de bois d'Inde, 1 kilog. de sumac et 250 grammes de noix de galle, jusqu'à réduction de moitié. On ajoute alors 1 litre de vinaigre, et l'on continue de faire bouillir jusqu'à réduction de 6 litres. On décante, on prend le clair du bain ; on y fait dissoudre 60 grammes de sulfate de fer (couperose verte), et 31 grammes de sulfate de cuivre (couperose bleue ou vitriol de Chypre). On épaissit à l'amidon, on passe au tamis, et l'on imprime la couleur.
2° Rouge.
» On fait dissoudre 23 à 31 grammes d’alun par chaque litre de décoction de bois de Brésil vieux cuit, et l’on épaissit avec l’amidon.
» On rend la couleur plus agréable et un peu plus solide en y ajoutant quelques gouttes de dissolution d’étain.
» Si l'on veut que le rouge tire sur le pourpre, on y mêlera un peu d’eau de chaux, ou de lessive de soude.
3° Violet et lilas.
» Dans 15 litres d’eau, on fait cuire l ki L500 de bois d’Inde, jusqu'à réduction de 5 litres, et l’on fait dissoudre