‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 49 sur 156 · DES APPRÊTS · texte numérisé non relu

DES APPRÊTS

dière remplie d’eau bouillante. Ces cylindres, soit en cuivre, soit en fer^Jdanc, sont polis. Ceux en fer-blanc sont, sous plusieurs rapports, préférables aux autres ; leur construction est moins coûteuse, on les chauffe à moindres frais, la chaleur qu’ils acquièrent est plus uniforme, les étoffes sont à l’abri du danger d’être brûlées.

Voici comment est disposée la machine pour apprêter les indiennes, et comment on opère : L'étoffe est enveloppée autour d’un rouleau dont la surface est revêtue de grosse toile ; à 3 décimètres (1 pied) au-dessus de ce rouleau, est placé un cylindre métallique, chaud, immobile, et aussi poli que possible. Un second cylindre, semblable à celui-ci, se trouve de niveau avec le rouleau , dont il est éloigné d’environ 3 décimètres (1 pied). Au niveau du premier cylindre métallique se trouve un rouleau de décharge, que l’on fait tourner à l’aide d’une manivelle. Ce rouleau est couvert d’une grosse toile qui est fixée par l’une de ses extrémités ; elle passe sous le second cylindre métallique et ensuite sur le premier, et reçoit la tête de l'étoffe à apprêter, qui y est attachée par des épingles.

Quand les cylindres sont chauffés au degré de chaleur convenable, un ouvrier tourne la manivelle du rouleau de décharge qui attire l’étoffe, et deux autres ouvriers, chacun à un des côtés du premier rouleau, dirigent cette étoffe sur le premier cylindre, en la saisissant par ses lisières, et la développant dans toute sa largeur, de manière à ce qu'il ne s’y forme aucun pli. L’étoffe, mise en mouvement, monte sur le premier cylindre métallique, descend sous le second , et remonte ensuite sur le rouleau de décharge.

L'emploi de deux cylindres métalliques chauffés, dans cette machine, a pour objet d’apprêter l’étoffe simultanément à l’endroit et à l’envers. Lorsqu’on ne veut l’apprêter que d’un côté, on n’en chauffe qu’un.

Observations sur les appré/s. — Lorsqu’on a fait subir à

une étoffa toutes les opérations de l'impression et de la teinture, on la soumet à un traitement complémentaire qui a pour objet de donner du corps à la fibre, d’en rehausser les couleurs, d’en faire disparaître les plis, et au besoin, d'en lustrer la surface ; c’est là ce qui constitue une branche de la fabrication généralement connue sous le nom d’apprêts. Les opérations de l'apprêt sont de deux espèces : les unes ont pour but d’imprégner les toiles de la préparation la plus convenable pour leur donner le corps dont elles ont besoin, sans leur rien faire perdre de leur souplesse ni de leur brillant naturel ; les autres, purement mécaniques, sont destinées à égaliser, lustrer ou satiner la surface.

L’apprèt que reçoivent les toiles de coton a généralement pour base la féoule ou l’amidon, auxquels on associe, selon la nature des couleurs, celle des tissus et la souplesse qu'on veut leur conserver, une certaine quantité d'alun, de savon, de blanc de baleine, d’acide stéarique, et même de cire, quand les pièces doivent être soumises au satinage.

La préparation de fécule qui entre dans les apprêts de ce genre, varie de 15 grammes par litre d’eau pour les mousselines et étoffes légères, à 75 grammes pour les calicots et piqués, quand les unes et les autres sont encore humides; cette préparation se réduit de moitié, quand on charge d’apprêt des pièces déjà sèches.

La machine dont on se sert généralement pour l'apprêt des étoffes, est le foulard. On plaque uniformément le tissu, comme s’il s'agissait de l'imbiber d’un mordant ; mais la nature des toiles et des couleurs oblige quelquefois à recourir à d’autres moyens. Une étoffe légère, par exemple, ne saurait être apprêtée de cette manière, attendu que, sous une pression trop forte, dépouillée de la majeure partie do l’em- < pois nécessaire, elle ne conserve plus aucun corps ; et qu'au contraire, sous une pression insuffisante, elle laisse apparaître de grandes inégalités : c’est pour obvier à de pareils in-

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