PREMIÈRE MÉTHODE
On prépare d’abord, comme base générale, une décoction de bois de Fcrnambouc, de la manière suivante :
On fait bouillir 500 grammes du meilleur bois de Fernambouc, râpé ou moulu, dans une suffisante quantité d’eau, qu’on renouvelle plusieurs fois, jusqu’à ce que tout le principe colorant soit entièrement extrait; on fait évaporer les décoctions obtenues et mêlées ensemble, jusqu'à ce que le tout soit réduit à 1 litre; la décoction de Fernambouc la plus vieille est la meilleure.
N° 1 . Rouge sombre , connu sous le nom de premier rouge d’impression. — Dans un litre de décoction concentrée de Fernambouc, on met :
1° 46 grammes de gomme adragante en poudre fine et tamisée; on place le tout sur un feu doux, en remuaut de temps en temps, jusqu’à ce que la gomme et la décoction ne fassent qu’une seule et même masse bien homogène. A cette masse encore chaude on ajoute :
2° 122 grammes de nitrate d’alumine, dont nous ferons connaître plus bas la composition, et 2/10 de gramme de nitrate de cuivre, c'est-à-dire d’une dissolution de cuivre par l’acide nitrique, que l’on obtient de la môme manière que la dissolution de fer (nitrate de fer) pour le noir, § 1. „
On re^.ue constamment le tout jusqu’à ce qu’il soit parfaitement refroidi.
3° Pour aviver davantage la couleur, on ajoute encore 15 grammes de sulfate d’étain, dont nous indiquerons la composition.
Plus on met de nitrate de cuivre dans cette composition, et plus ce premier rouge est foncé sombre.
N° 2. Rouge moyen , connu sous le nom de second rouge d’impression. — La composition de ce second rouge est la
même que la précédente] il suffit de supprimer le nitrate de cuivre.
N° 3. Rouge clair , connu sous le nom de troisième rouge d'impression. — On mêle une partie du rouge moyen cidessus avec deux parties de mucilage de gomme adragante, et l'on obtient une couleur rose.
La nuance de cette couleur devient plus sombre ou plus claire, selon que l'on ajoute une moins ou une plus grande quantité de mucilage de gomme adragante. •
Observations. — Si, dans la décoction du bois de Fernambouc, on ajoute 4 grammes de cochenille pulvérisée bien fin et cuite avec le bois, en suivant le reste des procédés indiqués, on obtient des couleurs rouges qui se font distinguer par leur bel éclat.
Les essais suivants, que j’ai faits sur la couleur rouge, m’ont donné d’excellents résultats, que je ne veux point tenir secrets, et qui me paraissent mériter quelque considération.
1° Si, en composant les couleurs précédentes, au lieu de sulfate acide d'étain, tel que nous l’avons prescrit, on emploie du sulfate d’étain neutre à l’état concret, les couleurs virent au rose.
2° La décoction concentrée de bois de Fernambouc avec du sulfate d’alumine donne un rouge nourri, tirant sur le jaune.
3° Une légère addition d'ammoniaque change peu la couleur j cependant elle devient plus nourrie.
4° Si, à la couleur n° 2, on ajoute un peu de muriate d'étain, c'est-à-dire formé d’étain dissous dans l'acide nitromuriatique (hydrochloro-nitrique ) , ou dans l’acide hydrocHlorique liquide, cette couleur prend une teinte cramoisie.
5° Du sulfate acide d’étain ajouté à la couleur n° 2, lui
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donne encore un ton de cramoisi plus prononcé.
6P Une petite quantité d’ammoniaque ajoutée à cette dernière couleur n’en change presque pas la nuance.
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