‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 67 sur 156 · DU BLEU · texte numérisé non relu

DU BLEU

La eouieur bleue se prépare tantôt avec le bleu de Prusse, tantôt avec le sufate d’indigo, selon que l’on veut obtenir telle ou telle nuance. La couleur obtenue par le bleu de Prusse offre à l’œil un bleu plus pur que celui que donne ië sulfaté d’indigo, qui a toujours une teinte de vert.

N° t. Préparation de la couleur bleue par le bleu de Prusse. — On mêle 1 kilog. de beau bleu de Prusse réduit en poüdi-e très-fine; avec 500 grammes d'acide muriatique (hydrochlorique) ; et après les avoir bien mélangés, on les laisse en digestion pendant vingt-quatre heures. Pendant ce temps, on prend 2 litres 1/2 d’eau, un 1/2 litre d’acétate de fer [voyez au Vocabulaire, tonne au Noir) ; on y ajoute 250 grammes de bel amidon torréfié, et l’on fait du tout une

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espèce do pâte qu’on met sur le feu, en y ajoutant 91 gram-' mes d’huile d’olive. Quand elle est bien cuite, on la laisse refroidir entièrement, et on la mêle avec le bleu, en en formant une pâte bien homogène.

Par ce procédé, on obtient un bleu qui se distingue avantageusement par sa beauté et son intensité.

Pour avoir un bleu plus clair, on diminue le bleu de Prusse et l'acide muriatique, et au lieu d’acétate de fer, on emploie de l’eau pure.

Le bleu de Prusse peut être traité avec l’acide nitrique, et donne une couleur bleue, mais il a l’inconvénient de donner, sur la soie, une teinte verdâtre : cette teinte provient de ce que l’acide nitrique a la propriété de colorer la soie en jaune. Cette couleur mêlée avec le bleu de Prusse donne une nuance qui vire au vert.

N° 2. Préparation de la couleur bleue par le sulfate d'indigo. — Les essais pour obtenir une belle couleur bleue pour l’impression, par le sulfate d’indigo, m’ont occupé pendant longtemps, parce que la solution d’indigo, préparée selon les procédés connus, et employée pour l’impression après l’avoir épaissie par les moyens ordinaires, a toujours présenté sur la soie une teinte verdâtre qui n’est point agréable. J'ai observé qu’en mêlant de l’oxyde de fer au sulfate d’indigo, on diminue un peu cet inconvénient; c’est ce qui m’a décidé à publier ici mon procédé, qui, quoiqu’il ne résolve pas complètement le problème, diminue considérablement la teinte verte et donne à cette couleur une grande vivacité. Voici ce procédé :

Dans 1 kilog. de sulfate d’indigo, j’ajoute l kil .250 d’oxyde de fer, et je laisse digérer le tout jusqu’à ce qu’une grande partie de l’oxyde soit dissoute. Ce liquide est ensuite épaissi par 250 grammes de gomme. On brasse bien ce mélange, et l’on en fait un tout homogène : c’est le bleu désiré.

On voit par la recette que vient de donner M. de Kurrejr

Dû BLEU.

que sôn principal but était de se débarrasser de l’acide sulfurique, en portant cet acide sur l’oxyde de fer. Il conserve donc dans sa composition du sulfate de fer, et il n’a pas fait attention que l’acide sulfurique colore en jaune toutes les substances tinctoriales qu'il touche, et c’est cette coloration en jaune qu’éprouve la soie qui fait virer au vert la couleur de l’indigo. Nous avons exécuté son procédé, qui nous a donné les mêmes résultats qu’à lui ; mais nous nous sommes aperçu, après avoir enlevé la teinture de l’étoffe de soie, par le débouilli, que cet échantillon, qui était d’un blanc éclatant, lorsque nous l’avons soumis à la teinture du sulfate d’indigo de M. de Kurrer, était d’une nuance trèssensiblement jaune que nous n'avons jamais pu enlever. Nous nous sommes cru autorisé à en attribuer la nuance à l’action corrosive de l'acide sulfurique.

Nous avons tenté quelques expériences pour arriver à un meilleur résultat, et nous y avons réussi par le procédé suivant, en adoptant les mêmes doses de M. de Kurrer.

Nous avons mêlé peu à peu 122 grammes de bel indigoflore, pulvérisé très-lin et tamisé, avec 500 grammes d’acido sulfurique concentré. Nous y avons ajouté 2 litres d’eau chaude, et nous avons laissé reposer pendant 24 heures.

Nous avons jeté dans cette solution , par petites doses, et en remuant toujours, du carbonate de chaux en poudre jusqu’à ce que l’effervescence eût cessé; nous en avons même mis en excès. Nous avons formé par là du sulfate de chaux. Sans attendre sa précipitation, nous nous sommes emparé de la couleur en traitant le tout par l'alcool à 36° (Bauraé), dont nous avons ajouté 2 litres en agitant continuellement. Nous avons filtré, et nous avons obtenu une liqueur alcoolique d'un bleu extrêmement foncé. Nous avons fait dissoudre daus 4 litres d’eau 500 grammes d’acétate de plomb , que nous avons mêlé à la teinture alcoolique. Le mélange opéré par le mouvement, nous avons laissé reposer pendant huit

heures; nous n’avons pas eu besoin de filtrer. Nous l'avons mis dans un flacon bouché à l’émeri.

Nous avons teint d'un beau bleu un échantillon de lé vantin e d’un très-beau blanc, et nous l'avons laissé en repos pendant huit jours. Nous l'avons débouilli ensuite, le blanc n'a pas été altéré.

Préparation du sulfate d’indigo. — On mêle peu à peu 122 grammes de bel indigo pulvérisé très-fin et tamisé, avec 500 grammes d'acide sulfurique concentré. On remue bien le tout ensemble, et l’on ajoute 4 litres d'eau chaude. Après qu’on a laissé reposer le tout pendant 24 heures , on fait dissoudre 500 grammes d’acétate de plomb ( sel ou sucre de Saturne) dans 4 litres d'eau : on mêle cette dissolution au •ulfate d’indigo. On remue le tout avec soin, on le laisse reposer pendant six ou huit heures, et on le filtre à travers un feutre. Cette liqueur bleue est le sulfate d'indigo, que l’ou conserve dans des bouteilles de verre bien bouchées.

Echantillons de bleus divers. — Les bleus sur soie dérivent de l’application du carmin d’indigo ou des cyanures; le mordant qui sert à fixer la couleur est, dans le premier cas, à base d’alumine; dans le second cas, à base d'étain, dit M. Persoz, qui en donne les échantillons suivants : >

1® Bleu de roi. — A 10 litres extrait de campêche, à 12° aréomètre Baumé, on ajoute 10 litres mordant rouge à l'arcétate; on épaissit avec ll kil .250 gomme, et l’on introduit dans la éouleur épaissie 640 grammes acide tartrique, 640 grammes nitrate cuivrique, 10 kilog. carmin d'indigo.

2° Bleu. ordinaire. — Dans 10 litres eau bouillante, on fait dissoudre 3^.220 carmin indigo, 480 grammes alun, 960 grammes acide tartrique, 5 kil .125 gomme Sénégal.

3° Bleu ordinaire pour rentrure. — Dans 10 litres eau bouillante, on fait dissoudre 160 grammes alun, 640 grammes acide tartrique, l kil .92Ô, carmin indigo, et l’on épaissit le tout avec 3 kii .200 gomme Sénégal.

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