‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'étoffes imprimées et du fabricant de papiers peintsChapitre 80 sur 156 · DE L'ÉTENDAIS · texte numérisé non relu

DE L'ÉTENDAIS

Grosses longues, semblables à celles qui servent à balayer les appartements. Ils tiennent ces brosses à la main et les passent légèrement sur les places sur lesquelles l’ouvrier vient de passer la colle, dans la vue de l’étendre bien uniformément. Un ouvrier, intelligent et diligent, peut ainsi coller trois cents pièces par jour, pourvu qu’il soit bien secondé par un ou deux aides. Cette manipulation s’exécute sur de très-longues tables, sur lesquelles les pièces puissent être étendues de toute leur longueur.

La môme opération a lieu pour poser le fond, qui n’est autre chose qu'une couleur quelconque, préparée avec la colle. Elle s’exécute de la même manière.

La pièce collée est de suite placée sur des perches pour qu’elle puisse sécher facilement. Lorsqu’elle est parfaitement sèche on pose le fond, et on la fait sécher de même avant de la livrer à une autre opération.

Il est important, avant d’aller plus loin, de décrire l’opération de l’étendage, parce qu’elle revient souvent, qu’elle se répète toujours de la même manière , et qu'il nous suffira de renvoyer à ce paragraphe, une fois pour toutes.

§ 5 . de l’étendage.

L’étendolr est formé de deux forts liteaux en bois qui régnent tout le long de l’atelier; il est placé au milieu de la largeur de la pièce, dont il occupe environ le tiers par, sa largeur; et sa longueur est celle de la longueur de l’atelier. Le tiers du côté des croisées est occupé par les tables ou établis des ouvriers; l’autre tiers sert à placer sur des étagères les planches et les outils dont ils ont besoin, et à déposer les pièces, avant comme après le travail fait, en attendant qu’on les transporte dans un autre atelier, ou au magasin lorsqu’elles sont terminées.

Les étagères, sur lesquelles sont placés les planches et les

outils, sont isolées des murs; elles facilitent, par cet isolement, les moyens de circuler tout autour, afin de pouvoir choisir sans peine les objets dont on a besoin, et qui s’y trouvent classés avec ordre. Cet isolement procure encore l’avantage de garantir les pièces, qui sèchent sur l’étendoir, des avaries qu’on pourrait leur causer en circulant auprès 4’ulles. Le passage pour aller et venir est ménagé entre le mur et les étagères isolées ; on entre dans l’intérieur par des Coupures pratiquées dans les bâtis qui supportent les étagères. Tous les ateliers soüt disposés de la même manière, et il y a un étendoir dans chaque atelier.

Les liteaux, qui forment l'étendoir, sont supportés par des consoles en bois fixées aü plafond. Cés liteaux sont éloignés de 1 décimètre (3 pouces 9 lignes) environ du plafond, et sont placés parallèment l’un à l*autre à üne distance de 487 à 541 millim. (18 à 20 pouces), un peu plus grande que la largeur du papier qui forme le roüleau. Ainsi, selon la largeur de l’espace conservé à l’étendoir, on a six, huit, dix rangées de liteaux qui forment ensemble un étendoir d’une très-grande étendue.

L’on a, dans chaque atelier, une grande quantité de petites baguettes rondes, d’un bois léger, bien droites, et plus longues que la distance à laquelle sont placés les deux liteaux, 650 millim. (24 pouces) par exemple. On a de plus, poür chaque ouvrier; une longue règle, en forme de T par un bout. La traverse supérieure do cette règle a environ 270 millim. (10 pouces) de long! elle porte dans toute sa longueur une rigole ou rainure dans laquelle entrent librement les petites baguettes: Cette règle est assez longue pour qu’un enfant puisse, sans peine, élever les petites baguettes au-dessus des liteaux de l’étendoir. On nomme cette règle ferlet.

Les planchers des ateliers ne sont pas assez élevés pour recevoir, pliés en deux, et sans toucher le sol inférieur, les rouleaux, qui ont ordinairement 10 mètres 395 millim. ( 32

LISSAGE t)ES PIÈCES. i79

pieds) ; on les plié ordinairement en quatre, de là manière suivante : Lorsqu’une opération est terminée, et qu’on veut porter la pièce Sur l'étendoir poür la faire sécher, l’ouvrier et son aide prennent chacun une baguette, ils la passent châcün sous là pièce, à un quart environ de sa longueur, à compter de ses extrémités ; l’Un deux prend la règle, ou fer le t, il ehgâge la baguette dans la rigole, il soulève la pièce, en la biaisant pour faire passer les deux bouts saillants de la baguette aU-dessUs des liteaux dé l'étendoir; il la place de manière que la baguette soit sensiblement perpendiculàlré aux deux liteau*, en l’approchant à quelques centimètre! du mur, bu de là derhière pièce placée, et retire lé ferlet; il fait la même opération pouf la seconde baguette, et là dépose dé môme. Il continue à opérer sur une nouvelle pièce, et la suspend pareillement sur l’étendoir lorsqu’il a terminé son travail.

Lorsque les pièces sont sèches, on pousse les baguettes le! unes contre lés autres, pour les mettre en tas sur l'étendoir : on les descend de la même manière qu’on lès y a montées; on les roule, et on les porte dans l'atelier qui doit s'occuper de l'opération subséquente.

Il faut observer, une fois pour toutes, que chaque foi! qu'une pièce doit sortir d'un atelier pour la porter dàns un autre, on lâ roule; sans cela elles seraient trop difllciles â transporter, clics occuperaient trop d'espace , et l'on serait exposé à lés déchirer en grande partie. Nous ne parierons plus dé cette manipulation : nous pensons que le lecteüt n'oubliera pas qu’elle est indispensable, et qu'il suffira que nous énoncions qu'oh les porte dans Un autre atelier, pour faire entendre qu’on les a roulées auparavant:

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