DE LA PRÉPARATION DES COULEURS
La plupart des couleurs terreuses se délaient facilement ■dans l’eau : on profite de cette propriété pour les réduire en poudre impalpable et les débarrasser de toutes les impuretés qui peuvent les altérer. On les concasse , on les met ensuite tremper, pendant un temps convenable, dans l’eau ; on agite de temps en temps avec un bâton , et lorsque tout est bien délayé, on agite fortement pour mélanger toute la terre dans l’eau. On laisse reposer quelques instants pour donner le temps aux parties les plus grossières de se déposer au fond. On ouvre ensuite le robinet qui est à 3 centimètres (1 pouce) au-dessus du fond du vase ; on reçoit l’eau trouble dans un autre vase qu’on place au-dessous ; cette eau entraîne la terre colorée la plus légère et par conséquent la plu*s fine. On laisse déposer dans ce second vase, et lorsque l'eau qui surnage est parfaitement limpide, on décante et l’on conserve la couleur qui est au fond.
C’est cette couleur qu’on emploie en y mêlant à chaud de la colle de Flandre pour lui donner la consistance nécessaire. Pendant le travail, on entretient cette couleur toujours tiède, afin de tenir la Ç9lle dans un état de fluidité suffisant.
préparation des couleurs. 207
Les couleurs terreuses qui, comme le bleu de Prusse , la vert de Scheele, le vert de Schweinfurt, etc., ne contiennent pas des matières étrangères dont elles aient besoin d’ètre débarrassées par un lavage, sont broyées sur un marbre à' l’aide d’une molette, et on leur donne de même la cousis tance indispensable avec la colle de Flandre.
Les couleurs liquides sont, à proprement parler, des teintures que l’on extrait, par ébullition, des bois, des plantes, des graines, auxquelles on mêle, pendant l'ébullition, de l’alun en poudre, qui fait développer les couleurs en leur donnant delà solidité. On les épaissit d’abord au point suffisant avec de l’amidon, et l’on ajoute de la colle de Flandre pour les fixer sur le papier.
Quelques fabricants forment des laques avec ces couleurs z. alors ils ne mêlent point d’amidon , parce que ce procédé leur donne des couleurs qu’on peut appeler terreuses. Pour y parvenir, jorsque la couleur est bien formée comme nous venons de l’indiquer, et après qu’ils en ont retiré le bois ou. les graines, ils jettent dans le bain un excès d'alun ; ils y versent ensuite une forte dissolution de potasse, en agitant la couleur, afin que la potasse se répande partout uniformément. Il se fait alors une double décomposition ; l’acide sulfurique do l’alun s'empare de la potasse et abandonne l’alumine qui se charge de la couleur et se précipite : c’est la laque dont nous avons parlé, que le fabricant emploie comme une couleur terreuse.
Il faut observer que lorsqu’on fabrique des laques, on ne doit pas jeter la dissolution de potasse tout à la fois dans le bain colorant; on la verse par parties, on remue, il se produit une effervescence, et l'on ajoute petit à petit de nouvelle potasse jusqu’à ce que l'effervescence ait cessé. Alors on jette la liqueur sur un filtre en toile recouvert d'une feuille de papier gris. La liqueur passe au travers; elle contient la sulfate de potasse, et la laque reste sur le papier : on la re-
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tire lorsque la liqueur est passée, et l'on s'en sert pour la peinture sur le papier.