‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 3 sur 85 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

1. On ne saurait déterminer bien fixement l'époque ou le caoutchouc fut connu en Europe ; cependant on peut affirmer qu'elle n'est guère plus reculée que la moitié du siècle dernier. Le célèbre La Condaminecn parle le premier eten donne la description vers 1750. Puis, successivement, d'autres auteurs en ont parlé , quelquefois en se répétant les uns les autres, à diverses époques. Ainsi on en rencontre des mentions dans Macquer, Bernard, Achard, Fournay, Grossart, Fa~ broni, Owjsson, Valmont de Bomare, Roxbourg. Néanmoins jusqu'en 1800, on ne le trouvait que comme objet de curiosité dans les cabinets des médecins et des collecteurs d'objets appartenant à l'histoire naturelle ; nommé gomme élastique, et façonné en gourdes ou bouteilles, appendues devant les bibliothèques, ou sur les rayons où étaient rangées les coquilles, les échantillons de minerais et les coquillages. Quelques-unes de ces bouteilles étaient garnies de bandes taillées en dent de loup, ou ornées d'autres découpures; ÇamtchoxK, 4

elles coûtaient vrrigfc-quatrè sous; ïesphts cotamunes étaient unies comme une bourse de cuir; elles coûtaient de douze à quinze sous. Beaucoup de gens affirmaient sérieusement que ces bouteilles étaient un produit animal provenant des Zèbres ou des Onagres : les gens sensés soutenaient que la dénomination gomme suffisait pour donner la certitude que c'était un produit végétal ; qu'on tirait la gomme élastique de l'Amérique méridionale, des Guyane?; Sais nul rie s'é- Yertuait à chercher a tirer un parti quelconque de ce produit pourtant si remarquable.

Le premier qui découvrit que la gomme élastique enlevait de dessus le papier les traits du crayon, carbure de fer, dit mine de plomb, crut assurément avoir fait une importante découverte. D'un autre côté, et plus tard, les collégiens de D'Harcourt et Dnplessis imaginèrent de couper circulairemcntles bouteilles dégomme élastique, en petites bandelettes d'un millim. carré de section, jjIus ou moins, et de les pelotonner sur un bouchon arrondi : opération qu'ils nommaient faire un fond. Ce fond, gros comme une forte noix, était recouvert de laine Clée et formait les meilleures balles connues; un peu dures a la main; mais* pouvant être reprises au 4° ou 5 a bond.

Ainsi le caoutchouc n'eut, pendant fort longtemps, d'autre destination que d'enlever les raies . du graphite et de fournir d'excellentes' balles à'joueraumur.

Plus tard, on trouve chez tous les papetiers le caoutchouc découpé en tablettes épaisses , paranélogramraiques ; mais dont on ne fait encore usage que dans de rares circonstances.

Enfin lorsque, 1 après GH ou quinze ans, l'industrie* èut trouvé des emplois nombreux dé' cette substance,' là science s'éveille êt le' caotïtchoufc est étudié sérieusement. Bri 1793, on voit des essais' dé tissus doublés de caoutchouc fabriques par M; Bessbn; enlStl, Ou' en fait pour les armées; mais ces tentatives ne furent point couronnées de succès, ét ce fnt à Manchester, que MM. Màkintoch et //ancdèfcréalisèréiït quelques importantes fabrications ; mais n'anticipons pa's; quand nous én serons' à VèmfloiâucaOûtcHouC } nous* reviendrons sur Ces 1 applications, il s'agit maintenant de fixer autant que possible les noms 1 divers de ce produit, de rechercher le» 1 lieux dé provenance^ et dé voir comment on 16 fecuellfe,

% Ou connaît plusieurs espèces' de' caoutchouc , variant entre èlles et par la couléuf et' par la densité et la' cohéréncé. «km- qtf U'noWeSI apporté' dtf l'AMqtfe SU de PAiîé; fiés

CAOUTCHOUC NATUREL. \ft %

arbres qui le produisent sont le siphonia càkuchà ou caoufchouc, kurceolà elastica, le ficus éïasticà.

siphonia cahucha (prononcez caoutcha) couvre une immense étendue de 1? Amérique méridionale, dans les Guyanes hollandaise et française. Le caoutchouc qu'il donne est celui qui se prête le mieux, dit-on, aux procédés de la fabrication.

Le ficus elastica abonde en Asie, principalement dans le pays d'Assam. Le gutta gireck passe pour la plus belle espèce.

Enfin, Vurceola se trouve à Madagascar et dans une infinité d'autres îles des archipols indien et malais. La croissance de ce dermer est tellement rapide, qu'au bout de cinq ans, Û parvient, assure-t-on, aune longueur de 60 a 70 mètres, sur une circonférence prise à hauteur d'homme, dé 40 à 50 centim . ; ce qui nous porte à employer le mot longueur au lieu de hauteur ; parce qu'un tel arbre doit être une plante grimpante ou rampante, vu le diamètre trop restreint du tronc qui ne pourrait faire supposer une élévation de 70 mètres; C'est ce qui a lieu pour l'aristolochia sypho. On prétend que chaque pied d'urceola peut produire annuellement de 25 â 30 kilog. de gomme sans que la végétation en souffre ; encore bien que pour se procurer cette gomme, on n'ait d'autremoyen que de pratiquer des incisions dans l'écorce comme; cela se pratique pour d'autres substances sur d'autres arbres. *

Cette gomme sort des incisions liquide et mêlée avec l ! eau de végétation et la sève extracftve. Bientôt les principes se séparent, l'eau s'évapore, la sève durcit, la gomme se coagule : cette séparation est définitive, les procédés connus jusqu'à présent, ne peuvent opérer une nouvelle combinaison.

3- A Cayenne, c'est le siphonia cahucha qui fournit la gomme élastique à l'état de suc laiteux. On pratique des incisions au tronc et aux branches, et le produit est plus où moins consistant, suivant l'âge de l'arbre et selon la saison. On laisse le suc laiteux se figer en tablettes. Les indigènes le font sécher en l'étendant par couches sur des moules en terre friable, et en l'exposant au feu qui donne à l'enduit une teinte brune. Quand le suc est entièrement coagulé, ils brisent ie moule en terre et font sortir la terre de l'enveloppe que forme alors le caoutchouc, soit en la retirant en poussière, soit en lu délayant avec de l'eau, s'ils ont employé des glaises ou argiles. Voilà pourquoi le caoutchouc nous arrive en Corme de bouteilles ou poires. Il y a de ces bouteilles

"t PREMIÈRE PARTIE.

de toute grandeur, lorsqu'elles ne sont pas destinées à l'exportation; et les indigènes s'en servent en ajoutant une canule au col, comme on se sert des clysoirs en Europe pour faire passer, en les pressant, de l'eau dans les intestins. Il leur arrive aussi de donner à leurs moules de grossières ressemblances d'hommes ou d'animaux.

Ils se servent aussi du caoutchouc pour divers usages. Dansle Cayra,, enremontantl'Orénoque, ils attachent de petites bouteilles de gomme élastique au bout des baguettes avec lesquelles ils frappent leurs tambours. Chez les Madécasses, ceux qui gardent les troupeaux, reçoivent le caoutchouc liquide dans des tubes de bambou fermés par le bas, puis ils le solidifient en exposant les bambous pleins au feu ou au soleil. Lorsqu'ils pensent que le caoutchouc est solidifié, ils brisent l'enveloppe et ils ont par ce moyen des sortes de cordes qu'ils étendent et dont ils font des espèces de psaltérions. D'autres Indiens emploient cette substance pour l'éclairage en la combinant avec d'autres substances moins inflammables. Le caoutchouc brut donne une flamme vive et dont l'odeur u'est pas insupportable. Par ce moyen, ils peuvent s'éclairer et conserver du feu assez longtemps.

4. Nous venons de dire qu'on observe une variété dans la couleur du caoutchouc qui nous parvient. Cette couleur est le plus souvent d'un noir foncé, d'autres fois cette nuance s'adoucit par dégradations peu sensibles et -tirant sur le gris, et l'on en rencontre souvgnt d'un jaune pâle. On trouvera dans la suite de cet ouvrage, le moyen de donner au caoutchouc, toutes ou presque toutes les teintes qu'on peut désirer. Il nous vient aussi du caoutchouc à l'état de suc laileux ; mais il faut en faire demande expresse. Pour qu'il puisse nous arriver en cet état, il faut qu'il soit, au fur et à mesure de son écoulement de l'arbre, recueilli dans des vases que l'on ferme hermétiquement. Par ce moyen, privé du contact de l'air extérieur, et le vase étant bien rempli, le suc ne se transforme point, ne se coagulé pas, et on en a employé à Londres qui a satisfait pleinement à l'idée qu'on s'était faite de l'emploi du caoutchouc liquide. On l'a répandu sur une feuille de papier, puis exposé à l'air libre pour que l'évaporation ait lieu, et il a fourni une couche solide, élastique , en tout semblable au caoutchouc ordinaire coupé en feuilles minces par les procédés mécaniques.

5. On sophistique quelquefois le caoutchouc vendu en tablettes; en faisant une pâte avec le suc laiteux et de la poudre de bois pétris ensemble, puis recouverte par une couche de caoutchouc pur, 11 est donc prudent de couper transver-

salement quelques tablettes, afin de découvrir par l'inspection attentive, cette fraude heureusement peu ordinaire.

6. Avant de faire connaître les travaux des chimistes actuels que nous donnerons plus loin m extenso et littéralement reproduits, il convient de mettre sous les yeux du lecteur une analyse rapide de ce qui a été fait d'abord, avant que le caoutchouc ait obtenu l'importance qu'il a maintenant.

. Le suc liquide apporté dans des vases clos, Isolé pendant tout le parcours du contact avec l'air a été reconnu d'une densité sp 1011.74. Coagulé et amené à l'état de feuilles, il s'est trouvé ne plus peser que 45 pour 100 du poids primitif; ainsi l'eau de végétation et la sève entraient pour 55 pour 100 dans la totalité du poids. On a remarqué que, lorsque le liquide ne remplissait pas exactement le vase, et qu'il se trouvait une certaine quantité d'air interposé entre le liquide et le bouchon, il se formait sur ce liquide non une peau provenant d'une^partic de suc coagulé, mais seulement une pellicule. 11 aurait été très-important d'analyser cet air; on aurait su lequel de ses principes constituants manquait, et avait, par sa combinaison avec le caoutchouc liquide, donné lieu à la pellicule. Il n'est pas à notre connaissance que ce fait ait été étudié.

Si on laisse le suc laiteux à l'air libre, il se couvre d'une crème épaisse, et le -fond est un liquide brun et limpide. Si on verse de l'alcool dans le caoutchouc laiteux, il se coagule de suite : l'eau l'étend sans le coaguler et sans nuire à sa pureté. Suivant Eer'ïelius, poùrpuniier entièrement le caoutchouc, il faut le mêler à quatre fois son volume d'eau dans un vase percé au fond ; mais momentanément bouché. On laisse en repos pendant vingt-quatre heures, et alors la crème surnage ; on ôte le bouchon, et l'eau écoulée, on bou-' ciie de nouveau ; on remet de l'eau sur cette crème et ainsi de suite plusieurs fois ; on obtient de la sorte un caoutchouc purifié.

Après ces lavages le caoutchouc est pur, mais tellement mêlé avec l'«au, tellement divisé, que, quand on le délaie dans une nouvelle masse d'eau, il forme un lait qui s'éclaircit lentement {c'est toujours Berzolius qui parle). Il se forme alors dessus une pellicule très-mince au contact de l'air ; et si cette pellicule* est étendue sur une feuille de papier Joseph, ou sur une brique, l'eau est absorhée et la pellicule devient transparente comme la colle de poisson. Ainsi obtenu, ce caoutchouc conserve pendant longtemps sa propriété d'adhérer faiblement, & est vrai, aux corps sur lesquels ©n

l'applique. Des morceaux fraîchement coupés de cette matière rapprochés, adhèrent entre eux comme s'ils n'avaient pas été coupés. Cette même propriété appartient, comme on sait, au caoutchouc ordinaire et non lavé. Le même chimiste annonce qu'il n'a trouvé dans le caoutchouc lavé aucune texture fibreuse.

D'une autre part, des lames de caoutchouc pur ont offert à un observateur, une division en pentagones, au centre desquels on remarquait des étoiles rayonnantes.

7. Le caoutchouc est mauvais conducteur de l'électricité. Sa densité est de 0.925, cette densité n'est pas susceptible de s'accroître beaucoup par la pression; le froid le rend «dur et peu flexible, mais non cassant : un long repos à la température ordinaire produit le même effet. Berzelius annonce qu'une fois le caoutchouc devenu cohérent, on ne peut le rendre éhiulsif par aucun moyen. On verra dans la suite de cet ouvrage que celte opinion a été suivie d'opinions divergentes; mais nous nous tenons toujours dans ce quittait émis avant la découverte de Hancock.

Insoluble dans l'alcool, le caoutchouc est soluble dans l'éther; mais il faut qu'il soit alors bien purgé d'alcool : ce dernier agent le précipite de la dissolution. Dans l'huile de pétrole rectifiée, le caoutchouc se gonfle et acquiert un volume trente fois aussi considérable que celui qu'il avait avant d'être soumis à cet ngent. Si on le fait bouillir dans cette même huile, il s'y dissout eu partie. La portion dissoute reparait si on fait évaporer le dissolvant; mais alors ce caoutchouc a perdu son élasticité. Les huiles essentielles provenant de la distillation du bois, du goudron et de la houille, dissolvent le caoutchouc , en lui communiquant une forte odeur, et le rendent poisseux et trop adhésif. Un courant de vapeur d'eau fait disparaître cette odeur et cette trop grande propriété adhésive.

Le caoutchouc se dissout également dans les huiles grasses et volatiles ; mais elles lui ôtent son élasticité et le rendent visqueux.et gluant. L'huile de cajeput forme, dit-on, exception a cette règle. Si l'on fait ramollir le caoutchouc en le faisant macérer dans quatre fois son poids de sulfide carbonique, puis, si on le mélange avec seize autres parties de ce sulfide, on obtiendra, dit Lampadius, en-remuant souvent et^ au bout de quelques jours, une dissolution laiteuse qui lais-* sera du caoutchouc élastique et transparent lors deda dessiccation.

120 degrés de chaleur suffisent pour mettre le caoutchouc eu fusion. Après le refroidissemeut, le caoutchouc

reste liquide et gluant et ne se durcit qu'après un long temps. La substance est altérée alors, et a perdu ses propriétés primitives.

Le chlore n'a pas d'action sur le caoutchouc, non plus que l'acide sulfureux, l'acide hydrochlorique, l'ammoniaque, l'acide ftuosilicique. Il est insoluble dans les alcalis. L'acide sulfurique à froid ne fait que le charbonner ; aussi se sert-on de tubes de caoutchouc dans les laboratoires de chimie., pour réunir les tubes en verre et faire jouir l'appareil d'une certaine flexibilité. Ces tubes se font en découpant, avec des ciseaux bien coupants et purgés de tous- corps gras, des bandes de caoutchouc, puis, en rapprochant les bords de la section et les comprimant avec les doigts, le caoutchouc, en vertu de sa puissance adhésive, se colle et fait corps comme s'il n'avait pas été divisé : il est prudent d'attendre un peu si cette jonction doit être soumise à une forte traction; trop nouvelle, elle est sujette à se rompre.

On peut aussi faire ces tubes en étendant sur un cylindre dg gypse des couches de caoutchouc liquide, qui se durcit au fur et à mesure que l'eau est absorbée par lé cylindre. On peut faire des ballons en ramollissant dans l'étber une bouteille de caoutchouc en soufflant dedans avec précaution, afin d'éviter le déchirement. On peut de la sorte produire une vessie artificielle de 4décim carrés de diamètre.

La composition du caoutchouc est, d'après Faraday : carbone, 87.5 ; hydrogène, 12.5. Ou bien, sur 100 parties de caoutchouc; 31.7 caoutchouc pur ; albumine végétale 1.9; cire, des traces ; eau contenant un peu d'acide libre 56.37 ; substance nitrogénée 7.13 ; substance soluble dans l'eau 2.9.

8. Nous avons dit plus haut deux mots sur l'emploi du caoutchouc et de l'idée qui vint dès 1793 à M. Besson, et en 1811 à, M. Champion; ces essais n'-curent pas un succès pro-' noncé, et ne pouvaient pas en avoir : le caoutchouc naturel est thermométrique, il s'amollit en été, se durcit en hiver, ce qui, joiut à d'autres inconvénients- qui ont disparu depuis, fut toujours une cause de non-réussite! Cependant , l'essor étant donné, toute imparfaite que fût la matière, une foule d'industriels, de commerçants, d'expérimentateurs, s'élancèrent hardiment à la recherche des améliorations ; de belles fortunes, puissant stimulant, étaient promises à ceux qui parviendraient les premiers à surmonter les obstacles. MM. Maltintoch et Hancock, de Manchester, vendirent à MM. Rattier et Guibal dont les noms seront souvent cités dans le cours de cet ouvrage, les procédés qu'ils suivaient pour enduire les tissus ordinaires de caoutchouc. Quant au moyeu de parvenir a le

dissoudre, ils gardèrentce secret, sauf à leur vendre, selon leurs iftespjnp, 1* dissolutïop toute opérée. Bientôt, ltf. Otftud.Qt qui, tle son cûté, était parvenu à dissoudre aussi cette matière, la leur vendit à plus bas pris. Le procédé consistait à dissoudre. le> caoutchouc dans t'huile essentielle, provenant de la distillation du charbon de terre ; l'enduits employait, non pas dans un état de liquidité absojue; mais à l'état pâteux. On l'étendait sur }es étoffes par couchés aussi égales que possible, puis on Jep soumettait à la pression d'un cylindre, qui aplar nissaif 'l'enduit, le faisait adhérer à l'étoffe, et môme déborder de chaque côté de la laize du tissu. Mais l'odeur insupportable de ces tissus s'ppposait ace qu'ils fussent généralement qflpptés. fis avaient en outre, le grave inconvénient de se soulever par places, l'enduit et le tissu formant des poches, •je qui était cause d'une détérioration rapide.. ' lînEcùi fabricant, M. Yerdïer,' faisait des tissus au caoutr; çhouc, qui n'avaient aucupé mauvaise odeurj la dissolution s'appliquait à froid. Oh tendait ces tissus sur des châssis qu'on pouyait incliner à volonté, et l'enduit excédant était enlevé avec des ràcloirs; puis l'étoffe était également cylindrée : pes étoffes' étaient souples et d'un aspect mat, et l'en-? duit ayant pénétré jusqu'au centre des fils des tissus, elles; restaient imperméables, même lorsqu'elles étaient à demi* usées. Le môme fabricant appliquait sou système, en y ajoutant un peu d'huile de lin cuite, à la fabrication des «ondes, pessaires, bouts (ie sein, canules et autres objets de ce genre, et employait, pour être enduit de son caoutchouc, des tissus de soie, comme étant plus résistants et permettant, lorsqu'il le fallait, d'obtenir la même force de résistance sous un bien moindre volume. Dès 1828,1e sieur Maillard Dumeste, mécanicien à Paris, inventa des moyens mécaniques servant à réduire le caoutchouc 'en fil calibré suivant tous les numéros, et prqpre à la fàpricatipn des tissus élastiques. Certaines mécaniques de sa façon, pouvant produire 48,000 mètres de fil par heure, fonctionnèrent pour la première fois en 1832-

% Voici, d'après M. Sainte-Preuve, les moyens qu'on, employait pour diviser le caoutchouc en fil ;

Opérations "préparatoires.

1° On ramollit la bouteille de caoutchouc par l'eau chaude. 2° On enlève le col.

3° Qri coupe la bouteille en deux parties égales : on laissa la substance; se refroidir et prendre une certaine consistance.

4° On presse chaque denii-poire dans un moule cylindrique de métal tenu chaud, an moyen d'un piston également

CAOUTCHOUC NATUREL.' 9 métallique. On maintient le piston quand on le retire de dessous la presse à l'aide d'un arrêt; puis on refroidit, au moyen de l'eau fraîche, et le moule et le disque de caoutchouc qui y est contenu.

5° On découpe ce disque plat en une bande d'égale épaisseur, à l'aide de la machine dont la description suit : Le couteau qui découpe est uue lame circulaire , il tourne autour d'un axe horizontal fixe. Le disque de caoutchouc s'approche de ce couteau en tournant autour d'un axe vertical mobile : le couteau s'engage dans le caoutchouc, et pour qu'il enlève toujours une bande d'égale épaisseur, l'axe du disque s'avance toujours, guidé par une vis, dans une direction perpendiculaire au plan du couteau. Ce couteau plonge par dessous dans une masse d'eau froide qui l'empêche de s'échaull'er et fait qu'il coupe mieux. La vitesse du mouvement de translation de la vis qui fait avancer le centre du disque est combinée avec celle des mouvements de rotation du couteau et du disque.

6° La transformation des bandes de caoutchouc en fils tissus s'opère par les. moyens suivants. On engage ces bandes entre des couteaux circulaires d'un petit diamètre montés sur deux rouleaux placés en regard , comme les cylindres d'un laminoir :'en faisant tourner ce3 rouleaux et leurs couteaux, ceux-ci découpent la bande de caoutchouc d'une largeur égale à l'écartement des couteaux.

7° Les lils de caoutchouc sont déposés dans des vases pleins d'eau froide; puis on les ramollit par l'eau chaude et on les étire autant que possible eu les enroulant sur un rouet qu'un ouvrier fait tourner rapidement, tandis qu'un autre placé près du vase d'eau chaude file le caoutchouc en le maintenant tendu ; puis on met ces dévidoirs dans un lieu frais pour donaer aux iils la raideur nécessaire au travail subséquent.

8° On enveloppe ces Iils d'un lacet, à l'aide de machines à lacets, aux plateaux desquelles on donnera, par exception, 42 à 43 centim. de largeur.

9° On transforme enfin ces fils en tissus sur le métier. Ici il est bon de donner à chaque fil sa bobine et de tirer celleci par une corde que tend un poids convenable, pour donner à chaque fil la mémo tension.

10° Enfin, on rend au caoutchouc son élasticité en chauffant les tissus à l'aide d'un fer chaud ou par tout autre moyen.

On conçoit, ajoute M. Sainte-Preuve, que si les fils n'étaient pas refroidis etrendus inextensibles, ils s'allongeraient pendant le travail, et en se contractant ensuite de quantités variables, Us feraient goder les tissus.

10. Voici ce que nous disions en 1834 des caoutchoucs exposés par MM. Rallier et Guibal. « MM. Rallier et G-ulbal, connus par le bel emploi qu'ils ont fait récemment du caoutchouc ou gomme élastique, à la fabrication d'étoffes élastiques et de tissus imperméables, ont soumis à-l'approbation du jury des câbles construits avec des (ils de la même matière, étirés, et ayant perdu l'excès de l'élasticité qui en rendrait, dans la majeure partie des circonstances, l'emploi peu applicable. Ces cables sont une véritable nouveauté, ils sont olferts à l'industrie avec modestie par tes inventeurs qui lui disent: « Voici un produit nouveau, non encore étudié , qui pourra s'employer dans quelques cas : ces cordes , nous en convenons, sont moins fortes que les cordes de ebanvre; mais elles se recommandent, par des qualités qui Jeur sont particulières; elles soûl imperméables, et, par conséquent, non bygrométriqiies. Séjournant dans l'eau, elles ne pourriront pas, exposées à la pluie, au veiit, à la poussière, elles ne se détérioreront pas promptement comme les cordes de ebanvre; elles conserveront leur force a la cave comme au grenier, et si vous avez mesuré 1 pur force dans le temps de la plus grande chaleur, vous pouvez compter qu'elles ne trahiront jamais voire conliao.ee; car la chaleur seule peut, momentanément, les amollir; et la température s'abaissaut, elles reprendront toute leur rigidité. Elles ne saliront pas les objets qu'elles supporteront, parce que, comme le crin, l'eau peut bieu les traverser, mais non 1 jamais pénétrer leurs filaments et entraîner la partie extrac- Uve.>? Ils disent au mécanicien : «Voici des cordes qui happeront vivement sur les poulies, et dont l'élasticité correspondra à ce que vous avez trouvé d'avantageux dans l'élasticité des lanières de cuir ; C'est bien déjà quelque chose- Il ne s'agit pas toujours de la force.» Si ces cables peuvent être livrés à des prix modérés, nul doute que, dans bien des cas, ils ne remplacent avec avantage Ja corde de chanvre. Nous ne saurions prévoir les applications que l'industrie saura faire de cette nouvelle corde, il faut pour cela qu'elle descende dans toules les mains; que l'horloger l'applique à sou archet, que le pôcheur en compose sa ligne, que le maçon en fasse le lien' de ses échafaudages, etc.; toujours est-il que, dès à présent, nous pouvons féliciter MM. Rattier et Guibal de leur heureuse application, et faire des vœux pour qu'elle se popularise. »

il. IJanB son rapport pujijié en 1836, voici quelle fut la décision du jury central de l'Exposition des produits de l'industrie :

&Mmlfw (for. — MM. Rattier et Guiba^ àParis;rdedes FossÊs-Hôhtmartre, n° 4.

. » Nous sommes heureux d'avoir à signaler une industrie (pute nouvelle, que ses inventeurs ont portée avec rapidité vers un degré voisin de la perfection.

«Il y apeu d'années le caoutchouc n'offrait qu'un petit nombre d'usages, et d'une faioïé importance. MM. Rattier et Guibai' en ont fait l'objet d'un travail ingénieux et d'un' commerce étendu. ,.

»Avant 1831, l'importation du caoutchouc fondait «fl article trop peu considérable pôur être mentionné* dans les états officiels; il n'en est plus ainsi:

MpàHdtioriS jiaiir îâ cmsottnMiàà ffiïnçaisè.

rive, en poire,* des colonies, ils l'aplatissent en ttfâquè par la pression; Ce dîsqne est fixé par son centre sùf urt support armé d'une pointa de fer. Dans cette position, dès coiiteiail de forme cfrculaifdle taiHent eti ïaùîèrés, qu'on suWivise en filaments. Ces filaments sont soudés bout à bout^ puis étirés régulièrement, puis enroulés sur un dévidoir^t laissés en cet état pendant sept à huit jours : le caoutchouc semble alors avoir perdu toute son' élasticité.

» Les. fils très-fins obtenus de la sorte sont placés sur un métier à' lacet, piuppur mieux .dire, à cravaches, ét recouverts do soie, de iil bu de .cqfon r Ces nouveaux fils garni» soïii tissés immédiatement comme du iil ordinaire* en rubans, en .bretelles,, en. sous-pieds, en ceintures, en corseti, etc. Ces ( fssUs peuvent réprenoge l'élasticité du caoutchouc par l'action de la chaleur ; il suffit pour cela de les repasser avec un fer chaud, , , t K ,, , a...

fl Cette tédustrie^a fait, ttes^^^^ Ses produits opf surpassé 700,000 fr . et ses exportations à ÏWanger 400,000' fr. '

» MM. Rattier et Guibal emploient plus de 200 ouvriers dans leurs ateliers. De tris-nombreux contrefacteurs, qu'ils ont cessé de poursuivre, démontrent les profits que procure te' genre de fabrication. i ( . (

if Les développements dans lesquels nous avons cru devoir? entrer justifient pleinement la récompense de premier ordre que le jury décerne à MM. Rattier et Guibal.

Wehièrb partis;

Médaille de bronze.

» M. VeM)IER, à Paris, rue N.-D. des Victoires,* n" 40.

» Collection d'Instruments de chirurgie en gomme élastique; nombreux échantillons de taffetas et autres tissus rendus imperméables au moyen du caoutchouc. La perfection de cetto application du caoutchouc mérite la médaille de bronze. »

Comme on le voit, nos prévisions relatives à la fabrication de MM. Rattier et Guibal n'avaient pas été trompées-, et le rapport du jury renferme sur cette fabrication des moyens d'exécution qui se rapprochent beaucoup de ceux énoncés par M. Sainte-Preuve, en y ajoutant toutefois des circonstances importantes à connaître, et qui motivent l'espèce de répétition que nous donnons de ces moyens de fabrication. Comme tout est important à connaître dans une fabrication nouvelle, nous reviendrons probablement encore sur ce même sujet. Par le rapport que nous venons de transcrire, le lecteur jugera que cette industrie a fait des pas de géant en bien peu de temps : elle ne s'est pas arrêtée, et le rapport de 1839 apportera de nouveaux documents d'un grand intérêt. Voici ce qui était dit sur le caoutchouc dans le rapport officiel.

Tissus imperméables.

12. «Tout le monde connaît les résultats intéressants h tant de titres, qu'une industrie nouvelle, fondée sur les propriétés du caoutchouc, a offerts au public depuis quelques années, soit en Angleterre, soit en France par les soins de MM. Guibal et Rattier, et de leurs nombreux imitateurs.

» Le caoutchouc est en effet une substance merveilleusement douée ; -qu'aucun des liquides habituellement eu rapport avec nous n'attaque, ne dissout; qui ploie, s'allonge, s'étendit revient sur elle-même avec toute l'obéissance d'une enveloppe qui ferait partie du corps même sur lequel on l'applique.

» On est parvenu à le couper en lames minces, à le refendre en fils, à remettre en masse les débris ou les parties impures : on sait lui ôter son élasticité et la lui rendre à volonté ; enfin, on le coupe, on le soude en cent façons et avec une facilite qui se prête à tous les caprices de la fabrication.

s Cette partie de l'industrie du caoutchouc rie iùérrfe que des éloges.

» Mais il en est une autre qtti est moins avancée,' quoiqu'elle soit aussi pratiquée depuis lonptemps, et qu'elle le soit sur u'né grande éclielle. On veut parler de lâ fabrication des tissus imperméables doubles et simples, \i l'aide dii caoutchouc dissous par les huiles essentielles. Dans ce procédé, la, substance est toujours un' peu modifiée; elle retient une Certaine quantité d'hùilè qui lui donne de l'odeUr et qui la ramollit.

» Le problème a' résoudre pour rendre le caoutchouc liquidé, n'est pas de le dissoudre par des essences dont oii ne peut jamais le débarrasser entièrement; mais tlé le rendre liquide eh l'aineua'nt à l'état d'émulsion, c'est-à-dire à l'état où' il découle des arbres qui le fournissent.

>> Cetté industrie a néanmoins fait eu franco dés progrès notables; les étofres doubles ou simples en caoutchouc ayant bien' naoin's d'odeur qu'elles n'en répandaient il y a quelques années. » ' -

Rappel de médaille d'or.

« MM; Gùibnî et Rattîer, rue des FoSsés-Mori'tmàrtrc ? 4. . » Ces habiles fabricants ont encore trouvé moyen' dé faire de grands progrès dans l'industrie qu'ils ont créée en France. En iS3'4j le juiy central leur a décerné la médaille d'or, en se fondant essentiellement sur leur fabrication de tissus élastiques, qui s'elTectùc au moyen de fils de caoutchouc â (jûi Otf ôte leur élasticité par une tension prolongée, qu'on récodvré d'un tissu à l'aide' d'un métier à lacet, et à qui on' rend enfin l'élasticité par l'action d'un fer chaud. Cette fabrication â pris une très-grande importance, non-seulement entre leurs-mains, mais aussi dans celles de leurs nombreux imitateurs et contrefacteurs; mais, à l'extension' prés, cettfe industrie' est en' général au point où elle était en' Î&'M.

» Chee MM. Giiinal et Rattier, au contraire, une disposition nouvelle a permis de tirer du métier Jacquard, pour fabriquer ces fils des tissus élastiques, lin parti bien' pltfs avantageux que par le passé'. Là quantité de travail' qu'un Ouvrier peut produire est plus que do'dblée, en certains' cas, par celte disposition.

» Mais au m'oriïéut mémo où cette industrie prenait des développements inespérés, elle a été frappée dans sa source; arrivages de caoutchouc n'ayant pas répondu - aux 1 idées on s'en" était faites, et Unef frattdc aotfvè' s^ètaae giissôs Caoutchouc. 2

14 PREMÈnE PARTIE.

dans la préparation dès poires mie les Indiens en fabriquent (Voyez ei-dessus, Fraude, n° 5).

» Les trois quarts au moius des poires que nous apporte le commerce sont si mal fabriquées et d'une texture si feuilletée, qu'on ne saurait en faire usage directement pour les découper en lames. MM. Guibai et Rallier ont monté dans leur usine un système d'appareils propres à remettre le caoutchouc en masse; ils le découpent ensuite en lames, en bandes, en fils, et le font ainsi rentrer dans la fabrication des tissus élastiques, d'où il semblait exclus.

» MM. Guibal et Rattier ont beaucoup amélioré leur dissolution; elle a bien moins d'odeur, bien qu'elle en ait encore; et ils méritent des éloges, quoique à cet égard on puisse espérer de nouveaux, et d'importants progrès.

» Dans la fabrication de MM. Guibal et Rattier, on remarque un nouvel article : c'est un tissu rendu imperméable par une couche extérieure de caoutchouc. Son bas prix le rend accessible à tontes les fortunes, et cependant sa bonne qualité est garantie par une expérience déjà fort étendue. Le seul inconvénient de ces tissus réside dans leur ressemblance avec les toiles vernies, qui les déprécie pour l'emploi que nous appellerons bourgeois. Mais les manteaux militaires, ceux de voyage, de chasse, etc., s'en accommodent parfaitement bien.

» On a pu remarquer à l'exposition des essais qui ont de l'intérêt, et qui auraient pour résultat de faire, à l'aide d'une seule opération', un très-grand nombre de tapis du dessin le plus compliqué. Ce problème est résolu à l'aide du caoutchouc, et qunique celte industrie singubère n'existe encore qu'en germe, on ne saurait douter qu'un jour ou l'autre, elle ne prenne une forme pratique.

» Parmi les améliorations qu'il faut remarquer chez les habiles fabricants dont nous nous occupons, la baisse importante que leurs prix ont subi n'est pas la moindre. Elle est d'autant plus digne d'attention, qu'elle coïncide avec une augmentation considérable du prix du caoutchouc,

» L'industrie du caoutchouc s'exerce aujourd'hui sur 400 mille francs de caoutchouc brut, qu'elle convertit en une masse de produits divers dont le prix s'élève à une somme dont on appréciera l'importance, quand on saura que l'Amérique reçoit de nous pour quatre millions de produits en caoutchouc en échange des 400,000 fr. de matière brute qu'elle nous envoie.

» L'extension donnée par MM. Guibal et Rattier à""lcur industrie,, le développement qu'elle a pris entre les juauis

de toutes les personnes qui mettent a profit leurs procédés, la perfection de leurs moyens de recomposition de la gomme divisée ou impure, et surtout les perfectionnements qu'ils ont fait subir au métier Jacquard, motivent le rappel le plus honorable de la médaille d'or que le jury s'empresse de voter à ces habiles fabricants.

Médailles de bronze.

<c M. Champion, à Paris, rue du Mail, 18.

» Connu, depuis longtemps, pour la fabrication de ses mesures linéaires en rubans imperméables, qui lui ont valu, en 1819, une médaille de bronze, cet ingénieux fabricant livrait au commerce beaucoup d'objets produits par les mêmes procédés, et applicables à des destinations hygiéniques ou à la conservation des métaux.

» On a remarqué à. l'exposition actuelle des vêtements imperméables très-légers, trés-souples, peu volumineux et fort convenables pour les militaires, les voyageurs ou les personnes qui habitent la campagne; mais l'aspect iuisant ou gras des étoffes vernies les exclut de tout emploi dans les villes, ce qui en limite singulièrement l'application.

» Néanmoins, le jury, considérant les divers progrès faits par M. Champion dans sa fabrication, lui décerne une nouvelle médaille de bronze. »

» M. Meynadier, à Montrouge (Seine).

» Cet ingénieux fabricant prépare les tissus de manière à les rendre imperméables. 11 opère sur tous les genres d'étoiles avec le même succès, et il peut fournir des tissus simples imperméables en taffetas ou percaline, et, à plus forte raison, des tissus plus épais.

» Ce que M. Mcynadier a surtout cherché, avec raison, c'est de rendre son étoffe imperméable sans lui donner un aspect gras et verni. Il a presque réussi sons ces deux rapports. Du reste, ses étoffes n'ont pas d'odeur bien sensible.

» Elles ont dès longtemps trouvé leur application dans la fabrication des cols noirs et dans celle des manteaux de voyage.

» 11 est à désirer que cette industrie se développe. » Le jury décerne une médaille de bronze à M. Meynadier. »

« Af. Gagin, à Clignancourt {Seine). ■ » M. Gagin a exposé diverses applications de ses toiles imperméables, qu'il applique essentiellement aux besoins du

jfi rriEînÉRE partie.

soldat. De? outres, une tente, un manleau-hiypuap, dfig blouses, des bâches pour voitures, etc., ont Été misos Sou$ les yeux du jury, et soumis à un examen attentif.

»Mi Gagin prépare aussi des chaussures imperméables qui ont été l'objet d'expériences longues et bien faites en Afrique; le résultat en a été très-favorable, "comme on Je voit par un rapport du colonel Marey.

» Les toiles pour tentes et abris-bivouacs ont été essayées au camp de Compiègne, par M. de Çonrtigis, avec Un succès complet. ' ' , , „, ,

» Le jury centra] décerne à M. Gagin une médaille de bronze.»

Mentions honorable?, a jjf. Ledovx, à Neuilly {Seine).

» M. Ledoux fabrique des tissus doubles imperméables .p&r , les prbeédés connus ; mais ces tissus ont peu d'odeur.

«11 fait une grande quantité de buses recouverts 4 un tissu imperméable, qui les préserve de la rouble ; cette ap-> plication du caoutchouc est devenu déjà d^un ustge asseï commun. » r « M. Cocu, à Paris, rue Mënilmontant, 86, ■ » Produit' des tissus de caoutchouc avec beaucoup de succès. Ses tissus épinglés sont remarquables par leur belle et bonne exécution. » ."

ce jlfAf. Galibert et Burraut, rue J.-J. Rousseau, 1, » Livrent au commerce des tuyaux en caoutchouc naturel fort bien faits et susceptibles d'applications intéressantes. »

1 « 'M. Bouillant, rue du Faubourg-Saip^Antome, 325

» S'occupe avec succès de la fabrication dés tissus en caoutchouc. » '' ' ' '*

a M- "Marowide Aguire 3 m<s d'Antin, 3. .

» Il a fabriqué divers objets en chanvre comjmm^ rendu imperméable et verni. Ses produits pourront reoeyûij- <£u* tïies applications »

a M Belcer, rue de Grcnelle-Saint-Honoré, 39.

» Il rend imperméables, par des procédés chimiques, toutes les étoffes sans en altérer leur souplesse ni leur couleur, et sans leur ôter leur perméabilité pour l'air. *

» Il est à désirer que les procédés de M. Befcer, ou des procédés analogues, deviennent d'une application générale. »

Ces rapports du jury central des expositions publiques des produits de l'industrie, sont des arrêts en* dernier ressort, qui classent les industries et les mérites de ceux qui s'y livrent, sans que la faveur achetée, l'obsession, la courtisannerie, le charlatanisme du prospectus ou de l'annonce, influent en rieu sur leurs décisions suprêmes : ils renferment une infinité de faits, de noms propres, d'adresses, qu'il est trèsimportant que le fabricant connaisse. C'est a l'exposition que viennent se rendre et se réunir, de tous les points de la France, les sommités dans tous Jes genres, et le verdict de ce grand jury est le mètre légal et fidèle qui doit servir à mesurer les réputations. La reproduction que nous donnons ici sera donc, nous l'espérons du moins, accueillie favorablement, non-seulement par les fabricants, mais encore par les consommateurs. Les uns et les autres y verront avec intérêt cette belle industrie du caoutchouc naître, croître et prendre, de cinq en cinq années, d'immenses développements. Elle paraîtra un moment stationnaire dans sa perfection; mais tout d'un coup, elle changera de face et prendra un plus grand essor quand la découverte de Hancock lui aura donné une nouvelle vie. Mais n'anticipons point et suivons toujours ses pas quinquennaux.

Tissus imperméables. — Rappel de médaille d'or. 13. » MM. Rattier et Guibal, à Paris, rue des Fossés-Monttre, 4.

» L'importance des affaires de cette maison est à peu près la même qu'en 1839; ayant autorisé tous les passementiers de France à fabriquer le tissu élastique, elle s'est créée une immense concurrence; mais, en compensation, elle vend chaque année à ces mêmes passementiers une grande quantité .de fil élastique pour la fabrication de leurs tissus, industrie qui a pris un immense développement, et dont les produits sont préférés sur tous les marchés étrangers.

» MM. Rattier et Guibal sont restés en première ligne dans les belles qualités de tissus élastiques ; mais ils n'ont pu suivre la concurrence des fabricants de Rouen et de Saint-Chamond dans les qualités communes.

» lis ont rapporté de grands perfectionnements dans la fabrication du fil élastique. Lors de la, dernière exposition, ils avaient de la peine à obtenir une finesse de 8 à 10 mille

mètres au kiiog. ; augQura'nui, Us obtiennent 30 à 32 nulle

1É| PREMIÈRE PAIVTIE.

mèfres, et cela en somme, régénérée; ils ont été poussés, a alfemare cette finesse par lés tibrlcants de tulle «iul aujourd fini mêlent le caoutchouc a leurs produits. ' '» L'ar), de recomposer l.i glmïnio'est parvenu entrr; Jours mains à nue granqë perfection , puisque' MM. Rallier et Guibal, pcuVcnt etî faire du lïl qui, dans les numéros fins surtout, vaut le fil de gomme naturelle. A l'aide d'une noil- Y'elTe machine, ils peuvent Iburnir des bnnrics de gominç .jui ont jusqu'il 150 inclres de lom: sur 33 centim. do largo. Jusqu'à ce moment, on n'a obtenu des' feuilles de gommo que dc40ccntim 'sur 30ceutim.'

»'tcsfabricanU de papiers français étaient tributaires de ('Angleterre, pour les courroies des machines à papier qui exigent uue grande farce, qui ne doivent jamais sVdendre et qui doivent être sans point de jonction. MM'. Rallier et Guibal, ont exp'usé îles courroies qui sont de tout point comparables aux meilleures courroies anglaises'.

» En mêlant le caoutchouc, a des substance; blanchâtres qui ODt l'avantage de lui oter' son adhérence, ils sont parvenus a former une p'àte qui a a. peu prés la couleur du papier de Chine et qu'ils appliquent sur un tissu. Cette toile ârja préparée, reçoit les empreintes les plus fin. >. le- plus délicates. Ces essais ont de l'intérêt; niais l'industrie n'a tiré encore aucun parti de ce produit. Il n'en, estqns de même d'un cuir factice qui a un grand emploi chez les fabricants de cardes.

» MM. Rattier et Guiba], ont perfectionné leurs produils et. en ont diminué le prix depuis la dernière exposition. Leur vernis a toujours un peu d'odeur qui provient de l'huile èssuifielle qui sert à dissoudre le. caoutchouc : toutes leurs tentatives pour détruire cette odeur après l'application; ont nui à l'Imperméabilité des tissus et souvent en ont ameué' une prompte décumposition : ils persistent donc a. faire usage d'un procédé dont un long usage leur garantit la bonté, tant qu'une expérience décisive n'aura pas prononcé en/fa-" venr des autres moyens de dissolution. '

1 »' L'e'jui-y central prenaul en considération les services constants rendus a l'industrie des tissus imperméables, par MM. Rattier et Guibal, les juge toujours très-dignes de lu médaille d'or quilcur fut décernée eu 1833 (et même 1834).»

Médaille d'argent.

« BEÏÏ. Guérin j^qne et compagnie, u Paris, rue, des Fossés-; $p'nfmarti , éj ' ' 1 '" îl ' ' '- - ,J

OigiUjcdbyCooglej

» Le jury de 1839, en signalant 'les' résultats intéressants Obtenus par Tetaploi du caoutchouc dans diverses applications industrielles, 'Se 'plaignait de ce que dans la fabrication deï tissus rendus imperméables à l'aide du caoutchouc dissous dans les huiles essentielles, on n'était pas parvenu à supprimer l'odeur nauséabonde qui en limitait considérablement l'emploi. Les efforts 'de tous les fabricants ont dono tendu vers ' la solution de ce problème : s'ils 'n'ont pas complètement atteint le but, ils en ont plus ou moins approché. MM. Guérin jeune et compagnie s'en sont particulièrement

» Leurs tissus imperméables sont presque entièrement exempts d'odeur : ce résultat est dû à la rectification'pà'rfaitë des huiles' esBentiélleB qu'ils emploient pour dissoudre la caoutchouc. . ' "" i

' » MM. Guérin jeune et compagnie ont fait une nouvelle application du caoutchouc pourra être d'une grande importance. C'est'un cuir artificiel pour remplacer le cuir dans les usines, où la transmission* de mouvement s'opère 'pà# dés courroies. Le ciilr artificiel est composé de plusieurs toiles à chaîne très-forte réunies entre elles par le caoutchouc. CS cuir artificiel a été aussi employé avec succès pour la fabrication des rubans et plaques de cardes.

» Le jury considérant que les efforts de MM. Guérin et compagnie, pour améliorer leur industrie b( lui créer des ap-

Rappel de médaille de bronze.

« M. M,eynadier (Hjppo(yte), 1 Montrouge (Seine) et à Paris, rue Grange Patelière, \.

'» M. 'Meyriaçiiér applique sur les tissus de soie, et à plus forte raison sur d'autres' tissus , une préparation qui les rend imperméables, sans que cette préparation soit sensiblement visible sur l'étoff/e apprêtée, à laquelle elle conserve beaucoup' de souplesse. iASOHpïgsse §$ lajégèreté de ces tissus, permettent d'en faire des app^fiaïigpg Utiles, que los tissus au caoutchouc ne peuvent recevoir ; tels que manteaux préllr^tïfs de la pluie, qui, pliés, sont si peu volumineux,, Qu'ils peuyept se placer dans la poche ou dans le fond du

" \> U ne manque à cet industriel qu'un développement plus considérable de ses produits, pour se rendre digne d'une ré-

ÎO ÎREH1ÈRÏ PARTIE.

compense plus élevée. En l'état deB choses, le jury doit sa borner à rappeler la médaille de bronze qu'il a reçue eu 1839 (1). »

Nouvelle médaiUe de bronze.

« M. Gagin, à Clignaneourt, commune de Montmartre (Seine).

» M. Gagin a fait de nombreuses applications du caoutchouc fondu : pour la plupart, elles ont eu un succès complet. Ainsi, il a exposé des havre-sacs et manteaux pour soldats en toile rendue imperméable par ce moyen , qui ont parfaitement résisté aus variations de température de'l'Algérie. .

» La même matière appliquée sur les chaussures les rend imperméables et en prolonge presque indéÛniment la durée. Employée dans la préparation des cuirs vernis, elle les rend souples, imperméables et empêche le vernis de s'écailler.

» Le jury déclare que M. Gagin est digne d'une nouvelle médaille de bronze. »

Médailles de bronze.

« M: Ledoux, à Bonny-sur-Loire (Loiret).

» M. Ledoux fabrique sur une grande échelle les divers objets dans lesquels entre le caoutchouc, tels qu'étoffes pour tabliers de nourrices et manteaux, clysoirs, coussins à air, etc. Il fabrique également une .grande quantité de buses d'acier, recouverts d'un tissu imperméable qui les préserve . de la rouille.

» M. Ledoux a beaucoup perfectionné tous ses produits; ce qui ne l'a pas empêché d'en diminuer le prix d'une manière très-sensible, et par ce moyen, d'en augmenter, considérablement l'écoulement.

(l) Celle deciiinn n'oit pni trètJoglque. SI le produit de l'eipotiot mérite une récompense plut élevée, pourquoi ne pas ta lai décerner? Le développement plus coniidèrubla n'eu aura lieu que plut promptemepl ; car le public, contient duni le jugement d'un jupe MiiW , voudra u> procurer ce produit coté médaille iter ou midailli iTargiHt. Le dércloppement ù donner à une industrie en Iret-touiont en dehors de In puissance de l'induitriel , et celle circouiiincs indépendante de ta lolome no doil Influer en rien sur ta décision do celui qui cil appelé 1 juger la mérita du l'inrention. Imputer h l'induitriel le manque de mnycnl de donner de l'eileosion a IVcouleuiuui Je le» produiu, i!e ternit faire une pvt 4 ta fortune, an banni, dam la Uo- I Itibutlon des récoini'CB.Si , , P t 0,

» Ses tissus sont parfaitement fabriqués et pour ainsi dire sans odeur. - " * >

» Le jury lui décerne la médaille de bronze. »

« MM. Blanchard et Cabirol, à Paris, rus des Fossés- Montmartre, % '" '" '"'

» Ont exposé des tissus et objets rendus imperméables par le caoutchouc, dans lesquels ils ont cherché à faire perdre aux matières nécessaires à la dissolution du caoutchouc, l'odeur qu'elles portent avec elles. Ils ont en outre cherché à rendre au caoutchouc son éjasf^icité première qu'jj perd dans

« Leurs tissus réunissent à l'imperméabilité une grande

isolipresse. " ■ ' "*■ ' 11 "

» Ils ont exposé :

» ï* Un bateau de sauvetage en tissu caoutchouc à air, avec tous ses agrès, se montant et se démontant a volonté, et dont IS poîds total p'èst que de ÎO kUog. : "' ■ ' " '

1 »"2° Une baignoire flottante, avec tubes à air, ayant un filet pour fond/ avec ancre, rames, etc. ' ; ' - • ••• 7r -

» 3o Un pantalon dé pontonnier pour passer l'eau sans se mouiller. ■ "

» 4° Une bouée de sauvetage.

» 5° Un manteau de hivoùae, contenant un matelas, oreiller, etc., et pouvant au besoin servir dè radeau. '

» 6° Une feuille de caoutchouc laminé qu'ils peuvent faire à" trente-cinq mètres de longueur.

n 7» Ils ont construit le ballon dppt l'ascensjon a eu lieu le 13 juin I l'élasticité qu'ils conservent au caoutcbouc est remarquable, puisque en dépurant le tissu, le caoutchouc s^éiènd sans se rompre. ' ""

» Les produits de ces exposants sont remarquables par la paf/kitè homogénéité 1 du caoutchouc, sa faible odeur, spii élasticités^ tous égards, leurs procédés semblent dignes tjes ^compenses du jury.

!à Mais 1 comme )j s agit d*me fabrication najssapte, le jury craindrait de la classer 'des il présent, ei, il se borne à Jui d^dj-unëmÇc^lle de bronze, »

iïappeï de mention honorable.

« M. Beker, à Paris, rue neuve Saint-Augustin, 4.

» H. Bêler, l'un des premiers, s*est occupé avec succès de repdra imperméables, par des agents chimiques, les draps et diverses étoffes, sans altérer leur couleur et sans leur ûter

toute leur perméabilité pour l'air. Ces applications n'ont pas encore pris une extension notable, quoique l'auteur ait depuis lors rendu ce procédé plus économique.

» Le jury le trouve toujours digne de la mention honorable obtenue en 1839, et la lui rappelle. »

Mentions honorables.

«M. Galibert, à Paris, rue J.-J. Rousseau, 20.

» S'applique spécialement à la fabrication des tubes en caoutchouc, pour conduire les liquides et les gaz. Il fournit aussi le moyen d'obtenir des niveaux d'eau d'une plus grande longueur, pour le tracé des routes et des chemins de fer.

» II fournit h la chirurgie des instruments précieux qui paraissent généralement bien fabriqués, et qui ont été souvent mis a profit. Il fabrique aussi un assortiment complet d'instrument hygiéniques d'un usage très-sûr.

« MM. Brioude-Sanrefus et compagnie, à Paris, rue de l'Azite-Popincourt, 43,

» Ont exposé diverses applications du caoutchouc, à la papeterie, à la fabrication de balles, ballons, etc. »

» MM. Ch. Boulanger et compagnie, à Paris, rue Hauteville 35.

» MM. Boulanger et compagnie sont parvenus à donner à divers tissus employés pour vêtements extérieurs, depuis les blouses en toile jusqu'aux manteaux en drap, une imperméabilité suillsantc pour prévenir l'infiltration de la pluie, lorsque la chute d'eau n'est pas pour ainsi dire torrentielle. Sans doute, ils obtiendraient une imperméabilité plus complète, s'ils ne trouvaient avec raison plus convenable de laisser aux étoiles qu'ils préparent une certaine perméabilité qui permette un renouvellement d'air, salubre en effet.

» Le jury admettant l'utilité des résultats obtenus par MM. Ch. Boulanger et compagnie, et dont quelques épreuves ont constaté l'efficacité, leur accorde une mention honorable.»

II. Arrêtons-nous ici. L'exposition de 1849 appartient à l'ère nouvelle du caoutchouc vulcanisé. Ce qu'il importe maintenant, c'est de bien constater quel était l'état de l'industrie avant l'importante découverte qui a été cause de changements radicaux, et dans la manière de manipuler la ma-

APPAREIL À PRÉPARER IE CAOUTCHOUC. 23 tîère, et dansles nouvelles applications qui ont pu enêtre faites II ne nous reste plus pour compléter tout ce que nous avons àmettre en évidence sur la première phase de cette importante industrie, qu'à donner connaissance des brevets qui ont été pris en France et à l'étranger, et aussi à faire connaître ce que les écrits périodiques industriels du temps avaient jugé digne d'être porté à k connaissance de leurs lecteurs. Cette revue sera rapide : nous ferons un choix nous passerons sous silence les faits peu dignes d'intérêt, \ nos yeux s'entend ; et nous le ferons sans aucun scrupule, parce que la vulcanisation ayant donné un antre aspect à la matière première, et ayant fait changer en grande partie les procédés de fabrication, ces faits n'ont plus du tout la même jmportance, et ne seront plus en quelque sorte utiles que pour bien établir la Uliation historique de cette industrie. Hous donnerons plus lard au lecteur le rapport du jury de l'exposition de 1849, dans lequel il n'est plus guère question que du caoutchouc vulcanisé.

§ 1. Nous commençons par les machines faisant l'objet du brevet de M. Storrow, parce qu'elles ont trait à l'importante question de la coloration qui reste la même après la vulcanisation. '

Brevet d'importation de 15 ans, en date du 26 avril 1837, au sieur Storrow (Thomas) à Paris, pour un appareil et un procédé propres à préparer, à colorer le caoutchouc, et a l'appliquer aux tissus de toute espèce, aux peaux, cuirs, et à d'autres substances, sans faire usage d'un dissolvant pour le dissoudre préalablement.

L'invention se divise en deux parties :

La première consiste en une machine, à l'aide tic laquelle on fait subir au caoutchouc un traitement qui l'amène à l'état convenable, pour être appliqué au tissu ou à toute autre substance que l'on veut rendre imperméable.

La seconde partie comprend la machine a l'aide de laquelle on peut appliquer aux tissus le caoutchouc ainsi préparé. .

Description de la machine à préparer et à colorer le caoutchouc.

Pl. 1, fig. 1, 2. Un cylindre creux, long de 6 pieds (1),

(i) Non» conieironi c(i flndnanei maure*;, parce qoo nom Igooroni t'il l'agii du pied anglnia un du pied français. Lu muurei, d'ailleurs, dani Ce coi, iwportani peu ■ {'«éeotion.

(jç 2? nouces 3e diamètre;, chauffé à la' Tapeur ou autréinent, jusqu'à environ 200° Fahrenheit^ est surmonté d'un autre cylindre do même, longueur, inais d'un diamètre seulement de. 18 pouces., et chauffé de la même maniéré.

Les deux cylindres se touchent l'un l'autre sur le côté; à environ 10 pouces [do distance dn sommet du gros cylindre. , : .. i , Le gros cylindre tqurne beaucoup plus vite que le petit, de manière qu'il y ait entre ces deux cylindres une action composée , participant à la fois de la rotation et du gUs-

disposées de manière que, quand un des bords des barres touche le gros cylindre, fé nord d'opposé s'en éloigne et laisse, ainsi un espace cunéiforme- pour permettre au Caoutchouc, de pénétrer Sous l'extrémité circulaire des barres. . , Cette extrémité forme deux angles, dont l'un' est aigu et l'autre obtus.

.Çe^s. angles sont plus ou moins aigus ou obtus, selon leur situation £ l'égard ducylmdfc. ...... ,■ ■ ....

Cès barres ( tiennent ïi'eu d'un nombre égal de cylindres ; maïs elles sont plus propres. à la distribution égalo dé la matière colorante dont on veut colorer le caoutchouc;. elles sont maintenues én contact ou presque eh contact avec le cylindre par des poids où des vis disposés à cet effet.

Quand on veut colorer te caoutchouc, on déposé' la nïatière colorante réduitè én poudre bién tamisée dans" les espaces existant entré les barres; là elle s'incorpore àVée le caoutchouc au fur età' mesure qu'elle passé éntre les barrés ei le cylindre.

Une toile sans fin adaptée à la machine, sert à f alimenter, et amène le caoutchouc entre l'es deux cylindres; La machine à. préparer le caoutchouc opère comme suit : Ëe caoutchouc, coupé en morceaux de 2 pouces carrés, et d'une épaisseur variant depuis i ligne 1/2 jusqu'à 3 ligues, ést étendu sur la toile sans fin qui l'àmène aux 1 cylindres chauffés, amollit et étire le caoutchouc en lames minces ou én filaments déliés, et le mêle en ifieme temps avec la matière' éoTo'rantè' qUff £ été déposée dans les èspa'ccs" existent entre les barres.

MACHINE A COUCHER LE CAOU'iYHOCfi SUR LE TISSU. 25

C'est de cette manière qu'il passe sous'. toutes les iàrres Successivement, èt qu'il subit plusieurs fois cette opération ayant d'êlre convenablement préparé pour être, mis en œuvre par la seconde partie de la machine, qui doit l'appliquer

&d tissu 1 ;

Machiné à coucher le caoutchouc sur lé tissu.

Cette partie de la machine, ayant pour objet .de coucher le caoutchouc préparti comme il a été dit sur le tissu où. autres substances, se compose de quatre cylindres creux, longs de 6 pieds, chauffés à la vapeur ou autrement, jusqu'à environ 200 degrés Fahrenheit, et placés les uns à cité des.aùtréâ, pour distribuer convenablement leur opération, je les marque 1, 2, 3, 4, en commençant par en bas.

Le' cylindre 3 à S pouces de diamètre.

Ceux 2^ 3, onti pied de. diamètre.

CèlÛ! 4 a 18 pouces de diamètre. t . t , t

, te cylindre 3 tourne beaucoup plus lentement que lés .autres, do manière à produire uue action de .rotation, et .Ûi| plissage entre les surfaces des cylindres 2, 3, et aussi entre ceux 3, 4. (.,*■■ u, i m ■ -il- ' < -a

Quelquefois on ne se sert que des trois premiers cylindres.

Dans' « cas, Dû déseiigi ène les engrenages servant à faire marcher le quatrième cylindre, et le tissu ou autre substance que l'on veut enduire Aé gomme élastique passe à là machine à coucher entre le second et le troisième cylindre ; dé k elle entoure partiellement les cylindres i, 2 ; la face portant la gomme élastique, venant eû contact avec le cylindre 1, eii parcourt presque toute la circonférence, et est ensuite enlevée et enroulée sur un tambour., . ié . .,

ta gomme élastique, encore chaude,, est enlevée, à la mâin ou autrement, de la partie de la machine servant à la réparer, èt elle est versée dans un entonnoir placé entré les cylindres 2j 3, et disposé pour la recevoir. ( .

Cet entonnoir est plus étroit de5 centrai. que.Ie tissu ou àiHre substance sur lequel on veut appliquer la goinmc élastîchtc. . , . .. . ,. ,

L'étoffé est introduite entre lé fond de l'entonnoir et le cylindre 2, pendant que la gomme élastique est introduite entre le fond et le cylindre 3, où l'application de la gomme élastique est effectuée.

11 est avantageas de passer là gomme élastique entre, les cylindres 3, 4 de la machine avant de la mettre eh contact avec U tissu 1 ; dé cette manière, oit cbauire et' on amollit la gomme élastique, et on la dispose à s'attacher plus for'tc-

Cdoutchouc. 3

PREMIÈRE PàXlntl

pientâl'étofib sur laquelle elle est distribuée plus uniformément que quand elle est appliquée directement au sortir de l'entonnoir.

Quelquefois je -verse la gomme élastique préparée directement sur l'étoile ou autre substance que je veux, enduire entre les cylindres 2, 3, et ensuite je dégage l'engrenage du cylindre 3, qui alors reste immobile.

Le fond de l'entonnoir, dans ce cas, ne pénètre pas aussi avant entre les cylindres.

Les côtés de l'entonnoir s'avancent, dans tous les cas, aussi avant qu'il est possible sans être dans la voie des cylindres, auxquels ils doivent être bien ajustés.

Voici encore une autre manière de faire usage de ladite machine: , , n

La gomme élastique pénètre seule / entre les cylindres 2, 3, où elle se convertit en une feuille qui entoure le cylindre 2 ; le tissu pénétre en même temps entre les cylindres 1, 2, et alors la feuille de gomme élastique quitte le cylindre pour s'attacher à l'étoffe, et parcourt ensuite presque toute la circonférence du premier cylindre, après quoi elle est enlevée et enroulée comme auparavant.

Quand je veux colorer la gomme élastique, je la réduis quelquefois en feuilles, j'y applique la substance colorante, je roule le tout pour en former une masse, et ensuite je passe la gomme élastique entre les cylindres jusqu'à ce qu'elle soit suffisamment colorée. '

Je puis encore mêler la couleur avec de petits morceaux de gomme élastique, et les faire passer ensemble entre les cylindres ou le cylindre et les barres; j'ajoute de la couleur jusqu'à ce que la gomme élastique soit suffisamment colorée.

En passant ainsi entre les barres et un cylindre ou entre deux cylindres, dont un tourne plus vite que l'autre, lagomme élastique sort en parties très-déliées et amalgamées avec la couleur, '

La machine dont je viens de décrire les opérations ne forme qu'un seul tout, quoique, dans les dessins, pour en faire comprendre plus distinctement les différentes parties, elle soit divisée en deux parties représentées dans des vues différentes.

Description détaillée des différentes parties de la machine, Fig, 1, élévation latérale.

Fig. 2, coupe transversale de la machine à appliquer. a, montants ou fermes eu foute formant la cage des cy-

is.

Machine a coucher le caoutchouc scr te tissu. 2/

b, entretoise assemblant les deux fermes de ïa cage.

c, madriers sur lesquels sont cncocbées les forces «. 1, 2, 3, 4, cylindres.

Le cylindre 1 est placé derrière la cage des barres d.

d, barres que j'appelle joues, entre lesquelles chemine l'é-t toffe avant de pénétrer entre les cylindres.

e, ensouple sur laquelle est enroulée l'étoffe avant voir reçu l'enduit de caoutchouc.

f, contre-poids fixé à «ne corde' entourant l' ensouple e .

g, vis réglant la pression des cylindres 1, 2> 3, 4. A, roue dentée menant le cylindre 1.

j, roue dentée montée sur l'axe, du cylindre 4, et mené* par la roue A.

r» étoffe passant entre les cylindres 2, 3.

s, feuille de caoutchouc venant en contact avec l'étoffe, pendant qu'elle passe entre les cylindres 2,3.

p, rouleau mené par une courroie courte, recevant le mour veinent de l'arbre o.

q, ensoupleau sur lequel .est enroulée l'étoffe quand ello quitte le cylindre 1.

Cet ensoupleau tourne par un mouvement de surface imprimé par le rouleau o p.

Le mouvement o p est un peu plus vif que celui du cylin ; dre 1.

/, étofTe quittant le cylindre 1.

Entre la roue dentée A et le montant a, existe une roue dentée montée sur le cylindre 1, et une autre roue sur le cylindre 2, les roues étant de la grandeur des cylindres auxquels elles appartiennent.

La roue du cylindre 1, mène la roue du cylindre 2, et par conséquent le cylindre 1.

u, entonnoir ou trémie non représentée, fig. 1.

U'est dans cette trémie que l'on verse, à la main ou autrement, le caoutchouc préparé pendant qu'il est encore chaud, et tel qu'il est fourni par l'appareil à préparer.

Quand on ne fait usage que de trois cylindres, la trémie est placée sur la partie opposée des cylindres, entre les cylindres 2, 3.

Fig. 2, élévation de la portion de la machine à préparer.

a, bâti en fonte.

b, madriers sur lesquels repose le bâti.

c, gros cylindre long de 6 pieds, et ayant 27 pouces d© diamètre.

d, cylindre long de 6 piedB, et ayant 18 pouces de diamètre;

e, arbre de 6 pouces de diamètre.

23 PREinÊiis partie»

m, pignon monté sur i'arb're e et menant la roue fc, et par conséquent le cylindre e.' ' : 01 " ' ?

tf, vis réglant la pression des cylindres.

f, barres en fer; elles sont larges de 1 pied, épaisses de 15 lignes et longues d'environ 7 pieds. ; : ' *1 ft, masses de fer entaillées pour recevoir les extrémités des barres/ 1 qui y sont fixées ah moyen de clavettes.' 1 ■ ' !Î

ï**j f vis servant â régler la pression des barres sur le cylindre c. ' "■'* ■'■ ; '" 1 '* '

s,' toile sans fin sur laquelle on pose le caoutchouc, et qui le conduit entre les deux cylindres e, d. '"'■'■ ' "■ 1

La môme est représentée d'une manière plus distincte flans la coupe lig. 4.

p q, rouleaux sur lesquels tourne la toile sans fin, et auxquels on communique le mouvement au moyen d'engrenages ou depou'Iies avec courroies. ' : " ' "' ' ^ Ce mécanisme intermédiaire n'a pas été représenté dans

r } caoutchouc préparé au moment où il quitte la- dernière barre et s'affaisse de manière à former une niasse; '

Le caractère de cette invention consiste dan3 un procédé mécanique propre à' préparer le caoutchouc' et à. l'appliquer à toute espèce de tissus, de cuirs, de peaux ou autres sub^ stances semblables, sans faire usage d'un dissolvant.' " ' '

Je réclame comme nouvelle la manière de mélanger la couleur avee le caoutchouc sans le dissoudre préalablement. ' ''Je réclame aussi l'usage de' cylindres chauffés, et àyanL l'un a l'égard dé l'autre, une action de rotation et de glissage, pour liquéfier le caoutchouc de la' manière ci-dessus décrite; tout en lui conservant sa force, et pour l'étendre en couchée sur des tis'sug, ! cuirs, peaux et autres substances semblables, plus facilement et plus économiquement que par aucun des procédés employés jusqu'ici. ' " ,f; ,,; : "' ' * '* '' 1

&mt à'importatim de 15 etns. , vu date d« 1 décembre J.834, aux sieurs Akdrieox et GeKdron, a Bordeaucc, <poy,r; dés instruments de chirurgie en caoutchouc (1).' ' § 2. Le caoutchouc, pour ces applications doit être li-

(1) Il a éti! reconnu depuis que les luudei et autres Instruments en caoutchouc non lalanltû no poaroiont «rrir au* cnirargieni. [Voir plut loin le» initrumenli du docl. Gariol et coin en gomme de SI. Pouilliard. Le eutta-percha lui-même ne peut, juiqo'H prient leur éira applique. Voir la nota ou bas do l'erfida ^«lUfperûhtt t) litatilqnidt, deuiiomo partie, Clmp. I, n» 8.) '

MOYEN DE ÏHSSÛBME US CAOUTCHOUC. 29 quide, tel qu'il sort de l'arbre et dégagé de toutes ses parties dures qui peuvent former des aspérités.

Pour l'obtenir ainsi, on le passe au tamis.

Après cette opération, on plonge dans le caoutchouc liquide, le mandrin ou forme de l'instrument que l'on veut établir ; puis on l'unit superficiellement avec les doigts ou avec tout objet susceptible de polir.

Le mandrin peut être établi indifféremment avec toute espèce de matière solide ou pouvant se solidifier.

S'il est fait avec du bois ou toute autre substance qui ne se puisse pas broyer sous la pression extérieure après l'opéralion, il faut le recouvrir d'un tissu, qui reste attaché à l'instrument en caoutchouc et fait corps avec lui.

Dans le cas contraire, le mandrin se plonge à nu sans autre préparation.

Ce procédé appliqué spécialement à la fabrication des instruments de chirurgie, peut être appliqué au moulage de tout autre objet.

Moyen de dissoudre le caoutchouc.

15. § 1. L'emploi de Téther, de l'huile volatile de térébenthine, de l'huile volatile tirée du caoutchouc, des huiles des fabriques de gaz pour l'éclairage, a l'inconvénient d'être coûteux et de donner lieu à des vernis qui se dessèchent dillicilement. On se sert, depuis quelque temps, et avec avantage, de l'ammoniaque pour aider à la dissolution de cette gomme. On prend de la gomme élastique; coupée en morceaux, on l'introduit dans un vase de verre, on le recouvre d'ammoniaque caustique, et on ferme le vase à l'aide d'un bouchon à l'énieri; on abandonne le tout pendant plusieurs mois. L'ammoniaque se colore, la gomme prend une apparence brillante et soyeuse, semblable à des nerfs frais; le caoutchouc aiusî gonflé, est encore élastique, et ressemble tout-à-fait à de beaux fils soyeux lorsqu'on l'étiré; mais il se brise plus facilement que le caoutchouc brut. En traitant par l'huile de térébenthine le caoutchouc gonflé dans l'ammoniaque, il se transforme aisément par l'agitation en une émulsion, et, au bout de quelque temps, il vient nager à la surface, comme le beurre sur du lait; ensuite il se comporte comme un vernis.

Ce qu'il y a d'avantageux dans ce procédé qui est long, k moins qu'on n'ait uni d'avance du caoutchouc avec l'ammoniaque, c'est qu'il faut une faible quantité d'huile de térébenthine pour le dissoudre, ce qui n'a pas lieu lorsqu'il n'y a pas e« fteruwUtssw^tjpar l'alcali volatil.

30 mv$w PARTIB*

Nous donnerops tout ce que nous trouverons de relatif à la dissolution du caoutchouc, parce que l'opinion des chimistes et des fabricants n'est point fixe et arrêtée sur ce sujet, et qu'il est bon de mettre sous les yeux du juge, le public, toutes les pièces du procès. '" " "-' "' 1 '■■ ,: -

Procédé perfectionné pour dissoudre le caoutchouc, par Al. G. Gêbard.

§ 2. Les dissolutions de caoutchouc, épaisses ou coulantes, possèdent eu général' une grande cohérence et une grande viscosité.

Quel que soit le dissolvant que l'on emploie, le caoutchouc se gonfle beaucoup ,' et la .dissolution ne commence qu'après que le gonflement est opéré. C'est' ce djfii exige une quantité considérable de dissolvant.

Pour parer à ces inconvénients, et pour obtenir néanmoins une dissolution epaisse,on fait d'abord gonfler lé caoutchouc; puis On le comprime avec des rouleaux. D'après ce procédé; la dissolution obtenue possède encore une viscosité considérable, que l'on peut éviter par le moyen suivant, qui permet d'obtenir des di*olutions aussi épaisses qu'on peut les désirer, sans que ces dissolutions possèdent l'élasticité des précédentes, et quand le dissolvant est évaporé, te caoutchouc se réunit en pâte^ et acquiert de nouveau toutes les propriétés qu'il avait à l'origine.

Voici ce moyen :

Quel que soit le dissolvant que l'on emploie, on y ajoute une certaine quantité d'aîeool, et ensuite, on fait macérer le caoutchouc dans ce liquide : dans ce cas, le caoutchouc se dilate peu, et au bout de vingt-quatre heures, il se trouve soiis la forme d'une pate qui sè prête aux opérations ordinaires!

Les dissolvants à employer peuvent être le sulfure de carbone, le chloroforme, l'éther suJfurique, le naphte, les huiles de naphte éthérées, l'essence de térébenthine que l'on additionne de cinq a cinquante pour 100 (l'ait ool. Suivant la consistance que l'on veut donner à la dissolution, on traité lé caoutchouc par son poids de dissolvant al('Oolïï|ue, et orïpeut même aller juscp.l'à 30 parties de dissolvant pour une d| caoutchouc.

Au b'dpt de un ou deux jours on introduit ]a pâte dans le pûtriss'oir à chaud quand on' veut' obtenir unè dissolution homogène, ou quand la pate a été obtenue avec de pétries quantités de dissolvant, lîans le cas contraire, il est mutité de chauffer. ' ' 1 ' ■" '- ' " ■'■ 1 >' '' '"'*

' C^procédÔ a été patepté; l'invention copsiste daps le fojt

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