Ç0TTA-PERCHA, PODR LES FILS DES TÉLÉGRAPHES
sent, ont fourni au gouvernement prussien tous les fils qui ont été employés à l'établissement de ces moyens de communications souterraines. Le fil est fabriqué avec le meilleur cuivre russe de Baser, et, d'après le cahier des charges , ce fil ne dut pas peser moins de 65 loth ( 950 grammes) et plus de 67 loth (979 grammes)., les 100 pieds du Rhin (3i m .385). On rejette toute botte de fil qui a moins de 500 pieds, et sur cette longueur, il ne doit y avoir aucune soudure. Avant d'être recouvert de gutta-percha, ce lil doit être doux et flexible, c'est-à-dire avoir été recuit une dernière fois. La livraison s'en opère sur des tours en bois.. Toute portion éclatée, ouverte, imparfaite, suffit pour faire rejeter lé paquet (long généralement de 1,000 à 2,000 pieds).
§ t. Le gutta-percha, dans lequel le fil est enveloppé, doit être parfaitement purifié, travaillé avec soin, et surtout bien débarrassé de toute humidité. Ce n'est qu'à ces conditions qu'il est exempt de pores et complètement isolant. La perte est dans ce cas d'environ 25 pour 100. Le bloc primitif ou brut de gutta-percha est d'abord réduit en une sorte de poudre avec une râpe, puis ramolli dans l'eau chaude. Il dépose ainsi le sable, le charbon et les matières étrangères qu'il pouvait renfermer. La masse est alors introduite entre deux cylindres rugueux^ où elle est rompue et déchirée menue, et l'espèce de copeaux qu'elle produit ainsi sont passés entre deux cylindres chauffés a l'intérieur par des saumons de fer portés au rouge et réduits ainsi en nappes extrêmement minces. Cette opération en extrait encore toutes les impuretés qu'il aurait pu retenir. Ces nappes sont travaillées de nouveau entre les cylindres chauds pouf leur donner une plus complète homogénéité, et pour achever d'en chasser par évaporation l'eau qu'elles rétenaiont encore.
0o travaille les nappes entre les cylindres qu'on fait tourner constamment jusqu'à ce qu'elles prennent une couleur chocolat ou brun marron, et aient acquis tous les caractères d'une homogénéité parfaite. On maintient la température au point où les matières peuvent être travaillées avec les cylindres sans devenir pâteuses et y adhérer- Ces matières, ainsi préparées, sont coupées encore chaudes en rubans de 3 à 4 kilog., pesées et toutes prêtes ainsi à être incorporées avec 3 à 5 pour 100 de fleurs de soufre. Là soufre est, pendant un nouveau laminage, répandu sans interruption et en quantités pesées sur les masses de gutta-pereha d'un poids déterminé, et y est incorporé bien uniformément par le travail des cylindres. La niasse, ainsi traitée, et sous la forme
Î86 MSCÏIÈSIE ÎÀTtTIE.
de ruban?, est introduite alors dans une chaudière à haute pression, où elle est soumise à une température qui correspond à une pression de huit atmosphères. Par cette opération le soufre contracte une union intime avec le guttapercha, qui perd ainsi tout son aspect antérieur et devient gris foncé. Ln môme temps la haute température à laquelle on le soumet, entraîne les dernières traces d'humidité sous forme gazeuse et d'hydrogène. Un ventilateur particulier sert a chasser au dehors du bâtiment les vapeurs d'acide sulfureux qui se dégagent avec la vapeur d'eau.
§ 2. La masse vulcanisée [voyez n° 37) est transportée alors dans l'appareil destiné à habiller le fd. Cet appareil, fig. 145, pl. 4, consiste en un gros cylindre d'environ 8 pieds (2 m .51) de longueur sur 8 pouces (21 cent.) de diamètre, disposé horizontalement. Une vis d'un diamètre de 4 pouces (lOcent.) presse le piston avec lenteur sur la masse du gutta-percha. Le mouvement de la tige de la vis est opéré par une machine à, vapeur de la force de dix chevaux, avec organes de transmission. A la partie antérieure du cylindre est établie une tête très-massive avec des filières. Dans cette tête, il y a à l'un de ces appareils six filières et neuf à l'autre , de manière à pouvoir revêtir simultanément autant de fils à la fois avec chacun de ces appareils. La masse du gutta-percha, en sortant du cylindre a no trouve d'issue, que par l'espace conique 6,6. Le fil c est amené au centre de cet espace vide conique par une forte pièce en métal d,d, afin que le gutta-percha qui sort en e, e de la filière en même temps que le fil de cujvre, embrasse et enveloppe celui-ci avec une (orce extrême , le comprime et l'enserre. Il est bon de remarquer que le fil s'avance à raison d'un pouce (0 m .0261) par seconde, et que la température ne doit pas être portée trop haut, parce que autrement la masse n'aurait pas la fermeté et la densité suffisantes. On s'assure au mieux que cette température est trop élevée par l'aspect que présente le fil revêtu, qui alors n'est plus uni à la surface, mais ondulé et inégal, ainsi qu'on l'observerait sur une pâte très-teuace par une énergique pression. Il faut surtout avoir soin, en introduisant la masse dans le cylindre, d'en chasser, autant que possible, tout l'air, car cet air, emprisonné, nuit au produit, puisque au moment où il arrive a la filière, chacune de ces bulles crève avec explosion. Une grande partie de l'air qu'on n'est point encore parvenu à chasser complètement, se dégage aussi par-dessous dans le point où le fil est amené dans la filière.
§ 3. Le? fils ainsi revêtus montent alors ,-our passer sur des éponges humides qui les refroidissent et entre des ban-
TttAÎTEMENT BU CUTTA-F-EHCHA ET DU CAOUTCHOUC. 287
des de toile. Dans l'étage supérieur, où ils ont déjà acquis plus de fermeté, ils passent sur des rouleaux et des éponges humides placés à la distance d'environ 60 pieds (19 mètres), distance où on les enroule sur des dévidoirs. On les dévide ensuite sur un second dévidoir, ce qui permet d'y réparer les défauts, quand la chose est nécessaire. Pour cela, l'ouvrier se sert d'un fer qu'il fait chauffer dans un bassin de charbon et de bandes de gutta-percha préparé qu'il ramollit préalablement au feu, et qu'il soude dans les points défectueux. C'est sur ce dernier dévidoir, sur une des embases duquel on a coulé un anneau de plomb, qu'on fait l'essai du fil. Le bout de la hotte do fil est mis en rapport métalliqucment avec cet anneau, et lorsqu'on amène au contact avec l'anneau, le pôle d'un -élément galvanique, tandis que l'autre pôle de cet élément touche l'extrémité de la botte de fil., alors il est clair que ce fil établit l'arc de communication entre ces éléments, et par conséquent que le courant galvanique doit le parcourir, lorsqu'il n'y a pas d'interruption. Cet appareil sert également à rechercher les points où l'isolement est encore un peu imparfait.
Traitement du gutta-percha et du caoutchouc, par M. S. Moulton, fabricant,
39. C'est un fait bien connu que le gutta-percha naturel est matériellement afFecté parles changements de température; qu'il devient dur et rigide quand on l'expose à une basse température, plus doux et plus moelleux quand la température est plus élevée, et. que, dans tous les cas, il ne possède que de faibles propriétés élastiques. Or, ces changements physiques par les variations de la température ettecs propriétés non élastiques s'opposent à ce que cette matière, a l'état naturel, reçoive une foule d'applications utiles.
§ 1. C'est pour obvier à ces inconvénients que je propose do combiner le gutta-percha avec un mélange de sulfite ou d'hyposulfite de plomb ou de zinc et de sulfure artificiel de ces métaux, et de soumettre le composé à l'aclion d'une température élevée, ce qui produit une matière que j'appelle gutta-percha préparé, qui est élastique, n'est plus atl'ecté par les changements de la température, et résiste aux dissolvants de ce corps à l'état naturel. Pour obtenir ce composé préparé, on opère comme il suit :
Après que le gutta-percha a été débarrassé des impuretés qui le souillaient, on en prend plusieurs kilog., ou du moins autant qu'on peut en pétrir à la fois, on y ajoute par kilog. 3,50 grammes dç sulfite ou d'hyposulfite de plomb ou dç
zinc ,£t de sulfure artificiel de ces métaux, en .proportions égales à peu près pour chacun d'eux, puis 120à720 grammes de plâtre ou de craie en poudre; on broie le tout entre des cylindres chauffes, et on traite le mélange ainsi qu'on l'a explique pour le traitement du caoutchouc et la fabrication des tissus imperméables.
§2. On peut combiner aussi .ensemble une partie degultaperclia et une partie de caoutchouc, ou, suivant que le cas l'exige, une plus ou moins grande proportion de l'une ou de l'autre de ces matières,, avec du sulfite ou de l'hyposulfite de plomb ou de zinc et du sulfure artificiel de ces métaux, en proportions à peu près égales. 1 kilog. du composé de gutta-percha et de caoutchouc est combiné avec 120 à 720 grammes de plâtre ou de craie, et le composé est préparé et traitéj sous tous les rapports, comme le gutta-percha luimême. On emploie les mômes machines et le même degrt de chaleur pour fabriquer un produit propre à des applications multipliées, plus élastique, mais ne résistant pas aussi bien àTaction des builes que quand on se sert du gutta-percha seul.
Quand on veut produire un gutta-percha ou un composé de cette matière et de caoutchouc, qui ressemble àla corne ou à l'ivoire, on ajoute de 120 à 720 grammes de magnésie par kilog. du composé de gutta-percha seul ou combiné au caoutchouc.
Le tout est traité absolument de la même manière que s'il n'y avait pas de magnésie.
Après que le gutta-percha ou sa combinaison avec le caoutchouc ont été broyés ou mélangés, le composé est encore susceptible d'être affecté, par des changements de température et par l'action des dissolvants, de même qu'à l'état naturel. Pour prévenir cet elfet, le composé, sous quelque forme qu'il soit, est placé dans une chambre ou une capacité où l'air ne puisse pas pénétrer, et exposé àla vapeur d'eau ou à une chaleur sèche, qu'on peut porter depuis 125° jusqu'à 175° C. Le temps nécessaire pour ce traitement variï de deux à dix heures, suivant l'épaisseur et la quantité des articles introduits en masse pour cette opération.
Les produits ainsi préparés sont non-seulement imperméables à l'humidité, mais d'une ténacité extrême, élastiques comme du caoutchouc sulfuré, et hors d'atteinte des changements de la température.
tUTTA-PEItCBÀ POUR DOUBLER LES VISÉS.
Résistance des tubes en gutta-percha.
40. On vient de terminer une série d'expériences intéressantes à l'établissement de la distribution des eaux dans la ville de Birmingham, relativement à la résistance que pourraient présenter les tubes en gutta-percha si on les appliquait à la conduite des eaux. Les expériences entreprises sous la direction de M. H. ltofe, ingénieur, ont porté sur des tubes de 19» lin .044 de diamètre et 3™». 174 d'épaisseur. Ces tubes ont été piqués sur une conduite principale en fonte et sou-
' mis, pendant deux mois, à la pression d'une colonne d'eau de tîl métrés de hauteur sans éprouver la moindre détérioration.
Alin de déterminer, s'il était possible, le maximum do résistance de ces tubes, on les a montés sur la pomp^ hydraulique qui sert à mettre les tuyaux de conduite en fer à l'épreuve, et dont la charge normale est de 15 kil .5 par centimètre carré, on a pompé jusqu'à ee que la pression fût portée à 23 kil .7. Hais au grand étonnement de fout le monde les tubes sont restés parfaitement intacts. C'est alors qu'on a proposé de porter cette pression à 31 kilog. ; mais le levier de la soupape n'a pas pu admettre de nouveaux poids, de façon que la plus grande pression que pouvait exercer la pompe hydraulique qu'on a employée n'a pu faire crever les tubes.
Le gutta-percha étant une matière légèrement élastique les tubes se sont un peu dilatés sous la pression extraordinaire à laquelle ils ont été soumis; mais en supprimant celle-ci, ils ont repris leurs dimensions primitives. Emploi du gutta-percha pour doubler les vases destinés è contenir les acides. •
41. MM. Chami et compagnie, de Birmingham, de même que M. Musprat et fils, de Liverpool, se servent de vases doublés avec du gutta-percha pour la conservation de I'acido chlorhydrique, et c'est à travers des tubes de cette matière qu'Us font couler ces acides dans les chaudières ou autres appareils où Ton en fait l'application. MM. J. et B. Sturget, de Birmingham, se servent aussi de manches de gutta-percha pour faire couler et charrier d'un point à un autre de leur fabrique cet acide et beaucoup d'autres liquides corrosifs. MM. Broivn ctBinger, raffineurs d'or à Londres, se servent
■j vases doublés en gutta-percha pour contenir I'acido azoque étendu dont ils font usage dans leur industrie. Un vase en gutta-percha n'a été attaqué par l'acide azoUj Caoutchouc, 25
29Ô MtttfÈBB MM1Ï.
que concentré qu'au bout de douze mois, et encore le dommage était-il extrêmement faible.
îfode de traitement du gutta-percha, par M. E. Rider.
42. L'invention, s'applique plus particulièrement au traitement du gutta-percba , qu'un procédé préparatoire rend plus propre â ê£re sulfuré et a recevoir des applications pratiques plus multipliées qu'on n'a pu y parvenir jusqu'à présent.
Les difficultés insurmontables qu'on a éprouvé es. jusqu'à présent dans toutes les tentatives qu'on a faites pour vulcaniser Je gutta-percha, provenaient en grande partie de l'idée erronée de considérer .la matière brute comme identique, ou à peu près, dans sa constitution ou ses propriétés chimiques avec le caoutchouc et que le môme procédé routinier était applicable à l'une comme à l'autre de ces matières. Ces deux sucs sont bien réellement distincts l'un de l'autre, puisqu'on ïes extrait d'arbres qui appartiennent à des familles botaniques différentes.
Parmi les particularités par lesquelles ces deux matières difîèrent essentiellement entre elles, il convient de mettre au premier rang la manière dont elles se comportent quand <m les soumet à l'influence de la chaleur. Dans son état brnt et primitif, lo gutta-perchâ, indépendamment d'un mélange fréquent d'impuretés iibreuses et autres matières étrangères, possède encore daDS sa substance certains ingrédients volatils, de nature telle qu'ils interviennent matériellement sur l'effet secondaire de la vulcanisation. .
Il est avant tout essentiel pour le succès de cette vulcanisation de se débarrasser des impuretés solides qui rompent la continuité de la masse, et en outre nécessaire de chasser les ingrédients volatils, soit qu'ils consistent dans les éléments de l'eau ou des bulles volatiles, soit dans ceux des acides.
Après ces opérations préliminaires, qui sont indispensables dans tous les modes de traitement, la matière est soumise à la première opération du procédé perfectionné qui consiste à la chauffer seule à une température suffisante pour la réduire à la consistance d'une pare douce, ce à quoi l'on parv ient à l'aide d'une température de 200° à 230» G. Mais la tempé- Tature qu'il convient d'employer varie considérablement, suivant les différentes sortes ou qualités du gutta-percha, quelques-unes fie celles-ci n'exigent pas Une température qu 'dépasse 150°.
La durée de cette opération de chautfago dépend nature lement de la température qu'on emploie, ainsi que di. masse et de l'état d'agrégation de la matière à cette «poqi
EXPÉRIENCES SDR DES CODRROIES EH G UTT A-FERCH JL ■' 29t
Il faut toutefois ménager la chaleur pour qu'elle pénfctro uniformément dans toute la masse. Deux à trois heures suffisent ordinairement pour cet objet lorsque la chaleur est appliquée à l'aide de cylindres chauffés en métal ou par tout autre mode d'application d'une température régulière, tello qu'une étuve chauffée par la vapeur ou l'air chaud. Ce chauffage, indépendamment de l'expulsion des matières purement volatiles que renferme In gutta-percha, en fait sortir encore un fluide visqueux et oléagineux en laissant la matière dans un. état relatif de pureté.
Après avoir été soumis à ce traitement, le gutta-percha, soit seul, soit combiné avec le caoutchouc, est mélangé avec les ingrédients connus par les mêmes moyens et dans des proportions semblables ou à pou près h celles employées dans la vulcanisation du caoutchouc, mais en donnant la préférence à l'hyposulfite de plomb ou de zinc.
On a remarqué qu'il était plus avantageux, dans le traitement du gutta-pereba seul, d'employer un degré moindre de chaleur dans le procédé de pétrissage, et au contraire una température plus élevée dans la vulcanisation que quand il s'agit du caoutchouc.
On introduit aussi quelques modifications secondaires quand il s'agit d'applications spéciales; par exemple quand on a besoin d'un composé dur non élastique, ou comparativement iriélastique, on a recours à un mélange plus abondant de matières ou à un degré de chaleur plus élevé que quand ou veut un produit très-élastique.
Ce procédé simple et peu dispendieux produit un changement étonnant dans les propriétés et la valeur du gutta-perclia, et aucun autre traitement ultérieur dans les procédés ordinaires ne serait susceptible d'amener la matière à l'état do perfection où la porte du premier coup ce moyen si facile.
Expériences sur la résistance absolue des courroies m gutta-percha , par M. Feistmàntel.
43. On a découpé dans une courroie de gutta-percha, qui aval t une largeur de (K10461G et une épaisseur de O m .O065385, et suivant la direction de sa longueur, des lanières de différentes largeurs qu'on a ensuite chargées par des poids qu'on y a suspendus jusqu'à, rupture. Les résultats de ces expériences sont consignés dans les tableaux suivants :
EXPÉRIENCES EUH DES C0UP.H01ES EN fiUTTA-PEBCltt. 295
Pour souder les deux bouts des bandes de gutta-percha dont on veut faire les courroies, on fait usage du moyen suivant. On coupe les extrémités de la courroie sous un angle de 30 à 40°, et on assujettit un des bouts avec quelques clous ou mieux avec une presse sur une table ou sur un établi; puis on prend un fer qui peut avoir de 30 à 35 millim. de largeur et de 15 à 16 d'épaisseur, qu'on a porté à la température d'un fer à repasser, c' est-a-dire à uue température qui ne puisse ni brûler, ni. colorer le gutta-percha, mais qui le ramollisse seulement, et on le passe sur les extrémités, sur bout, fraîchement coupées, en l'y pressant assez fortement et jusqu'à ce qu'elles soient ramollies et aient acquis uu état poisseux. On enlève le fer et on rapproche ces extrémités vivement et fortement l'une de l'autre; on enfonce quelques clous dans le brin qui était libre pour le maintenir en place, et on laisse refroidir.
Les rebords ou rebarbes sont coupés et aplatis avec le fer chaud, de manière à ce que la suture soit bien unie. Une courroie d'épaisseur ordinaire est prête à être employée en 10 ou 15 minutes, et quand on rafraîchit avec de l'eau froide, en moins de temps encore.
On peut même faire des sutures à recouvrement en parant les extrémités de façon que l'un des bouts sera posé sur l'autre, la suture ne présente pas plus d'épaisseur que dans le reste de la courroie. On chaulfe les surfaces amincies et parées; on ajuste et on presse aussi promptement et fortement que possible.
Si la courroie doit éprouver un mouvement rapide ou un grand frottement, il est prudent d'interposer un rouleau ou une tige ronde et fixe de fer, pour que les brins ne se fixent pas.
L'expérience a démontré que ces courroies se raccourcissent plutôt qu'elles ne s'allongent par l'usage.
ll'est nécessaire do faire remarquer que les courroies usées, ou les rognures de gutta-percha, ont encore uue certaine valeur comme matière première, tandis que celles eu cuir ne sont bonnes à rien.
Pour établir une comparaison entre les prix, il faut savoir qu'une courroie d'un mètre de largeur et de 8 à 9 millim. d'épaisseur coûte environ 5 fr. 60 cent- par mètre courant; tandis qu'une courroie de cuir de la môme dimension coûte au moins 6 fr. 75 cent, a 7 fr.
Si nous avions trouvé tins série d'expériences plus com-
FABRICATION SES ARTICLES EN GUTTA-PEÏlCnA. 297 plète et plus claire, nous n'aurions pas certainement reproduit celle qui précède. M. Feistmantel aime trop les nombres fractionnaires. Comment et pourquoi n*a-t-il pas opéré sur des nombres entiers; pourquoi ces lanières si courtes; pourquoi les poids mis dans le plateau ne sont-ils pas simplement un, deux, trois kilogrammes ; et qu'avons-nous besoin d'y adjoindre des décigrammeg? D'une autre part, pourquoi n'avoir pas répété les expériences sur des lanières de cuir, afin qu'il fut possible de savoir quelle est la résistance la plus forte? L'expérience a prouvé que les lanières enguttapercha, et surtout les cordes do tour, ne sont nullement d'un bon usage. Sans doute , la réunion, faite toutefois par des moyens autres que ceux indiqués dans cet article, est plus commode que l'épissure, et plus promplement faite; sans-doute on gagnerait, en se servant du gutta-percha, à n'avoir plus besoin des crochets ou agrafes; mais il faut bien reconnaître que cette matière , précieuse pour d'innombrables usages, ne peut servir a tout, et que les lanières et cordes de tour ne peuvent en être faites. Il faut savoir se garantir de l'engouement de la mode. {Voyes,\a. note relative aux bougies, sondes et autres instruments de chirurgie.) A -défaut d'autres, nous avons pensé que le lecteur ne serait pourtant pas fiché de connaître ces expériences.
Mode de fabrication des articles en gutta-percha, par M. A.-R.-L. de Kohuasdy.
44. Le mode de fabrication des objets en gutta-percha consiste .à prendre cette matière purifiée autant qu'il est possihle par le découpage, la pression ou le pétrissage dans l'eau chaude, dans une machine semblable à celle pour agglomérer le caoutchouc, puis à l'exposer à une douce chaleur al'action , de quelque dissolvant volatil, tel quo l'essence do térébenthine, la benzine, mais de préférence le bisulfure de carbone, une élévation de température n'étant pas nécessaire dans ce dernier cas.
§ 1. Une partie en poids de gutta-percha dissoute dans environ 20 parties de dissolvant, fournit une masse sirupeuse brune et trouble, qu'on clarifie et décolore, d'abord en l'abandonnant au repos, pour que les matières les plus pesantes se précipitent, puis introduisant le liquide qui surnage dans l'appareil représenté fig. 146, pl. 4. -i
Â, vase contenant le- liquide brun sirupeux provenant de la dissolution; ce vase est pourvu de trois ouvertures B CD; E,
tube de communication entre le vase A et le vase F, gui est rempli de charbon animal , et pourvu à sa partie inférieure d'uu robinet qui débouche dans un troisième vase ou récipient G, portant une tubulure H, sur laquelle s'élève un tube qui r met en communication les vases A et G, Tous ces vases peuvent être fait3 en zinc, mais tous les assemblages et les communications doivent être parfaitement imperméables à l'air. Voici quelle est la marche de cet appareil :
Le liquide brun sirupeux qu'on a obtenu est introduit dans le vase A; ouvrant ensuite le robinet B 1 , il tombe dans le levier F, en filtrant à travers le charbon animal qui remplit celui-ci, et de là daus le vase G à l'état limpide. J S est une bâche remplie d'eau froide dans laquelle plonge lo vase G.
§ 2. La liqueur ainsi lîltrée est introduite dans un alambic pourvu d'un réfrigérant, et on distille sa portion liquide ou volatile superflue. Si ensuite on désire obtenir le gutta-percha filtré a l'état solide, on évapore jusqu'à siccitô. Mais pour obtenir des feuilles de cette matière, faire des ballons, des écrans, et mille autres articles en gutta-percha, on procède comme il suit :
On prend la solution du gutta-percha dans le bisulfure de carbone, et on en verse une certaine quantité dans un gros cylindre en verre fermé par une extrémité. On incline alors ce cylindre et on le tou/ne dans toutes les directions jusqu'à ce que les parois soient complètement et également enduites avec la solution, puis on décante l'excédant de cette solution en renversant le cylindre l'ouverture en bas. Au bout de peu de temps, le sulfure de carbone se volatilise complètement et laisse l'intérieur du cylindre tapissé d'une couche minée de gutta-percha. La contraction qui résulte de la dessiccation suffit pour détacher cette couche et permettre do l'enlever. 11 faut, toutefois, avoir soin de ne pas toucher lo cylindre avec la main lorsqu'elle est chaude, autrement le gutta-percha adhérerait au verre dans les points qui auraient ainsi été chauffés.
Si on coupe maintenant la portion qui était en contact avec le fond fermé du cylindre, on a un manchon de guttapercha ouvert aux deux bouts, qu'on peut fendre longitudinalemont pour en former une feuille. On peut produire par ce moyeu des ballons de toutes les formes, le gutta-percha prenant celle du vase dans lequel on le moule. Quand, toutefois, la membrane doit être extraite par une ouverture étroite, comme quand le liquide sirupeux a été versé dans une bouteille, un ballon de verre, un matras, il faut avoir recours à. quelque tour de main, par exemple introduire un
roHlFidàTioN un cutta-pe!iciîa. 299 tube dans lo vase en verre, et faire dans celui-ci le vide avec la bouche ou une seringue, la pression atmosphérique ' détache alors la membrane des parois et permet de l'enlever aisément.
Il est évident que, au lieu d'une couche mince, on peut eu obtenir une épaisse, en se servant d'une solution plus visqueuse que celle dont il a été question.
Si le moule est de nature à pouvoir être retiré en entier, ou par morceaux, ou peut appliquer la solution à l'extérieur.
Urevet d'invention en date du 16 août 1847, au sieur Hswcock, rie Londres, pour un procédé de purification du gulta-percha.
45. Ordinairement on coupe en petits morceaux le guttapercha que l'on veut nettoyer et purifier, et, pour faciliter ce travail, on le trempe dans l'eau chaude aiin de l'adoucir.
Voici une machine au moyen de laquelle on peut obtenir des morceaux très-petits, sans qu'il soit nécessaire de se servir d'eau chaude:
Pl. 3, fig. 127, élévation latérale do la machine.
Fig. 128, vue de face;
Fig. 129, coupe faite suivant a b de la figure 128.
A, charpente de la machine.
B, plaque circulaire en fonte, de l m .50, de diamètre. Cette plaque a trois rainures dans lesquelles sont tenus
trois couteaus. ; ces couteaux sont disposés comme des lames de rabot.
P", arbre sur lequel est fixée la plaque.
Cet arbre est mis en mouvement par un moteur quelconque.
H > plan incliné qui conduit les gros morceaux de guttapercha vers les couteaux qui les coupent en tranches, dont l'épaisseur dépend du degré de saillie des couteaux.
Au lieu de se servir de la plaque B, on peut employer un tranchant vertical qui fonctionne en montant et en descendant.
Dans ces figures, les bords des, couteaux sônt droits ; mais, .si le gutta-percha était trop dur, on pourrait, pour mieux le couper, employer des couteaux à hords courbés.
Après qu'on a coupé le gutta-percha en petits morceaux, on les met dans l'appareil fig. 130.
F est urï%rand réservoir divisé en trois compartiments t', t", P. Les compartiments t t (' sont remplis d'eau jusqu'à
300 BECXIÉME fARTlE.
la- ligna s y, et le troisième t 3 est rempli jusqu'à la ligne
iï.
F', F", F 3 sont, trois cylindres briseurs armés de lames dentelées, comme des lames de scies dans le sens de leur longueur; ces cylindres tournent sans toucher l'eau.
En face de chacun de ces cylindres se trouve une paire de cylindres cannelés, d'alimentation.
H' est un entonnoir qui conduit au cylindre d'alimentation G', les tranches de gutta-percha après qu'elles ont été adoucies par l'eau chaude.
H", toile sans fin inclinée, qui tourne autour de deux tambours a, a.
Lobas de cette toile passe dans l'eau, tandis que le haut se trouve en face des cylindres d'alimentation du cylindre briseur F".
H 3 , toile sans Qn fonctionnant pour le cylindre briseur F 3 .
K, cylindre à hacher, armé de lames.
Il est supporté sur le troisième compartiment f 3 du réservoir ; mais il est placé plus bas dans le réservoir F que les cylindres briseurs, ct de telle sorte que la moitié soit toujours plongée dans l'eau du compartiment.
L, L, deux plaques garnies de lames qui sont presque en contact avec les couteaux du cylindre K.
M, agitateur. ....
N, toile sans fin.
R, R, cylindres disposés de telle Sorte qtfe le cylindre de dessous de chaque paire est plongé dans l'eaifc
Sj S, planches disposées entre les cylindres pour supporter le gutta-percha. . \ *
Quand la machine est en mouvernent, les cylindres G*, G", G 3 , les tambours des toiles sans fin , et les cylindres R tournent de gauche à droite ; les cylindres briseurs, le cylindre à hacher et l'agitateur tournent dans le sens opposé. Les briseurs et le cylindre à hacher doivent faire de 600^ a 800 tours par minute; les cylindres d'alimentation et les tambours des toiles sans fin n'en feront que 100 à 175.
Les premières séries des cylindres R,R doivent faire de 15 à 20 tours par miuute, et les autres devront aller un peu plus vite.
Quand le gutta-pereba est présenté dans l'état naturel à l'action du briseur F' par les cylindres d'alimentation G', il est déchiré en petits fragments,- et on voit tomber au fond des matières étrangères qu'il renfermait. ^
Le gutta-percha Hotte à la surface, et la tffle H" attire pes morceaux qui flottent et les amène a la seconde paire.
runincATioN bv ecm-r-r.ncHA. SOI
de cylindres d'alinwnlation '(ni los livrent ait tfenxitaie cylindre briseur; de là ils passent sur ta loBe H 1 , entra lei cylindres (!■' et le brise,»- F 3 , Enfin la loile H* les porta vers les cylindres G*, d'où ils passent au ceindra tournant K, dont les laines les bâchent en très-petites tranches minces qui tombent dans l'eau du compartiment ï», et sont portées eu avant |«ir l'action de l'agitateur M.
Comme l'agitateur tourne dans une direction opposée à relie de la masse Imitante, celle-ci est forcée de plonger dans l'eau et d'y séjourner un peu, après quoi elle se diriee \crs la toile N qui la porte entre les cvimdrcs K, d'où elle suit la toile 0 jusqu'aux cylindres Y', Y" qui la pressent et la transforment en une lame plus ou moins mince, qui s'enroule sur le cylindre V.
§ I. L'eau doit être froide dans les compartiments. Si le guttu-percha, a son état naturel, a une odeur fétide, ce qui arrive quelquêfoisj on ajoute à l'eau une solution de soude ou de chlorure de calcium.
Voici un appareil au moyen duquel on peut effectuer la combinaison du trutla-perclm en feuilles avec le soufre.
Fig. 131, A, chambre métallique où l'on met le eutta-percha.
Cette chambre est fermée par un couvercle C.
D est une chaudière à haute pression.
E, vase en métal où l'on mut un mélange de sulfure volatil et un de soufre.
Voici la manière d'opérer :
Le Tour de la chaudière étant allumé, dès que la soupape «le sûreté H delà chaudière indique 130 degrés, on allume le fourneau E'; les robinets fi et 7j sont ouverts et la vapeur arrive d'abord seule dans k chambre A. Peu de temps après, les vapeurs sulfureuses se dégagent du vase É et se mêlent avec la vapeur.
Après un temps qui varie d'une demi-heure à deux heuressuivant l'épaisseur des fêuflleSj on ferme les robinets, on diminue ou ou retire le feu, et ou lève la. soupape K de la chambre A. Quand celte chambre ne contient pins de vapeur, ou rétive le gutta-percha qui est vulcanise.
Pour que les Tapeurs, arrivent en A, il faut évidemment une la pression en H soit plus forte qu'en A.
X est un thermomètre, et L un tuvau par où on fait écouler l'eau de condensation.
Les feuilles ainsi préparées sont frottées avec un mélange pce de sulfure et de soufre, puis ces feuilles sout soumises k .l'action d'une vapeur de 130 degrés, ou plutôt elles sont ini- Çaoutchmc. 26
S02 SBtftltttt *ARt(ë;
se3 dans de l'eau dont on élève la température. Après les avoii de nouveau frottées comme nous venons de le dire, oa les soumet encore dans l'appareil, iig. 131, aux vapeurs sulfureuses et à la vapeur d'eau ; enfin, on passe sur ces feuilles une pâte composée de sulfure, de soufre et de gutla-percha en dissolution, et on les soumet à une chaleur de 130 degrés ou on les chauffe dans de l'eau chaude, ou même on les soumet à une nouvelle opération dans l'appareil fig. 131.
En soumettant une de ces feuilles à l'action de deux cylindres ayant des rainures à rebords bien aigus, et s'ajustant convenablement, on peut découper cette feuille en bandes. Si on passe entre des cylindres dont les rainures se joignent par leurs rebords aigus pour former de petits cylindres, une feuille épaisse de gutta -percha, elle sera, partagée en fils plus ou moins gros; dans ce dernier cas seulement les feuilles seront chauffées à 90 degrés, et les lils seront conduits BUT' des bobines placées dans de l'eau froide.
Nous avons reproduit le texte intégral du brevet Hancock, encore bien qu'uue grande partie de ce qu'il renferme ait déjà été exposé par l'auteur lui-même dans le mémoire qu'il a donné, et que nous avons reproduit n° 26, parce qu'en ma- ' tière de brevet, il est souvent utiie d'avoir connaissance des ' termes précis qui le constituent. C'est en étudiant ces termes, en suivant l'inventeur mot à mot, que celui qui veut pratiquer par des procédés qui se rapprochent de ceux du breveté, peut s'assurer qu'il ne se mettra~pas en contravention en employant tel ou tel moyen.
46. Nous reproduisons l'article qu'on va lire, encore bien qu'il ne renferme que très-peu de faits nouveaux pour celui qui a lu tout ce qui précède ; mais lorsqu'il s'agit d'une nouvelle substance, aucun avis, aucun document n'est à dédaigner. De la multiplicité des renseignements, alors même qu'ils sont contradictoires, le lecteur attentif peut tirer des conclusions utiles et asscoirune opinion sûre.
« Nous empruntons àl'uno des dernières legons do M. Payen, au Conservatoire des artset métiers, les détails suivants. sur le gutta-percha :
Avant de parler des usages du gutta-percha, nous rappellerons sommairement que cette substance, appelée dans le; 'Wsgutta-iuban, s'extrait d'un arbre de là famille des safQ^
ïrjRlFICÀflON DU CoTTA-PERCHA. 303
iêeSj dont les genres achras et lassia font partie, h tort Suivant quelques auteurs.
L'arbre en question, originaire des Indes, a do 20 à 25 mètres d'élévation sur 60 centim. k 1 mètre de diamètre. Par son port, son aspect, il ressemble beaucoup au durio ribelhinus. 11 en diffère par ses caractères botaniques, que nous négligerons ici. Il est très-difficile d'ailleurs de se procurer de ses fleurs et de ses fruits. Le bois est de nulle valeur. Le fruit donne une buile dont les naturels de l'archipel indien se servent pour assaisonner leur nourriture. Il croit en abondance dans l'Ile de Singapore, dans les forêts de Lahore, h. l'extrémité de la péninsule de Malacca, sur la côte sud-est de Bornéo, à Kéli, a, Sarawak où on l'appelle nialo.
Le premier mode d'extraction était aussi simple que fâcheux : on abattait l'arbre, d'où on retirait seulement de 10 à 15 kilog. de gomme. Ce procédé désastreux fut heureusement remplacé par celui des incisions. Mais, ce produit précieux restait toujours d'un mince usage, quand MM. Mont- «omerie et Joseph d'Almerida songèrent a en envoyer a la Société royale des Sciences do Londres, qui accorda une médaille d'or au premier.
Jusqu'en 1844, le commerce européen ignorait les avantages du gutta-percha, qui n'avait servi dans le pays qu'à laire des manches d'une espèce de cognée appelé parang. Mais, quatre ans et demi après, Singapore en avait expédié 5,303,656 kilog., représentant une valeur de près de 'l millions de fr.
A partir de cette époque, les recherches se multiplièrent, les autorités locales spéculèrent sur cette nouvelle richesse, qui fut monopolisée par le tamungong et par le sultan.
L'Angleterre commença par accaparer la plus grande partis de ce produit, pour l'emploi duquel les premiers brevets furent pris en I rance. Mais aujourd'hui nous sommes bien loin d'être tributaires de nos voisins , et notre industrie sait en tirer un excellent parti.
On comprendra, -à rénumération seule des caractères du fçutta-percha, qu'il a encore bien des applications à recevoir. En effet, on n'en est plus réduit à l'employer, comme précédemment, avec sa couleur chocolat, qui est le plus généralement connue , car il peut recevoir un grand nombre do colorations sans que sa qualité soit altérée ; nous dirons plus, on peut même le rendre d'une entière blancheur.
Ses caractères principaux sont : d'être très-souple à 100 degrés, de façou à prendre alors toutes les formes ûoagioa-
bles, pour rester ensuite tf une dureté remarquable, Léguttapercha est insensible aux influences de Vair et da l'eau, inaltérable par les alcalis ou les acides,, et peut enfin être amalgamé h plusieurs substances étrangères. Dans bien des cas, il remplace économiquement le plomb, le fer, le zinc, le enivre, le bois, le cuir, la faïence', le verre et la porcelaine.
Nous allons voir une partie des usages auxquels cefcte matière peut être employée, en le suivant pas à pas dans sa dernière leçon à ce sujet, celle du 20 décembre.
Sous forme de filaments plus ou moins volumineux, le gutta-percha sert à fabriquer des fouets et des cravaches^ soit en tressant des fils d'après 1 la méthode ordinaire pour les uns, soit en la moulant d'un seul morceau pour les autres.
En chirurgie, c'est une ressource précieuse en cas de fracture, car on peut ainsi construire des appareils qui ne deviennent rigwhs qu'après avoir pris les formes voulues, sans qu'on puisse craindre une inégalité de pression.
Dans les pays chauds, la méïlecino se sert également du gutta-perclia pour conserver le vaccin. On en fait des capsules hémisphériques qu'on ressoude facilement à l'aide de la chaleur. De cette façon on n'a rien à craindre des altérations que peuvent causer les influences atmosphériques.
Dans ces derniers temps, on a eu l'heureuse idée de se servir du gutta-percha pour la sellerie et le harnachement en général : licols, longes, traits, dossières, sous-ventrières, avaloires, étriers, etc. , etc. On s'en trouve très-bien, si ce n'est l'été peut-être, àl'époque des grandes chaleurs, où on pourrait eraindre, pour lus traits surtout, des ruptures qui seraient de nature à occasioner des accidents. Autrement, il serait difficile de trouver une matière plus convenable, puisqu'elle n'est altérable ni à l'humidité , ni an contact do la sueur, qu'elle ne craint pas les lavages, et qu'enfin elle est à l'abri de la dent, de la vermine qui né peut rien contre elle à cause de sa souplesse et de son élasticité.
Depuis peu, on emploie avec avantage le gutta-percha en bandes cnllées sur le bois, dans les fabriques de tissus où l'on veut faire glisser très-facilement la navette. On s'en sert également en lamelles pour comprimer le lin dans les opérations qu'on lui fait subir au peignage.
En Angleterre et on Amérique, on on fait un grand usage pour diviser les bateaux que l'on veut rendre insubmersibles, car sa densité est cinq fois moins grande que celle de l'eau ; c'est ce qui permet aussi d'en faire des buuées de sauvetage très^employées aujourd'hui.
Dans l'application si interessanto des télégraphes élcctri-
COLLE DE Cl'TTA-PEIlCIlA.
■ques, le gutta-percha a rendu de bien grands services, nonseulement comme préservatif de l'humidité, mais encore parce que lui-même est un corps mauvais conducteur de ce iluide qu'il emprisonne pour ainsi dire dans le 111 qu'il recouvre . Cha«n sait le parti qu'on en retire pour l'établissement des télégraphes sous~marins.
Lu confortable lui-même a recours à la précieuse matière que nous étudions. La sonorité souvent fâcheuse des parquets, de quelque nature qu'ils soient, peut être non-seulement dépaLTéalilc, mais encore nuisihle dans certaines réunions. C'est pour éviter ces inconvénients qu'en beaucoup d'endroits on a remplacé le carrelage, la dalle, le bois lui-même par des lames de liège enchâssées dans le gutta-percha. M. Payeu citait comme exemple plusieurs endroits célèbres en Angleterre, et, eu particulier, le parlement, où il a pu lui-même s'assurer des avantages de cette application. On en fait aussi des baïonnettes avec lesquelles on n'a plus à craindre d'accidents pendant les exercices du maniement des armes.
D'ailleurs tontes les industries petites et grandes ne sont pas restées en arrière dans le grand mouvement des nouveautés qu'entraînent les applications possibles du guttapercha. Pour n'eu citer que quelques-unes, nous éuumérerons les professions qui déjà ont mis à contribution cette précieuse matière. Ce sont principalement :
Les fabricants d'instruments d'acoustique, de chirurgie; les fabricants d'acides, de buses et de corsets, d'indiennes, de meubles, d'ornements, de produits chimiques, de voitures, etc.;
Toutes les industries qui se rattachent aux professions suivantes : apprèteurs d'étoffes, agriculteurs, architectes, argenteurs ou. doreurs; chapeliers, dentistes, encadreurs, horticulteurs, ingénieurs, médecins, meuniers, photographes, pharmaciens , rafflneurs , ("dateurs, selliers et bourreliers, teinturiers, tourneurs, vétérinaires, vinaigriers;
Enlin, citons encore les bains, les blanchisseries, les hôpitaux, les hôtels, les administrations.
On ne peut prévoir les applications ultérieures do cette matière qui rend déjà de si grands services. »
DOCUMENTS ADDITIONNELS HECUE1LLIS PENDANT L'iM PRESSION.
Colle de gutta-percha.
M. Perra, aide-préparateur de M. Balard, au collège de France, a inveuté des chaussures faites sans couture ou ra-
piécées, à l'aide d'un collage au gutta-percha ; ces ebaussi> res paraissent devoir durer autant que les chaussures cousues. M. Perra emploie aussi la colle de gulta-percha pour la restauration des courroies.
Les petits échantillons de cuir réunis à l'eut oi de M. Perra montrent le parti que l'auteur compte tirer du gutta-percha pour imperméabiliser des peaux tannées; enfin, un petit spécimen de vernis et de pellicules transparentes préparées au moyen du. gutta-percha complète la série des nouvelles applications de l'auteur.
Nous insérons cette note, bien qu'elle n'entre dans aucuns détails sur la manière dont est faite cette coilç au gutta, paire que nous ne devons rien omettre de ce qui peut faire naître des idées nouvelles sur l'emploi de cette précieuse substance, qui recevra, nous n'en doutons pas,- beaucoup d'autres applications que nous ne saurions prévoir.
Nous empruntons à un recueil mensuel le mémoire qu'on ya lire. Assurément tous les faits qu'il rapporte se trouvent épars dans le chapitre qu'il termine ; mais comme ils sont ici réunis et groupés, ils offriront au lecteur une espèce de tableau synoptique qui no sera pas sans utilité et qui captivera puissamment l'intérêt.
Le gutta-percha ou gutta-tvhan.
On trouve depuis quelques années dans le commerce une substance connue sous le nom de gutta-percha; l'arbre qui la produit est originaire de l'Inde, où on la désigne généralement sous le nom de gutta-tuban. C'est un suc laiteux qui provient de cet arbre et se solidilie par l'évaporation. L'industrie a tiré du guUa-pen'h,i depuis son apparition un trèsr utile parti, et la chimie l'a soumis à l'analyse. MM. Pelouze et Frômy le citent, dans leur cours de chimie générale, comme une composition qui, débarrassée des substances étrangères qu'elle contient presque toujours, se rapproche beaucoup du caoutchouc.
Un mémoire anglais et des documents dignes de foi qui nous ont été communiqués et dont nous donnerons des extraits, contiennent des détails fort intéressants sur les propriétés de cette substance, sur son origine, son usage, son emploi et son mode d'épuration. Ils établissent que le gutta est susceptible, de recevoir, non-seulement dans l'industrie, majs encore dune dMereats sorvices publics, et particulière*
GUTTA-PERCHA OtJ 6DTTA-T0BAN. 307
ment dans la marine, de nombreuses applications, et que i'arbre qui le produit peurrait, comme le sapotillter, qui ■vient parfaitement à la Réunion et aux Antilles, être acclimaté ^ct cultivé dans la plupart de nos possessions d'outremer.
Le mémoire anglais sur le gutta, dont nous donnons ici la traduction, est du docteur Thomas Oxley, esquire, premier chirurgien de l'établissement de l'Ile du Prince-de- Çallcs, de Singaporo et de Matacca. "
Voici ce document :
« Bien qui; les arbres qui produisent le gutta-percha se trouvent en grand nombre dans nos forêts indigènes, il y a quatre ans à peine que cette substance a été découverte par les Européens. C'est le docteur Montgomcric qui, le premier, à ce qu'il parait , l'a fait connaître dans une lettre adressée à la Société médicale du Bengale, au commencement de 1843; il la recommande comme pouvant être utile dans quelques opérations de chirurgie, et suppose que l'arbre qui la produit appartient à la famille du figuier. En avril 184.3, elle fut apportée en Europe par le docteur d'Almeida, qui la présentait la Société royale dos Arts de Londres; mais elle n'excita d'abord que fort peu l'attention ; cette société, en elfct, se borna à accuser réception du présent qu'on lui faisait; quelque temps après, toutefois, elle jugea convenable d'accorder une médaille d'or au docteur Montgomeric, en récompense du service qu'il avait rendu. Maintenant qu'il cat constaté que la découverte de ces deux médecins provient de la même source, à savoir, la rencontre fortuite de cette substance entre les mains de quelques Malais, qui en avaient reconnu la principale propriété et qui l'exploitaient en fabriquant avec le gutta dus fouets qu'ils vendaient ensuite dans la ville, on ne voit aucune raison plausible qui ait pu faire oublier le second et récompenser le premier. Les eliorls qu'ils ont tentés pour initier le public à la connaissance d'une substance aussi utile qu'intéressante les recommandent tous deux à un titre égal,
» Comme ce n'est que dans ces derniers temps que le gutta a beaucoup attiré 'l'attention, que jusqu'à présent il a été peu connu et n'a fait le sujet que d'un trés-pelit nombre d'écrits, .je me propose aujourd'hui de combler de mon mieux cette lacune, et de donner la description de l'arbre, de la substance qu'il produit et de son usage en faisant ressortir l'utilité qu'on en a tirée, aux lieux mêmes où on l'a découverte, en la faisant servir à différents usages domestiques.
DEUXIÈME P1RTIE,
» L'arbre gutta-perdia ou plutôt gutta-tuban, car c'est le nom qu'on devrait lui donner (l'arbre percha ne produisant pas cette substance à l'état de pureté), appartient à la famille des sapotecs; il offre quelque analogie avec les variétés achras et bassia, mais il en diffère sous quelques points essentiels ; et ii diflere aussi de toutes les autres variétés de cette famille, tellement que je suis disposé à croire qu'on peut l'y classer comme un nouveau genre! J'essaierai, en conséquence, d'indiquer ses propriétés générales, en laissant à quelque botaniste plus compétent que moi dans -la matière l'honneur de lui donner un nom, d'auiant mieux que je n'ai pas réussi dans mes recherches sur les étamines, faute d'échantillons qui pussent servir de base à mes observations.
» L'arbre qui produit le gutta-tuban a une dimension considérable; sa hauteur varie de 18 à 20 mètres, et son diamètre de 61 à 92 centim. Son aspect général lui dopne avec le genre des dations, plus connus sous le nom de dourians, une certaine ressemblance qui n'échappe pas à l'observateur le plus superficiel. Le dessous de la feuille est cependant d'un brun plus rougeàtre et plus tranché que dans celle du darion, et la forme en est un peu différente. >
» Les fleurs sont axillulrcs ; on les trouve de une à trois dans les aisselles des feuilles ; elles sont soutenues par des pédoncules légèrement courbés et échelonnées en grand nombre vers l'extrémité des branches.
» Le calice, placé a la partie inférieure, est d'une couleur brune ; il est dur et se divise en six sépales disposées sur deux rangs.
» La corolle, du genre des monopétalcs, se compose de six parties en forme de dents.
» Les étamines, insérées a la naissance de la corolle, sont sur un seul rang; leur quantité varie; mais si je ne me trompe, leur nombre normal est de douze, et toutes sont généralement fécondes : les anthères sont soutenues par do petits filaments arqués qui s'ouvrent par deux pères latéraux.
» L'ovaire (t), placé a la partie supérieure, se termine par un style unique et allongé : il se compose de six cellules, dont chacune contient une graine.
» Les feuilles, d'environ 11 contint, de longueur, sont parfaitement formées et entières ; elles offrent la consistance du cuir, sont alternes, lancéolées et de forme ovale ; 1« des-
(i) L'orolr* »ï« la wj-tt «i le ulymaie forment '« p'M»,
cuttà-perciu on gutta-tuban. 309 sus de ces feuilles est d'un -vert pû,le, le dessous couvert d'un <luvet compacte, court et d'un brun-rougc;ltre ; le diaphragme fait une légère saillie qui affecte la forme d'un bec.
», Tous mes efforts et ceux de beaucoup d'autres personnes pour avoir un éehantillou du fruit du gutta n'ayant pas réussi, je. regrette de ne pouvoir en donner aujourd'hui la description ; mais j'espère réparer un jour cette omission dans un des prochains numéros du journal. La difficulté" d'obtenir des échantillons de la, fleur et du fruit de cet arbre est vraiment extraordinaire, et cette raison a probablement empêché le 'grand nombre de botanistes qui ont visité nos contrées de le reconnaître et de le décrire.
» Le temps n'est pas loin -de nous où le gutta-tuban était assez abondant dans l'Ile de Singappre ; mais tous les gros arbres ayant été abattus, l'on n'en trouve plus guère maintenant que de petits. Le rayon dans lequel II croit parait cependant être considérable ;. on le trouve en effet partout daus la péninsule malaise jusqu'à Poulo-Pinang , où je ine suis assuré qu'il existe en grande quantité, bien que jusqu'à ce jour les habitants n'aient pas paru remarquer ce fait. Plusieurs maisons de commerce de ces pays ont en effet envoyé à Siugapore demander des approvisionnements de ces arbres , quand ils avaient sous la main les moyens de s'approvisionpçr.
» On trouve encore le gutta dans l'Un de Bornéo, et je ne fais nul doute qu'il n'existe aussi dans la plupart des lies ; iv uisi liantes.
» Les localités qu'il préfère sont les terrains d'alluvion, au pied des collines; c'est là qu'il se plaît , qu'il se développe, formant en beaucoup d'endroits la partie principale des forêts. Mai Sj malgré son caractère indigène, malgré son apparente profusion sur tous les points, le gutta-tuban deviendra jjientût une rareté, si par l'adoption de certaines mesures on ne se montre pas plus prévoyant pour sa conservation que ne le sont les Malais et les Chinois.
» Le mode employé par les naturels pour obtenir le gutta consiste à abattre les arbres parvenus à leur plus grande croissance, et à enlever l'écorce sur une surface de 33 à 50 centim. ; ils placent ensuite une noix de coco, une feuille de palmier ou tout autre récipient, sous le tronc de l'arbre abattu afin <tc recueillir la sève laiteuse qui s'écoule de chaque incision fraîche. Ils emportent dans leurs cases cette sève recueillie tians des bambous, la font bouillir, pour en ebasser la partie aqueuse, et épaissir, pour lui donner la consistance qu'elle doit enfin, conserver. Bien qu'il semble y avoir nécessité' da
faire bouillir, braque le gutta a été recueilli en grande quantité, si cependant l'incision faite à l'arbre est encore fraîche et s'il no s'en est échappé qu'une petite quantité de sève reçue et pétrie dans la main, elle se consolidera parfaitement eu quelques minutes et aura toutes les apparences du gutta préparé.
» A l'état de pureté parfaite, la couleur du gutta est d'un blanc-grisàtre ; mais, à le prendre tel qu'on l'apporte sur le marché, on lui trouve plus ordinairement une teinte rougeàtre qui provient des morceaux d'écorce qui tombent dans la sève au moment de l'incision , et lui communique leur couleur ; outre ces morceaux d'écorce dont la chute n'est qu'accidentelle, on y môle, mais avec intention, de la sciure de bois et d'autres matières. Quelques échantillons, que j'ai vu dernièrement apporter au marché, ne contenaient guère moins d'un quart d'impuretés ; et des plus purs même, de ceux, par exemple, qu'on emploie pour la confection des instruments do chirurgie, sur 500 grammes de substance produite, j'obtiendrais, en la nettoyant, 30 grammes au moin; de matières étrangères ; heureusement il n'est difficile, ni do découvrir ces mélanges hétérogènes dans le gutta, ni de l'en purifier; le procédé consiste à le faire bouillir dans de l'eau jusqu'à ce qu'il soit bien amolli, à l'étendre en couches minces et à en extraire alors toutes les impuretés, ce qui se fait aisément, attendu que le gutta n'adhère à aucun corps et quo des matières étrangères peuvent bien se mêler à ses fibre?, mais qu'elles ne s'incorporent jamais- à sa substance. La quantité de produit solide obtenue do chaque arbre varie da 5 à 20 catties (1), de sorte qu'en prenant la moyenne à 11) catties, moyenne au-dessous de la véritable, cette mêma quantité coûtera, pour produire un picul, la destruction do dix arbres. Maintenant, la quantité de produit exportée de Singapore dans la Grande-Bretagne et dans le continent, du 1 er janvier 1845 jusqu'à ce jour, s'élève à 6,918 piculs ; et, pour les obtenir, on a sacrifié 69,180 arbres. Combien no scraittil pas préférable d'adopter la méthode pratiquée par les Burmises pour obtenir le caoutchouc du fucus elastica, et qui consiste à faire des incisions obliques dans l'écorce, en plaçant au-dessous des bambous pour recueillir la sève qui s'écoule librement, plutôt que de tuer, comme on le fait maintenant, le sujet sur lequel on opère. La vérité est qu'on
O) Ln caille c s I l'uniiJ da poidt; Il pita un peu plut da 1/3 kilog.; tan uniqaoBottlpla «t lo picul qui m t iao cujio,, Lo pk»l wfo do pokSi.maitoD cooir al U *jo> Tout a 63 10). 1)3.
CUTTA-PERCHA ou ÛUTTÀ-TUbaN.' ttl hc retirerait pas assez d'abord d'un seul arbro ; mais à la longue le bénéfice serait incalculable, la croissance du gutta paraissant s'opérer très-lentement et étant fort loin d'être aussi rapide que celle du fucus elastica. Au cas où, d'un côté, la demande accroîtrait, et où d'un autre, on persévérerait dans la voie de destruction où Ton est entré, je ne serais pas surpris queles forêts se refusassent tout-a-coup à fournir toute espèce d'approvisionnement.
» Cette substance, dans sa fraîcheur çt sa pureté, est, comme nous l'avons dit plus haut, d'un blanc sale; elle est huileuse au toucher, et a une odeur particulière semblable à celle du cuir. Elle est insoluble dans l'alcool ebauffé, mais elle se dissout facilement dans l'essence de térébenthine chauffée, ainsi que dans le naphtc et dans l'huile de pétrole (1). On fait un excellent ciment pour cacheter des bouteilles et autres objets, en faisant bouillir ensemble une égale quantité de gutta, de pétrole et de résine. C'est a M. Little, chirurgien, que je suis redevable de cette idfe et de la proportion des matières. J'ai cependant trouvé qu'il est nécessaire d'y mettre deux parties de gutta, qui entre ainsi dans la composition pour moitié au lieu d'un tiers, afin de rendre le ciment capable de résister à la chaleur de notre climat. On peut toujours, lorsqu'on veut se servir du gutta, le rendra apte à prendre différentes formes, en plaçant le vase qui lo contient sur le feu pendant quelques instants. Il est de sa nature tres-inflanimabic ; une petite bande qu'on en coupa prend feu et brûle avec une flamme brillante en lançant des étincelles et en laissant tomber, comme la cire d'Espagne, avec laquelle sa combustion a beaucoup d'analogie, un résidu de couleur noire. Hais ce qui le distingue surtout, et ce qui le rend éminemment utile dans beaucoup d'opérations, c'est l'effet que produit sur lui l'eau bouillante. Lorsqu'on lo plonge dans l'eau bouillante à 150° Fahrenheit, il devient
(i) ■ Le 8 Dl,a reiicinble tmnenti de» fo$mirei do cuir ou à dû In corne [ Il cil bien-
■ chûtro, dur, coriace, Heiïhle; il derient mon et ilniiinoo, lorsqu'on leclinufle. On
■ peol, cd quelque nru, lo pétrir dani l'eau bouillanie ; 11 eit plni léger que l'eau. . Sa deniité oïl de 0.970. Soumit i la d util In! ion, il wdécontpoio on donnant des hui-
■ loi qui tout tres-inHimœablei. Il cil insoluble dam l'eau et dam l'alcool, lolable • dana lo sulfura do carbone ; l'êther le gonfle et ledltiout très-ton ta m ont; il réaiila
■ ii l'oelion des diisolnlioni nlcalînet de l'acido cbtorbjdriqne. L'acido inlfuriqne „ concentre lo ebarbonno difficilement! l'acide antique lo transforme en une lubuanca
f résioeuso janno.
e Irt B'tle S»t SOploT* P 01 " &i ™ de * n»™"" dofbneu, dea croTactaot, olo.„.
mon, plastique, àù point do pouvoir être modelé dans la forme qu'on veut lui donner et qu'il garde en refroidissant Si on en coupe une feuillu et qu'on l'immerge dans l'eau bouillante, il se resserre dans toutes ses dimensions. C'est un remarquable phénomène, tout à fait anomal et contraire en apparence à toutes les lois de la chaleur.
» C'est cette propriété plastique que possède le gutta-, quand on le plonge dans l'eau bouillante, qui a permis d'en faire tant d'applications utiles, et qui d'abord a engagé quelques Malais à en fabriquer des fouets et à les apporter dans la ville, (mi lit ainsi plus atnpte connaissance avec ce produit. Les naturels ont dans la suite étendu leur fabrication aux chaussures et k toute sorte d'ustensiles de ménage. Mais le nombre de patentes récemment puises pour la fabrication du gutta en Angleterre prouve la grande altention qu'il s'est déjà attirée, et l'extension que ce produit est appeléà prendre. C'est surtout dans les opérations de chirurgie que l'importance de son emploi doit être signalée ; c'est là qu'il devient un des plus utiles 'auxiliaires de cette branche de l'art de guérir, qui de toutes est la moins conjecturale. Sa Vertu plastique et sa propriété de conserver à froid toutes les formes qu'on lui donne, le rendent propre à la fabrication des bougies. Mon prédécesseur, le docteur W. Mohtgomerle -, s'est servi aussi de cette substance , en a fait la plupart de ses instruments et en a recommandé l'usage à la Société médicale du Bengale. Mais je crains bien que, faute de redherches suffisantes, on ait dédaigné cette invention, comme on a fait de tant d'autres. J'ai pourtant continué a fiiire usage du gutta, et je trouve de nombreux avantages dans "son emploi. Mais les dernières expériences que j'ai faites l'ont rendu plus précieux encore et ont prouvé qde son application à la réduction des fractures est la meilleure et la plus lacilo qu'on ait trouvée, en ce qu'elle procure un doux soulagement à l'opéré et diminue la 'peine de l'opérateur. 'Quand je réfléchis au système compliqué de bandages et d'éclisscs dont on se débarrasse ainsi, et à la simplicité de l'application, le gutta serait un dou précieux .pour i'hiunanitéj quand même il n'aurait que cet emploi. Les blessures que j'ai été appelé à observer et dans le pansement desquelles j'ai reconnu son utilité, ont été jusqu'ici deux fractures composées de -la jambe et une de lamûchoire.'Mais il a si merveilleusement répondu à mon attente; je dirai plus, il l'a tellement surpassée, que je nie croirais coupable de ne pas livrer les faits â la publicité. L'utilité du gutta dans les cas de fracture de la mâchoire inférieure doit tout d'abord frapper j e chirurgieBj a s'adapta
flOTTA-PERCHl 00 GUm-TUBAN, gjj
en effet si bien à chaque sinuosité, qu'il semble bien Hat* donner au malade un nouvel os maxilla™ HT SES support . .l'a, vu dernièrement, à IMpital, un I, , „ , avait eu a mâchoire intérieure brisf-e par un ,■„,„ I „ de cheval si rudement ai.tj „,„. p„; ,,, 1 1
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Uns cur et de la tarée,,,, ^mmln, il ans un li s , bouillante. Les «ides «éveil alors le ,,„.„„„,, d ,à Oré 1 e tendant comme on le l'ait d'babilu.lo. ,,. , .,„,. , „ s être assuré que l'os brisé est i, sa place, retire 1» bande do frutta de l'eau bouillante et l'expose au froid peu I n t lux nui.,, tes. Le gutla est encre mou ot llexible «K«Z mendie L'operateur saisit ee moment pour le ,3 , c r s™' le membre „„ ,1 abaisse doucement sur la substa.e I o , , est alors applique autour do la jambe et comme n ,„|. ' ,? dessous çt sur les cillés; on ou rapproche ensuite ès tards un contre l'autre sans les joindre Si ta lmndo d„ m tta a rop prèle, on peut couper le snperiln avec des ci°eS x en laissant une tente ouverte sur le dessus de la jnml « Ce îe-d se trouve alors dans un étui commode et doux qui e, dix
minutes, aura assez de consislanre , ■ g,,,,!,.,. , ,„',„ . „ e
b, .J.irnrgicn bu aura donné,, et qui rrlien.l,,,
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" SSïS u °f f ™ ctnrc composée, Il sera seulement nécessaire de délier les bandages à boucles, d'écarter les bords do l'eol.sso,en gutta a la distance voulue, do laver et nettoyé? Caoutchouc. 27
"314 MtixtÈsK partie.
le membre sanS rien déplacer , a l'exception des appareils, et après cela de refermer de nouveau. La plus parfaite propreté peut être maintenue parce que le guttaest imperméable à l'eau. Les suppurations no sauraient le salir ni le rendre nuisible et on les fait disparaître aussi aisément sur l'enveloppe de gutta que sur un linge huilé. J'ai eu un malade dont le tibia dépassait de 5 centim. a travers les téguments; six semaines après sa blessure il marchai l iinssi droit et aussi ferme que, jamais. Il est donc bien évident que, silo gutta produit des résultats satisfaisants dans les fractures composées, il réussira aussi bien, sinon mieux, dans les simples; et que, si un os brisé èt- capable de recevoir un mécanisme quelconque, le gutta, mieux que toute autre invention, pourra lui servir de support. 11 réunit en effet la douceur à la légèreté, la durée à la facilité de s'adapter, toutes qualités que ne possède aucune autre substance connue. Toutes les nouvelles découvertes ont rencontré de la résistance, et je ne suppose pas que celle-ci devienne une exception à la règle. Tout ce que j'exige de mes confrères, c'est d'expérimenter le gutta, et non pas de discuter sur ses propriétés, et je suis bien convaincu qu'alors éclisses et bandages seront relégués dans le musée des Antiques.
■ '„ » J'ai fait servir cette substance a quelques antres usages, par exemple, à la confection des capsules pour la transmission du virus vaccin, qu'elles doivent parfaitement conserver. L'expérience que j'ai faite à ce sujet ne me semble pas asseï concluante pour' prononcer définitivement sur son mérite. J'essaie en ce moment l'action du gutta sur les ulcères en renfermant le membre ulcéré dans une enveloppe de gutta, afin d'écarter toute influence atmosphérique, et jusqu'ici Texpérience promet de réussir.
» Depuis que j'ai écrit les observations qui précèdent, il m'est venu de Poulo-Pinang l'avis officiel que le virus vaccin transmis dans dos capsules de gutta y avait été reçu en bon état et .qu'il avait pris de la manière la plus satisfaisante. De mon côté, j'ai ouvert une capsule contenant en- Tcloppô de la même manière un vaccin qui avait été conservé ici pendant un mois ; il m'a paru qu'il n'avait riea perdu de son efficacité, puisque le cas d'inoculation a réussi, te qui doit frapper le plus, c'est que jusqu'ici il a élé impossible de conserver, même quelques jours, à Singapore, le virus vaccin recueilli; que l'établissement de cetto ville, .malgré les efforts combinés des médecins des services public et particulier, a été privé de cet important propliv-* Jactiquo pendant un UUervaJlg quelquefois de deux aih
COTÎA-tBRCBA OU CUTTA-TUBAN. Slîf nées, et qu'en tout temps la peine et la difficulté d'obtenir et de transmettre ce remède si désirable ont été une cause de grand embarras pour tous les officiers de santé que j'ai connus.
» Je lis dans le ilechanic's Magazine de mars 1847 une annonce par laquelle on porte à la connaissance du public que M. Hancock a pris plusieurs patentes pour manufacturer cet article, et où, eu décrivant un procédé perfectionné pour le nettoyer, on avance qu'il a une odeur acide désagréable. Le gutta, lorsqu'il est pur, est certainement un peu acide, c'est-à-dire que, plongé dans une solution de soude, il y déterminera une légère effervescence, tandis qu'il résistera, à l'action de la potasse. Son odeur, bien que sut generis, n'est ni forte ni désagréable; il faut donc supposer que l'article expérimenté était extrêmement impur, et que c'est au mélange et à la fermentation d'autres substances végétales qu'il devait une grande partie de son acidité. Il me semble, en outre, que, si le gutta est pur , le procédé perfectionné décrit, regardé comme nécessaire pour le nettoyer, devient superflu. Le gutta, en effet, peut être obtenu ici mémo dans une pureté parfaite en le faisant tout simplement bouillir dans l'eau jusqu'à ce qu'il soit bien amolli. On le roule alors en feuilles minces, au moment où, comme je l'ai dit tout à l'heure, on peut écarter aisément toute matière étrangère. Je recommanderais aux manufacturiers d'offrir en Angleterre un prix plus élevé pour cet article, s'il avait été tamisé préalablement à travers une toile au moment où or le recueille; ils le recevraient ainsi dans un état qui leur épargnerait uno peine et une dépense bien au-dessus de la somme minime qu'Us auront à ajouter au prix originaire. »
Ce mémoire accompagnait une lettre fort intéressante sur le même sujet.
En voici un extrait :
« Les localités que le gutta préfère sont, quant à Singapora et à la péninsule malaise, les terrains d'alluvion, au pied des collines, là où l'humidité est permanente. Trois mois de sécheresse suffiraient pour détruire les arbres qui n'auraient pas atteint toute leur croissance.
» On trouve en abondance l'arbre de gutta à Singapore, dans toutes les forêts de la Malaisie, à Poulo-Pinang, à Bornéo et dans la plupart des lies de l'archipel Indien, c'est-àdire dans tous les pays situés entre le 10° degré de latitude Sud et le i0 a degré de latitude Nord de la ligne : ce sont les latitudes de dos possessions dans l'Octmie , Taïti et les Map*
nuises, dont le climat conviendrait parfaitement, selon toutes probabilités, à ce genre de culture.
» On trouve à Bornéo sept espèces d'arbres de gutta qui se ressemblent toutes à la vue, et dont on ne peut reconnaître la différence que par la couleur du bois.
» Sur ces sept espèces trois seulement produisent la véritable gomme gutta. Les quatre autres donnent un liquide épais qui, de prime-abord, a toute l'apparence du gutta, mais qui n'en acquiert pas la consistance, et qui, comme le sagou, s'émie en se séchant.
» Les trois espèces qui fournissent à Bornéo ïe véritable gutta-tuban, sont : l'arbre au bois jaune, dont on retire la meilleure gomme et la plus recherchée; l'arbre au bois rouge&tre, dont la qualité vient ensuite ; enfin, l'arbre au bois blanchâtre, qui donne une gomme inférieure aux deux précédentes.
» Quant aux localités que ce végétal préfère a Bornéo, elles dilfèrent complètement de celles où {t prospère àSingaporc et dans la péninsule malaise.
» On a vu, à Bornéo, les arbres de gutta no pas parvenir dans les situations basses et marécageuses, à leur hauteur naturelle, et ne fournir que très-peu de gomme. C'est sur les montagnes on collines peu élevées, mais à l'abri des inondations, qu'on a rencontré les plus beaux arbres et observé que plus le sol était à l'abri des eaux stagnantes, plus leur croissance réussissait.
» Le fruit de ces arbres, qu'on trouve par milliers, après Être tombé de lui-même, germe facilement, et partout, au pied de chaque arbre, il y a une grande quantité de jeunes plants qui poussent et promettent de devenir do beaux et bons arbres.
» A Kaléas, il existe une plantation d'environ cent cinquante arbres de gutta-tuban à bois jaune , qu'un Anglais nommé Robert Burns (1) avait fait planter sur une petite élévation en 1848. Tous, sans exception, étaient en parfait état et mesuraient de 5 à 7 mètres de hauteur, d'où l'on peut conclure qu'en douze ou quinze ans ils obtiennent, en général, leur plus grande dimension. Le jus de cinq de ces arbres a été extrait par incisions, et un a été complètement abattu. La quantité de gomme obtenue n'a pas été considérable; mais elle était d'une parfaite qualité.
» La nature du sol où ces arbres abondent le plus est à
(i) luualoêpu Ici çtMtt doTuiigku.en 18*11, dont une eicnrilon qu'il faillit il K, Ei d„ liutwk 4 la tccbwcbe à e> produit* du pif*,.
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CtITTA-PERCHA OU GUTTA-TUBAH. 11?
peu pris la même que celle du sol commun de Slngapore, c'est-à-dire une terre rougeàtre, un peu grasse et mêlée d'une, petite quantité de sable.
» On a observé aussi que partout où l'on trouve du fumier de bœufs sauvages (nombreux à Bornéo), les arbres sont dans un état plus parfait qu'ailleurs.
» Ce fait, .joint à celui que la florissante plantation à Kaléas avait i.':té fumée par Robert Burns, ne laisse pas de doute que l'engrais des bestiaux n'améliore la culture et n'aide à la propagation de ces arbres.
» Les racines des jeunes plants étant élongées et tendres, pour réussir à les transplanter d'un pays dans un autre, il faillirait faire enlever le terrain qui les entoure de manière à conserver intacte leur partie la plus nourrissante, et, en outre, les laisser entourées d'une portion du sol indigène que l'on garnirait de fumier à l'extérieur. »
Les extraits suivants complètent les renseignements qui nous sont parvenus jusqu'à ce jolir sur le gutta :
« Le gutta arrive dans le* commerce en masses feuilletées ou enroulées, impures, c'est-à-dire contenant interposées des matières terreuses, des débris ligneux, etc..
» Pour l'épurer, on le divise d'abord à l'aide d'un couperaime, dont la pièce principale est un disque muni de trois lames de rabot planes ou courbcs; f chacuue des lames, rencontrant à son tour les masses de gutta, les tranche en copeaux irréguliers qui passent dans la lumière du disque et tombent en avant.
» On jette ces copeaux dans l'eau chauffée de 90 à 100 degrés, afin d'abord que les débris terreux ou pierreux se précipitent, et ensuite que ceux ligneux s'imbibent d'eau, et, par conséquent, devenant plus lourds que le gutta, se précipitent aussi. La matière ainsi amollie est ensuite portée sous un plan incliné, entraînée par deux rouleaux devant un cylindre armé de lames et tournant au-dessns d'un bac rempli d'oau chaude, maintenue de 90° à 100° par un serpentin ou des injections de vapeur. La division nouvelle, opérée par ce cylindre , met en liberté les substances étrangères qui se déposent, tandis que le gutta reste sur l'eau, et arrive bientôt sur une toile sans lin qui se dirige devant un cylindre diviseur semblable au premier; elle retombe sur l'eau d'un second bassin, y est soumise à une épuration semblable et passe sous un troisième cylindre.
» Après avoir subi ces trois épurations successives, le gutta est agité toujours sur l'eau ehaude et poussé par une troisième toile sans fin sous un cylindre armé de lames épaisses, et en-
gagé entre ces lames et des lames semblables fixes de platine courbe. A cet état, la matière peut être agglomérée,, laminée, étirée par divers \ rocédés mécaniques.
» Le gutta est composé d'hydrogène et de carbone. Dans son état pur, il se présente sous un aspect brun foncé et quelquefois blanc-grisâtre. Différentes .expériences, faites pour s'assurer de sa force, quand il est mélangé à d'autres matières ou allié a des couleurs, tint démontré que sa qualité n'en est nullement altérée. Les couleurs avec lesquelles cette matière peut être mélangée sont le rouge de plomb, le rose hollandais, i'ocre jaune et le chrome orange; épurée avec soin, elle devient blanche ou rosée, translucide, plus dure ù froid, plus molle à chaud que le caoutchouc, bien moins élastique à toutes les températures; àlO[l°,ello est très-souple, facile ù pétrir et à agglomérer ou mouler sous différentes formes on empreintes qu'elle garde après le refroidissement; elle peut s'uuir à chaud avec le caoutchouc. Sous l'influence de la pression, elle peut s'étendre ou s'étirer en feuilles et en lils; elle est inaltérable par les alcalis et lesacides, et elle résiste à l'action de l'air et de l'humidité. Cependant, il est bon d'observer ici que les acides sulfurique et nitrique concentrés pourraient légèrement l'affecter.
» Les applications innombrables auxquelles le gutta peut Être soumis ont déjà fait subir à différentes industries les plus heureuses modifications; il remplace, pour maints ob.jets ; avec un avantage réel d'exécution, de durée et, par suitej d'économie, la plupart des métaux : plomb, fer, zinc, cuivre, de même que le bois, le cuir, la faïence, le verre et la porcelaine.
» L'es courroies, bandes ou cordes faites avec cette matière, sont supérieures à celles en cuir, puisqu'elles peuvent être mises en contact sans s'altérer avec les huiles, les alcalis et l'eau. Ou peut les obtenir de toutes grandeurs, sans aucune couture. Fonctionnant aussi bien dans l'eau qu'a, l'air, elles sont bien préférables à celles en cuir dans toutes les transmissions de mouvement soit par la vapeur, soit par le système hydraulique. Si une corde ou une courroie est endommagée par une incision, quelques minutes sutlïsent pour rapprocher les deux parties avec un fer chaud, sans qu'il y ait rien à craindre pour sa solidité ou sa force,
» Ne redoutant pas plus l'humidité que les sels alcalins de la mer, le gutta-percha peut être employé avec uu grand avantage sur les bâtiments pour la confection des drosses de gouvernail, les gargoussïers, les caisses à poudre et à. eau, tout le grand équipement, etc.