ARTICLE QUATRIÈME
Travail des ballons et tubes en jonc ou en baleine.
Le jonc et la baleine sont ramollis par les procédés connus. - -
Pour les ballons, il suffit de former deux cercles ronds, maintenus et serrés à la jonction des deux bouts, que l'on rapproche selon le diamètre que l'on veut; ces deux ronds plissés diamétralement l'un sur l'autre, forment la carcasse d'un boulet, sur laquelle on colle une étoile légère bien, tendue.
Les tubes sont des bouts, le plus longs possible, de baleine, et surtout de jonc, roulés sur un mandrin en bois et fixés dessus en spirale. Chaque bout do jonc est arrêté par un clou enfoncé dans le mandrin que l'on porte ainsi à l'étuve. Les bouts do jonc sèchent sans pouvoir reprendre leur position naturelle, lorsqu'ils sont saisis par une forte chaleur. On enlève les clous qui maintenaient les extrémités do chaque bout de jonc, et on fait glisser ces joncs de dessus le mandrin; ils conservent alors les formes de tubes. On réunit ces tubes à la suite les uns des autres, selon la longueur désirée, et eu attachant les bouts ensemble, pour que cette réunion de cercles soit continue. On colle sur ces tubes une étoile légère, et le vide qui est au milieu, donne beaucoup de légèreté aux matelas, dans lesquels ils sont placés sur le sens horizontal; l'étoile légère qui les recouvre est pour empêcher le liège de pénétrer dans le vide intérieurdes tubes et ballons.
BÉSt'MÉ DES OBJETS TOUT FABRIQUES, DÉTAILS PARTIELS HELATES PRÉCÉDEMMENT.
Matelas en copeaua de liège.
L'extérieur est en étoffe rendue imperméable, avec la préparation b décrite, art. 2.
A l'intérieur, le liège est divisé bien également dans trois cases ; ces séparations sont ça étç-iïç Jugcrc placée dans le
390 HEUXIÈKS PAItTIE.'
sens vertical et ajustée sur la hauteur a donner au matelas;, cette étoffe est cousue ou collée Intérieurement sur toute là' largeur 'dit matelas.
Lorsque le matelas est rempli également, on tasee un peu le liège pour avoir prise sur l'étoile, et par là, faciliter le coiuage- ou collage de la partie qui reste à fermer. .
Cela fait, j'applique quatre poignées légères à la téte, au pied, et une de chaque cùté du matelas, pour en faciliter le transport.
Quelquefois, je mets plus de liège dans une des cases d'un des bouts du matelas; cette partie, plus haute, par conséquent et où doit reposer la tête, est destinée à remplacer le traversin.
Autre genre de matelas.
Dans les compartiments et au milieu du liège , j'y mêle quelquefois des Wallons. ou tubes, décrits, art. 4, maintenus intérieurement par des cordons cousus sur ta largeur.
Dans d'antres cas, je mets, dans la case et parmi le liège, des vessies, décrites, art. l« r ou les mêmes vessies seules, sans !iègu, dans les compartiments. J'ai, par là, des matelas dont L'intérieur n'est garni que de vessies.
Matelas destiné aux amputations.
Il est à compartiments intérieurs, comme ceux ci-dessus.
Le liège dont il est empli est sous-pulvêrisé.
Ce matelas peut servir dans du certains cas où les membres ont besoin de reposer sur quoique chose de doux, mais fixe, sans élasticité.
Nouveau matelas de sauvetage.
Même étoffe que pour les précédents. L'intérieur est composé de vessies, décrites, art. 1«.
Le centre de ce matelas est percé, d'outre en outre, d'un trou rond, dans lequel un homme peut introduire son corps jusqu'aux aisselles. Dans ce trou est ajusté un tampon, do même nature que le matelas, qui se met et se rcliro h volonté.
De chaque côté extérieur de ce matelas et dans tonte sa longueur, est adapté un fourreau en étoffé imperméable, et dans lequel on introduit une baguette en bois qui maintient le matelas et l'empêche de se cambrer sur l'eau, lorsque le milieu seul de ce matelas est chargé par le poids (nul homme, ainsi soutenu à fleur d'eau. •
DOUBLE ÉTOFFE 1HPEBMÉABLE. 3§1'
Double étoffe imperméable, par M. Marie-Gabriel Mazeuon,. à Neuitty.
Mon but principal, en établissant mi nouveau système de double étoffe, c'est de remédier à un inconvénient que présentent le tissu en caoutchouc, d'intercepter l'air.
Le caractère distinctlf de mon étoffe est de réunir deux tissus, les plus forts comme les plus minces, adhérant parfaitement l'un îl l'autre, au moyen d'une couche intermédiaire de caoutchouc, de manière à ne former qu'un seul corps, dont las propriétés consistent à empêcher la pénétration de l'humidité extérieure et de la pluie, et d'offrir une voie facile a la transpiration, les libres diHissu restant suffisamment ouvertes pour livrer un passade à l'air, sans pour cela laisser échapper il travers les mailles du tissu, la chaleur animale.
Les principes de la fabrication sont les mêmes que pour celle des tissus ordinaires, quant aux étoffés supérieure et inférieure, elles sont réunies au moyen de solution de caoutchouc.
Ce qui établit le caractère spécial de nouveauté dans ma double étoffe, c'est:
1° De réunir deux tissus, préparés séparément, auxquels je fais subir les apprêts nécessaires pour les rendre imperméables à l'eau, sans nuire à leur perméabilité à l'air.
Cette première préparation consiste à tremper les étoffes dans un bain préparé de la manière suivante :
9 litres d'eau. (i'2f> grammes d'alun cristallisé et pulvérisé, ajoutez 501) grammes de blanc de Meudon ou craie.
Après la combinaison chimique qui s'opère par le mélange de.ces matières, l'alumine étant dans un état de dissolution, laissez précipiter les autres matières, décantez ensuite cette solution, dans laquelle vous trempez les tissus, de manière à les saturer convenablement après cette opération , passez le tissu dans un bain d'eau et de savon ordinaire, puis lavez à l'eau pure et faites sécher.
Toutes les autres liqueurs, destinées à rendre les étoffes imperméables .'i l'eau et perméables à l'air, peuvent convenir à cet apprêt, l'objet de cette première opération -étant de donner des qualités répulsives à l'étoffe, par les moyens les plus simples et lus plus efficaces.
2° D'appliquer, sur chaque tissu imperméabilisé , une ou plusieurs couches de solution de caoutchouc, de manière à laisser des intervalles vides de forme conique; lesquels intervalles ou sillons, placés à côté les uns des autres , auront leur sommet du côté extérieur de l'étoile et leur base du cûté .le la doublure.
Les sillons de forme évasée, établis sur la partie intérieure du tissu qui doit être placé en dehors, n'ont pas la même disposition que ceux pratiqués sur l'étoffe qui doit servir de doublure; ces sillons doivent être établis d'une manière inverse, mais pratiqués dans le même sens, c'est-à-dire à 45°.
Au moyen de cette distribution particulière du caoutchouc et de l'angle que je donne à nies rainures, j'obtiens, en renversant mes étoffes pour les coller, desjrainures en sens inverse, dont les angles opposés viennent former par leur rencontre, de petits carrés parfaits, au lieu dcmligncs obliques que formait chaque tissu séparé ; lesquels carrés ne peuvent varier de forme ni de dimension, quelle que soit la manière dont les étoiles se trouvent réunies, plus ou moins allongées et élargies.
J'obtiens cette espèce de réseau, au moyen de planches en cuivre ou en tout autre métal, dans lesquels je pratique des ouvertures de forme et de dimensions convenables, pour obtenir les résultats indiqués ci-dessus; l'épaisseur de ces planches est- égale à la couche de caoutchouc qu'on veut appliquer sur la surface de l'étoffe , pour rendre ces parties imperméables à l'eau.
Les intervalles qui restent entre les couches de caoutchouc, forment lus issues par lesquelles la transpiration s'échappe, et il résulte de la forme particulière donnée à ces sillons que l'air peut s'introduire librement, tandis que l'humidité ou la pluie, malgré leur poids ou leur pression, ne peuvent se frayer un passage à travers plusieurs obstacles, qui sont : le tissu extérieur déjà imperméabilisé, ensuite la couche intermédiaire de caoutchouc, dans laquelle se trouvent des espèces d'entonnoirs, ou coues renversis, après lesquels vient la troisième étoffe, saturée de propriétés répulsives et sur laquelle l'humidité extérieure ne peut avoir la moindre influence.
Les diverses machines dont je me sers pour l'application du caoutchouc sur mes étoffes, varient de forme et d'espèce ; je me sers alternativement de rouleaux et de planches, disposés de manière à étendre rapidement la matière par couches minces et répétées, le reste de l'opération étant tout-à-fait le mémo que pour la fabrication des étoffes imperméables ordinaires en caoutchouc.
Les moyens (pic je viens d'indiquer pour étendre le caout- 1 cliouc par couches séparées, entre des étoffes imperméables , d'avance par des procédés chimiques, ne sont pas les seules manières que je me propose d'employer; ces procédés étant
ma propriété, j'entends pouvoir leur, (tonner toutes les formes
qiie lo dessin fient indiquer, et les exercer par tons les moyens mécaniques possibles, qui auraient pour résultats de laisser des intervalles, on des jours en lignes droites ou courbes; et quelles que soient les dispositions des outils ou des étoiles.
Procédés propres à rendre les toiles imperméables, par MM. Hussos et Baudichok, à Paris.
Cette ipvention, destinée à apporter do grandes améliorations et par suite une diminution considérable dans le prix dés bâches à- l'usage delà marine, du roulage, etc., consiste ;i recouyrir les toiles d'un savon oléo-métallique, c'est-à-dire formé par la réunion des acides gras et d'un oxyde métallique.
Les inventeurs ont préféré l'oxyde de fer, a. cause de son bas prix, et donné au savon le nom <Yoléo- ferrugineux.
Ils le composent de la manière suivante :
Pour 1 kilog . de savon de potasse, que l'on fait fondre dans l'eau chaude, on ajoute une dissolution de sulfate do fer obtenue également dans l'eau chaude. Par le mélange de ces deux liqueurs, il se forme une double décomposition, du sulfate de potasse, qui étant soluble, reste dans l'eau, et du savon de fer oléatc, stéarate et margarate de fer qui, étant insoluble, se précipite.
On décante et lave à diverses reprises, à l'eau bouillante ce,savon précipité pour le priver de tout le sulfate de potasse qu'il peut retenir par interposition; puis on laisse égouttor et sécher.
Ce savon de fer ainsi séché est dissous dans 1 kilog. 1/2 d'huile de lin dans laquelle on a préalablement fait fondre 1 hectog. de caoutchouc.
C'est cette préparation que l'on étend sur les toiles.
Par ce procédé, elles sont rendues parfaitement imperméables et de plus, elles conservent une souplesse qui les fait préférer de beaucoup à celles goudronnées.
Elles ont en effet sur ces dernières l'avantage de ne pas se casser, de n'étre.pas ramollies par l'ardeur du soleil, et do plus, elles sèchent très-facilement. ( ■
Tissu imperméable, par MM. Millet et Bonheur, à Paris.,
Le principe de l'invention consiste en un tissu de toile ou de coton, ou de tonte autre matière, revêtu, d'un ou de deux côtés, selon l'usage auquel on le destine, de plusieurs couches d'apprêts chimiques, â l'aide, desquelles il obtient, outre la solidité et la souplesse, une densité, une couleur, une beauté qui n'ont été jusqu'ici l'accessoire que des cuirs
vernis ; il a cet. avantage qu'il peut avoir deux endroits et quo
sa force et son épaisseur peuvent être augmentées à volonté.
Description.
La matière première est un tissu de toile, coton, ou autre : Du côté où l'on veut que soit l'endroit, et des deux eûtes si l'on veut deux endroit on applique sur ce tissu la préparation suivante :
Huile de lin 700 millièmes.
Litharge en poudre. ■ 21 —
Terre d'ombre en poudre. ... 125 —
Bitume 40 —
Copal 16 —
Noir d'Allemagne 98 —
Total 1000
Le tout bien mêlé, battu, cuit à. un bouillon, est étendu sur le tissu avec la brosse 1 on le pinceau, et forme la première couche ; on fait séclier et lorsque cette couche est sèche, on en applique une seconde de la môme manière que l'on fait aussi séclier et ainsi pour les couches subséquentes dont le nombre varie de six à dix, selon que l'on veut donner'au tissu une plus ou moins grande force, et sans que le uombre de couches puisse être limité aux chiffres 0 ou 10. Les in- . venteurs expliquent devoir diminuer ou augmenter à volonté ce nombre. La dernière couche (quel que soit le nombre des précédentes) étant sèche, est recouverte d'un enduit de vernis; on en fait autant de l'autre côté du tissu si l'on veut deux endroits et l'on a obtenu le vernis Bonheur. On peut suppléer à l'usage des brosses par l'immersion de la toile dans la préparation a diaque conclu', comme aussi, en indiquant le nuir d'Allemagne, qui donne au tissu la couleur noire, les inventeurs pourront toujours le remplacer par toute autre substance, donnant une autro couleur.
Pour des tissus imperméables de M. Cotter (David-Berkeley) de Londres.
. L'auteur rend imperméables a l'eau, les tissus qu'il fabrique, doués d'ailleurs d'une plus grande ténuité, et qui résistent mieux aux effets ordinaires de frottement que ceux actuellement en. usage; ces tissus sont aussi plus forts sous tous les rapports ; les tissus mêmes et les substances qui lus «imposent supportent, sans en être détériorés, des températures ou élevées ou basses et sont très-peu inflammables,
TISSCS IMPERMÉABLES. 395
'Toutes ces conditions sont remplies par l'imprégnation complète des parties qui composent les tissus avec certains tiiOI.-Hii.Tes, solutions et combinaisons ci-après décrits et démontrés, laquelle imprégnation a lieu avant que les tissus ne soient fabriqués ; mais, lorsque la fabrication a eu lieu, on les imprègne de nouveau des mêmes mélanges, solutions ou combinaisons, ou de pareils composés, ou de quelques-uns séparément, selon les circonstances et l'article qu'on doit fabriquer. Que des tissus fabriqués d'une pareille nature puissent résister à l'humidité, qu'ils soient imperméables à l'eau, qu'ils aient une grande ténuité et qu'ils soient plus forts et plus durables, sous tous les rapports, que d'antres, cela dépend entièrement dece que les substances qui les composent, sont parfaitement imprégnées d'un fluide ou d'une autre matière composée, qui est indissoluble dans l'eau, même à des températures élevées, et qui, lorsque l'imprégnation est accomplie, ne nuit, eu aucune façon, à la souplesse et à la flexibilité qui sont toujours plus ou moins essentielles à sa perfection et a son application.
Le composé-dont les substances qui doivent être fabriquées, sont imprégnées, et dont elles sont imprégnées de nouveau après avoir été fabriquées comme il est dit ci-dessus, est obtenu parles mélanges de matières et de substances ci-après décrites, et le traitement des matières à imprégner est accompli comme il suit.
Pour obtenir le composé, l'on prend les ingrédients cidessous énumérés :
1° Du blanc de plomb, première qualité ;
2° Du charbon pulvérisé, aussi de première qualité, fait des bois les plus durs et passé au tamis ;
3° De la litharge rouge ;
4° Do l'huile de graine de lin que l'on a fait bouillir; 5° Du sel ordinaire.
On prend une égale quantité de ces ingrédients, et ayant fait chauffer l'huile de graine de lin à une température de 85 â 95 degrés de Fahrenheit, on les y ajoute peu à peu et l'un après l'autre, en ayant soin de les bien mélanger, en les remuant continuellement. Ces proportions conviennent au but proposé ; mais il n'est point positivement nécessaire qu'elles soient tout-à-fait exactes, car la quantité des ingrédients solides devra naturellement varier relativement à t'huile, selon les circonstances et le genre de fabrique, puisque, si les étoffes sont très-fines, il faut nécessairement que le composé soit uide en proportion.
La fabrication a lieu ainsi qu'il suit ;
396 • deuxième partie.'
On prend un métier ou appareil à tissu ordinaire et l'on fiiit attentif à ce qu'il soit assez fort, pour ce genre de travail. On fait la chaîne de chanvre et la trame de laine, ou bien Ton fait là chaîne de chanvre et la trame de coton, ou la chaîne de chanvre et la trame de soie, ou la chalae-et la trame de chanvre.
Ou prépare les lils dont sont composés la chaîne et la trame de l'article à faljriipicr, en les imprégnant complètement du ri.imiiosé ci-devant décrit, et dans cet état, on les travaille, tandis que le composé qui les imprègne est encore en fluidité. Le travail est, sous tous les rapports, pareil au tissage ordinaire.
On opère dans une température variant de 75 h 85 degrés de Fahrenheit, et lorsque l'étotfe est achevée sur ie métier, elle est retirée et séehce à l'air, à une température moyenne.
Procédé propre à rendre les étoffes imperméables } par M. Braff (Pierre-Jacques), à Parts.
Le procédé pour imperméahUiser les draps et toutes les autres étoffes est le suivant :
Colle de poisson 15 gram.
Eau de pluie. . . ; 75 centil.
Mises ensemble sur le feu.
30 grammes d'alun, mis sur le feu avec 75 centilitres d'eau de pluie, faire bouillir le tout jusqu'à la dissolution;
8 grammes de savon , mis sur le feu avec 37 centilitres d'eau de pluie et un peu d'càu-de-Yie ; il est à observer que I i>i - lui' r in r 'i- Il ni .m.-, ii ii' prép Lr.ilivti dume heures pour obtenir une dissolution économique.
Les deux derniers ingrédients, après leur dissolution, seront unis et réunis ensemble, le dernier y sera également joint : le tout bien remué et à moitié bonifiant, sera étendu, avec une brosse, à l'envers d" drap ou de l'étoffe qu'on veut rendre imperméable.
Quand ces étoiles sont scellées, on brosse premièrement . : l sec, et ensuite avec la brosse mouillée à l'eau propre ; on fait sécher, et pour le drap, on le presse avec une presse à moitié froide, ou on le décatit à volonté.
Par ce procédé, on obtient les résultats suivants:
Toutes les étoiles qui y ont été soumises, soit de laine, de coton, de lil ou de soie, sont entièrement imperméables à la plus foi'lc et à la plus longue pluie.
Les étoffes légères supportent généralement le poids de % pouces d'eau tout h temps que l'on Voudra,'