‹ Nouveau manuel complet du fabricant d'objets en caoutchouc, en guttapercha et en gomme factice suivi de documentsChapitre 74 sur 85 · AU · texte numérisé non relu

AU

Les propriétés siccatives de la terre d'ombre et celles de l'ail, qui agit comme liant et siccatif en même temps, nous font considérer ces deux matières comme très-importantes à l'égard de l'emploi de' l'huile comme base de notre apprêt. Toutefois nous ferons remarquer que d'autres agents siccatifs pourraient sans doute être employés avec le même succès; comme aussi l'ail, introduit dans notre mélange d'huile et de gélatine, y produit un effet de réunion des parties constitutives de cet apprêt tel qu'il le resserre sans cependant le durcir..

On conçoit que notre apprêt à l'huile peut être appliqué sur toute autre espèce d'apprêt dit de fond , comme nous l'appliquons sur nos premiers apprêts , et, à cet égard, pour mieux faire comprendre l'utilité et l'importance de ce nouveau système JÉtapprét à l'huile, nous allons ajouter ici quelques explMHions à la suite de celles que nous avons données dans notre brevet principal, et qui \ viendront au besoin faire ressortir davantage la nouveauté de notre procédé par l'effet de son application.

Jusqu'à présent on appliquait .sur les carcasses en feutre qui avaient déjà reçu un collage un vernis à l'esprit-devin sur lequel on appliquait l'étoffe de soie, que l'on faisait gripper au moyen do la chaleur du fer passé sur l'étoffe. Mais alors cette chaleur mélangeant le vernis avec l'encoll.igc, il en résultait que l'eau , tombant sur le chapeau et traversant la soie, y faisait tache, et que, de plus, la transpiration pénétrait facilement la carcasse; d'où s'ensuivait, par l'absence d'imperméabilité, que le chapeau se salissait facilement et proinptemeot. Nous avons eu l'idée > comme ou l'a vu

dans le premier brevet , d'interposer «ne véritable couche iinijermi: u.1tle à la transi ii ration et indestructible à la cbalour entre l'apprit de fond et la couche do vernis néct ^iin; pour l'application de la soie. En clfct, notre apprêt à l'huile ne reçoit aucun effet de la chaleur du fer. La couche de ■vernis à l 'esprit-de-vin dont nous Je recouvrons y adhère , 8oit en se plaçant dans la petite cavité (pie forme la surface de l'apprêt à l'huile, soit par ia moiteur propre à celte nature d'apprêt comme à tout vernis gras, soit par l'espèce de poussière crue la chaleur y détermine sans l'altérer. Il eu résulte (pie, lorsqu'on passe le 1er sur la soie placée sur le vernis, la chaleur n'a d'action que sur ce vernis pour le faire gripper, et n'altère eu rien l'apprêt à l'huile, sur lequel il n'a aucun elfet destructeur ou qui altère ses propriétés.

On conçoit dès lors que l'apprêt à l'huile conserve toute son efficacité d'imperméabilité, tant à l'égard de l'eau qu'a l'égard de la transpiration, et qu'il offre de plus une souplesse que n'ont pas les apprêts ordinaires ; qu'il ne casse pas Ht qu'il permet ainsi de faire l'encollage du feutre aussi souple que celui de l^pprét à l'huile.

Apprêt de chapeau imperméable, de M. Pillard (Philibert) à Lyon.

Composition.

Colle-forte cuite avec le tannin; colle, un demi-kilog.; tannin un kilog.

Asphalte, un kilog., dissous avec un demi-kilog. de copal ;

Gomme-laque, un kilog., dissous dans un demi-kilog. d'alcool.

Ces substances sont ensuite réunies aussi intimement que possible, et la composition s'applique sur les carcasses des chapeaux. „. . .

Papier imperméable dit toile cirée, par M. Robert (Jean-Claude}, à Paris.

Le papier de M. Robert, dont il a importé l'idée d'Allemagne en France, est bien préférable cependant au papier imperméable allemand fait avec la pâte des chiffons ordinaires.

La pâte du papier que M. Robert surnomme toile cirée et dont il est l'inventeur, est faite avec de vieux cables et de vieux filets de pêcheurs , ce qui lui donne une force et une ténacité presque égales à celles de la toile,

C'est sur ce papier qu'il étend une pate quasi-fluide, composée de colle de pâte , de colle-forte et de noir de fumée. Cet apprêt, une fois séché, est recouvert d'uue couelie de vernis élastique.

Cette préparation double la force du papier, le rend imperméable à l'eau et propre enfin à remplacer, dans toutes les circonstances, la toile cirée, qui coûto le double.

On peut lui donner toutes les -dimensions voulues.

Fabrication du papier imperméable, par M. Klhner (Guillaume), à Soullz (Bas-Rhin).

La seule difficulté do sécher les matières huileuses (lo pétroli'iie), que contiennent plus ou moius tous les bitumes non compactes, a dû faire renoncer à leur application sur le papier pour le rendre imperméable.

Pour suppléera ce moyen, M. Knbner a imaginé de dissoudre le bitume solide dans une huile volatile; il a obtenu, par ce procédé, un beau vernis , qui s'étend facilement et sèche au plus vite.

On applique ce vernis sur le papierfru moyen de brosse, et mieux, encore, .au moyen d'un sparadrapier en fer garni de flanelle ou d'une autre étolfe souple qui ne laisse passer que la quantité nécessaire de bitume dissous pour bien enduire le papier.

Ce papier passe ensuite sur des fourneaux chauffés modérément et se trouve, 1 en sortant de ces fourneaux, par une même et seule opération, parfaitement sec, brillant et prêt à mettre eu vente.

L'invention consiste particulièrement:

1° Sur la préparation du vernis, consistant en une dissolution de bitume solide dans une huile volatile*.

Les bitumes préférables pour cet emploi spnt les bitumes ou asphaltes compactes de l'Amérique, les bitumes de Judée et les vvallona; l'huile volatile est l'essence do térébenthine; mais on peut aussi en employer d'autres.

2° Suf la manière d'appliquer le vernis sur toutes sortes de papiers au moyen du sparadrapier et de le sécher au feu par une seule opération.

Étoffes imperméables à l'eau , par te savon liydfofuge Menotti. ,

Un des plus grands ennemis du bien-être de l'homme; c'est la pluie : elle nous est incommode., cilo détériore tous nos vêtements ut elle nous donne des maladies que la science médicale ne sait pas toujours guérir. Ou a beaucoup fait pour

. ■ ÉTOFFES IMPERMÉABLES À l/fiATT. * 4.0$

combattre la pluie, mais jusqu'à ce jour on n'avait pas complètement réussi. On ne peut pas toujours avoir un parapluie à la main; les manteaux de diaps épais pèsent trop, même pour les cavaliers, et ils ne les garantissent pas d'ailleurs d'être à la longue mouillés a la pluie; les vêtements d'étoiles serrées laissent aussi passer l'eau; on ne peut pas se couvrir de toiles cirées. Quant aux tissus de caoutchouc, ils ne sont pas seulement d'un prix élevé, mais ils exhalent encore une odeur qui est loin d'être agréable. Ce qu'il nous fallait à tous, c'était le moyen de rendre à bon marché, nos habits imperméables. Beaucoup de savants et de praticiens l'ont bien compris : aussi ils ont cherché la solution de ce problème. Mais elle était diflicile, il parait, car il a fallu longtemps pour la trouver. Celui à qui revient cet honneur, c'est. M. Menotti, réfugié politique de Modènc. Après beaucoup d'essais et d'épreuves, à force d'observations et de science, il est parvenu à faire une excellente, une parfaite préparation hydrofuge. Et d'abord, elle ne coûte pas cher; c'est ce qu'il fallait pour la généralité; pour 30 centimes on peut rendre une blouse ordinaire imperméable à l'eau. Quant à la diliiculté d'employer la préparation, elle est nulle ; il suffit d'immerger une étoffe bien sèche dans une dissolution presque bouillante de ce savon : lorsque l'étoffe en est bien uniformément imprégnée, on l'exprime modérément, on laisse sécher, et tout est fini. On le voit, tout le monde peut faire cela. Mais l'essentiel n'était pas dans le mode d'opérer, c'était la quabté même de l'imperméabilité obtenue. Voici sur ce point capital des témoignages sans réplique :

Académie des Sciences de Paris. — « M. Menotti a présenté il y a quelques mois un savon qui, suivant luij jouit de la propriété de rendre les étoffes imperméables à l'eau, sans qu'elles cessent pourcela d'être perméables aux fluides élastiques» — Pour nous assurer de la vérité des faits allégués par l'auteur, nous nous sommes transportés dans son établissement, et là, M. Menotti nous a fait connaître la composition de son savon, a fait préparer devant nous plusieurs coupons d'étoffes, et ils ont été rendus imperméables. — Hous avons assez répété les épreuves soit individuellement, soit ensemble, pour pouvoir dire que M. Menotti a réellement atteint îe but qu'il s'étiit proposé, et cela sous le double rapport de l'utilité et de l'économie. — On prévoit les immenses avantages qui devront résulter pour la santé publique de l'emploi d'un procédé aussi simple que peu dispendieux, et combien tous ceux qui jouissent du triste privilège d'exercer une profession quelconque surlan'ùic pubbque et sont exposés aux Caoutchouc, 3a

injures do l'air, auront d'obligation a M. Mcnotti. » — Ont signé MM. RuitiQUEi et Dumas.

Nous appelons vivement l'attention sur ce rapport. La signature dos académiciens rapporteurs écarterait l'idée de toute complaisance louangeuse, si le nom du savant inventeur n'était pas d'ailleurs déjà une garantie suffisante. Un temps viendra où la composition de ce précieux savun pourra être connue de tout le monde ; mais ce qu'il importe surtout de constater, c'est que, dés â présent, pour une minime somme de 30 cent., on peut rendre un vêtement imperméable. C'est un avantage immense ; car, par la simplicité du moyen indiqué, tout intermédiaire entre celui qui fabrique le savon et celui qui l'emploie est supprimé; et, par conséquent, le prix de cette utile composition hygiénique ne peut être arbitrairement élevé, 'l'est surtout aux petites bourses, qui sont malheureusement les plus nombreuses, que M. Menotti a rendu un grand service.

Page 1