I. — PRINCIPES GÉNÉRAUX. — EMPLOI DES TRAMES
La transformation des clichés photographiques en relief pouvant être tirés sur la presse typographique, demande deux conditions essentielles. La première, c’est que les blancs soient suffisamment Iprofonds pour ne pas être touchés par l’encre qui est distribuée par le rouleau encreur, de façon à obtenir des épreuves pures et nettes. La seconde, d’une importance capitale, c’est que la surface de. la photogravure ne doit pas être unie, sans quoi elle ne retiendrait pas l’encre, mais être constituée par une réunion de points ou de lignes qui forment des solutions de continuité qui, quelque petites qu’elles soient, retiennent l’encre typographique et permettent l’impression à la presse.
La formation du grain comme on le dit* a longtemps été la pierre d’achoppement des procédés de gravure phototypographique. Aujourd’hui on l’a à peu près résolue par l’emploi de réseaux, de granulations, de réticulations, etc. Nous allons résumer les principes de ces différents procédés.
Les dessins au trait n’ont pas besoin de grain.
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1° Formation du grain avec des réseaux.
1° On interpose entre le cliché négatif et la plaque impressionnée à la gélatine bichromatée, un réseau pointillé, strié, rayé ou quadrillé dont le corps s’imprime dans les parties inlluencées, c’est-à-dire dans les parties claires du négatif, tandis qu’il ne s’imprime pas dans les parties noires.
L’idée du réseau revient à M. Berchtold qui a pris un brevet en avril 1859. 11 photogravait avec le bitume de Judée et après exposition sous le négatif, il exposait la plaque sensible sous une glace portant des stries.
Aujourd’hui on remplace la glace striée par une . pellicule de collodion sur laquelle on a photographié un réseau ou un pointillé de la manière suivante. On prépare une glace sensible avec la com¬
position :
Alcool . 1.000 parties.
Éther . 1.000 —
Coton poudre . 20 —
lodtire d’ammonium . 15 —
lodure de cadmium . 5 —
Bromure de cadmium . 5 —
On sensibilise dans un bain d’argent composé de :
. . . 1.000 parties, i
Eau distillée. .
Azotate d'argent Acide nitrique.
Avec les glaces ainsi préparées on photographie un réseau, un quadrillé ou un pointillé tracé sur ‘papier. On développe l’image dans le bain suivant:
Eau . 1.000 parties.
Sulfate de fer . 50 —
Acide acétique . ' . . . 25 —
Alcool à 36° . 40 —
Acide sulfurique . 6 —
Lorsque le développement est terminé, on fixe au cyanure avec le bain suivant :
Eau . 1.000 parties.
Cyanure de potassium . 30 —
Toutes ces opérations se font comme il est indiqué dans tous les traités de photographie et que nous ne pouvons décrire ici sans sortir de notre cadre. Le cliché terminé, on pellicularise la couche en plongeant la plaque dans une cuvette plate con¬
tenant :
Eau . 1.000 parties.
Acide sulfurique à 66° B . 100 —
jusqu’à ce que le coilodion se détache du verre avec facilité. On lave la pellicule abondamment à l’eau et on la transporte sur le dos du cliché négatif qu’on emploie alors comme un cliché ordinaire.
Le procédé de gravure phototypographique de M. Manzi, ingénieur de la maison Boussod et Valadon, successeurs de MM. Goupil et Cie, repose sur l’emploi des réseaux. M. Manzi se sert, pour la reproduc-
GRAVURE PHOTOTYPOGRAPHIQUE
tion des tableaux, de clichés obtenus sur collodions ou sur gélatino-bromure, teintés d’essences ou de coralline, qu’on trouve dans le commerce sous le nom de glaces isochromatiques en France, et sous celui de glaces arthochromatiques à Vienne et en Allemagne. Il adjoint d’une façon très habile à ces clichés un réseau très fin et réalise ainsi les conditions nécessaires pour produire de remarquables planches gravées, que les améliorations des tirages typographiques permettent d’imprimer avec facilité.
2° M. Breton conseille, pour obtenir des trames avec les clichés, de se servir des toiles métalliques très régulières et de différentes espèces que l’on trouve dans le commerce ; il suffit de photographier préalablement ces toiles.
M. Léon Vidal a proposé une trame composée d’une série de trous très rapprochés (33 lignes de ces trous par centimètre).
Dans le commerce, on trouve du papier bristol fort, percé de trous très réguliers, qui a été préconisé par M. Breton, pour obtenir des trames. Il faut mettre ce bristol sur le cliché, et l’y faire adhérer, si l’on veut avoir de la pureté au tirage.
En se basant sur un procédé analogue, M. Parison a imaginé un nouveau procédé pour tracer des trames. En voici la description, d’après la communication qu’il a faite à la Société d' Études photographiques :
« Sur une table, d’une largeur indéterminée, se trouve une auge en forme de V et pouvant être plus
ou moins rapprochée de la table, comme dans la machine à satiner. Cette auge porte à la partie inférieure des ouvertures, ayant plus ou moins d’intervalle entre elles et dont les lèvres sont assez rapprochées pour que l’écoulement de la matière colorante contenue dans l’auge, et d’une consistance assez grande, ne se produise au contact de la bande à rayer que par une sorte d’attraction lorsqu’on tire celle-ci au moyen d’un treuil sur lequel elle vient s’enrouler.
« Il est évident qu’il n’y a aucun rapport entre des lignes généralement espacées d’au moins I à 10 centimètres et celles aussi rapprochées que doivent être celles devant servir à l’obtention d’un bon cliché pour l’impression typographique.
« Le perçage d’une filière possédant des trous aussi rapprochés que ceux qui pourraient produire la trame que M. Léon Vidal a fait graver (environ 33 lignes par centimètre) est d’une impossibilité pour ainsi dire absolue ou moyen de forets.
« M. Parison est arrivé à produire ce perçage en profitant de l’artifice suivant : Si l’on prend un tube de cuivre d’un diamètre arbitraire et aussi cylindrique (1) que possible, et que, mis sur le tour on trace avec un peigne une vis à pas excessivement fin, on aura, en ne considérant qu'une coupe longitudinale du tube une série de WW V. aussi rapprochés que
(1) Cette condition n’a pas besoin d’ètre d'une précision mathématique, puisque le contact par pression peut être assez élastique pour aller chercher l’encre au fond de la taille.
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le peigne aura de finesse et bien équidistants, puisqu’ils seront le résultat du passage du peigne qui, portant par exemple 50 dents, aura servi à amorcer la vis et à la régulariser par le passage forcé et alternatif de ces 50 dents dans le même sillon.
« Ici la question délicate d’une ascension parfaitement régulière que doit posséder une vis micrométrique n’a pas à intervenir. Le seul but est d’obtenir des sillons (pris sur une coupe longitudinale quelconque du tube) bien équidistants.
« Cette opération peut être faite sans aucune difficulté, par n’importe quel ouvrier tourneur ; il ne s’agit pour obtenir des trous à chaque sillon que de tirer à l’intérieur du tube, et suivant sa longueur, un trait de gravure avec un outil à épaulement qui vienne par sa profondeur enlever le fond du V qui forme le pas. Comme dans cette opération on a affaire à un métal qui, sous le burin ou la fraise, produit une rébarbe on serait exposé, si l’on voulait que le trou soit percé, à le faire plus grand qu’on ne le désire. Pour éviter ceci, au moment où le fond du sillon est atteint par l’outil coupant, il se produit une boursoufflure qui permet à l’œil de constater que l’on doit cesser le travail mécanique. On enlève alors, au moyen d’une légère morsure à l’eau-forte à l’intérieur du tube, la pellicule de cuivre qui obture le trou. Si les trous, par suite d’une morsure irrégulière, étaient d’un diamètre inégal tout en étant équidistants, rien d’aussi simple que de les régulariser en y introduisant une aiguille conique portant un arrêt à la hau-
teur du diamètre que l’on désirera donner au trou de la filière. La ténuité de ce trou, la ductilité du cuivre, la dureté de la tige d’acier, font que cette régularisation peut s’obtenir par simple introduction et pression à la main de l’aiguille. Ceci obtenu, on n’a plus qu’à boucher les deux extrémités du tube, pratiquer au-dessus de celui-ci une ouverture pour pouvoir y introduire l’encre, y remettre au besoin un bouchon fermant hermétiquement pour que l’encre, si fluide qu’elle soit, ne puisse s’écouler, absolument comme dans la pipette, et le dépôt n’avoir lieu au contact de la feuille, convenablement humectée, que par attraction capillaire et par conséquent d’un débit très régulier.
« Il faut avoir soin de suider légèrement le sommet des tailles pour que le liquide ne vienne pas fondre plusieurs lignes ensemble. »
3° Pour éviter la photographie préalable du réseau, on peut photographier l’objet à graver avec un très fin réseau devant, par exemple de la gaze fine. Nous conseillons de faire usage d’un léger tissu en fil de verre ou en fil de quartz.
2° Trames produites sur les clichés.
1° On vend actuellement des plaques toutes préparées portant le réseau. Ce sont des plaques rapides que l’on a exposées rapidement à la chambre noire devant un réseau blanc et légèrement transparent. On s’en sert comme des plaques ordinaires pour photographier les objets à reproduire.
GRAVURE PHOTOTYPOGRAPHIQUE
2° Pour obtenir le grain, M. Courtenay incorpore dans le collodion de la poudre de verre très fine. Sur ce collodion on photographie le sujet, on obtient ainsi un négatif pointillé qui donne d’excellentes gravures.
3° On peut obtenir le grain par réticulation et cela par plusieurs procédés.
On prépare une glace avec de la gélatine bichromatée, comme s’il s’agissait d’une phototypie, on l’expose sous un négatif, et on la réticule en la plongeant dans de l’eau chaude additionnée d’ammoniaque, on encre, on tire une épreuve sur papier autographique que l’on reporte ensuite sur zinc ou sur cuivre et on attaque ces métaux par l’eau-forte ou d'autres agents chimiques.
M. Rousselon joint à la gélatine bichromatée une substance qui produit un grain proportionnel à l’intensité de la lumière, c’est-à-dire larges dans les grands noirs, moyens dans les demi-teintes, extrêmement petits dans les ombres légères, et nuis dans les grands blancs. Il prend le relief de cette gélatine au moyen d’une lame de plomb et du laminoir, et reproduit le contre-moule en plomb par la galvanoplastie.
M. Waterhouse fait une épreuve au charbon de la planche à reproduire; quand la gélatine est encore humide, il la saupoudre de sable fin, préalablement enduit dans tous ses grains d’une substance grasse, de la paraffine par exemple, et laisse sécher l’épreuve. La gélatine en séchant englobe en quelque sorte les
grains de sable, et d’autant plus profondément que la couche de gélatine est plus épaisse, c’est-à-dire dans les grandes ombres. Après dessiccation, on brosse la surface sous l’eau pour enlever les grains de sable qui laissent subsister les trous qu’ils ont formés. La plaque sèche est recouverte de plombagine et mise dans un bain galvanique pour y déposer du cuivre et obtenir une planche parfaitement gravée en cuivre.
Nous avons obtenu d’excellents résultats au moyen j d’un saupoudrage de la gélatine lhchromatéè, avec du bichromate de potasse en poudre très fine. On expose sous le négatif et le grain se fait proportionnellement à l’action de la lumière.
4° M. Parison est arrivé à produire des trames, sur les clichés, au moyen de la lumière, et l’appareil qu’il a construit pour cet usage se compose : d’un châssis presque semblable à ceux dont on se sert pour le collodion, mais avec les modifications suivantes : sa longueur intérieure doit être au moins 3 fois 1 / 2 celle de la diagonale d’une glace à impressionner, la largeur de 2 à 3 centimètres en plus de cette diagonale: la face antérieure à demeure, en bois, ou mieux en métal, porte à son centre le même mécanisme qui sert, dans les chambres noires, à faire pivoter le corps de la chambre dans les deux sens ; mais au lieu d’une ouverture pour recevoir un objectif, cette plate-forme possède une fente assez étroite dans presque tout son diamètre, et qui servira à enchâsser la série de trous équidistants dont l’exécution a été décrite à la dernière séance.
GRAVURE PHOTOTYPOGRAPülQUE
Cette filière étant placée au milieu du châssis comme se trouve le tiret de la lettre H, jouit de la propriété suivante (journellement utilisée par les dessinateurs pour le tracé des lignes proportionnelles) pouvant prendre une inclinaison plus ou moins grande sur son axe, elle se raccourcit de plus en plus jusqu’au point limité où des parallèles menées dans la longueur du châssis et passant par chaque trou de la lilière, ne laissent plus d’intervalles entre elles.
Des figures seraient nécessaires pour la parfaite perception de ce cas, mais le phénomène suivant le rendra compréhensible : Lorsqu’on se trouve placé perpendiculairement en face d’une avenue d’une grande longueur et plantée d’arbres, les espaces qui séparent chaque arbre vis-à-vis de soi, sont sensiblement égaux, mais à mesure qu’on regarde plus obliquement, leur écartement semble diminuer et sous un certain angle, il arrive que tout écartement a disparu.
Cette partie du châssis décrite, il passe à la description de l’intérieur. Celui-ci, pour sa construction, ne peut être mieux comparé qu’à la plaque d’un obturateur à guillotine réduite à sa partie centrale, soit le quadrilatère renfermant le trou dont le diamètre est la diagonale de la glace; de plus, un support adhérent permet d’y fixer la glace à impressionner soit parallèlement aux grands côtés du châssis, soit en mettant alternativement les deux diagonales parallèles auxdits côtés. Un volet à fermeture hermétique au dos ferme le tout.
PRINCIPES GÉNÉRAUX I i5
On arme le support intérieur d’une glace dans la chambre obscure et on ferme le volet. La guillotine porte-glace occupant un tiers de la longueur totale du châssis et par la pesanteur reposant à la base, on n’a qu’à se présenter à la lumière le côté de la filière appuyé sur la poitrine. Renversant le châssis, la glace par sa pesanteur vient occuper l’autre bout, en passant devant la filière, où la lumière passant par chaque trou est venue impressionner la plaque, et au développement une série de lignes apparaît.
Si cette opération est effectuée une fois sur chaque diagonale, on a une série de lignes donnant un losange plus ou moins allongé suivant l’inclinaison que l’on a voulue. Donc au moyen d’une série de filières dont les trous peuvent être plus ou moins fins et pouvant être espacés suivant les données devant produire un bon cliché, on peut imprimer une trame directement sur le cliché ou se créer une série de types à impi’imer par contact.
Il est bien évident que ce châssis, pour remplir son but, doit être construit avec une grande précision, que la guillotine porte-glace doit fonctionner sur des glissières parfaitement droites et que la glace doit passer presqu’au contact des trous.
Un châssis construit pour pellicules permettrait facilement ce contact. M. Parison en présentant les plaques qu’il a impressionnées dans un châssis construit tout à fait à la hâte, s’est assuré qu’on peut arriver à supprimer tout effet de diffraction.
Graveur. — II. 9
GRAVURE PHOTOTYPOGRAPHIQUE
Les premières plaques qu’il avait exposées en pleine lumière lui ayant donné un trait un peu diffus, il a eu l’idée d’opérer ainsi :
Dans un long couloir ayant une fenêtre donnant directement sur le ciel, il a masqué les carreaux de celle-ci en ne laissant subsister qu’une fente très
étroite en forme de créneau et que, suivant l’état de
lumière, on peut faire plus ou moins allongée; de plus, en s’éloignant ou se rapprochant de la source de la lumière, ou en faisant tomber les plaques plus lentement, il est arrivé à avoir une série de plaques permettant d’espérer de très bons résultats (I).
5° Autre procédé. — Dans une excellente étude sur les trames photographiques, parue dans le Photographie Times, nous trouvons d’intéressants détails.
Nous allons donner ici le^ traits principaux, d’après la traduction qu’en a donné le Moniteur de la Photo¬
graphie :
Le point le plus important pour produire de bons
clichés typographiques à demi-teintes consiste dans la possession d’une trame parfaite.
Malheureusement c’est une chose difficile à réaliser. Les anciennes méthodes ayant pour objet l’emploi soit de la gaze, soit des feuilles de papier portant l'impression d’une planche de cuivre ou d’acier finement gravée de lignes, ne donnent que des résultats incomplets; il est tout d’abord impossible d’obtenir un morceau de gaze absolument parfait, et bien que
(1; Moniteur de la Photographie.
les imperfections ne soient pas très perceptibles sur l’original, elles prennent sur le bloc de zinc une grande importance.
Quant à la deuxième méthode, elle est défectueuse aussi, parce qu’il est difficile d’obtenir une impression assez noire pour produire des lignes suffisamment nettes.
Deux perfectionnements ont été récemment apportés à ces procédés :
1° On grave à la surface d’une glace un réseau de lignes que l’on remplit d’un enduit opaque et l’on fait usage de cette plaque en guise de trame; ou bien on se sert de cette glace comme d’un cliché d’où l’on tire des roseaux à l’aide de la photographie ;
2° On enduit une glace d’une couche opaque; on y trace les lignes et on les photographie.
Ces trames sont naturellement coûteuses; d’abord à cause de la difficulté d’avoir des plaques de toute dimension parfaitement lignées, car sans cette perfection elles ne seraient d’aucun usage; ensuite parce que, ces glaces étant obtenues, il est très difficile d’en avoir des copies parfaites.
Le procédé au collodion peut seul être employé, et quiconque a usé de ce procédé sait combien il est difficile d’éviter le voile.
Voici le moyen le plus simple pour réaliser de bonnes trames :
Procurez-vous une belle glace d’épaisseur convenable, du format 18 x 24, absolument exempte de
GRAY IRE PHOTO! YPOGRApUlQUE
toute imperfection ; nettoyez-la à fond et enduisez-la d’albumine.
Quand cet enduit est sec, rccouvrez-le d'une couche de collodion pulvérulent ioduré, sensibilisez, lavez et exposez à la lumière, développez au sulfate de fer en laissant agir ce produit jusqu’à ce que la couche soit noire; lavez à fond, puis immergez dans une solution de cyanure ; lavez encore, blanchissez la couche dans un bain de nitrate de plomb et de ferrocyanure de potassium ou de bichlorure de mercure; lavez complètement et noircissez la couche avec du sulfhydrate d’ammoniaque; lavez et laissez sécher.
Si le collodion dont on a fait usage n’est, pas de nature cornée, la couche traitée comme il vient d’ètre dit pourra recevoir une rayure de 100 lignes au pouce sans la moindre éraillure, et quand elle aura été ainsi rayée de lignes diagonales (et non croisées) elle pourra servir à faire des trames excellentes de 12x15 pouces.
Une de ces trames est placée contre la fenêtre d'un laboratoire obscur en avant d’une plaque dépolie.
Un réflecteur blanc incliné à 45 degrés est placé en arrière de la plaque dépolie.
A l’intérieur de l’atelier une chambre noire solide, munie d’un bon objectif, est disposée d’une façon rigoureusement parallèle au réseau.
L’objectif ne doit pas être employé dans les limites de sou entière capacité courante pour arriver à une complète netteté dans les coins.
Pour des réseaux de 42x10, il faut un objectif de 20 pouces de foyer. Pour la mise au point on doit recourir à une glace finement doucie.
Les négatifs sont obtenus sur glace par le procédé au collodion sec.
Pour réaliser l’effet d’un rayon croisé deux négatifs semblables sont imprimés, posés l’un contre l’autre en sens inverse et scellés au baume de Canada.
On obtient de la sorte un réseau à l’abri de toute altération sauf laçasse. Quant à l’épaisseur des deux glaces, elle est sans effet sur le résultat.
On peut se procurer en Amérique de pareils réseaux tout prêts à l’usage; leur prix est élevé, mais ils valent bien ce qu’ils coûtent.
Voici quelques chiffres à cet égard : un réseau de 124 lignes au pouce, du format 7x5, coûte 12 dollars, et le format 12x10 coûte 30 dollars; un réseau de 132 lignes au pouce, de 10x8, coûte 30 dollars, et de 12x10 coûte 50 dollars.
Ce sont des trames à lignes croisées et scellées ; les réseaux à lignes simples et non scellées ne coûtent que moitié prix.
3° Trames produites par report.
1° On tire une épreuve phototypique sur une feuille de papier blanc quadrillé. On retouche à la plume s’il est nécessaire, on prend une photographie de cette épreuve qui donnera un négatif dont on se
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servira pour photograver une planche de zinc par la méthode du gillotage.
2° On obtient une épreuve en relief sur gélatine bichromatée. D’autre part, on encre au moyen du rouleau lithographique une feuille de papier lisse, sur cette feuille on applique une feuille de papier blanc quadrillée en relief, celui-ci en contact avec la surface noire. On met dessus le relief de gélatine et on presse. On comprend aisément que la feuille de papier quadrillé se noircira d’autant plus que 1ers reliefs de la gélatine seront plus accentués. On prend une photographie de papier quadrillé et on continue comme dans le gillotage.
3° Sur une plaque de métal fusible striée par des raies en forme de V, on met une feuille de papier autographique, on applique dessus un cliché en relief au bichromate et gélatine, et on presse. Le papier interposé s’écrase plus ou moins profondément suivant que les reliefs du cliché sont plus ou moins prononcés. On encre, on reporte sur zinc ou sur cuivre et on traite comme dans le gillotage.
Pour l’historique des procédés de gravure phototypographique, nous renvoyons à ce que nous avons dit à propos de la photogravure. On se reportera également au même chapitre pour les différents procédés de gravure en creux qui s’appliquent également à la gravure typographique à la condition d’employer un cliché négatif et le grain dont nous venons de parler. Nous ne donnerons ci-après que quelques procédés spéciaux.
PROCÉDÉ LEXOIR