II. — Eau-forte
1° V eau-forte ou acMe nitrique non purifié a, comme tous les autres acides, les caractères suivants :
Saveur aigre, âcre, brûlante’, rougissant les couleurs bleues végétales, se combinant aux bases pour former des sels.
L’acide nitrique est le produit de l’oxygénation portée au plus haut degré de l’azote : son nom lui vient de ce qu’on le retire le plus généralement du nitre ou nitrate de potasse. Sa découverte est due à Raymond Lulle (1223) ; mais c’est Cavendish qui en a fait connaître la composition, et qui, le premier, l’a formé de toutes pièces. Lavoisier a démontré que cet acide contient 70,3 d’oxygène et 29,3 d’azote.
C’est dans les fabriques dites d'eau-forte qu’on obtient cet acide, et pour cela on décompose, par l’acide sulfurique, le nitre, nitrate de potasse ou salpêtre. On opère dans des cornues de verre ou de grès, et dans les grandes fabriques à l’aide de cylindres erl fonte communiquant, par des tubes en verre, avec
04 GRAVURE A l’eAU-FORTE
de grandes bouteilles (tourilles) en grès. Cent parties de nitre exigent soixante-quinze parties d’acide concentré. : on recueille dans les récipients le produit qui se volatilise ; il n’est point pur alors, il contient de l’acide nitreux qui le colore en rouge, et qui provient de ce que par la chaleur il y a toujours un peu d’acide nitrique décomposé ; il s'y trouve, de plus, du chlore et de l’acide chlorhydrique, qui proviennent de ce que le sel employé contient toujours des chlorhydrates ou des chlorures ; enfin, le feu étant poussé fort, il se dégage toujours de l’acide sulfurique ; ce qui reste dans la cornue est du sulfate de potasse légèrement acide.
Autrefois, au lieu d’acide sulfurique, on se servait d’argile, qui, ayant la propriété de former une fritte vitreuse avec la potasse, retenait suffisamment celleci pour que l’acide s’en séparât et se volatilisât ; le produit était le même que celui de la première opération.
On purifie cet acide nitrique par une nouvelle distillation à un feu doux, qui volatilise le chlore et l’acide nitreux ; ce qui reste dans la cornue est blanc, limpide, et, pour en séparer ce qui lui est encore étranger, on y ajoute du nitrate de baryte, qui en précipite l’acide sulfurique, et du nitrate d’argent qui sature et précipite l’acide chlorhydrique ; on décante ou l’on distille à un feu plus fort : on a ainsi Yacide nitrique pur, pour le distinguer de celui qui n’a point subi cette purification.
Lorsqu’il est pur, l’acide nitrique, nommé autrefois esprit de nitre, eau-forte, est blanc, diaphane, liquide, d'une odeur forte ; son action sur l’économie animale est très énergique ; il peut être considéré
EAU-FOBTE gg
comme; un des plus violents poisons. On en arrête alors les effets par l’emploi de l’eau de savon mais surtout en faisant prendre, à diverses reprises, plu-
sucrée^”113168 dC ma&nésie délaYée dans de l’eau
L’acide nitrique attaque tous les métaux, excepté toutefois le platine, l’or, le rhodium, l’iridium Ple
cérium6: tUHê:Stène’ r°SmiUm’ 16 Cd0mbium « b
C’est la propriété de dissoudre les métaux qui le fait employer pour la gravure. "
ven^bouThé d0U être COnservêe dans des vases de vene, bouches en verre , elle s’affaiblit après avoir
s rvi plusieurs fois et elle se charge de cuivre, qui lui donne une couleur verte. 4
émr“d'S «» mélange, à volume
égal, d acide nitrique du commerce et d’eau ■ elle
ÏT , B?Té' "»“ué t
Baume. L eau-forte active marque 25° Baumé
voici,: différentes recettes eaux-fortes ;
voici les plus importantes :
1° Eau-forte de Bosse.
Vinaigre blanc, le plus fort et le plus pur que l’on puisse trouver.
Sel ammoniac, bien clair, transparent, blane et net., .....
Sel commun, bien pur.
Vert-de-gris pur, sec, sans raclure de cuivre ni corps étrangers. ....
, de de «es subs-
SSlSy* «*• •** •» P«opo«ta ,«e je
3 litres.
180 gram.
GRAVURE A l’eAU-EORTE
Le sel ammoniac, le sel commun et le vert-degris étant mêlés et pilés ensemble, on jette le tout dans le vinaigre, qui doit être contenu dans un vase de terre vernissé, et d’une grandeur suffisante pour que la composition, en ébullition, ne s’élève pas audessus de ses bords.
Ce vase étant couvert, on le pose sur un feu vif, de manière à obtenir promptement une forte ébullition, qui doit durer au plus trois à cinq minutes, pendant lesquelles on remue et agite, avec une spatule, les matières qui y sont contenues.
Après deux ou trois bouillons, on retire le vase du feu ; on laisse refroidir en tenant l’ouverture hermétiquement fermée ; on verse ensuite la liqueur dans une bouteille, où elle doit reposer au moins quarante-huit heures avant d’être employée.
2° Eau-forte de Cal lot.
Vinaigre fort .
. 80 grain.
Vert-de-gris .
Sel ammoniac .
Sel marin .
Alun .
Eau .
3° Eau forte de Fielding.
M. Fielding, qui a publié, en Angleterre, un bon traité sur l'art du graveur, recommande l’eau-forte suivante, comme donnant de bons résultats :
On prend de l’acide nitreux le plus fort possible, puis on l’étend de cinq parties d’eau et on y ajoute une petite quantité de sel ammoniac, dans la proportion de la grosseur d’une noisette par demi-litre
EAU-FORTE gj
mordre'. ““ °Ù ‘'0" ^
smWM1™üePré5.nte 1,emploi d" sel ™moniac, suivant M. Fielding, c est qu’il jouit de la propriété
particulière de faire que l’eau-forte mord directement
en profondeur et beaucoup moins latéralement de
SZST s ,raits fms sonl bien moins 4 «
4° Autre formule.
Eau. . . . . ;;;;;;; g™ra-
Azotate de cuivre . . gy
*>° Autre formule.
Azotate de cuivre en solution concentrée. ... or.
c„f . . ou gram.
el ammoniac en solution concentrée. 10 —
On fait fondre, dans l’acide nitrique, tout le cuivre que le liquide peut dissoudre, et, d’un autre côté, on préparé une solution saturée de sel ammoniac dans u bon vinaigre. On mélange alors 3 parties en vo-
vohi tti p6 iu S°1 tÜOn euprique avec 4 Partie> a»«si en Hnnenr’ f !utl0™mm<®iacale, ce qui produit une
T T , qU °n Üre au cIair et verse sur la planche bordee qu’on veut faire mordre, et sur laquelle on verse encore, avec beaucoup de précautions et par gouttes seulement, de l’acide nitrique, et en agitant constamment avec la barbe d’une plume
désïe CC qU’°n dt attdnt 16 d6gré dG morsufe ?u’°û
Graveur . — I. „
GIUVURE A L’EAU-FORTE
6° Autre formule.
Eau . 1000 gram.
Acide nitrique . 300 —
Acide oxalique . 50 —
Acide acétique . 100 —
Sel ammoniac . 50 —
7° Glyphogène de Lemaire.
Eau . 50 gram.
Acide nitrique . J260 —
Acétate d’argent . S —
Alcool à 36° . 500 —
Éther nitreux . 64 —
Acide oxalique . 4 —
8° Composition Erhmann.
Eau . 800 gram.
Bichromate de potasse . 150 —
Acide sulfurique à 66° . 368 —
9° Formule moderne.
Perchlorure do 45° B . 100 gram, .
Acide chlorhydrique . 2 —