C.ALG0GRAPH1K
On vernit la planche de cuivre comme s’il s’agissait d’une eau-forte, avec cette différence qu’on emploie un vernis composé de 3 parties de vernis ordinaire et d’une partie de saindoux. La quantité de saindoux à ajouter varie avec la saison : un peu plus en hiver, un peu moins en été. On enfume la plaque et, après refroidissement complet, on applique sur le vernis une feuille de papier pelure ou tout autre papier mince et d’un ^grain très fin. Ce papier ne doit faire aucun pli ni aucune boursouflure sur la surface du vernis et avoir quelques centimètres de plus que la planche. On le mouille avec une éponge fine imbibée d’eau, on le pose sur le vernis, on rabat ses bords en dessous et on les colle sur le dos de la planche. Après quelques heures, le papier est sec et tirant; on dessine dessus, avec un crayon de mine de plomb assez dur, comme si l’on opérait sur du papier libre en évitant les ratures et surtout en prenant bien garde que les doigts ne reposent pas sur le vernis. A cet effet, on protège le cuivre par une planchette portant sur deux supports et sur laquelle on peut s’appuyer librement.
Le dessin que l’on exécute se trouve, par le fait, décalqué sur la planche de cuivre, car partout où le crayon a passé, le vernis adhère au papier et laisse le cuivre plus ou moins à découvert, suivant l'intensité des traits, des teintes ou des ombres. On enlève le papier, avec précaution, pour ne pas déranger les traits, en tirant celui-ci bien perpendiculairement à la planche. On retouche à la pointe les parties délictueuses ou les parties accentuées auxquelles on veut donner plus de vigueur.
On soumet alors la planche à la morsure, d’après les règles que nous avons données, en couvrant suc-
GENRES DE GRAVURE
vant la force à donner aux traits et aux tailles, et dont la surface est armée de pointes régulièrement placées. Ces roues sont montées, comme la molette d’un éperon, sur un axe rivé autour duquel elles ! peuvent tourner librement. Les roulettes simples ont , un rang de pointes; les roulettes composées en ont deux, trois, cinq, dix et même douze rangs de tailles et servent à produire des effets différents, suivant les ! teintes. On s’en sert en les tenant très penchées sur la planche, de façon que la roulette porte sur toute sa largeur; on peut, en la relevant progressivement, obtenir des tailles proportionnellement moins larges, j On fait ensuite mordre la planche, on la dévernit et l’on retouche avec les roulettes.
La gravure dans le goût du crayon se fait souvent sous trois couleurs : le noir (crayon noir), le rouge (sanguine), le blanc (craie). On se sert, pour cela, de trois planches de cuivre, une pour chaque couleur, i avec des repérages, comme nous l’indiquerons pour la gravure en couleur.
La gravure dans le goût du crayon est délaissée , aujourd’hui des usages courants, depuis les perfectionnements de la lithographie et de la zingocraphie.