‹ Nouveau manuel complet du graveur en creux et en reliefChapitre 46 sur 122 · CHALCOGRAPHIE · texte numérisé non relu

CHALCOGRAPHIE

On vernit la planche de cuivre comme s’il s’agissait d’une eau-forte, avec cette différence qu’on emploie un vernis composé de 3 parties de vernis ordinaire et d’une partie de saindoux. La quantité de saindoux à ajouter varie avec la saison : un peu plus en hiver, un peu moins en été. On enfume la plaque et., après refroidissement complet, on applique sur le vernis une feuille de papier pelure ou tout autre papier mince et d’un Igrain très fin. Ce papier ne doit faire aucun pli ni aucune boursouflure sur la surface du vernis et avoir quelques centimètres de plus que la planche. On le mouille avec une éponge fine imbibée d’eau, on le pose sur le vernis, on rabat ses bords en dessous et on les colle sur le dos de la planche. Après quelques heures, le papier est sec et tirant; on dessine dessus, avec un crayon de mine de plomb assez dur, comme si l’on opérait sur du papier libre en évitant les ratures et surtout en prenant bien garde que les doigts ne reposent pas sur le vernis. A cet effet, on protège le cuivre par une planchette portant sur deux supports et sur laquelle on peut s’appuyer librement.

Le dessin que l’on exécute se trouve, par le fait, décalqué sur la planche de cuivre, car partout où le crayon a passé, le vernis adhère au papier et laisse le cuivre plus ou moins à découvert, suivant l'intensité des traits, des teintes ou des ombres. On enlève le papier, avec précaution, pour ne pas déranger les traits, en tirant celui-ci bien perpendiculairement à la planche. On retouche à la pointe les parties défectueuses ou les parties accentuées auxquelles on veut donner plus de vigueur.

On soumet alors la planche à la morsure, d’après les règles que nous avons données, en couvrant suc-

GENRES DE GR AVERE

cessivement au vernis de Venise les parties qui sont assez mordues. On dévernit et on retouche à la pointe les parties indécises.

Disons que quelques graveurs anglais utilisent le calque qu’ils appliquent, en le retournant, sur la surface vernie (qui ne doit pas être enfumée), et suivent avec une pointe d’ivoire tous les traits du calque. Ce procédé permet de décalquer le dessin et le reproduire, par conséquent, aussi fidèlement que possible, mais il présente l'inconvénient de ne pas permettre à l’artiste de dessiner librement, parce qu’il voit à peine son travail au travers du papier, à moins qu’il ne soit déjà très exercé.

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