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CHAPITRE IV Photogravure

Historique.

La Photogravure en creux , appelée encore Héliogravure, Héliographie, est aussi ancienne que la photographie, mais elle ne donne des résultats irréprochables que depuis peu d’années.

Dès 1826, Nicéphore Niepce reproduisait des gravures en vernissant une estampe sur le verso de manière à la rendre transparente et l’appliquait ensuite par le verso sur une planche d’étain recouverte d’une couche de bitume de Judée. Il lavait la planche à l’essence de lavande après une longue exposition à la lumière, celle-ci enlevait le bitume non impressionné par la lumière, c’est-à-dire correspondant aux traits de l'image. Il attaquait ensuite la planche par un acide faible et la débarrassait du bitume adhérent. En janvier 1827, il envoya à Daguerre, qui deux ans plus tard devait devenir son collaborateur et associé, une planche d’étain sur laquelle il avait transporté la Sainte-Famille. Il accompagna son envoi d’une lettre de laquelle nous extrayons le passage suivant :

« C’est sans doute ce que cet objet peut offrir de plus intéressant ; mais je ne me dissimule point non plus les difficultés qu’il présente au travail de la gravure. L’entreprise est donc bien au-dessus de mes forces ; aussi toute mon ambition se borne-t-elle à pouvoir démontrer par des résultats plus ou moins

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satisfaisants la possibilité d’une réussite complète, si une main habile et exercée aux procédés de l’aquatinta coopérait par la suite à ce travail. »

Niepce et Daguerre conclurent un traité le 14 décembre 1 829 pour perfectionner le procédé héliographique. A ce traité était joint une Notice sur V Héliographie qui nous apprend comment Niepce employait le bitume de Judée.

Le 19 août 1839 la Daguerréotypie fut mise à la connaissance du public par le rapport officiel qui fut fait par Arago à l’Académie des sciences.

Niepce et Daguerre avaient abandonné l’idée de la gravure par les procédés héliographiques. Elle fut reprise en 1840 par le docteur Donné qui eut le premier l’idée de transformer les plaques daguerriennes en planches propres à la gravure. 11 avait remarqué que l’acide chlorhydrique étendu de quatre fois son volume d’eau dissolvait les parties noires de l’image daguerrienne, c’est-à-dire l’argent, et respectait les parties blanches, c’est-à-dire au mercure. On lavait à l’eau, puis on encrait. On obtenait une gravure très imparfaite pour deux raisons : la première était que le mercure déposé sur la plaque ne forme qu’un voile extrêmement faible et limite le relief que l'acide peut donner sans altérer les vigueurs de la gravure ; la Seconde était que l’argent est un métal trop mou pour pouvoir supporter le tirage et ne donnait par conséquent que quarante ou cinquante exemplaires.

La même année le docteur Krasner avait tenté la reproduction des épreuves daguerréotypes par la galvanoplastie. Le docteur Berres, de Vienne (Autriche) tenta aussi quelques essais dans cette voie.

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M. W.-B. Grove de Londres, en IBM, fit avancer la question d’un pas. 11 plaçait la planche daguerrienne au pôle positif d'une pile et dans un bain d’acide chlorhydrique étendu qui attaque le mercure et respecte l’argent. La plaque est enlevée du bain, lavée à l’eau : l'image se dessine en couleur terre de Sienne, produite par l’oxychlorure d’argent qui s’est formé. On la lave avec de l’ammoniaque faible qui le dissout, on lave à l’eau et on la sèche.

En 1841, M. Fizeau imagina le procédé compliqué suivant :

On soumet une plaque daguerrienne à l’action d’un mélange d’acide chlorhydrique et nitrique, à température tiède : les parties blanches ne sont pas altérées, tandis que les parties noires sont attaquées avec formation de chlorure d’argent adhérent, dont la couche insoluble arrête bientôt l’action de l’acide. On lave à l’ammoniaque faible qui enlève cette couche et on soumet de nouveau la plaque à l’action de l’acide, et ainsi de suite en répétant plusieurs fois cette double opération. On obtient ainsi une gravure en creux, mais pas assez profonde pour être utilisée. 11 faut donc creuser encore les parties noires ; pour cela, on dore les parties saillantes, c’est-à-dire les blancs. Pour cela, on frotte la planche avec de l’huile de lin et on l’essuie de la même manière que le font les imprimeurs en taille douce : de cette manière, l’huile ne reste que dans les creux et forme un vernis qui ne tarde pas à sécher. On dore la planche par un procédé galvanique : l’or ne se dépose que sur les parties saillantes. On la lave ensuite à la potasse caustique pour enlever l’huile, on la rince à l’eau et on mord avec de l’acide nitrique faible qui

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attaque l’argent des creux et respecte For des saillies. .Avant on a eu soin de déposer un grain de résine à la surface de la plaque. Lorsque la saillie est suffisante, on la cuivre pour lui permettre un bon

tirage.

En 1852, M. Bervière constata que si au lieu de fixer la dagüerréotypie^avec. l’hyposulfîte de soude, on la plonge dans un bain de sulfate de cuivre et qu’on la mette en communication avec le pôle négatif de la pile, les noirs se recouvraient d’une couche de cuivre métallique, tandis que les parties blanches restaient intactes. Ce fait s’explique facilement, l’iodure et le bromure d’argent impressionnés par la lumière deviennent conducteurs de l’électricité, tandis que non modifiés par les rayons solaires ils ne le sont nullement. Dans cet état, on chauffe laplaque pour oxyder le cuivre déposé et on la frotte avec du mercure. Le cuivre ne s’amalgame pas, tandis que l’argent retient le mercure. En soumettant la plaque à Faction de l’acide chlorhydrique étendu, ce dernier attaque l’oxyde de cuivre et respecte l’amalgame d’argent. On opère comme dans le procédé Poitevin que nous décrirons ci-après.

Charles Chevalier, en 1841, et le docteur Hellér, de Vienne, en 1842, ont donné des méthodes pour reproduire les images daguerriennes par la galvanoplastie.

Bascawen-Ibfoetson de Londres, en 1840, et Rondoni, lithographe à Rome, en 1842, tentèrent de reproduire les daguerréotypies par la lithographie.

Nous ne devons pas oublier non plus les tithanotypies du docteur Draper de New-York, c’est-à-dire des copies des images daguerriennes obtenues par une méthode inventée, en 1842, par sir David Rrews-

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ter. On les obtient de la manière suivante : La daguerréotypie est d’abord recouverte d’or par un procédé quelconque de dorure. La couche d’or ne doit être ni trop faible ni trop épaisse. On coule sur la surface de la plaque une couche claire de colle de poisson, de 4 millimètres d’épaisseur environ. On laisse sécher deux ou trois heures dans un courant d’air chaud. La couche gélatineuse se sépare de l’image et en l’examinant par la lumière transmise ou réfléchie, on trouve que c’est une copie détaillée de l’original.

Là s’arrête la première partie de l'histoire de la photogravure, et nous devons faire remarquer que les résultats acquis ont été faibles sinon nuis en pratique.'

Sur ces entrefaites on inventa la photographie sur papier qui détourna l’attention des savants de leurs recherches sur la gravure. Fox Talbot, à qui l’on doit cette importante découverte, commença à faire des dessins photogéniques sur papier en 1834, mais sans pouvoir les conserver, ce qu’il fit l’année suivante. Il communiqua sa découverte à la Société royale de Londres en janvier 1839, qu’il appela d’abord calotypie, mais on lui donna généralement le nom de talbotypie et plus tard celui de photographie.

D’autre part, Herschel inventait, en 1842, les ampliy types ; Robert Ilunt, en 1844, les chromo-nyanotypes et les énergïatypes.

La photographie ne commença à se répandre dans le public que vers 1847-1848.

En 1847, M. Niepce de Saint- Victor, neveu de Nicéphore Niepce, créa la photographie sur papier, qu’on dénomma alors Niepçotypic. En 1851, M. Archer inventa le procédé au collodion que l’on appela Archéotypie.

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