‹ Nouveau manuel complet du relieurChapitre 55 sur 70 · TROISIÈME BREVET DE PERFECTIONNEMENT ET D'ADDITION · texte numérisé non relu

TROISIÈME BREVET DE PERFECTIONNEMENT ET D'ADDITION

Ces perfectionnements consistent :

1° Dans un changement apporté à l'appareil représenté par la fig. 105, changement qui s'opère en établissant, sur une espèce de banc de tour ordinaire , deux poupées en foule qui sont retenues , en dessous de ce banc , par des boulons. A la base de ces poupées sont des coussinets en cuivre sur lesquels on place les tourillons d'un cylindre*, on pose une planche de fonte bien dressée , sur laquelle on visse une ou plusieurs planches de cuivre gravées ; on y étend plusieurs pièces eu laine, des cuirs et toutes autres substances susceptibles de recevoir l'impression; on met la peau dessous , et on serre le tout au moyen d'un cylindre de fonte dont les tourillons sont ajustés dans des coussinets qui vont à coulisse dans les poupées , et qui >e trouvent appuyés sur des vis ou leviers.

On peut, au lieu de vis, pour établir la pression, faire usage de l'eau , de l'air ou de la vapeur comprimée.

2° A remplacer le cylindre supérieur de la machine , quand les dessins sont trop profonds ou trop difficiles à monter, par un cylindre de plomb, d'étain, ou de tout autre métal assez mou pour être susceptible d'empreintes; on le presse sur la planche gravée , et à force de le faire aller et venir dessus, on en forme la contre-partie. On met ensuite la peau dessous avec ou sans laine, selon que le besoin l'exige , afin de la gaufrer.

Le moyen, infaillible par lui-même, pour gaufrer parfaitement les peaux , devient très minutieux et dispendieux, parce qu'il faut faire autant de cylindres qu'il y a de plaques et de dessins , et que le raccord est très difficile.

5° A pouvoir employer toute autre espèce de métal que celui qui est indiqué pour les cylindres de contre-partie , qui doivent se composer d'un métal mou.

4° A faire marcher la machine par toute espèce de'moyons ayant une force suffisante ; celui que j'emploie est une roue d'engrenage, montée au bout du cylindre inférieur de la machine , et à laquelle un pignon , sur l'axe duquel est établie une autre roue, imprime le mouvement à l'aide d'un autre pignon qu'une personne met en action au moyen d'une manivelle.

J'imprime à ma machine un mouvement de va-et-vient par le moyen d'engrenages, ou par tout autre moyen, pour que la pression se fasse sentir plus longtemps et avec plus ■d'effet sur les peaux, afin de leur faciliter le moyen de se gaufrer.

Observations.

Dans les divers moyens indiqués dans les descriptions qui précèdent, je puis me servir de l'eau, de l'air, de la vapeur comprimée ou de tout autre moyen mécanique pour faire mouvoir mes machines ou pour exercer une pression ; la presse hydraulique peut , eu conséquence , trouver son emploi en remplacement de la presse en bois ou en métal.

RELIURE MÉCANIQUE MOBILE APPLICABLE A TOUS LES FORMATS , PAR MM. BOSSANGE ET DUFOUR.

Le principe essentiel d'après lequel cette reliure nouvelle est construite , est un moyen d'imprimer aux deux côtés a a, relieur. 18

* un mouvement parallèle suivant une, ligne perpendiculaire entre les deux; ce mouvement est obtenu au moyen d'un double système de leviers cc,dd, parallèles deux à deux, et tels que , tandis que l'un tend à faire glisser Tune des règles parallèlement à l'autre , dans un sens , l'autre tend de la môme manière , à produire un glissement égal et en sens contraire ; le mouvement est imprimé en même temps à ces deux systèmes, au moyen d'une vis 6, placée entre les deux règles a a, à égale distance de Tune et de l'autre , et dont les filets, tournés en sens opposés, rapprochent ou éloignent les deux systèmes de ce, dd.

Les deux règles mobiles a a servent à serrer les feuilles de papier placées entre elles , et à les retenir par simple pression ; cette destination exige que l'un des bords de ces règles soit coupé en biseau, afin que la pression supportée par une surface moins étendue empêche plus sûrement les feuilles de glisser; il est inutile de décrire la manière dont ce mécanisme est fixé à une couverture analogue à celle d'un livre, les vis ee, ce, indiquées dans la figure, le montrent suffisamment.

La fig. 107 représente le plan du mécanisme.

La fig. 108 est une élévation; et une coupe suivant la ligne a' 6' représente les mêmes objets vus par le bout.

La fig. 109 représente le dos de la feuille rempli et fermé.

Enfin la fig. 110 le montre développé.

Cette reliure mobile brevetée a paru avantageusement à l'exposition des produits de l'industrie. Mentionnée honorablement en 1854, elle est adoptée par diverses bibliothèques publiques.

Ce nouveau mode de reliure a l'avantage , par son mécanisme très simple, de permettre de relier provisoirement soi-même , promptement , sans le secours de lacet ni de piqûre, toute espèce d'ouvrages publiés par feuilles ou livraisons , au fur et à mesure de leur publication.

La facilité qu'offrent ces reliures de former et de disjoindre , à volonté , un volume encore inachevé , d'en augmenter ou diminuer le contenu , d'en détacher et d'en transposer au besoin les feuillets , les rend presque indispensa-

* Les mêmes lettres indiquent les mômes objets dans tontes les figures.

bîes , par l'application diverse qu'on peut en faire dans les bibliothèques publiques el particulières , aux hommes de lettres, aux artistes et aux négociants ; pour la conservation de pièces volantes et d'opuscules de tout genre , manuscrits, imprimés , lithographies et gravés, en feuilles et même, en demi-feuilles ou feuillets, formant collection, tels que : — Albums de musique ; Albums de dessins , de gravures ; Livres d'échantillons ; Registres matricules; Atlas de géographie; Recueils de lettres, d'autographes, de Pièces d'administration; Répertoires divers, Catalogues, Journaux, et, en général, toutes les parties d'ouvrages qu'on ne saurait, sans inconvénient, faire relier tout de suite , ou qui , par le mode de leur publication , sont susceptibles d'éprouver des changements dans leur classement ou leur disposition définitive.

RELIURE ARRAPHIQUE.

Tandis que de nombreux et importants perfectionnements ont successivement amélioré plusieurs branches de la reliure , la partie spécialement relative à la réunion des feuilles , <à la confection du dos et à l'ouverture des livres et des registres est restée stationnaire. En effet, dans la reliure môme la mieux soignée, les livres et les registres en s'ouvrant forment une sorte de gouttière au milieu , et ont besoin d'être fortement retenus pour rester ouverts. Cela provient de ce que jusqu'à présent les feuilles étant réunies par cahiers , il faut de toute nécessité les coudre ensemble : ces cahiers étant réunis entre eux et attachés au dos du livre empêchent celui-ci de s'ouvrir. Par notre nouvelle méthode tous ces inconvénients disparaissent, puisque les livres et les registres , même les plus épais et du plus grand format s'ouvrent sur une surface tellement plane que l'on peut écrire sur un grand livre d'un côté à l'autre avec autant de facilité que l'on écrirait sur une simple feuille. On conçoit en effet que chaque feuille étant réunie séparément une à une , on obtient un seul plan pour les deux pages , et comme le dos est fait sans fil ni couture , on évite la gouttière formée par la marge intérieure de toute espèce de livre ou registre relié d'après l'ancien système.

Les avantages de notre méthode sont inappréciables : 4° pour les Albums, puisqu'on peut dessiner sur la double

feuille toute entière sans altérer pour, cela les dessins , sans, qu'ils ^soient coupés par le milieu et sans froisser les gravures qu'ils peuvent contenir; 2° pour la musique y car le livre une fois ouvert reste à plat sans que les feuillets puissent jamais interrompre, par leurs mouvements, l'exéeur tion d'un morceau, comme cela arrive sans cesse maintenant ; 5° pour les Atlas , collection de gravures et les cartes de géographie, qui peuvent être pliées en deux, dans toute leur grandeur , sans que le pli soit perceptible; 4° pour les collections de lettres, de journaux, de manuscrits,, même en feuillets séparés qui n'auraient pas de marges in-, térieures, puisqu'on peut les relier sans empiéter en. rien, sur la partie écrite.

La matière employée a en outre l'avantage da détruire les insectes produits par l'humidité et les changements de température, bien différente en cela de la colle, qui engendre les vers. Aussi , dans les latitudes les plus élevées , nous sommes à même de préserver les registres et les livres des ravages auxquels ils sont sujets. Les changements de température n'ayant aucun effet sur cette matière , onne craindra pas de déformer un livre en lisant près du feu.

Le brevet pris pour l'invention de la reliure arraphique n'étant pas encore expiré , il semble que nos indications doivent se borner aux lignes précédentes; mais nos aperçus , nos réflexions et nos essais nous ayant mis sur la voie du procédé, nous allons le révéler, autant que possible, au, lecteur, et lui en faire apprécier les inconvénients ainsi que les avantages.

Les feuillets ne sont pas réunis par cahiers au moyen d'une couture appropriée, suivant la reliure ordinaire; ils sont collés l'un à l'autre par la tranche à l'aide d'une dissolution de gomme élastique ou caoutchouc : on en forme une couche fort tenace et assez épaisse par des applications successives.

On conçoit dès-lors que les deux feuillets ainsi collés ne forment aucune gouttière et s'étendent à volonté , sur une surface plane; on conçoit aussi que la matière agglutiueuse ne soit pas du tout susceptible d'engendrer des insectes et des vers.

L'on conçoit également que cette méthode est excellente pour relier ainsi des cartes au des gravures ; qu'elle a le,

£rand avantage de ne pas exiger qu'on les unisse par cahier au moyeird'un surjet; que la marge se conserve, de cette façon, bien large , bien nette , et que toutes les tranches étant bien saisies par la matière agglutinative , il y a en môme temps solidité, propreté, élasticité complètes.

Mais il se présente une importante difficulté quand il s'agit d'appliquer le procédé arraphique à un livre ordinaire. En effet, les feuilles dont il devra se composer, sont pliées en cahiers , et ce sont ces cahiers qu'il faut réunir par la gomme élastique. Il est clair qu'alors le centre du cahier ne serait pas fixé ou le serait du moins d'une manière très imparfaite. Pour obvier à ce grave inconvénient H n'est qu'une ressource qui est elle-même une sujétion et un nouvel inconvénient. Eu effet il est indispensable de couper la feuille d'impression en feuillets pour réunir ceux-ci deux à deux à l'aide du caoutchouc tenu en dissolution ; or, cette disposition qui oblige à mettre ainsi les feuilles en morceaux, a quelque chose d'étrange et d'extrêmement désagréable, quoiqu'on définitive dans la reliure ordinaire, la feuille soit bien coupée forcément sur toutes les tranches, excepté celle qui est cousue, et qu'il importe peu qu'elle soit aussi coupée sur cette tranche s'il est impossible de le soupçonner, et si ce sacrifice ajoute à la solidité et à l'agrément de la reliure.

Les procédés à l'aide desquels on dissout le caoutchouc sont trop connus pour qu'il soit nécessaire de les décrire ici. Nous terminerons donc en disant que le froid doit donner une espèce de raideur aux reliures arraphiques , ainsi qu'il rend raides et dures toutes les préparations de gomme élastique. Nous ajouterons enfin qu'un livre relié par{eette méthode d'ailleurs fort ingénieuse , ne peut plus être relié par les anciens procédés , et que Lesné , si fort indigné contre Delorme , qui rognait les livres par le dos, et remplaçait la couture par l'usage de la colle forte , tonnerait contre la reliure arraphique , laquelle , selon ses principes, est une abomination.

Appareil de reliure par M. Girard, de Bordeaux (brevet d'invention de 15 ans, du 20 décembre J844).

La boîte en mcfal 1, fuj. 1H), pi. 4, peut être faite en

tôle mince ou tout autre métal; sa profondeur est de 11 millimètres.

Les deux coulisses 2 servent à presser les écrous en cuivre 6.

Deux arbres ronds, en fer ou en cuivre, 5, sont maintenus à leurs extrémités par un épaulement, et rivés à un trou pratiqué dans le bord de la boîte ; ils sont percés dans leur épaisseur d'une coulisse assez longue pour laisser mouvoir la bascule en fer qui les traverse -, ils sont garnis chacun d'un ressort à pompe formé d'un fil en acier trempé; ces deux ressorts servent de moteurs à toute la machine.

Les deux bascules en fer, 4, ont 1 millimètre d'épaisseur; elles sont tenues à la boîte par les vis 5, et s'appuient en glissant à l'autre extrémité dans la rainure pratiquée à l'écrou 6.

Les écrous 6 sont en cuivre ou épaulés carrément, de manière à entrer juste dans les coulisses 2, jusqu'à la face extérieure de la boîte ; une rainure y est aussi pratiquée pour recevoir le bec des bascules 4; les mêmes écrous reçoivent aussi les vis 22 et 23.

Le ressort à paillette 7 est coudé carrément à son extrémité supérieure, de manière à former un mentonnet qui sort au dehors de la boîte par la mortaise 15, fig. 120; il est aussi percé pour recevoir le pied-de-biche de la détente ; il est tenu, à sa base, au corps de la boîte, par deux rivures.

Le coulisseau 8 est soudé au bord de la boîte , et sert à empêcher la tête de la détente de dévier de sa mortaise.

La détente 9 forme, à sa base, un pied-de-biche qui remplit juste la fente pratiquée dans le ressort à paillette où elle est tenue par son extrémité; sa queue s'élève jusqu'à la surface du bord de la boîte où elle se termine par une tête carrée de la grandeur de l'intérieur du coulisseau.

L'intérieur de la boîte 10 est parfaitement uni et d"équerre en tous sens ; il n'a qu'un seul rebord indiqué par 16.

Le mentonnet 15 sert à agrafer la tringle mouvante désignée par 20, en entrant dans la mortaise 25.

Le rebord extérieur 16 est adhérent à la boîte; sa largeur est de 10 millimètres; il est percé de deux trous pour recevoir les deux vis 19.

La tringle en fer 17 a 9 millimètres de largeur: elle est

percée de 7 trous dont 9 servent à la tenir au rebord 16 , par le moyen des deux vis 19, et les autres servent à y fixer les cinq broches 18.

Les broches 18 servent à coudre le papier; elles sont percées sur le côté, à leur extrémité supérieure, de manière que les trous se trouvent placés horizontalement vis-à-vis l'un de l'autre, pour recevoir l'épingle 25 qui sert à clore le volume achevé.

La tringle mouvante 20 est en fer plat et coudée d'équerre dans sa longueur; elle a deux trous à sa partie supérieure, ppur la fixer à la boîte par les deux vis 22 qui se vissent dans l'éerou en cuivre 6. Le rebord inférieur de cette tringle est percé de cinq trous, dans lesquels passent les broches 18; les deux bouts 21 sont placés à ses extrémités pour servir à la soulever.

Les six trous indiqués par 24 sont ainsi pratiqués à chaque bord dans la longueur de la boîte, et servent à coudre et à fixer le mécanisme entier au dos du livre.

L'enveloppe du livre est conforme à celle des registres ordinaires, à l'exception que le dos intérieur est en bois mince et non en carton, et que les bords de la boîte à mécanisme s'y placent dans une rainure pratiquée à cet effet ; ladite boîte y est, en outre, cousue par les trous 24, à deux bandes en toile qui sont collées moitié sur le dos en bois, et moitié au carton qui forme la couverture.

Pour se servir de cet appareil, il faut le placer, fermé sur une table, de manière que le dessous du livre soit en dessus, le dos devant soi, et le haut du livre à droite; appuyant ensuite les deux pouces sur les extrémités du côté du dos, qui est en dessus, on place l'index de chaque main sous les deux bouts en cuivre de la tringle mouvante ; on élève ainsi ladite tringle jusqu'à ce qu'elle s'agrafe, par sa mortaise 25, au mentonnet du ressort à paillette 15. On relève ensuite devers soi la couverture, de manière que le livre reste ouvert; prenant le papier que l'on veut relier, on met le commencement de l'écriture en-dessous et le haut à droite, et on place ainsi le bord dans l'espace qui se trouve entre le bout des broches 18 et le dessous de la tringle mouvante, en ayant soin d'en faire toucher le haut au talon du bout en cuivre de droite, afin que chaque papier soit toujours à la môme hauteur. Pesant ensuite légèrement avec le

pouce sur la tète de kl détente 14, la tringle, chassée par les ressorts à pompe, descend alors avec force, entraînant avec elle le papier qu'elle coud, par le moyen des broches qui passent dans les cinq trous de ladite tringle.

Plaçant ensuite le livre dans sa position naturelle, on peut numéroter l'écrit que l'on vient de coudre, et le classer au répertoire qui est au commencement dudit livre.

On continue à l'occasion comme il vient d'être expliqué, jusqu'à ce que le nombre de feuilles garnisse entièrement les broches. Pour clore alors le volume, il suffira d'agrafer la tringle mouvante, de passer dans les trous des broches l'épingle 25, on relève, sur le côté non couvert dudit volume/le deuxième côté de sa couverture, qui , déjà , est placée la première dans les broches, et après l'avoir piquée par le bout des broches, en laissant libres les trous qui y sont placés, on y passe de nouveau l'épingle 2S, et tout est terminé pour un volume.

Pour en recommencer un autre, les tringles à broches conformes à 17-18 seraient disposées à bien peu de frais avec couverture et répertoire, et se replaceraient comme la première par les deux vis 19, et ces nouveaux volumes se feraient comme le premier.

Préparation de la percaline, de la tmfoxnt d'autres tissus appliqués à divers objets Je reliure et de cartonnage, pa r M. Bcrthe.

On commence par préparer une colle composée de pieds de mouton, qu'on fait bouillir pendant huit heures dans de l'eau de rivière (un demi-kilogramme de pieds pour quatre litres d'eau), et auxquels on ajoute peu a peu neuf décagrammes d'alun en poudre, en ayant soin de bien remuer le mélange.

Pour les couleurs tendres ou faciles à se détériorer, on remplace les pieds de mouton par de la colle de peau et de la gomme arabique.

Ces préparations sont passées au tamis fin et tenues constamment à un degré de chaleur convenable j on les applique sur les étoffes avec une éponge, une brosse ou un pinceau. Lorsque l'apprêt est sec, on le lisse parles mêmes procédés que ceux employés pour lisser le papier, ce qui lui donne

le lustre nécessaire. Au moment de les grener ou gaufrer, on. les humecte au moyen d'une dissolution de gomme.

Le gaufrage s'opère, soit à- l'aide d'une plaque de cuivre granie ou gravée, qu'on applique sur le tissu et qu'on soumet ensuite à une forte pression, soit avec un rouleau ciselé, guilloché ou grené, selon le genre de dessin qu'on veut produire.

Les étoffes ainsi préparées se collent avec de la coJle de Flandre, de la gomme ou de l'empois fort sur carton, bois, etc., pour recouvrir tous objets de reliure, de cartonnage et autres, en remplacement du papier et dé la peau.

Percaline façon anglaise, pour reliure, par M. Àuhcrt.

II. Aubert a présenté en 1842, à la Société d'encouragement, divers échantillons de percaline façon anglaise, à laquelle il a donné une préparation préliminaire ; ce produit a été l'objet d'un rapport dont voici un extrait :

« L'emploi de la toile percaline dont il est question a été d'abord indiqué par l'industrie anglaise pour la reliure des livres; aujourd'hui elle est préparée pour le même objet, avec un grand perfectionnement, par M> Aubert.

w Les échantillons divers exposés sgus vos yeux ont été jugés d'un tissu plus fort et d'un prix in£éri*ur à la percaline anglaise.

» Cette toile, vernie, peut recevoir la dorure sans les préparations qu'exige ordinairement la dorure sur cuir.

» Votre comité s'est assuré, d'après l'avis des relieurs, que l'emploi de la percaline française offrait pour la reliure une économie réelle.

)) Par conséquent, les libraires, les relieurs, les gainiers pourront trouver dans l'emploi. de celte percaline la solidité et l'élégance réunies au bon marché.

» M. Aubert a aussi présenté à la Société une série très variée d'échantillons de papier à for.d d'or et d'argent de sa fabrique, pour la reliure.

» Depuis l'invention de l'imprimerie, qui donna naissance à l'art du relieur, l'industrie chinoise fut la première qi>» couvrit les livres d'une espèce de papier lissé fort, d'un taffetas souvent orné de fleurs d'or et d'argent, et qui coûtait <ort peu. Cette manière de couvrir les livres ne laisse pas

d'avoir son agrément, et semble prendre faveur aujourd'hui pour le papier de fantaisie et donner aussi à la reliure et au cartonnage un certain luxe.

» Doù il résulte : 1° que la percaline perfectionnée peut être employée avec grand avantage de prix dans Fart de relier les livres dont la quantité s'accroît chaque jour -, 2° que le papier de fantaisie de M. Aubert peut aussi fournir aux relieurs et à Fart du carlonnier des ornements de fantaisie très variés pour satisfaire tous les goûts; voyez aussi le Manuel du Fabricant de Papiers de fantaisie, faisant partie de VEncyclopédie-Roret.*

Reliure mobile simplifiée, par Mme Frichkt, à Paris. (Brevet de 5 ans, du 24 novembre \ 834) .

Cette reliure, où tout le mécanisme se trouve dans le dos, permet de relier provisoirement toute espèce de recueils périodiques, journaux, musique, etc., et même des livres brochés ou réunion de gravures, qu'on voudrait lire ou feuilleter avant de les faire relier définitivement. On évitera ainsi le froissement de ces recueils, dont la couverturc en simple papier n'offre jamais aux feuilles qui les com- 1)osent un soutien capable d'empêcher qu'elles ne soient jientôt cassées ou chiffonnées.

Le dos se compose de deux baguettes en fer méplat : les angles du côté intérieur sont abattus en chanfrein, et diminuent d'autant, surtout vers le milieu, la largeur de la baguette qui présente alors un angle ; ces deux baguettes retiennent ainsi plus facilement les feuillets qu'elles sont destinées à serrer; l'action de ces baguettes sur le bord de ces feuillets en fait même relever un peu la partie qui dépasse et va se loger dans le dos, de sorte que cette partie, en buttant contre les baguettes, donne une solidité de plus à la reliure en retenant davantage les feuillets qui composent le recueil. Les baguettes tiennent à chacune des deux feuilles de carton qui complètent sa reliure par des toiles formant charnières, et collées sur le papier qui recouvre la

* MANUEL DU FABRICANT DE PAPIERS DE FANTAISŒ, Papiers marbrés, jaspés, maroqwinés, gaufrés, dorés, etc ; Peau d'âne factice. P.npiers métalliques; Cire et Pains à cacheter, Crayons, etc., etc. ; par M. Fichtkhbero ; i volume orné de modèles de papiers.

baguette de fer, lequel papier est préparé de manière à pouvoir adhérer à ladite baguette; ces toiles permettent ainsi aux baguettes d'avoir un mouvement qui produit le même effet qu'un dos brisé. La toile peut aisément se remplacer par div parchemin , de la peau, etc.

Chaque baguette est arrondie à ses extrémités, dont Tune porte un canon en cuivre fraisé dans toute sa longueur, et l'autre est percée d'un œil fraisé, à demi-épaisseur pour recevoir le collet de la vis de pression ; cette vis sert à diminuer ou à augmenter l'écartement ou la largeur du dos, : selon la nécessité imposée par la plus ou moins grande I épaisseur du recueil qu'on veut introduire dans cette reliure. 4 Toutefois, comme la longueur du canon pourrait être un i obstacle à ce qu'on pût employer cette reliure pour des ; quantités peu considérables de feuillets, l'addition d'une I ou de deux baguettes en bois, évidées de manière à pouvoir , s'appuyer sur les baguettes en fer, vient remplir l'espace ', non occupé par les feuillets.

Pour garantir le dos des feuillets introduits, une bande de toile recouverte en papier, en peau, etc., est collée à une des baguettes de fer ; elle vient rabattre sur le dos des feuillets qu'elle garantit du frottement, et se trouve ainsi fixée par la même pression que celle qui agit sur les feuillets pour les retenir.

La tête des deux vis se trouve évidée pour l'introduction d'une clef destinée au service de pression; ces évidements peuvent être remplacés par des trous, ainsi que cela se pratique aux têtes des compas.

La clef dont il est question est faite comme celles qui servent à ce dernier rang.

Les baguettes, ainsi que la couverture, les canons, vis, etc., peuvent subir des modifications soit dans le choix de la matière, soit dans leur coupe ou leurs entailles, selon les différentes applications de cette reliure, qui peut s'appliquer à tous les formats de n'importe quel genre de publication imprimée, gravée, lithographice et même aux manuscrits; mais l'économie de l'invention sera toujours la même puisqu'elle réside dans l'emploi des baguettes, ainsi qu'il vient d'être dit, dans leur réunion par un canon traversé par une vis de pression, et l'assemblage de ces pièces à une couverture.

Nouvelle reliure par M. Gaget de Bouges , ( Brei\ d'Invention de 15 ans-, du 28 novembre 1844.)

Cette reliure se compose :

1° D'une suite de réglettes , dont on peut augmente! ou diminuer le nombre à volonté ;

2° De crampons , dont une partie , traversant la feuilh qu'il s'agit de fixer, va s'accrocher dans les réglettes;

5° De deux feuilles de carton fixées par une bande de toile , l'une à la réglette de tête et l'autre à la réglette dt queue , et qui sont destinées à former couverture.

Des réglettes.

Toutes les réglettes s'adaptent l'une à l'autre sur leur longueur, au moyen d'une coulisse : chaque réglette porte avec elle , par conséquent et dans toute sa longueur, moins l'extrémité supérieure , d'un côté , une partie saillante dite la queue y et de l'autre côté une partie creuse dite la rainure. La queue, la rainure et la partie pleine , en tête de chaque réglette , sont disposées de telle façon que , si on glisse de bas en haut , la queue de la seconde réglette, dans la rainure de la première , et ainsi de suite jusqu'à la fin , toutes les réglettes se tiennent ensemble par leur largeur et butent l'une contre l'autre par le môme bout , dans leur^b&titeur.

La partie droite et pleine , qui existe à l'extrémité supérieure de chaque réglette , est munie d'un crochet qui , se tournant à volonté pour s'engager d'une réglette dans l'autre , en commençant par la première , empêche les réglettes de se séparer, en glissant dans leur longueur de bout en bas.

Ces réglettes , ainsi réunies et assujetties de manière à ne pouvoir se déranger , si on ne tourne pas les crochets , forment le dos de la reliure mobile.

La réglette do tête n'a qu'une rainure et celle de queue qu'une queue ; ni l'une ni l'autre n'ont de crochets : la première réglette est fixée à celle de tète par une vis , et le crochet de la dernière réglette s'engage dans la réglette de queue au moyen d'une entaille pratiquée dans celle-ci.

Entailles des réglettes.

Toutes les réglettes, moins celles de tête et de queue.

ont, sur champ et dans la partie intérieure du dos qu'elles forment parleur réunion , une , deux ou trois entailles destinées à recevoir la partie saillante ou queue des crampons qui vont être décrits. Le nombre de ces entailles à chaque réglette est subordonné au nombre de crampons nécessaires pour fixer solidement chaque feuille au dos de la reliure, et le nombre de ces crampons dépend lui-même xie la grandeur du format, dans lequel la reliure mobile peut être exécutée.

Chaque entaille est faite en forme de queue d'aronde ; elle est garnie , d'un côté , d'une joue <m métal fixée à demeure, et, de l'autre côté, d'un crochet mobile, de façon que la queue des crampons passés dans les feuilles, étant placée dans l'entaille et le crochet fermé , ces queues 4ie puissent plus sortir, même lorsque chaque réglette serait isolée.

Des crampons. -

Chaque crampon , fait en métal ou autre matière résistante , est droit dans toute sa longueur , pour bien plaquer sur le pli des feuilles qu'il doit fixer. ïl est armé au milieu, et d'un seul côté, d une partie saillante , ou queue découpée en queue d'aronde.

Cette partie , qui traverse les feuilles, est destinée à se loger dans les entailles ci-dessus décrites de chaque réglette.

De la couverture.

Une moitié de la couverture est attachée à la réglette de lele et l'autre moitié à la réglette de queue ; cita est faite dans la forme ordinaire des couvertures des livres.

Indications pour V usage de la reliure.

Toutes les réglettes étant déplacées, moins la première, qui doit rester fixée à celle de tète , on pose devant les entailles de cette première réglette les feuilles qu'on veut fixer, et on les marque avec un poinçon ou la pointe d'un canil en face du milieu des entailles : on fait ceci de façon à ce que la piqûre pénètre jusqu'au milieu du cahier. On ouvre ensuite les feuilles ou le cahier, puis on les perce dans le pli avec an canif, à l'endroit indiqué par la pre-

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mière piqûre , et on introduit dans cette couverture la partie saillante , ou queue des crampons.

On place enfin la queue des crampons dans les entailles des réglettes, puis, quand les entailles d'une réglette sont suffisamment remplies par la superposition des crampons , on ferme le crochet qui empêche les queues des crampons de s'échapper , et on continue de procéder de même avec une seconde réglette et une troisième , selon le besoin , et d'après le nombre de feuilles ou cahiers qu'on veut fixer de suite.

En dernier lieu , et quand on n'a plus de feuilles à poser, on glisse , sur la dernière réglette employée, la réglette de queue , portant la seconde partie de la couverture , et on tourne les crochets de tête pour assujettir le tout ensemble.

Lorsqu'au lieu d'un cahier , ou d'une simple feuille, on n'a que des demi- feuilles, ou des gravures à réunir, on fait à la première un onglet dans un sens , à la seconde un autre onglet en sens inverse , puis on met les deux onglets l'un dans l'autre , et on place ensuite le crampon dans le double pli , comme s'il s'agissait de deux feuilles entières mises Tune dans l'autre, ou d'un cahier plié in-4°.

Quand plusieurs réglettes sont réunies et portent des feuilles, on peut détacher l'une d'elles et en ôterles feuilles, sans être obligé de tout démonter: pour ce faire, il suffit de tourner les deux crochets de tête qui lient la réglette à ôter avec les réglettes voisines de droite et de gauche , puis de faire glisser cette réglette dans sa longueur de haut en bas.

Nouveau mode de reliure des livres, albums, registres et autres objets, par M. Nigkels.

Le nouveau mode dont il s'agit consiste dans l'emploi du gutta-percha sous différents états, au lieu des matériaux dont on se sert ordinairement pour cet objet. Il y a cinq moyens différents de faire entrer le gutta-percha dans l'art de la brocheuse et du relieur.

1° On s'en sert en solution, au lieu de colle, pour réunir les feuilles des ouvrages imprimés, au lieu de coudre et endosser, en opérant comme on le fait déjà avec le caoutchouc. Pour cela, on coupe les feuilles en pages ou bien on

NOUVELLES LNVENTIONS. 219

impose par demi ou par quart de feuille ; on bat, on passe une râpe sur le dos, et l'on donne une ou plusieurs couches d\ine solution de gutta-percha, en ajoutant, si cela est nécessaire, une bande de toile collée également au guttapercha, ou enfin opérant comme dans la reliure ordinaire.

La solution de gutta-percha est, dans la plupart des cas, appliquée chaude, et Ton nrajoute une nouvelle couche que lorsque la précédente est sèche ou qu'on a interposé une substance.

2° On fait usage de la solution de gutta-percha au lieu de colle, de blanc d'oeuf, de gomme, etc., toutes les fois qu'on emploie ces dernières substances dans la reliure.

51 La solution de gutta-percha est employée comme véhicule des couleurs pour marbrer les tranches, colorer les couvertures, etc.

4° On se sert du gutta-percha en feuilles au lieu de vélin, basane, veau, cuir, toile, etc., dans la reliure des livres, en imprimant dessus dès ornements ou en coulant une solution de cette substance sur des surfaces gravées en creux, ou en relief. On peut aussi grainer les feuilles ou les étendre en une couche mince à Fétat plastique sur des tissus, des matières quelconques, ou enfin en faire un enduit en mettant en solution.

5° On substitue au carton pour relier et couvrir, en composant une matière consistant en gutta-percha mélangé avec de la pulpe de papier, à de la toutisse de laine, à du coton ou autres matières fibreuses qui se trouvent ainsi collées fortement ensemble par le gutta-percha.

Enfin, si l'on désire un degré de flexibilité un peu plus grand que celui que possède le gutta-percha, on y mélange une petite quantité de caout-chouc dans la proportion d'une partie de ce dernier pour quatre du premier.

Nouvelle reliure de M. Levys, à Saint- Quentin. (Brevet d'invention de 15 ans, du M juin 1845).

L'inventeur, dans le brevet, et dans un certificat d'addition en date du 16 septembre 1847, indique une reliure métallique, ou en partie métallique, et qui s'applique au livre, soit lixée comme les reliures ordinaires, soit indépendante du livre; dans ce dernier cas, c'est une boîte dans laquelle on enferme le livre.

220 nouvelles wvekîion:»..

Les reliure* métalliques ou en partie métalliques goût du reste fort anciennes, et elles sont appliquées encore aujourd'hui pour certains livres d'église ou de prières d'un haut prix, pour des registres, etc,

Art de dorer les livres reliés, les étuis, les portefeuilles, te cuir, la toile, le papier, le parchemin, le velours et la soie, par M. A. Keber, relieur et doreur.

On m'a sollicité bien des fois, depuis quelque temps, de faire connaître par la voie de l'impression les procédés que j'ai employés diras l'art de la dorure. Aujourd'hui je cède d'autant plus volontiers à ces sollicitations que je crois qu'il n'existe aucun ouvrage qui soit au niveau de la pratique actuelle, et qui, sous une forme sommaire, soit propre à enseigner à un doreur industrieux ce qu'il lui importe de J connaître. Je désire qu'on ne se méprenne pas sur le but de ™ cette petite publication. J'ai pratiqué, pendant de nombreuses années, tous les procédés que j'indique, et que j'ai eu l'occasion cle recueillir dans l'exercice de ma profession, tant dans mon pays qu'à l'étranger, et je les ai présentés sous la forme la plus concise possible,, parce que j'ai pensé qu'elle était celle qui convenait le mieux pour me faire lire et comprendre des praticiens.

De Va$9iettc en général pour cuir et papier.

Un& des manipulations principales de la dorure est la formation de l'assiette qu'on néglige; cependant, la plupart du temps, ses éléments sont 1° la dissolution de gélatine, 2° le blanc d'œuf.

1o Dissolution de gélatine. On prend un pot qui puisse aller sur le feu, et l'on y découpe, en petits morceaux, du parchemin fait avec de la peau de cochon (et non pas avec do la peau de mouton), on verse de l'eau et on fait bouillir jusqu à évapora tion de la moitié du liquide, et la dissolution est prête. La proportion des ingrédients est d'environ une partie en poids de parchemin pour trois parties d'eau.

2° Blanc d'œt//*. Beaucoup de relieurs étendent leur glairage avec de l'eau ou du vinaigre; mais je préfère beaucoup laisser le blanc d'œuf d'abord entier et sans, le

NOUVELLES IKVEKTIONS. 22î

battre, et verser dessus, pour chaque œuf, trois gouttes d'ammoniaque, puis de hattre avec soin.

J'indiquerai à chaque article la manière de se servir de ces deux ingrédients.

I. Cuir marbré oit à une seule teinte foncée. La couverture en cuir ayant été appliquée au volume, on la frotte avec de la honne huile de noix, on polit au brunissoir ou dent, on étend un peu de colle de farine, on lave le tout avec de l'urine et on laisse sécher; alors on fait chauffer la dissolution de gélatine, on en enduit une fois la couverture; on laisse sécher et enfin on glaire deux fois le tout au blanc d'oeuf.

Lorsque cette assiette est sèche au point de pouvoir passer impunément la main dessus, on la polit au brunissoir comme à l'ordinaire, mais non pas aussi chaud, et on dore à l'huile de noix.

La chaleur pour la dorure de Fécusson et des filets doit être modérée.

IL Cuir apprêté anglais et allemand. Quand on veut dorer ces sortes de cuir avec beaucoup de propreté, il faut procéder avec un soin extrême, parce que autrement ils perdent toute leur beauté et leur mérite. Le volume ayant été couvert, on y imprime aisément le dessin à une chaleur modérée, on frotte à l'huile de noix, on étend un peu de colle de farine très fluide. On lave largement à l'eau seconde étendue; enfin le dessin imprimé est glaire à deux reprises différentes par un pinceau doux, et on dore à l'huile de noix. La chaleur pour la dorure est modérée pour le noir, le vert, le violet et le rouge, et un peu plus élevée pour le brun.

III. Chagrin gros grain. Ces deux sortes de cuir exigent une attention et une propreté toute particulière, attendu qu'elles acquièrent facilement des taches luisantes et de. graisse qu'il est difficile et même impossible d'enlever.

Ces cuirs sont particulièrement propres aux impressions en noir et en or, et peuvent fournir de fort beaux produits, l.e dessin doit être préalablement imprimé, qu'on décore soit en or, soit eu noir.

Quand on imprime en or, ou glaire deux à trois fois au pinceau. Lorsqu'on veut appliquer l'or, il faut huiler avec beaucoup de précaution, autrement le cuir prend des taches

qui ne disparaissent plus, et la dorure s'altère quand on veut les faire disparaître par le lavage. Lorsque le dessin est doré, on procède à l'impression en noir qui s'exécute à la cire blanche. La cire est étendue sur un petit morceau de peau sur lequel on applique le fer qu'on imprime aussitôt, puis on pinceaute avec le vernis des relieurs pour qu'elle prenne un beau noir et de l'éclat.

La chaleur à la dorure et à l'impression en noir doit toujours être modérée.

IV. Chagrin, Le chagrin se fait avec de la basane. On teint la peau, ou bien on prend celle qu'on teint à cet effet, ordinairement on l'humecte d'eau pour qu'elle soit bien pénétrée, on l'abandonne jusqu'à ce qu'elle soit presque sèche et qu'il ne s'en écoule plus rien ; alors on prend une plaque en laiton portant le grain, et l'on imprime tiède et vivement. Il faut surtout faire attention à la chaleur, autrement on brûlerait la peau.

V. Gros grain ou marocain. Les apprêts anglais ne sont pas bons, il faut substituer ceux allemands.

On ajoute à l'eau avec laquelle on veut humecter la peau, un peu de colle de pâte, on agite fortement, on introduit la peau, on la laisse pénétrer comme à l'ordinaire, on suspend pour faire un peu sécher, puis on tire en long, en large et en travers, et jusqu'à ce que la peau devienne matte et présente une série de petites élévations égales entre elles. En cet état, on la suspend une seconde fois jusqu'à ce qu'elle soit parfaitement sèche.

Pour l'étirage, on se sert d'une espèce de paumelle en bois ou en liège , qu'on assujettit à la main au moyen d'un cuir.

VI. Encollage du veau. Quand le volume est recouvert de la peau, on mouille abondamment d'eau avec une éponge bien propre ; c'est le moyen de n'avoir pas de taches. Quand elle est sèche, on l'enduit d'une à deux fois de dissolution de gélatine, et deux à trois fois de blanc d'œuf. La chaleur doit être assez forte.

VIL Dorer mat le veau à la main. La peau sur le volume étant lavée et bien séchée, on y trace le dessin, on encolle une fois avec de l'eau de colle de pâte, une fois avec du lait, une fois avec la dissolution de gélatine, et deux à trois fois de blanc d'œuf. Pour huiler avant de dorer, il faut procéder

avec beaucoup de précaution pour ne pas faire des taches qui ne disparaissent plus. L'assiette, lors de l'impression, croit être encore un peu humide. Dans cette opération, les fers doivent être très chauds.

VIU. Imprimer le veau à la presse. Tout étant disposé, on imprime à la presse son fer à froid ; on enduit une fois avec du lait, puis deux à trois fois avec le blanc d'œuf. Dans cette dorure on laisse bien sécher l'assiette, afin que les dégradations ou nuances du fer se détachent et soient bien pures. L'or s'applique sans huile, et on le fixe en le pressant avec force avec du coton fin.

IX. Dorer le veau en couleur à la presse. Le travail étant imprimé, il faut découper des papiers un peu plus grands que le champ du fer ou de la plaque, les coller sur les bords en trois ou quatre doubles et imprimer simultanément ceux-ci. Alors on prend un couteau pointu et l'on pratique des découpures en parties distinctes, suivant le goût ou le besoin. Ce découpage terminé, on en colle les diverses parties à la colle à pâte, on laisse bien sécher le papier, on l'imprime une seconde fois, puis on enlève celui qui est encore sur le dessin ; on enduit une fois avec du lait, deux fois avec le blanc d'oeuf; on laisse bien sécher, et enfin on l'imprime à une chaleur tiède, mais vivement.

On dore comme précédemment. Bien entendu que le papier fin satiné est ce qu'il y a de meilleur pour cet objet.

X. Dorure sur cuir de Russie. On imprime le cuir lorsqu'il est sec ; on y passe un pinceau chargé de dissolution de gélatine, et on glaire deux fois. On applique l'or à l'huile avec précaution. La chaleur, pour la dorure, doit être modérée.

XL Velours. Quand on veut dorer sur velours, il faut doubler cette étoile avec du papier, autrement l'or se détacherait promptement. Pour doubler, on se sert indistinctement de colle de gélatine, ou de pâte, ou de gomme arabique dissoute dans de l'eau. Cette dernière est ce qu'il y a de mieux. Lorsqu'on a préparé son volume ou tout autre objet, on imprime assez chaud le dessin avec le fer, afin de rabattre le poil du velours, puis on saupoudre, sur une assez forte épaisseur, le dessin avec de la gomme gutte réduite en poudre très fine ; on prend l'or avec le fer et on applique une chaleur modérée, et telle que la main puisse aisément

la supporter, mais d'une manière vive, et en nassantpartout également, seul moyen de relever le fer parfaitement net.

La gomme gutte pulvérisée finement est introduite dans un cylindre de carton fermé d'un bout, et sur l'autre extrémité duquel on colle un morceau d'étoffe de soie ou de gaze, et qu'on., frappe avec le plioir. Toute la portion fine se tamis ainsi, et Ton broie de nouveau le ieste.

Le velours doit être constamment net et propre, attendu que la moindre malpropreté enlève l'or de dessus le velours.

Quand l'or s'attache au fer, on frotte celui-ci avec un peu d'huile de noix qu'on verse sur un peu de coton.

XII. Dorure sur soie. Il faut infiniment d'attention pour dorer sur étoffes de soie, à cause de leur faible épaisseur. Du reste on procède absolument comme pour le velours, sinon que la pression n'a pas besoin d'être aussi considérable.

XIII. Dorure sur papier blanc et marbré. On procède sur papier comme au n° VII.

XIV. Dorure et argenture des cartes de visite. D'abord on fait une petite matrice en carton, puis on y pratique un, léger rebonl de la même substance, de manière à maintenir fermement les cartes pendant l'impression. Quand tout a été imprimé ainsi, on enduit le fer à deux reprises différentes avec du blanc d'œuf épais, et l'on sèche jusqu'à ce qu'il n'y ait presque plus d'humidité. Ou pose alors sur ce fer l'or ou l'argent ; on l'y presse, puis on donne au tout un coup de presse seulement. Le fer ne doit pas être trop chaud, mais imprima presque à froid. Cela fait, on enlève l'excédant d'or avec du coton.

XV. Papier maroquiné. Le papier maroquiné est lavé k l'urine et glaire une seule fois. La chaleur doit être modérée.

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