Propriétés physiques
a. Couleur. La couleur du smalt est le bleu de ciel plus ou moins pur et où l’on recherche un léger reflet verdâtre. Les snialts rougeâtres ou violets ne sont employés que dans des opérations particulières et secondaires, et en général peu recliercliés dans le commerce. Le ton de cette couleur indique la présence d’une matière dont la coloration est due au protoxyde de cobalt. Les nuances de bleu du smalt sont extrêmement multipliées; depuis le bleu le plus foncé et le plus saturé paraissant noir lorsqu’il est en petits morceaux friables, jusqu’au bleu très-rapproché du blanc. Ces nuances dépendent en partie de la forme du corps, et en partie de la composition du smalt. Les smalts à gros grains paraissent plus foncés que ceux à grains fins, de même que tous les corps colorésparaissentplusclairsâ l’état mince qu’a l’état épais, mais le sel double de silicate de potasse et de silicate de protoxyde de cobalt qui colore le smalt, agit avec énergie sur les fontes pour produire des couleurs saturées. En général , les fontes plus foncées sont plus pures et plus belles de ton que celles plus pâles produites avec des minerais impurs ; mais ce n’est pas avec ces derniers qu’on prépare les sortes à grains fins (eschel) qu’on obtient avec des verres colorés saturés, et qui, malgré leur couleur pâle, rivalisent, sous les rapports de l’éclat et de la pureté du ton, avec les plus belles sortes de couleurs.
h. Grosseur ou finesse et. forme du grain de smalt. — C’est l’usage dans les fabriques de smalt, de les désigner par des marques particulières, qui correspondent non- seulement à la quantité d’oxyde de cobalt qu’ils renferment, mais encore à la grosseur de leur grain.
On désigne sous les noms de sireuhlau , streusand gros bleu, la sorte la plus grosse qu'on rencontre dans le commerce. Observé au microscope, ce smalt présente un grain trèsirrégulier, anguleux, ayant depuis â,3 jusqu’à 4 millim. de diamètre. Les faces (le cassure sont cs((uilleuses, à angles et arêtes vives. Quelquefois on y rencontre de petits grains pâles ou tei reux. L’examen à l’œil non armé permet de reconnaître l’origine de ces grains, qui proviennent du broyage du verre.
Viennent ensuite les smalts désignés par les marques H, qui est l’abrégé de lioch (élevé), qui consistent de même eu
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grains à angles vifs et esqiiilleux, mais déjà avec particules de verre à axes plus égaux depuis 2 jiuqu'à 3y4 millim. de diamètre.
Après eux viennent les sortes B ou de Bohême (Boehmisch ) , qui consistent encore en grains de verre à angles vifs dont le diamètre n’excède pas en moyenne 1 millimètre, mais où l’on rencontre quelques grains de 1,5 millimètre de longueur et de 0,66 millimètres de largeur, auxquels sont mélangés des grains plus fins et qui descendent jusqu’à 0,5 millimètre.
Les sortes qu’on désigne par la marque C f (couleur fondamentale) ont un grain polyédrique, émoussé de 0,66 à 0,5 millimètre, qui, dans les sortes les plus pâles, descend jusqu’à 0,2 et 0,08 millimètre de diamètre.
Les eschels (E) qui se divisent en plusieurs sous-sortes, sont lessmalts à grains les plus fins. Les plus foncés, c’est-àdire, ceux qui renferment les verres les plus lortement colorés, sont à grains un peu plus gros que ceux plus pâles. Dans tous, le grain est arrondi, et ce n’est qu’avec de forts grossissements qu’on parvient à y observer des arêtes émoussées, des esquilles et des faces de cassure d’un éclat vitreux. Les eschels les plus foncés en couleur ont de 0,166 à 0,071 millimètres de diamètre, les plus pâles 0,033, et ceux en poudre aussi fine que la farine 0,02 de diamètre.
D’après ce qui vient d’être dit, on conçoit quelle est l’influence des appareils de broyage sur le verre ou fonte de smalt. D’abord ce verre est cassé en fragments dans des bocards etavec les pilons, fragmentsdontles angles et les arêtes sont abattus et adoucis dans des moulins, jusqu’à ce qu’il ne reste plus enfin que des grains bien exempts de poussière et présentant des formes obtuses et arrondies.
Un grain de la sorte H peut donner 6 à 7 grains de la marque Cf, et jusqu’à 1.50 de la marque E.
c. Refraction du smalt. — Le pouvoir réfringent du verre desmalt diffère suivant le degré de sa saturation en oxyde de cobalt. Les verres les plus foncés en couleur ont, sous ce rapport, un pouvoir plus considérable que ceux qui sont pâles. Pour les nuances les plus saturées, l’indice de réfraction = l,680â. Pour celles moyennes^ 1,6783 à 1,6708, et pour les verres pâles = 1,6703.
Le pouvoir réfringent ( ir- — 1 ) est donc :
Pour les smalis très-salurés = 1.8237 Pour les sortes moyennes = 1 .8167 à 1.7913 Pour les smalis pâles =1.7899
D. Capacité povr la chaleur. La chaleur Spécifique (lu verre de sinalt est :
Entre Qo et 100» G =0.1 87a Entre 0» et 500“ =0.1883 Entre 0“ et 1200“ = 0.2044
A 1 200“ G. le smalt est dans un état complet de fusion.
e. Poids spécifique. — Le poids spécifique du snialt varie avec sa teneur en oxyde de cobalt; dans les sortes foncées il est plus fort, et dans celles pâles plus faible. Il oscille entre 2,860 et 2,602.
/'. Dureté. — Le verre de smalt est plus mou que le verre à vitres ordinaire et est rayé par ce dernier et par le feldspath. Au contraire il raie l’apatite. Sa dureté tombe en conséquence entre 5 et 6 de l’échelle de M. Mohs. L’eschel fin est excellent pour poli» les métaux, les miroirs et les objets en verre.