IV. BLEU
A fondu. 3i. 3 parties d’oxyde de cobalt qu’on prépare ainsi qu’il suit : On dissout du minerai pur de cobalt grillé dans de l’acide nitrique étendu à une douce chaleur jusqu’à saturation, puis après avoir étendu d’une quantité sufllsante d’eau, on précipite par le carbonate de soude et on lave le précipité à l’eau chaude. Quand on fait sécher celui-ci on le mélange à 3 fois son poids de salpêtre pur et sec, on dépose dans un creuset et on^enllamme avec un charbon. Lorsque la faible décrépitation qui se manifeste alors a cessé, on porte l’oxyde de cobalt jusqu’au rouge, on lave et on dessèche. 3 parties de cet oxyde sont alors mêlées avec 2 à 5 parties de fondant composé de 8 parties de sable quartzeux blanc, lavé et calciné ; à à 6 de borax calciné ; 1 à 2 de salpêtre et 1 de craie blanche ; on fait fondre pendant une heure et demie dans un feu vif et enfin on triture fin pour l’usage.
35. Si on ne pouvait se procurer que du minerai brut ou impur de cobalt et qu’on fût forcé de le griller, on prendrait les meilleurs minerais d’Espagne et de Suède qu’on pourrait se procurer, et on les essaierait en les dissolvant d’abord dans l’acide nitrique affaibli par 2^3 d’eau. Celui qui fournira la plus belle couleur rouge, aura la préférence, alors pour le débarrasser de l’arsenic qu’il renferme, on le placera sur des charboi.s, on l’en recouvrira en entier, on enflammera et on soutiendra le feu jusqu’à ce que l’arsenic s’attache en cristaux blancs aux briques ou parois du fourneau et que le cobalt ait pris un aspect et un éclat plus métallique. Ce travail, à cause de l’insalubrité des vapeurs arsénicales, exige beaucoup d’attention, et lorsque la localité n’est pas favorable, il vaut beaucoup mieux l’entreprendre en plein air.
36. On prépare un autre fondu bleu avec 1 partie d’oxyde de cobalt et à parties de verre de borax, fondus à un feu vif
b) R est utile de rappeler, relativeraeni. au pourpre de Cassius, que M. Fuclts, de ■Munich , a donné une méthode très-facile pour le préparer de la plus grande beauté en décomposant une solution très-étendue d'or dans l’eau régale arec une dissolution corrigée de scsqnichlr^ure d'étain qu’on obtient en ajoQlant une solution de sel d’étain dans I eau, du chlorhydrate de fer jusqu’à ce que la tiquear ait perdu sa couleur 'tft comméDca (aiblemest à virer au vert bleuâtre.
pendant A heures. La fusion difficile du cobalt, exige que ce fondu, lorsqu’on veut s’en servir, soit encore trituré avec 2 parties d’eau, fondant qui consiste en 1 partie de cristal de roche et 1 partie de verre de borax fondus ensemble, plongés dans l’eau froide, concassés, frais, finement triturés.
37. Pour le bleu foncé, on mélange k parties de l’azur commun OC avec 2 1/2 parties de minium dans un mortier de porcelaine, de la manière la plus intime, puis on expose le mélange dans un creuset compacte au feu le pius violent jusqu’à ce qu’on puisse le tirer en fils de verre parfaitement purs et du plus beau bleu d’azur, alors on enlève avec un ; crochet la masse du creuset, on la jette dans un plat rempli ; d’eau froide, et lorsqu’elle est refroidie et sèche on la pulvé- | lise très-fm pour l’usage. La proportion du minium doit au i! reste se déterminer suivant le degré variable et plus ou moins j élevé des azurs qu’on rencontre dans le commerce.
38. Ou bien, on traite 1 partie de peiVoxyde noir de cobalt avec 6 jiarties de verre blanc pulvérisé , 2 parties de minium et 2 parties de salpêtre, ainsi qu’il vient d’être dit.
39. Ou bien, on prend 1 partie d’azur commun, qu’on fond avec 3 parties de verre de borax, on pulvérise, on mélange à 2 parties de fondant, et on triture comme au n» 36.
40. On prépare un bleu plus clair avec parties égales d’azur, de verre blanc pulvérisé finement dans un mortier poli de fer ou de porcelaine et passé au tamis, et de minium. Le mélange et la fonte comme au n° 37.
m. Ou bien , 2 parties de safre ; 8 parties de verre blanc en poudre fine; 6 parties de salpêtre et 6 parties de minium mélangés, fondus et triturés comme précédemment.
B. Couleur. 42. On prend du cobalt grillé qu’on dis- i sont dans de l’acide nitrique étendu de 2/3 d’eau, on abandonne pendant 3 jours au repos en plaçant seulement de! temps à autre sur des cendres chaudes. Peu à peu la solution s’écfaircit et passe au rouge, et lorsque cette couleur a acquis la plus grande intensité, on la décante avec une extrême pré-j caution, afin de ne pas entraîner la moindre particule du dé-1 pôt qui s’est formé. On arrose ce dernier à plusieurs reprises j avec de l’eau aiguisée d’acide nitrique , afin d’en extraire] toute la couleur rouge qu’il pourrait contenir, puis on verse les dissolutions réunies dans une capsule de porcelaine; à 6 parties de celte solution rouge , on mêle 2 parties de sel marin le plus blanc et purifié, et lorsque ce dernier est dissous on décante, pour en séparer le dépôt, dans une capsule de porcelaine qu’on place sur des cendres chaudes; dans l’intervalle de quelques heures il se forme des dépôts successifs
par suite de l’évaporation et on décante chaque fois la liqueur avec soin, puis lorsqu’elle commence à devenir épaisse, on l’agile soigneusement avec une baguette de verre, jusqu’à ce qu’elle se transforme en un sel grenu de la plus belle couleur bleue. Ou laisse ce sel une ou deux heures sur les ' cendres chaudes, puis on l’expose à l’air libre jusqu’à ce ' qu’au bout de quelques jours il soit devenu cramoisi, on le I reporte alors sur les cendres où il redevient bleu, puis à I l’air où il repasse au rouge, en répétant ces opérations alter- I natives, jusqu’à ce qu’on n’observe plus dans le sel chauffé la moindre vapeur nitreuse; ou le soumet alors à l’épreuve en en plaçant un peu dans un petit verre où on le recouvre de quelques millimètres d’eau ; au bout d’une demi-heure il doit être devenu rouge, sans communiquer sa couleur à l’eau. Lorsque cette épreuve a réussi, on lave le sel avec soin, on fait sécher cette couleur (|ui est alors d’un beau rouge, sur de la cendre chaude, puis on la porte sur des charbons incandescents, où elle se transforme dans le plus beau bleu fixe; 1 partie de ce bleu est, dans la pratique, mélangée à 2 1;2 parties de fondant.
Fondant ; 1 partie de cristal de roche et 1 partie de verre de borax bien fondu concasses ensemble, fondus, jetés dans l’eau, pulvérisés dans un mortier de fer, et enfin triturés sur la glace.