‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 105 sur 127 · ÉMAIL · texte numérisé non relu

ÉMAIL

Dumas.

Silice. .......

Potasse .

Chaux .

Oxyde de plomb. . .

Oxyde d’étain. . . .

Alumine .

Rapport de l’oxygène de l’acide à celui total des basas. . .

ANA1V5E DES VERRE». 229

M. Péligot a fait aussi l’analyse de plusieurs verres de Bohême et du verre aventurine de Venise, et leur a trouvé la composition suivante :

Verre

Verre opale Verre aventnrine

Verre à miroir

de

Bohême.

de Bohême.

de Venise.

deBohêmo.

Silice .

Potasse .

Chaux .

Alumine .

Oxyde d’étain.. .

Oxyde de plomb.

Cuivre .

Oxyde de fer. . .

traces. .

to tô I

M. Rowney a analysé un verre dur de Bohême dont on fait des tubes pour les recherches chimiques, et a trouvé qu’il consistait essentiellement en un silicate de chaux et de potasse où l’oxygène de la silice était à celui des bases comme 6 : 1. L’analyse a donné :

Siiice .

Potasse .

Soude .

Chaux .

Alumine peroxyde de fer .

Magnésie et oxyde de manganèse. . .

Mais ces tubes n’ont pas toujours la même composition, et quelques-uns sont plus fusibles que d’autres.

fi) Le flint-glass de Bohême se distingue des autres en ce qu'il ne contient pas de plomb,

(2) Ce verre ressemblait h l'byalite ou hydrate de silice de Thomson. Sa composition est remarquable, c’est un simple silicate de potasse qui par une fusion irapurfait© reste demi-transparent avec morceaux de quartz déposés dans la masse. Il diffère du ▼erre soluble de Fuchs, en ce qu’il renferme 10 pour 100 de silice de plus.

(3) Ce verre renfermait aussi des traces de magnésie ainsi que d’acide phosphoriquo ou d’acide borique, dont les cristaux paraissent dispersés dans la masse qui est jaunâtre et transparente en feuilles minces. Le cuivre y est à l'état métallique; l'étain et le fer 7 servent évidemment à faciliter la formation des cristaux de ce cuivre après quoi V*uin devient un silicate de protoxyde, autrement lo verre serait opaque.

Fabricant de Ferre, 10

L’analyse chimique démontre donc que malgré la variété infinie des éléments qui composent les verres, ceux-ci sont toujours combinés en proportions définies. C’est ce qu’on aperçoit plus clairement quand on en déduit les formules empyriques de la composition sur 100 parties. On trouve aussi que sur ces 100 parties

Le verre à bouteilles

n° 5, correspond à... K0-j-8Ca0-j-2A/20--}-Fs,0s,-}-8Si0j; Le verre à vitres n°

2, correspond à . 3 N a O-j-5 Ca O-f-12 S i Os ;

Le verre à glaces

n° 1, correspond à... 2 N aQ-j-C aO-j-6 S s O- ;

Le crown-glass blanc

n° 5, correspond à... K a 0-}-C a 0-{-3 S i 03 ;

Le cristal n° 2, correspond à . K a 0-)-2P6 0-}-8§î03 ;

Le flint-glass n° 2,

correspond à . 6KaG-}“9P60-|-2 0Si03;

Le strass u° 1, correspond à . 3SaO-j~9Pi 0-|^i6 S i O-, etc.

Malgré qu’on puisse faire des hypothèses plus probables sur la manière dont la silice se partage entre les bases et sur la constitution réelle du verre, et quoique les calculs ci-dessus ne conduisent pas à des formules bien rationnelles, il n’en est pas moins vrai que la connaissance de ces formules empyriques pour les diverses espèces de verre indiquées cidessus, sont un guide précieux pour le mélange des matériaux dans la fabrication de ce produit et très-utiles pour perfectionner et corriger les données de l’expérience.

Nous ne pouvons pas quitter ce sujet sans mentionner encore un beau travail entrepris récemment par deux chimistes MM. J. E. Mayer et J. S. Brazier, sur l’analyse des verres à vitres que produisent les fabriques d’Angleterre. Ce travail, que nous reproduisons ici par extrait, a été inséré dans le tome II du Technnlogiste, pag. 352.

En parcourant, disent ces chimistes, les analyses des différentes espèces de verre qui ont été publiées, nous avons remarqué qu’on avait accordé peu d’attention à la composition du verre à vitres, substance devenue presque indispensable à

ANALYSE DES VERRES

la vie. De plus, un fait remarquable c’est qu’on n’a jamais publié d’analyse sur le verre à vitres qu’on fabrique en Angleterre.

La notice suivante renferme les résultats que nous avons obtenus en analysant trois échantillons de verre à vitres qu’on s’est procurés dans les trois plus grandes verreries de l’Angleterre, savoir : 1° British plate-glass company , Saint- Helens, Liverpool ; 2° London and thames plate-glass company ', Bow-Creek , Blackwal ; 3° London and Manchester plate-glass company, Saint-Helens, Liverpool.

Pour analyser ces échantillons de verre, on les a réduits à un état extrême de division et mis en digestion dans l’eau; aucun d’eux n’a présenté de réaction aux papiers réactifs les plus délicats.

Pour déterminer le degré de leur solubilité dans l’eau, on en a mis digérer û à 5 gram. dans ce liquide pendant quarante-huit heures, et la solution claire n’a laissé dans chaque cas, après évaporation, qu’un léger résidu, trop faible pour qu’on pût le déterminer.

Les poids spécifiques de ces échantillons étaient les suivants :

British glass-plate. ........ 2.319

London thames glass-plate . 2.242

London and Manchester glass-plate. 2.408

Un examen qualicatif a démontré la présence de l’acide silicique, de la potasse, de la soude, du sesquioxyde de fer, de l’alumine, de la chaux, et dans l’un des cas, de traces de manganèse.

L’acide silicique a été dosé à la manière ordinaire par la fusion avec du carbonate de potasse pur. Le sesquioxyde de fer, l’alumine et la chaux ont été précipités ensuite de la liqueur hydrochlorique filtrée.

Pour doser les alcalis, on a décomposé les verres par le moyen de l’acide fluorhydrique dans un appareil recommandé par M. Brunner ( Annalen der chemie von Poggendorff. t. XLIV, p. 134) et qui consiste en une capsule en plomb à fond plat d’environ 15 centim. (6 pouces) de diamètre et 10 centim. (4 pouces) de hauteur, au centre de laquelle est placé un petit anneau de plomb de 3 centim. (1 pouce environ) de hauteur qui sert de support à un plat en platine. La capsule en plomb porte un couvercle fermant hermétiquement.

Pour se servir de l’appareil, on couvre le fond de la capsule d’une cotache de spath-fluor pulvérisé de 12 à 13 millim.

(6 lignes environ) d’épaisseur, et on verse dessus de l’acide sulfurique pour en former une pâte épaisse. Un poids déterminé de verre finement pulvérisé, après avoir été déposé dans le plat de platine, est recouvert d’eau et placé dans l’anneau de plomb. Le tout est maintenu à une douce chaleur dans un bain de sable ou sur une lampe à alcool.

Comme au moyen de quelques expériences préliminaires, nous avions trouvé que l’action sur le verre était excessivement lente quand il était simplement recouvert d'eau, nous avons, à l’instigation du docteur Hofmann, essayé au lieu d’eau une solution concentrée d’ammoniac ; nous avons trouvé ainsi que l’acide fluorhydrique étant bien plus rapidement absorbé par ce dernier agent, la décomposition marchait d’une manière remarquable.

Le premier des deux tableaux suivants présente la quantité de substance qu’on a employée, etle;second, les résultats qu’on a obtenus.

Page 1