IMPERFECTIONS QUI PEUVENT EXISTER DANS LE VERRE
Si l’on n’apporte pas tous les soins nécessaires dans la confection du verre, il arrive que les ouvrages qui en sont le produit sont sujets à diverses imperfections, dont les plus ordinaires sont :
Les bulles ou bouillons . Les larmes .
Les cordes. Les nœuds.
Les fils. Les stries.
Des Bulles ou Bouillons.
Les bulles ou bouillons sont l’imperfection la plus ordinaire du verre; elles proviennent du mauvais affinage, ou, si l’on veut de ce que le verre n’a pas été porté à un état de fusion bien complète et assez soutenue. Dans ce cas, tous les gaz n’ont pas été complètement dégagés, et c’est leur interposition entre les molécules vitreuses qui produit les bulles ou bouillons; ainsi, moins la fonte aura été parfaite, plus il y aura de builes dans le verre. Ce défaut peut également reconnaître pour cause une trop faible proportion de fondant dans le mélange vitreux ; dans ce cas, le coup de feu n’a pas été assez fort pour en opérer une belle fusion et en dissiper les gaz complètement. Il arrive aussi qu’il peut se former des bulles pendant le travail, par suite de la chute de quelques corps étrangers dans le verre, avant ou pendant le souillage; les gaz ou le corps étranger qui en sont le produit se nomment un entre-deux.
On peut remédier à ces défauts en employant la quantité de fondant nécessaire, en donnant à la fonte le degré de chaleur propre à la rendre bien liquide et à la soutenir suffisamment en cet état ; enfin en prenant le plus grand soin de ne pas introduire avec la canne, ni avec un autre outil, des corps étrangers dans le verre, et lorsque cela arrive, à les retirer avec une pince
Relativement à l’usage de ces verres à bulles , il est re-
connu que celui qui manque de quantité suffisante de fondant, quoique le feu ait été assez vif, n’a pas la même beauté ni la même valeur; il peut cependant être employé à contenir presque tous les liquides , même les acides dits minéraux, tandis que celui qui, avec les proportions requises de fondant, n’a pas éprouvé une liquéfaction ou une température suffisante, celui-là, dis-je, est toujours de mauvaise qualité, tout l’alcali n’est pas vitrifié ou mieux saturé par la silice, ce qui produit un sous-silicate alcalin qui attire l’humidité de l’air, se détériore au bout de quelque temps, et est attaqué par les acides.
Des Cordes.
On donne ce nom à des aspérités qu’on trouve sur le verre soufflé, et qui sont dues à la chute des filets du verre de la canne, qui, se trouvant refroidis en tombant, ne se fondent pas dans la matière vitreuse si la température de celle-ci n’est pas suffisante ; dés qu’on s’en aperçoit , on y remédie en chauffant le four de manière à ce que ces filets se fondent et tombent dans le verre.
Des Fils.
Les fils sont à proprement parler des filets provenant de la vitrification de l’argile qui se détache de la voûte du fourneau. La couleur de ces filets diffère de celle du verre, elle est beaucoup plus verte que celle des stries. Le verre qui contient ces filets, outre son aspect désagréable, est aussi beaucoup plus fragile. Cela tient à ce que le verre argileux qui le produit éprouve, par l’action du calorique, une dilatation, et, par le refroidissement, un retrait différent du verre siliceux ; or, ce retrait n’étant pas uniforme dans ces deux verres, il en résulte que lorsqu’on expose ces verres parsemés de fils un peu gros à des changements de température, ils se brisent. On remédie à cet inconvénient en n’employant à la construction des fours que des briques et des argiles très-réfractaires.
Des Larmes.
Les larmes sont la plus grande imperfection du verre ; elles sont dues à la volatilisation des parties alcalines qui', se vitrifiant avec l’argile de la voûte du fourneau, retombent ensuite dans les pots. Les ouvrages qui offrent des larmes doivent être rejetés, et mis au cale in , parce qu’ils sont trcsfragiles, et qu’ils se brisent d’eux-mêmes par les alternatives du chaud et du froid : la construction des fours en briques bien réfractaires remédie en partie à cet inconvénient. Voyez ce que nous en avons dit à l’article Fourneaux.