‹ Nouveau manuel complet du verrier et du fabricant de glaces, cristaux: pierres précieuses factices, verres colorés, yeux artificiels, etcChapitre 12 sur 127 · DES SABLES SILICEUX · texte numérisé non relu

DES SABLES SILICEUX

fusible ou réfractaire, qui souvent ne doit ces qualités opposées qu’à la finesse ou à la grosseur dont il est. En effet, j’ai regardé longtemps les sables de Longjumeau, près de Paris , pour être plus difficiles à fondre avec l’alcali que ceux de Creil ou de Fontainebleau, et j’ai reconnu, par des expériences réitérées, que cette différence n’existait que dans la ténuité des sables qui se trouvaient être un peu plus fins dans les derniers lieux. » Pour bien se convaincre de l'économie de l’alcali, ajoute ce manufacturier, que l’on prenne une composition dans laquelle on aura mis quatre parties de sable de Fontainebleau et deux parties de sous-carbonate de soude effileuri à l’air, et qu’on l’expose à un feu ordinaire de verrerie, que l’on évalue à 8,000 degrés, le verre que l’on obtiendra sera très-beau et très-solide : il contiendra quatre parties de silice sur une d’alcali. D’autre part, si l’on prend également quatre parties du même sable porphyrisé, et qu’on le mêle avec une partie et demie du même fondant, l’on obtiendra des résultats semblables. On voit que le surplus d’alcali de la première Opération s’est dissipé pendant la fonte, tandis que, dans la seconde, la silice, étant dans un grand état de division, s’est emparée totalement de l’alcali, et a fourni avec lui un verre homogène, composé de même de quatre parties de silice et d’une d’alcali, quoique celui-ci ait été introduit dans le dernier mélange, dans une proportion d’une demi-partie en moins que dans le premier (1).

Nous ne croyons point que, dans aucune de ces expériences, il y ait eu volatilisation de l’excès de potasse, parce qu’il n’est rien moins démontré que cet oxyde alcalin soit volatil. En examinant l’action du calorique sur le sous-carbonate de potasse, on parvient à expliquer chimiquement cette volatilisation. A la chaleur rouge blanc, l’hydrate de potasse s’unit à la silice, l’eau de l’hydrate est décomposée, ainsi qu’une partie de l’acide carbonique et delà potasse, et il en résulte du gaz hydrogène carburé, du gaz oxyde de carbone, du gaz acide carbonique et du potassium qui se volatilise, s’enflamme et se convertit de nouveau en protoxyde de potasse qui, dans ce cas, se trouve volatilisé : de sorte que, d’après cela, ce ne serait point la potasse qni se volatiliserait, mais bien le potassium qui, étant très-volatil et très-

(t) Dan* l’oo et dans l’aatre cas, noos voyons qa’il ne se combine qu'un cinquième d’alcali. Il en résulte donc que, dans les deux mélanges, il y a une SQrabondaqce alcaline relative à la force de cohésion, qui est d'autant plus forte que les grains de («bit •eut plus gros.

inflammable, s’en dégage, et se convertit, en brûlant, en protoxyde. L’on sait d’ailleurs que l’hydrate de potasse à une température rouge, laisse dégager une partie de l’eau qu’il contient, absorbe de l’oxygène, prend une couleur jaune verdâtre, et se convertit en peroxyde.

Quoi qu’il en soit du point théorique, il n’en est pas moins démontré que l’expérience a évidemment constaté qu’il y a un grand avantage à employer des sables très-fins. Aussi plusieurs verriers sont-ils dans l’usage de placer leurs sables dans des fours particuliers, et de les chauffer au rouge; en cet état, il les jettent dans de l’eau très-froide pour en rompre la force de cohésion, et les réduire en plus petits grains: ces sables sont alors bien plus fusibles.

ALUMINE OU OXÏDE d’ALUMÏNIUM.

Cette terre ou oxyde est le principe constituant principal des terres argileuses, des ardoises, des mines d’alun, etc. Elle n’a été désignée comme une terre particulière qu’en 175 h, par Margraaff, et comme un oxyde que depuis les travaux de Davy sur la potasse et-la soude.

L’alumine native, la plus voisine de son état de pureté, existe dans le corindon , le saphir, le rubis, les pierres orientales, la wavellite , etc. Elle est aussi la base des kaolins, des terres h pipe, des terres à foulon, des bols, des ocres, etc., etc.

On prépare l’alumine en versant de la potasse pure dans une solution d’alun. On lave bien le précipité, on le fait sécher soigneusement, et on le chauffe dans une capsule de verre ou un creuset de platine. L’alumine, ainsi obtenue, est blanche, pulvérulente, douce au toucher, happant la langue, et formant, avec la salive, une pâte douce. Cette terre est inodore, insipide, fusible seulement au chalumeau oxyhydrogène ; le calorique ne fait que diminuer son volume, en augmentant sa dureté; c’est sur cette propriété qu’est construit le pyromètre de Wcdgwood, sur lequel nous aurons occasion de revenir : son poids spécifique est de 2,000. L’alumine se mêle en toutes proportions avec l’eau, dont elle garde une partie sans cependant s’y dissoudre; on éprouve la plus grande peine à en séparer les dernières portions de celle qu'elles a absorbée. Cette terre, par son union avec l’eau, jouit d’une propriété plastique qu’elle perd par la calcination; on la lui rend en la faisant dissoudre dans les acides; elle a la plus grande affinité pour les matières colorantes végétales, avec lesquelles elle s’unit et se précipita peut* former le» diverses laques;

kLUMlNE or oxyde d’aluminium. 31'

Si l’on mêlé l’alumine avec la potasse ou la soude, et qu’on les expose à une forte chaleur, ces deux oxydes se vitrifient ensemble; mais cette vitrification n’est ni aussi complète, ni aussi prompte qu’avec la silice ; il faut ajouter même à cela, 1° qu’il faut employer une plus forte dose d’alcali, que lorsqu’on emploie la silice; 2° que la qualité du verre obtenu est inférieure en beauté, ainsi qu’en qualité.

L’alumine est susceptible de s’unir aussi à quelques oxydes métalliques, auxquels elle doit les belles couleurs qui constituent ces belles productions naturelles si estimées parmi les pierres précieuses. Nous allons nous borner à citer l’analyse de quelques-unes :

1° Saphir bleu. Saphir rouge.

Alumine. . . . 98,0 . 90,5

Chaux . 0,5 . 7,0

Oxyde de fer. . 1,0 ...... 1,2

Perte . 0,5 . 1,5

D’après Klaproth.. . . 100 Chenevis.. . 100

Dans le saphir rouge, le fer doit être â l’état de peroxyde.

1° Le rubis balai, ou rubis spinelle :

Alumine . 82,17

Magnésie. . . 3,78

Acide chromique . 6,18

Perte. . . 2,57

Cette belle couleur du rubis est due à l’oxyde de chrome.

Beudant et plusieurs chimistes pensent, que dans ces combinaisons comme dans les vitrifications de l’alumine avec les oxydes, cette terre joue à 'peu près le même rôle que la silice, c’est-à-dire qu’elle agit comme acide.

L’alumine s’unit aussi par la fusion avec la silice, la chaux, etc. ; voyez ce que nous en avons dit à ce sujet. La nature nous offre aussi des combinaisons qui donnent lieu à une famille de minéraux connue sous les noms de silicates alumineux, simples et composés , parmi lesquels on en trouve qui sont fort intéressants. Nous allons en fournir quelques exemples.

1° Le chrysoberil, qui souvent est cristallisé en prismes à huit pans, terminés par des sommets hexaèdres. Il est couleur vert d’Espagne, et quelquefois blanc verdâtre et gris iatmfttrci II y « des variétés qui sont, Isa unes >Ur«uscs, les

32 première partie.

autres diaphanes et les autres chatoyantes. D’après Klaproth, U est composé de :

Alumine . 71

Silice . 18

Chaux . 6

Oxyde de fer . 1,5

2° La zéolite cubique. Elle offre des variétés grisâtres, rougeâtres ou blanches. Le plus souvent, elle est en cristaux agglomérés ou cubiques ayant leurs angles solides remplacés par trois facettes triangulaires, etc. Sa composition est :

Silice . 58

Alumine . 18

Soude . 10

Chaux . 2

Eau. . . 3,5

Perte . 3,5

8° Uandalousite. Couleur rouge de chair ou rouge rose, translucide; elle est en niasse ou cristallisée en prismes rectangulaires à quatre pans, s’approchant du rhomboïde, etc. D’après M. Vauqueljn, elle est composée de :

Alumine . 52

Silice . 32

Potasse. . . 8

Oxyde de fer . 2

Eau . 6

h° La tourmaline. 'Egalement connue sous les noms de schorl électrique , sibèriie. Ce minéral se présente en concrétions prismatiques, en morceaux roulés, mais plus souvent en cristaux dont la forme primitive est un rhomboïde de 133°, 26. Ses formes secondaires sont le prisme hexaèdre régulier, l’enn»aèdre et le dodécaèdre. Ces cristaux ont un poli brillant, un aspect souvent vitreux, et plus généralement transparents que translucides. Par le frottement, la tourmaline développe l’électricité vitrée, et, par l’action du calorique, à l’une de ses extrémités cette même électricité est vitreuse, et à l’autre résineuse» Les variétés de çe miné* rai sont ainsi composées s

DES ARGUES

2° Tourmaline de soude.

Ronge cïe Sibérie. Rouge violet. Noirâtre.

Silice .

Soude .

Peroxyde de manganèse. .

2° Tourmaline.

De litliîne. De potasse et de magnésie.

Silice. .... 45 . , . 56,75

Alumine. ... 49 . 54,50

Lithine.. ... 6 Magnésie. . . 0,25

- Potasse. ... 6

100 Oxyde de fer.. 21

Traces de manganèse.

DES ARGILES

Nous avons dit que l’alumine est la base principale des argiles; or, comme leur étude peut être regardée comme l’une des connaissances indispensables aux fabricants de verre, de glaces, etc., puisque c’est avec l’argile qu’on fait les creusets, les briques, etc., il est indispensable qu’ils connaissent les moyens propres à s’assurer de leur degré de pureté, et par suite quelles sont celles qu’ils doivent rejeter ou bien destiner aux diverses applications qu’ils en font. Nous allons donc nous étendre sur cette partie intéressante, et nous puiserons les matériaux de cet article tant dans notre Manuel de Chimie, de Y Encyclopédie- Jloret, que dans les notes que nous avons doirnées pour celui du porcelainier.

L’argile est abondamment répandue dans la nature; elle forme des montagnes entières ou bien se trouve en couches plus ou moins épaisses, entre d’autres roches, en lits et en filons, accompagnant diverses mines, etc. Les argiles sont ordinairement le produit de la décomposition des roches silico-alumineuses, dont les eaux ont charrié et déposé les parties les plus fines, tandis que les plus grossières ont formé les dépôts arénacés. Il est aisé de voir que les argiles varient à l’infini par leurs parties constituantes, et que les plus fines sont aussi les plus homogènes. Non-seulement ces variations s’observent suivant les localités, mais encore dans les lits mêmes. Cependant, d’après les produits qu’on en extrait lé plus ordinairement par l’analyse, on peut les regarder comme des silicates alumineux, plus ou moins mélangés avec d'autres minéraux.

Les argiles sont douces au toucher, opaques , et n’affectent aucune forme cristalline; leur cassure est terreuse, maté ou unie; elles happent la langue et sont rayées par le fer. Avec l’eau, elles forment une pâte plastique qui jouit de beaucoup d’adhérence , et qui , soumise à l’action d’une forte chaleur, acquiert une dureté telle qu’elle peut faire feu au bri- j quet. Lorsqu’on y expire dessus, elles répandent, si elles ne sont pas bien pures , une odeur dite argileuse. La variété des principes constituants des argiles et leur emploi dans les arts en ont fait distinguer plusieurs espèces. Les argiles blanches ne contiennent en général qu’une petite quantité de craie, peu ou point de magnésie, et point d’oxyde de fer. On exploite principalement celles d’Abondant , d’Arcueil , Forges , Montmartre , Montereau , etc. Nous allons indiquer les principales espèces.

1° Argile kaolin ou Terre à porcelaine.

C’est sous ce nom de kaolin que les Chinois désignent î’argile à porcelaine. On la trouve en couches et en filons en France, à Saint-Yriex-la-Perche , près de Limoges, aux environs d’Alençon et de Bayonne ; en Angleterre dans le Cornouailles, ainsi qu’en Saxe, à la Chine, au Japon, etc. Le kaolin provient des décompositions des rochers de feldspath ou de la ponce. Cette argile est friable, maigre au toucher, blanche, passant au jaune ou au rougeâtre, happant peu à la langue, se réduisant difficilement en pâte avec l’eau; presque infusible. Poids spécifique 2,2.

Les kaolins d’Europe sont moins blancs et moins doux au toucher que ceux de la Chine et du Japon. Celui de Saxe est légèrement coloré en jaune ou en/incarnat : il perd ces teintes au feu. Celui de Cornouailles est très-blanc et onctueux au toucher. C’est cette argile qui sert à la fabrication de la porcelaine.

Composition ; kaolin de Limoges , suivant Vauquelin et Rose.

D'après Vauquelin.

Rose.

Silice .

Alumine .

Chaux .

Oxyde de fer. . .

Voici quelques analyses plus récentes de kaolin de divers

SES ARGILES

pays, dues à plusieurs chimistes français et étrangers dont on trouve le nom dans le tableau :

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