SULFATE DE POTASSE
1» Que le sulfate de soude, dépouillé de Son eau de cristallisation, peut être appliqué à la fabrication du verre blanc et fin, sans aucune addition de potasse ni soude;
2° Qu’en faisant usage de ce flux, on gagne beaucoup pour le temps, et conséquemment en produit du même fourneau et en matière ;
3° Qu’il faut être très-exact dans l’addition de la quantité de charbon nécessaire pour opérer la décomposition du sulfate de sdhde : ce point est si essentiel, que quelquefois un centième de plus ou de moins gâte presque la vitrification ou colore le verre ;
ü° La quantité de charbon à employer est difficile à déterminer, puisqu’elle varie suivant sa sécheresse ou son humidité ;
5° Que le sulfate de soude ne peut pas être appliqué aussi bien en substance dans le fourneau de fonte, et qu’il vaut mieux faire d’abord un sulfure de soude, pour se débarrasser de l’acide carbonique qui se forme et produit une grande effervescence dans la fonte;
6° Que le fiel de verre se décompose par une addition de charbon dans toutes les autres fontes de verre, ce qui est d’autant plus avantageux que l’expérience a démontré que ce fiel est le plus grand ehnemi de la fonte du verre fin ;
7° Que les creusets dans lesquels on opère la fusion du verre, à l’aide du sulfate de soude, doivent être faits avec beaucoup de précaution et dans une proportion différente des matières, parce que ce verre les attaque bien plus que eelui de potasse ;
8° Il est reconnu que lorsqu’on fait du verre fin et que l’on y met plus de soude ou de potasse qu’au verre commun, si l’on néglige de donner, avant le travail, le refroidissement nécessaire, le verre, d’abord très-pur, commence bientôt, dans le travail, à entrer en fermentation, et se montre ensuite plein de bulles. Il en est de même du verre que l’on fait avec du feldspath contenant de la potasse.
MM. Gehlen et Baader, considérant la diversité d’opinions de Kresclnnann, Pott, Laxman, Gren, Lampadius et Pajot des Charmes sur l’emploi du sulfate et de l’hydrochlorate de soude dans la fabrication du verre, se sont livrés à diverses autres expériences ; la composition qui leur a le mieux
réussi est la suivante :
Quartz . 100
Sulfate de sonde.. . . . 54
Chaux. . . 17
Charbon, .4,44 5
On ajouta, pendant la fusion, une pelletée de charbons ardents tirés du fourneau à verre, Ces cinq parties de charbon étaient encore trop peu dans les circonstances qui avaient lieu dans le fourneau à verre.
11 résulte de ces nouvelles expériences, qu’en général :
1° On peut appliquer le sulfate de soude, à la vitrification, sans addition de potasse ni de soude. Le verre, ainsi obtenu, est aussi beau et aussi parfait que celui «qui a été fait avec la soude ou la potasse;
2° Que la vitrification du sulfate de soude, avec le quartz, est, dans le plus grand feu, même très-imparfaite. Elle est plus complète, si l’on y ajoute de la chaux ; mais elle demande alors bien du feu et du temps;
3° Cette décomposition est parfaite, à l’aide d’une substance qui décompose J’acide sulfurique du sulfate de soude. Le meilleur moyen est le charbon qui réduit le sulfate en sulfure, dont la silice se sépare pour s’unir à la soude; pour le flint-glass, le plomb, à l’état métallique, produit le même effet. Cette réaction de la chaux et du charbon, sur le sulfate de soude, offre des variations que nous allons faire connaître, d’après l’auteur précité :
lu La propriété qu’aie charbon de colorer le verre, quoiqu’en quantité éminemment petite; celte propriété du charbon n’est surpassée par aucun des oxydes métalliques connus jusqu’à présent (1) ;
2° Une préférence qu’on doit donner à la chaux dissoute dans l’eau et rechauffée de nouveau, à la chaux délitée à l’air ;
3° De la grande effervescence de la masse du verre, lorsqu’on emploie le sulfate de soude, effervescence qui est quelquefois aussi grande en employant la soude ordinaire, et de la précaution qu’on doit prendre de l’ajouter successivement en plus petites proportions que si l’on employait la - potasse;
4° Que l’on doit diviser les travaux avec soin, dans les verreries de cette espèce, afin de ne pas être troublé par cette effervescence ;
5° Que le sulfure de soude peut être plus applicable dans les verreries que le sulfate de soude.
Ces données peuvent être très-utiles, surtout pour l’emploi des soudes naturelles provenant des salsola, des fu-
(i) Ne poiirrail-on pas tenter de détruire celte couleur en brûlant l'excès de charbon qui la produit, ou moyen du nitrate de potasse? Noua croyons que cette expérience peut être suivie d’un plein succès.
SULFATE DE POTASSE» Ï4l
eus, etc., qui contiennent beaucoup de sulfate et d’hydrochlorate de soude. Tout me porte à croire que l’addition de la chaux et d’un peu de charbon, en décomposant ces sels dans Je creuset, augmenterait beaucoup la quantité de matière vitreuse.
M. Pajot des Charmes s’est occupé aussi, avec succès, de l’emploi du sulfate de soude dans la verrerie. De son côté, M. le professeur Schweigger a publié, il y a plusieurs années, le résultat de quelques expériences sur ce même sujet, qui lui ont démontré que les meilleures proportions, étaient
les suivantes :
Sable . 100
Sulfate de soude sec . 50
Chaux vive, sèche, en poudre.. . 47 à 20
Charbon . 4
Ce mélange, dit-il, donne un très-bon verre, sans aucune addition quelconque. Pendant la fusion, l’acide sulfurique est décomposé et la silice s’unit àla soude. A l’article Hydrochlorate de soude , l’on a dû voir les essais pour lesquels M. Leguay a pris un brevet d’invention.
Avant de parler de la fabrication du verre, nous allons faire connaître la construction des fourneaux etla fabrication des creusets.
Des Fours propres à la verrerie; et des Creusets.
PREMIÈRE SECTION