ENFOURNEMENT DES POTS OU CREUSETS
cent.(8 pouces) pour donner passage à la fumée et examiner les creusets. Cela fait, on allume le feu , et ou l’augmente graduellement jusqu’à ce que les creusets soient d’un rouge cerise. Quand on sort les pots ou creusets des arches, on rejette ceux qui sont fendus ou fracturés. On connaît qu’un pot est fendillé, lorsque les ouvriers l’ont sorti de l’arche au moyen de certains outils convenables, principalement le grand moise; ils le frappent alors sur divers points avec la cordeliiie , et par la qualité du son, l’on juge de l’état du creuset.
Lorsqu’on fait cuire (attremper) les creusets ou pots dans les arches, on doit boucher auparavant les lunettes au jet de la flamme, pour que la température de l’arche diminue au point d’être réduite à 35 degrés centig., qui est celle des Creusets qu’on se propose d’y placer. Après que les crëusets ont resté ainsi pendant une ou deux heures, on ouvre un peu la lunette, afin que le calorique puisse y pénétrer; on élargit cette ouverture quelques heures après, et lorsqu’on est convaincu que tous les creusets sont uniformément chauffés, on augmente alors la chaleur jusqu’à la rendre très-intense : c’est de cette graduation et de cette intensité de calorique que les succès de cette opération dépendent. Il est bon de faire observer que, pendant que les creusets s’échauffent, on doit laisser tomber le feu du grand four, afin de le mettre, autant que possible, au niveau de la température de l’arche où sont les creusets. On démolit alors les fausses claies des tonnelles ; on tire les vieux pots, et on les remplace rapidement par les nouveaux, dont on s’est auparavant assuré de la bonté parle moyen que nous avons déjà indiqué. Dès qu’ils sont bien assujettis sur les sièges, on reconstruit les fausses claies, et l’on allume de nouveau le feu en l’augmentant graduellement au point qu’en sept à huit heures les creusets deviennent incandescents. Ils sont alors à leur point de confection.
M. Bastenaire-Daudenart conseille, avec juste raison, de ne fondre, pour la première fois, dans ces creusets, que du groisil ou calcin, afin que la silice et l’alumine ne soient pas attaquées par les alcalis. Par ce moyen, le creuset devient beaucoup plus dur, et par conséquent bien moins attaquable. Sans cette précaution, il arrive que les pots étant, comme on dit en termes de l’art, peu enverrés, la partie de l’argile qu’ils cèdent au verre eh trouble la transparence, et nuit, par suite, à sa qualité. Il arrive parfois que les creusets offrent des trous au fond ou sur les bords supérieurs. On les rebouche alors avec de l’argile et du ciment. Par ce moyen on peut
encore s’en servir pendant quelques jours, si cette réparation est bien faite. Nous avons oublié de dire que, pour plus de commodité pour le souffleur, et ali» qu’il puisse arriver avec sa canne au fond du creuset, la partie supérieure, ou la bouche, doit se trouver à environ 15 centim. (6 pouces) plus bas que l’ouvreau.