TOUR A MANIVELLE
susceptible de se déformer. Un ouvrier, secondé par un homme de peine, peut fabriquer jusqu’à douze creusets par jour de la plus grande dimension.
Nous allons maintenant donner la description du tour à manivelle, tel que l’a présenté M. Bastenaire-Daudenart.
TOUR A MANIVELLE, flg. 30 et 30 bis.
Ce tour est monté dans le genre des tours à potier, excepté que la tête H est plus basse pour la commodité du travail. La tige en fer I, formant l’axe, doit être plus grosse qu’elle ne l’est ordinairement ; son diamètre doit être de 5 centim. (2 pouces) ; elle doit être enclavée entre des coussinets en cuivre J J, très-bien soutenus par de bonnes vis en fer. Cette tige ou axe, doit être d’une longueur de 82 centim. (2 pieds et demi); à environ 50 centim. (1 pied et demi) de la crapaudine, se trouve une roue en bois IÇK de 11 centim. (à pouc.) d’épaisseur et lm.15(3 pieds 1?2)de diamètre. Cette roue, qui est horizontalement fixée à l’axe en fer I avec une clef en dessous, sert à donner de l’envoi à la tête du tour, et fait fonction de balancier. L’axe en fer, ainsi fixé à la roue, est en même temps garni d’une autre petite roue en bois L ayant quatorze dents d’engrenage à 45 millim. (1 pouce 8 lignes) l'une de l’autre; elle doit être solidement fixée à l’axe en fer, au-dessous de la roue de renvoi ; cet axe, qu’on nomme aussi arbre du tour, se termine à sa partie inférieure par une pointe d’acier trempé de 6 centim. (2 pouc. 3 lig.) de longueur, tourne sur un silex qui lui sert de base, et s’enclave dans les coussinets en cuivre J J qui sont fixés à la table du tour, laquelle doit être élevée de 65 centim. (2 pieds) au-dessus de la roue et d’une grande solidité. L’axe ou l’arbre doit s’élever à 8 centim. (3 pouces) au-dessus des coussinets; il est terminé par une visM qui s’adapteavec la tête H du tour'; cette tête a 33 centim. (1 pied) de diamètre. Le taraudage de la partie supérieure de l’arbre doit être fait à rebours, afin qu’il serre en tournant; sans cette utile précaution, le potier ne pourrait appuyer fortement sur son ouvrage. La longueur de la table doit être de lm.50 (à pieds 7 pouces) sur 1 mètre (3 pieds) de largeur. Cette grandeur est nécessaire afin de pouvoir y placer la terre avec laquelle doivent être faits les creusets. Ce qu’on nomme la manivelle se compose: lü d’une roue en bois N de lm.30 (4 pieds) de diamètre, munie de cinquante-deux dents qui s’engrènent dans celles de la petite roue L ; 2,j de la manivelle O qui est placée au milieu de la roue N, qu’elle traverse et soutient à la hauteur de la petite roue L par son extrémité inférieure. Cette manivelle s’em-
boîte dans une crapaudine en cuivre; l’autre bout ou le supérieur s’enclave dans des coussinets également en cuivre qu’on a fixés dans une traverse en bois, et attachés en queue d’aronde sur deux appuis à la hauteur de la roue. Un enfant suffit pour faire marcher ce tour; le levier F, qui sert à enlever le creuset de dessus la tête du tour, est une barre en bois d’environ 2 mètres (6 pieds) de longueur, munie d’une virole en fer à chacune de ses extrémités ; la partie de cette barre qui doit supporter tout le poids, et à laquelle est attachée la chaîne Q, doit être beaucoup plus forte. A 69 ou 50 centim. (1 pied et demi environ) de la grosse extrémité est placée une garniture en fer R à laquelle est adapté un anneau très-épais, qui entre à volonté dans la grosse chaîne Q qui est suspendue à la poutre S, dont l’élévation est de 45 centim. (1 pied h pouces) au-dessus du creuset, et qui est placée à la droite du potier. Les chaînes EEEE se terminent par un crochet au moyen duquel, dès qu’elles ont passé par les trous du rondeau, elles vont se réunir à une pièce de fer crochue, qui est placée presque à l’extrémité du levier F. 11 est donc bien évident qu’en fixant vers la terre l’extrémité a de ce levier, et lui faisant décrire en même temps un demi cercle, on enlève le creuset de dessus le rondeau et la table.
Nous allons maintenant faire connaître l’autre mode proposé par M. Bastenaire.